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Materazzi entendu à Zurich - Page 7

Samedi 09 Septembre 2006 14:35

Citation de Greg :
Je trouve inadmissible ce qu'il a fait et la façon dont il s'est défendu mais après, tu as le droit de penser le contraire.
Mais je ne pense pas le contraire, ne mélanges pas tout.
Cela dit je me fous un peu de la façon dont il s'est défendu, Zidane m'a simplement fait vibrer en tant que joueur de foot : classe, élégance, efficacité; il était pour moi un joueur génial au vrai sens du terme.
Simple, donc intelligent.

Samedi 09 Septembre 2006 22:11

Greg,

Zidane a dit aux mômes de ne pas faire (s'excuser) ce qu'il a fait (il s'est excusé) parce que c'était pas bien (de s'excuser) mais que si c'était à refaire (s'excuser), il le referait (il s'excuserait encore)!

Là, j'sais pas si je désamorce (mon but) ou si j'amorce quelque chose? Content
Toujours d'humeur pour l'humour, sans déc ...

Samedi 09 Septembre 2006 22:57

Ce qui m'embête Bible c'est que , s'il y en a un qui doit donner l'exemple, c'est bien lui !

Il est peut-être exemplaire hors du terrain mais sur le terrain mais tous les petits footeux français n'ont d'yeux que pour les Zidane, Henry et autres. A ce titre, ils se doivent d'être irréprochables.

Tout ce que font les champions sur le terrain est refait sur les terrains de jeunes (voire sur les cours de récré). Je ne dis pas que c'est la faute de Zidane si les coups de tête sont donnés le WE sur tous les terrains de France et de Navarre mais, qu'au moins concernant les jeunes, il ne fait rien pour que ça s'arrange.
L'homme est capable du pire comme du meilleur, mais c'est encore dans le pire qu'il est le meilleur.

Dimanche 10 Septembre 2006 10:01

En fait, Greg, grâce à Zidane on devrait avoir cette année plus de mômes au ping. Des parents qui ont vu le coup de tête, des enfants eux-mêmes, un certain nombre vont se dire qu'au moins, au ping, si l'on se tire dessus, ce n'est jamais qu'avec des balles à blanc. Ou des balles oranges.

Mais tu poses là le problême de qui doit être exemplaire, vis à vis de qui et au nom de quoi. C'est un questionnement à double sens car tu le poses en tant qu'homme. A partir de là, tu as raison, Zidane, en tant que footballeur, a failli. Mais en tant qu'homme, j'en suis moins sûr. D'ailleurs, quand il s'excuse, il te donne raison, mais quand il dit qu'il le referait dans les mêmes conditions de provocation, c'est comme s'il disait qu'il aura toujours beau faire, l'homme qu'il est d'abord ne peut pas toujours se cacher derrière le footballeur qu'il est de temps de temps. Le voudrait-il qu'on se chargerait -par tous les moyens, y compris les plus honteux- de l'en empêcher.

Enfin, c'est comme ça que j'ai "vécu" ce qui s'est passé ... Content
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Dimanche 10 Septembre 2006 10:16

Pour bible,

B.H. LEVY, Le Point, 13-07-06 :

"Voici l'un des plus grands joueurs de tous les temps.

Voici une légende.

Un mythe planétaire, et unanimement célébré.

Voici un champion qui est en train, sous les yeux de 2 milliards d'humains, de mettre un point final à l'une des sagas les plus exceptionnelles de l'histoire mondiale du football.

Voici l'homme providentiel, le sauveur, que l'on est venu chercher, tel Achille sous sa tente de rancune et de colère, parce qu'il était le seul, pensait-on, à pouvoir conjurer l'irrésistible défaite des siens.

Mieux : voici un super-Achille qui n'a, contrairement à celui d'Homère, pas attendu qu'un Agamemnon au visage de Domenech vienne le prier de rempiler puisque c'est lui qui, spontanément, après avoir entendu, sic, une voix qui l'appelait, est rentré de son exil espagnol pour, revêtu de son habit de lumière, flanqué de ses fidèles Myrmidons - Makelele, Vieira, Thuram -, renverser le mauvais sort et permettre aux nouveaux Achéens de renouer avec le succès.

