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Elections Présidentielles - Page 2

Dimanche 06 Mai 2007 14:00

encore un article et j'arrete après (mais je partage cette analyse)

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Ces quinze jours qui ont renforcé Sarkozy
Eric Zemmour.
Publié le 04 mai 2007Actualisé le 04 mai 2007 : 21h34
Delort/Le Figaro

IL ARBORE un sourire radieux. Il a le pouce levé en signe de joie. Il se balade dans les rues de Paris, assis au fond de sa voiture. L'auto s'arrête. Il répond ostensiblement aux questions des journalistes qui l'ont suivi sur leur moto, caméra au poing. Chirac, le soir de sa victoire de 1995 ? Non, Nicolas Sarkozy, le 22 avril 2007. Pourtant, nous ne sommes qu'au soir du premier tour. Mais Nicolas Sarkozy a déjà gagné. Avec 31 % des voix, soit six points d'avance sur la candidate socialiste, il est certain de ne pouvoir être rattrapé. L'arithmétique est pour lui, l'histoire aussi : jamais un candidat qui a dépassé les 30 % des suffrages au premier tour - Giscard en 1974 (32 %), Mitterrand en 1988 (34 %), sans compter les glorieux ancêtres de Gaulle et Pompidou (plus de 40 %) - ne fut vaincu.


Cette chronique d'une victoire annoncée est le fil rouge de cette campagne de l'entre-deux-tours. Elle explique les comportements parfois incongrus des principaux personnages de cette pièce présidentielle en deux actes. Parce qu'il sait qu'il a déjà - virtuellement - gagné, Nicolas Sarkozy ne songe plus qu'à ne pas perdre, éviter la gaffe, la colère, la fureur, qui gâcherait tout, déminer un « tout sauf Sarkozy » qui tournerait à la vague diabolisante, se donner un profil de président, de rassembleur, un calme, une sérénité, presque une douceur monarchique - Louis XIV n'était-il pas d'une courtoisie exquise, le général de Gaulle aussi ?


Parce qu'il estime, lui aussi, que son ennemi préféré l'a emporté, François Bayrou prépare la revanche. Le leader centriste cherche à préempter le second tour de... 2012. Il fait le pari de la disparition de Ségolène Royal au soir du 6 mai, déchiquetée par des « éléphants » humiliés et avides de vengeance. Il tente d'accélérer l'inéluctable scission du Parti socialiste, pris dans les eaux glacées de la mondialisation, entre ceux qui refusent de voir sombrer le modèle rhénan et ceux qui acceptent de s'adapter à son vainqueur anglo-saxon, ceux qui ont voté non et ceux qui ont voté oui à la Constitution européenne, entre Fabius et DSK. Bayrou projette son plan sur la carte de l'Europe où partout, en Italie, en Allemagne, en Belgique, l'alliance des sociaux-démocrates déniaisés et des chrétiens-démocrates défroqués tient le haut du pavé.


S'y mêlent chez le Béarnais un sentiment d'injustice, l'amertume légitime d'échouer si près du port, une épidermique détestation de Sarkozy et de tout ce qu'il incarne à ses yeux, la conviction, enfin, qu'il serait non le meilleur, mais le seul à pouvoir vaincre Sarkozy à la télévision et dans les urnes. Il estime que la carte électorale du premier tour conforte son analyse, qui coupe la France en deux, avec d'un côté, en Alsace, sur les terres rhodaniennes, celles des Alpes-Maritimes, jusqu'en Corse, dans ces anciennes marches de l'Est, qui subirent toutes les invasions de la France depuis des siècles, où sont installées aujourd'hui les plus fortes concentrations de populations immigrées, une imposante domination de Sarkozy et de Le Pen. De l'autre côté, sur l'arc atlantique, de la Bretagne à l'Aquitaine, sur les vieilles terres de la démocratie chrétienne, converties au socialisme dans les années 1970 par le rocardisme, Ségolène Royal et François Bayrou réalisent leurs meilleurs scores.


La contre-offensive idéologique du 29 avrilAvec un formidable culot, Sarkozy avait rassemblé derrière lui un « peuple de droite », entre bourgeoisie libérale et ouvriers inquiets unis autour d'un discours d'ordre et colbertiste. Il avait retrouvé l'espace politique et sociologique de la droite sous Pompidou. Bayrou tentait de forger la coalition adverse, celle des bobos des grandes villes et des provinciaux modérés. Annonçant la création d'un parti démocrate, à l'américaine, pour s'opposer à cette sorte de parti républicain forgé par Sarkozy.


Parce qu'elle n'a pas la tête tacticienne, parce qu'elle n'a plus rien à perdre, parce qu'elle se moque du PS comme de sa dernière robe blanche, parce qu'elle n'a jamais été socialiste, mais avant tout féministe, parce qu'elle a cité Olympe de Gouges plutôt que Jaurès, parce que l'idole de son enfance s'appelle Jeanne d'Arc, qui sut si bien mourir, Ségolène Royal n'a pas hésité à chevaucher la monture que l'éleveur de chevaux Bayrou lui tendait. Pendant quelques jours, on eut l'impression que François Bayrou était le grand vainqueur du premier tour. Qu'il était qualifié pour le second. Nicolas Sarkozy avait beau ironiser : « Le 6 mai, j'en suis désolé pour lui, il n'y aura pas de bulletin François Bayrou », on l'entendait à peine. Sa conférence de presse du mercredi suivant le premier tour fut son apothéose. Incisif, brillant, drôle, sarcastique, Bayrou jubilait. Il réservait ses flèches les plus acérées à Sarkozy. Il proposait un débat télévisé à Royal. Il refusait de donner une consigne de vote. Il était au centre de tout, au coeur de tous.


Le troisième homme était devenu, un court instant, le premier. La chronique d'un débat télévisé, annoncé, annulé, reprogrammé tint en haleine l'armada médiatique pendant plusieurs jours. Bayrou accusa Sarkozy d'avoir fait pression sur les chaînes de télévision pour qu'elles renoncent. « Je n'en ai pas la preuve, mais j'en ai la certitude. » Finalement, le débat eut lieu ; on put constater que Royal et Bayrou s'accordaient sur les institutions, l'État impartial, la politique d'immigration et dans les banlieues. Mais que, mis à part l'effort en faveur des PME, les socialistes n'étaient pas encore assez libéraux pour le centriste.


Comme ne l'ignore point l'agrégé de lettres Bayrou, le Capitole est très proche de la roche Tarpéienne. Sarkozy moquait « la bavasserie dans un grand hôtel parisien » et s'affichait ostensiblement au milieu des ouvriers. Il entamait la ronde des ralliements des élus centristes, avec sa visite à Rouen, dans l'ancien fief de Jean Lecanuet. Les filets de Jean-Pierre Raffarin et de Gilles de Robien furent bien garnis. Jusqu'aux plus proches de « François », Maurice Leroy, Hervé Morin, et même Jean-Louis Bourlanges et Bernard Bosson, la plupart annoncèrent leur soutien à Sarkozy.


Feu nucléaire contre Mai 68À Bercy, dimanche 29 avril, Sarkozy engagea la contre-offensive idéologique. Déclencha le feu nucléaire contre l'idéologie de Mai 68, qui « a fait disparaître la différence entre le bien et le mal, entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid », a mis à mal « l'autorité, la politesse, le respect, les valeurs éthiques (...) et morales », et préparé le terrain « au capitalisme sans scrupule (...) des parachutes en or (...), des patrons voyous ».


Cette thèse suscita l'ire ironique de la gauche bien-pensante. C'est pourtant une vieille analyse marxiste, revisitée brillamment par Régis Debray il y a une vingtaine d'années, qui éclaire la destruction des valeurs traditionnelles, la famille, le patriarcat, l'école, la culture classique par les soixante-huitards, comme le préambule indispensable à la victoire totale et absolue du marché et de la domination de l'argent.