Et le voilà, ce preux, qui, à un cheveu de la victoire, quelques minutes avant le terme, non seulement d'un match historique, mais d'une carrière qui le faisait entrer, après Pelé, Platini ou Maradona, dans le panthéon des dieux du stade, le voilà, ce géant qui a, lui aussi, comme eux, et comme les Titans du monde antique, connu la Gloire, puis l'Exil, puis le Retour, puis la Résurrection, le voilà ce rédempteur, cet ange bleu vêtu de blanc, à qui il ne manquait que de gravir la toute dernière marche pour entrer, pour de bon, dans l'Olympe, le voilà qui commet ce geste incompréhensible, fou et, dans le rituel footballistique, synonyme d'indignité - la dernière image de lui que retiendront les annales et qui, en fait d'apothéose, le précipite en enfer.

Nul, à l'heure où j'écris ces lignes, ne sait ce qui s'est vraiment passé, à cet instant, sur la pelouse du stade olympique de Berlin.

Nul ne sait ce qu'a fait, ou dit, Marco Materazzi pour réveiller en lui, à la cent onzième minute d'un match qu'il dominait de toute sa grâce, ces vieux démons d'ex-gamin des rues de la Castellane qui sont, très exactement, ce que le code d'honneur du football, son éthique, son esthétique, ont pour fonction de terrasser.

Et le saurait-on d'ailleurs, aurait-on la certitude que l'Italien l'a insulté, ou a maudit sa mère, son père, ses frères, sa soeur, disposerait-on de l'exacte boîte noire de ces vingt secondes fatales qui ont vu le champion détruire, en un éclair, sa légende mêlée de roi secret, d'homme doux dostoïevskien, de gendre beur idéal, de futur maire de Marseille et, last but not least, de capitaine charismatique menant ses troupes, de miracle en miracle, à la consécration rêvée, disposerait-on, donc, de l'information pleine et entière, qu'il en irait de ce suicide comme de tous les suicides ordinaires : aucune raison au monde jamais n'explique le désespoir d'un homme - aucune provocation, aucune petite phrase, ne nous dira jamais pourquoi l'icône planétaire, l'idole qu'était devenu Zidane, cet homme plus adulé que le pape, le dalaï-lama et Nelson Mandela réunis, ce demi-dieu, cet élu, ce grand prêtre consensuel de la nouvelle religion et du nouvel empire en formation, a choisi d'exploser en vol au lieu de, par exemple, attendre dix minutes de plus pour vider sa querelle dans les vestiaires.

Non.

La vérité c'est qu'il n'est peut-être pas si facile, justement, d'entrer et de rester dans la peau d'une icône, d'un demi-dieu, d'un héros, d'une légende.

La seule explication plausible à un sabordage aussi étrange et qui, j'y insiste, a pris beaucoup trop de temps (ces vingt longues, très longues, interminables, secondes après l'outrage, lui-même sans doute calculé, du Machiavel italien) pour que l'on puisse le réduire au simple coup de sang d'un joueur à bout de souffle, perdant bêtement le contrôle de ses nerfs - la seule explication c'est qu'il y a eu, en cet homme, une sorte de sursaut, de révolte ultime et intime, contre la parabole vivante, la stupide statue, le monument béatifié, en quoi l'époque, ces derniers mois, le transformait.

Une insurrection de l'homme contre le saint.

Un refus de l'auréole qu'on lui avait collée au-dessus du front et qu'il aura, très logiquement, pulvérisée d'un coup de tête.

Une façon de dire : je suis un vivant, pas un fétiche ; un homme de chair, de sang et de passion, pas cet hologramme débile et sans substance, ce gourou, ce psychanalyste universel, enfant naturel de l'abbé Pierre et de soeur Emmanuelle, que la dévotion footballistique était en train de faire de moi.

Une façon, oui, de répéter, en détournant et parodiant le titre de l'un des très grands livres du siècle d'avant le triomphe sans partage de cette liturgie croisée du corps, de la performance et de la marchandise : si, c'est un homme ; si, si, un homme, un vrai, pas l'un de ces monstres absurdes, ou de ces astres de synthèse, que fabriquent ensemble l'argent des marques et le soupir de la foule planétarisée.