Quand on parle de Mai 68, on ne peut pas ne pas penser à Daniel Cohn-Bendit. Et c'est lui qui, le premier, avait appelé avec sa verve tutoyante « François » à soutenir Ségolène contre Royal, comme il avait appuyé Prodi contre Berlusconi. Cohn-Bendit fit ainsi tout naturellement la jonction symbolique entre les deux semaines de l'entre-deux-tours, de la séquence Bayrou à celle sur Mai 68. Sarkozy exaltait « la majorité silencieuse », stigmatisait les « casseurs ». Rejouait Pompidou. Ségolène Royal se retrouva donc tout naturellement à Charléty. Pierre Mendès France était mort, mais Michel Rocard avait toujours raison trop tôt. L'équation politique était toujours la même : pour avoir une chance d'affronter la droite gaullo-pompidolienne, il faut rassembler de l'extrême gauche à l'extrême centre. Même après la chute du mur de Berlin, la tâche n'est pas toujours aisée de réunir les électeurs de Besancenot et ceux de Bayrou.


« Ni bonnet rose, ni rose bonnet »C'est pourtant ce qu'entreprit crânement Ségolène Royal. Elle parla de ministres centristes ; elle ne s'interdit pas de désigner Dominique Strauss-Kahn à Matignon ; et même, en fin de campagne, François Bayrou lui-même. À Charléty, devant une foule nombreuse et bigarrée, avec les enfants de Mai 68, de Yannick Noah à Cali, avec beaucoup de jeunes de banlieue qui lui avaient fait un triomphe au premier tour, elle tenta de noyer les différences sous un sentimentalisme d'époque, une sorte de christianisme édulcoré, sans le dogme : « Aimons-nous les uns les autres. » Pendant ce temps-là, pour sa traditionnelle réunion du 1er Mai, Le Pen, lui, n'aimait personne, et demandait à ses électeurs de rester chez eux : « Ni bonnet rose ni rose bonnet. » Enfin, le soir du grand débat vint. Après l'abstinence « antifasciste » de 2002, et la médiocrité voulue par les deux protagonistes en 1995, les Français étaient en manque. Manque de répliques à la Guitry, de « monopole du coeur », et de « mais vous avez tout à fait raison, monsieur le premier ministre ». De bruit et de fureur. Ils furent à la fois comblés et déçus, les vingt millions de télé­spectateurs - autant que pour les grands matchs de la Coupe du monde de football - qui résistèrent à la tentation du zapping. Ségolène Royal joua - et même surjoua - la belle révolte des femmes en colère, et Sarkozy, le calme et la courtoisie des hommes d'État. Adossé à une batterie de chiffres, de plans d'action, de notes de technocrates, Sarkozy eut du mal à résister à un torrent impétueux, emportant les digues de la rationalité, avec une fureur souvent artificielle de télé-évangéliste. Courtois, parfois jusqu'à l'obséquiosité, Sarkozy, en amateur de football, joua la rencontre à la manière de ces équipes italiennes, concentrées en défense, qui sacrifient souvent le beau jeu au résultat. « Ségolène Royal a montré son sens de la domination », crut pouvoir affirmer Arnaud Montebourg. « C'était un débat au poste de chef de gouvernement », nota, acide, un Le Pen regrettant à juste titre qu'on n'ait évoqué qu'en passant la politique internationale et l'Europe.


Le sort en est jetéMais, débat ou pas, victoire ou pas, le sort était jeté. Depuis le soir du premier tour. Les sondages favorables à Sarkozy tombaient avec une régularité de métronome. L'écart se creusait d'autant plus inexorablement que la danse du centre de Ségolène Royal se retournait contre la candidate socialiste, qui perdait des deux côtés. Ses colères froides, si télégéniques, faisaient fuir des électeurs centristes, « modérantistes ». Et les électeurs frontistes, en dépit des appels à l'abstention de Le Pen, étaient happés par la revanche idéologique sur la gauche soixante-huitarde que leur proposait Sarkozy.


Mercredi soir, Bayrou avait regardé le débat dans son bureau. Seul. Tous ses amis, ses proches s'étaient égayés. Il ne restait autour de lui que le dernier carré, les députés européens Marielle de Sarnez et Jean-Marie Cavada, les sénateurs Jacqueline Gourault et Michel Mercier. François Bayrou brûlait ses derniers vaisseaux : « Je ne voterai pas pour Nicolas Sarkozy. » Ségolène Royal affectait de s'en réjouir : « Chacun a compris ce qu'il voulait dire, et comme je n'imagine pas qu'il puisse s'abstenir compte tenu de l'enjeu, je crois que les choses sont subtilement dites. » Mais François Bayrou avait fait à Ségolène Royal le baiser qui tue.

Dimanche 06 Mai 2007 15:51

Citation de lussy :
Citation de jpc45 :
le taux de participation est très élevé à midi : 34,11% contre 31,21% au 1er tour.


Une deuxième défaite pour Lepen qui a appelé a ne pas voter... Qui va s'en plaindre ?! Émoticône



justement ceux la en dépit de s'abstenir sont allez voter Nicolas Sarkozy!!

Nicolas Président
Mais non mais non l'ESB n'est pas mort !!!

Dimanche 06 Mai 2007 17:21

à 17H le taux de participation est de 75,11% (contre 73,87% au 1er tour)!

Dimanche 06 Mai 2007 17:29

dans une demi heure, les premier résultats...en belgique.

Dimanche 06 Mai 2007 17:35

il est possible de voir ça sur un site ?

Dimanche 06 Mai 2007 17:35

Citation de shimano :
dans une demi heure, les premier résultats...en belgique.


les 1er bruits sortent dèja et confirme a priori les sondages

Dimanche 06 Mai 2007 17:38

les sources crédibles habituelles sont muettes, attendons

Dimanche 06 Mai 2007 17:40

Citation de Nivôdjeu :
les sources crédibles habituelles sont muettes, attendons


les sources sont plusieurs journaux ayant pignon sur rue (et dont les sources sont RG et institus de sondage) donc ça me parait relativement fiable

Dimanche 06 Mai 2007 17:41

Ce n'est pas ce que j'ai lu sur tsr.ch

Dimanche 06 Mai 2007 17:50

pauvre france reduite juste à un mec avide de pouvoir d'un coté et une femme propulsée par son partie au plus haut niveau sans conviction des siens, que faire une partie de ping ou bien ,?

Dimanche 06 Mai 2007 17:51

http://www.letemps.ch/
http://www.rtl.be/

Peu de doute sur l'issue ...
La bonne foi est celle en laquelle on veut faire croire les autres.

Dimanche 06 Mai 2007 17:52

les suisses donnent Sarko
http://www.tdg.ch/
http://www.letemps.ch/
Simple, donc intelligent.

Dimanche 06 Mai 2007 17:52

Je viens de lire, sur un site belge, entre 52 et 55% pour Sarko. Pauvre France!
Bois: Dotec Ovtcharov All+ CD: DHS H2 2mm - RV: CTT National Pogo ox

Dimanche 06 Mai 2007 17:53

à une seconde près elestrat Émoticône
Message modifié 1 fois, dernière modification Dimanche 06 Mai 2007 17:53 par padac
Simple, donc intelligent.

Dimanche 06 Mai 2007 17:57

enfin à 17h56 en Métropole aucun bulletin n' a encore été dépouillé (j'essaie de garder un espoir...)

Dimanche 06 Mai 2007 17:59

1 seconde? contre 5 ans, c'est si peu...
Qui m'aurait dit un jour que j'aurai du (pas le choix ...) voter Chirac et presque le regretter !!!
La bonne foi est celle en laquelle on veut faire croire les autres.

Dimanche 06 Mai 2007 18:21

Beurk ce soir donc, et re-beurk certainement dans quelques jours, avec la nomination de Fillon comme 1er Ministre Émoticône Émoticône

Dimanche 06 Mai 2007 18:26

trouvé sur la tribune de genève (suisse)

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A Paris, le parti socialiste vient de confirmer à l'agence de presse Suisse ATS la défaite de Ségolène Royal (46%).

Dimanche 06 Mai 2007 18:27

Citation de Capoblanco :
Je viens de lire, sur un site belge, entre 52 et 55% pour Sarko. Pauvre France!



pourquoi pauvre france?

Dimanche 06 Mai 2007 18:28

Citation de Nivôdjeu :
Beurk ce soir donc, et re-beurk certainement dans quelques jours, avec la nomination de Fillon comme 1er Ministre Émoticône Émoticône



autrement y a raffarin Émoticône
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