Achille avait son talon. Zidane aura eu le sien : cette tête magnifique et rebelle qui l'a ramené, soudain, dans le rang de ses frères humains."

Dimanche 10 Septembre 2006 10:25

Merci voltaire pour ce magnifique texte.
En le lisant, ligne par ligne, j'en avais la chair de poule. Mais chez moi, ce n'est, ce ne peut-être qu'une ... réaction épidermique! Clin d'oeil
Toujours d'humeur pour l'humour, sans déc ...

Mercredi 13 Septembre 2006 15:26

Bible, différencier "en tant que footballeur" ou "en tant qu'homme" c'est un sophisme. Comme si un footballeur n'était pas un être humain. Je suis d'accord avec Greg, ce qu'il a fait était complètement con en plus d'être lamentable et nuisible à son équipe. Ensuite on peut penser que l'équipe de France lui appartient vu sa position et qu'il en fait ce qu'il veut mais ce n'est pas une raison. On dit qu'il est exemplaire en dehors du terrain, mais il avait quand même déjà défoncé une porte après être sorti d'un des matchs précédents. Si tu trouves que c'est admirable et que c'est ce que devrait faire un être humain ou un sportif pour être admirable, je n'ai pas la même vision. Je lis qu'il attire les sponsors et que ce serait une super qualité ! Bieeeen !
C'est vrai qu'il est exemplaire dans les vestiaires quand c'est pour une pub pour Volvic.
Sans filet pour sans balle c'est l'âme en table.

Mercredi 13 Septembre 2006 15:35

La porte a faillit couter une plainte contre l'équipe de France mais quand ils ont appris que c'était zidane qui l'avait cassé, elle a été vendu aux enchères... Et ils ont annulé leur plainte pour déclarer qu'ils avaient été heureux d'accueillir zidane dans les vestiaires et qu'il pouvait recommencer quand il voulait...Rire Pareil pour le coup de tete... Il y en a pleins qui ont été super content car grace a ce coup de boule, ils ont gagné beaucoup d'argent...

Mercredi 13 Septembre 2006 15:36

Volvic, honte !

Émoticône

Mercredi 13 Septembre 2006 15:38

Je suis pas sur que tout le monde comprenne... car je suis pas sur qu'ils connaissent tous la ville Émoticône

Mercredi 13 Septembre 2006 15:40

Pour les Belges alors (et les Suisses) : Vaux-le-Vicomte est une ville charmante, mais effectivement même en France tout le monde ne doit pas connaître Content Émoticône

Mercredi 13 Septembre 2006 17:58

Citation de Smartiz :
... On dit qu'il est exemplaire en dehors du terrain, mais il avait quand même déjà défoncé une porte après être sorti d'un des matchs précédents. Si tu trouves que c'est admirable et que c'est ce que devrait faire un être humain ou un sportif pour être admirable, je n'ai pas la même vision. Je lis qu'il attire les sponsors et que ce serait une super qualité ! Bieeeen !
C'est vrai qu'il est exemplaire dans les vestiaires quand c'est pour une pub pour Volvic.

Si l'image que tu retiens de Zidane est conforme à ton regard sur la vie en général, je comprends mieux l'aigreur ambiante de tes interventions, même si ton humour l'atténue quelques fois.
Simple, donc intelligent.

Jeudi 14 Septembre 2006 11:04

BHL...
je m'attendais à la théorie pompeuse "il a voulu sublimer sa sortie pour refuser l'image d'une idole indéboulonnable...", mais tout de même...là ça dépasse les bornes...

Lilian Thuram l'a très bien dit : Zidane a fait une connerie, grave à double titre car inacceptable du point de vue des milliers de jeunes qui l'ont érigé en modèle, et regrettable du point de vue de son équipe qu'il abandonne en vue de la consécration. Thuram insiste "quand on t'insulte sur le terrain, tu fermes ta gueule et tu vas te replacer..."

Bien sûr, on pardonnera à Zidane, après tout ce qu'il a pu apporté, mais en aucun cas on ne l'excusera.

Il y a quelques années, le même BHL avait donné une bien piètre image de la façon dont il convient de réagir après une provocation.
Après une agression réelle mais à la violence physique mesurée (à base de tarte à la crème) et sans violence verbale, il avait mis au sol l'entarteur en lui intimant textuellement "relève-toi ou je t'explose la gueule à coup de satons !", il avait fallu que de tierces personnes interviennent pour protéger l'"agresseur" de la violence de l'"agressé".

Un footballeur se doit d'être un modèle, mais son activité induit une pression nerveuse qui peut faire comprendre qu'il vienne à craquer, un intellectuel se doit davantage encore d'être un modèle et on ne peut encore moins admettre ses débordements de violence.

Je me suis longtemps uniquement moqué de Lévy, mais j'ai découvert une qualité irréfutable dans ses écrits, mais qui rend encore plus regrettable le comportement que cet homme a pu avoir.

Je suis conseiller d'éducation, je sépare régulièrement des collégiens dans des bagarres de récré, je tente de mettre en place des dispositifs de lutte contre la violence. Le moins qu'on puisse dire est que le geste de Zidane ne va pas m'aider (malgré les exuses qu'il a eu l'élégance de formuler), les théories de BHL hélas pas davantage.

Jeudi 14 Septembre 2006 19:47

Ah ce BHL, toujours prompt à nous "théoriser" un sujet médiatique...

Bref, encore une de ses belles analyses pleines de vide.

Jeudi 14 Septembre 2006 19:51

Manuelito, je trouve ton intervention très juste et pleine de bon sens.

Je souscris donc à ce que tu as écris.
L'homme est capable du pire comme du meilleur, mais c'est encore dans le pire qu'il est le meilleur.

Jeudi 14 Septembre 2006 20:02

Citation de manuelito :
Je me suis longtemps uniquement moqué de Lévy, mais j'ai découvert une qualité irréfutable dans ses écrits


Tu peux me dire de quel ouvrage tu parles ? Car si tu enlèves les "oeuvres" pleines d'erreurs et les analyses qui n'apportent pas grand-chose…

Si le sujet, BHL, t'intéresse je ne saurais que trop de conseiller de lire : "Le B.A-Ba du BHL" Enquête sur le plus grand intellectuel français par Jade Lindgarrd et Xavier de La Porte. Très instructif !!

Jeudi 14 Septembre 2006 21:10

Il va de soi que je souscris aux propos (quasi unanimes) de ceux pour qui la volonté de comprendre ne doit pas suspendre le nécessaire jugement moral (et vice versa, bien sûr).

Jeudi 14 Septembre 2006 22:50

manuelito,

Thuram que j'apprécie beaucoup et qui, pourtant, doit bien connaître Zidane, m'étonne en ce qu'il ne fait pas (à ce propos) la différence entre l'insulte directe et l'insulte indirecte. Cette dernière n'est-elle pas la pire, pour la charge émotionnelle qu'elle sait qu'elle déclenchera?
Qu'elle déclenchera ... forcément?
Pas si sûr si j'en crois le stoïcisme de beaucoup même si et surtout si, une telle maîtrise de soi me parait quelquefois plus affichée que réelle. Que d'exemples du contraire, ne fut-ce que sur t2t.com!

Par exemple, n'y aurait-il pas de différence entre se faire traîter ... d'enfant et ... d'enfant de pute?
Toujours d'humeur pour l'humour, sans déc ...

Jeudi 14 Septembre 2006 22:54

Comment aller contre la violence dans les stades et cautionner ce genre de réactions que ce soit par Zidane ou un autre.

Car le fond du problème est là! C'est Zidane qui a fait cela. Si Materazzi avait fait la même chose, que n'aurait-on pas entendu en France sur ce dernier?
L'homme est capable du pire comme du meilleur, mais c'est encore dans le pire qu'il est le meilleur.

Jeudi 14 Septembre 2006 23:07

De mon modeste point de vue, Greg, comprendre ce n'est pas cautionner. Il ne s'agit pas, là, de la location d'un appart mais de la réputation d'un homme mise à mal, si l'on n'y prend garde, par un autre homme (peut-être son autre moi).

Maintenant, si ce coup de boule qu'on voudrait seulement infâmant avait été précédé -il s'en est fallu de peu- d'un coup de tête gagnant, tous, autant que nous sommes, nous prendrions-nous encore la tête, depuis tout ce temps?
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