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La poésie - Page 4

Mercredi 19 Avril 2006 13:02

"Et puis y a Frida
Qu'est belle comme un Soleil
Et qui m'aime pareil
Que moi j'aime Frida...

Même qu'on se dit souvent
Qu'on aura une maison
Avec des tas de fenêtres
Et puis presque pas de murs
Et qu'on vivra dedans
Et qu'y fera bon y être
Et que si c'est pas sûr,
C'est quand même peut-être

Les autres y disent comme çà,
Qu'elle est trop belle pour moi
Que je suis tout juste bon
A égorger les chats
J'ai jamais tué de chats !
Ou alors y a longtemps
Ou bien j'ai oublié
Ou ils sentaient pas bons
Enfin y veulent pas quoi..."

J. BREL ("Ces gens-là"Clin d'oeil

Mercredi 19 Avril 2006 13:59

A la fac j'ai étudié pas mal la poésie italienne.

C'est très interessant. Plein de paramètres sont importants pour faire un bon poème. C'est pour cela que ça reste très difficile d'être un bon poète. Si Dante nous entend.... ;-)

Mercredi 19 Avril 2006 14:00

La chanson de Brel que Nivôdjeu a mis plus haut est à écouter absolument ! (Brel en général d'ailleurs!)

Mercredi 19 Avril 2006 18:44

Il faut dire que l'interprétation chez Brel, est exceptionnelle, et apporte une grande valeur ajoutée aux textes. Émoticône

Samedi 03 Juin 2006 08:26

"...Il s'est jugé perdu, puisqu'il était surpris,
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris;
Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
Du chien le plus hardi la gorge pantelante,
Et n'a pas desserré ses mâchoires de fer,
Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair,
Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
Jusqu'au dernier moment où le chien étranglé,
Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde,
Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang;
Nos fusils l'entouraient en sinistre croissant.
Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et, sans daigner savoir comment il a péri,
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri..."

Extrait de La Mort du Loup, Alfred de Vigny

Mercredi 07 Juin 2006 21:44

Je suis ok avec toi nivôdjeu

Vendredi 09 Juin 2006 17:58

Citation de Mlr :
Un vers, je ne sais plus de qui:
Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.

Il me semble qu'il est de Lamartine, dans "Le Lac".
Hardbat France, pour le développement du hardbat en France http://www.hardbat-france.fr

Vendredi 09 Juin 2006 18:20

"Je lui fais poète poète
Elle me fait poète poète
On se fait poète poète
Et puis ça y est !"
Émoticône Émoticône
Hardbat France, pour le développement du hardbat en France http://www.hardbat-france.fr

Vendredi 09 Juin 2006 20:34

etrangeRire !!!!
Vivre Ultras pour vivre !!!!!!

Vendredi 09 Juin 2006 20:37

Citation de Francis :
Citation de Mlr :
Un vers, je ne sais plus de qui:
Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.

Il me semble qu'il est de Lamartine, dans "Le Lac".

Non ce n'est pas dans le Lac.
Sans filet pour sans balle c'est l'âme en table.

Vendredi 09 Juin 2006 21:55

Un plongeon dans la belle philosophie bergsonienne (dont les oeuvres donnent déjà dans ce que j'appelle le poético-philosophique), avec un ptit poème d'amateur dont le trop court chemin littéraire ne lui a permis de beaucoup se pencher sur les différentes règles d'écriture :

DIALOGUE DANS LES TENEBRES DE LA NUIT
_ Dans les ténèbres de la nuit toujours ressortent les fantômes de mon âme, et l’angoisse m’étreint
Interrogations profondes dont les diverses réponses provisoires restent sans échos
Questions infinies qui déchirent mon entendement, le divisent lui qui n’est qu’un
Enseigne-moi donc la Vérité profonde de la Vie, de la Durée, du Beau !
_ T’éclairer en cela je ne le puis car les mêmes questions tourbillonnent en mon esprit
Chacun cherche la Vérité puis la fuit, veut la plier en ses propres attentes
La faible lueur de l’intuition ne permet que des réponses obscures, et infinies !
Et l’unicité de celles rattachées aux sciences est accessible à toute créature intelligente
Que puis-je alors, Homme parmi les Hommes, t’enseigner de certain que tu ne connaisses point ?
_ Mais sommes-nous donc de bêtes moutons pour vivre une réalité qui nous échappe ?
Au sein de ce troupeau les ébranlements me divisent, or que ne veux-je être un !
Indique-moi où se meut le secret de la Vie, que je lance mes filets et l’attrape…
_ À travers ton discours transparaît le problème insoluble du multiple et de l’unité
Aberration même de notre âme qui ne cesse d’unir le multiple, de diviser l’un
Reflet de l’incongrue multiplicité du souffle pourtant unique de la Vie lancé dans la Durée
Ainsi nous posons et effaçons des limites, mais sachons laisser l’entendement sur son terrain !
Cette question est du domaine de l’absolu d’où l’intelligence à jamais est exclue
_ J’attendais un enseignement et tu te mures lâchement dans une sceptique ignorance
La chose est facile mais peu courageuse, nous devons tenter de bâtir le concept des absolus !
_ Ne vois-tu donc que c’est toi qui te blottis dans ta prétendue puissance ?
La chose est agréable et simple : tu ne peux admettre un constat d’échec désolant
_ Pourquoi donc ne pourrais-je comprendre le fleuve sur lequel je chemine ?
_ Dans le flot celui-ci ne te montre qu’une facette et sa source s’est effacée dans le temps
Et toi tu voudrais le quitter pour le voir dans son entièreté, remonter vers l’impulsion d’origine
Qui nous a lancés, confluents après confluents, à travers des paysages merveilleux
Alors qui es-tu donc, dérisoire goutte d’eau, à vouloir lutter contre Dieu ?
_ L’entendement est-il si faible qu’il est à jamais cloîtré dans une prison ?
_ Lui seul, par concepts, retranscrit des idées claires, si chères à notre Raison
Et c’est ainsi que nous étudions notre cellule dont nous avons fermé la porte
Geste tombé dans l’oubli, pour cacher un monde brumeux que l’on ne supporte
Mais les murs opaques ne laissent aucunement passer la lumière extérieure que nous y cherchons
L’Homme courageux n’est pas celui qui les étudie, mais celui qui s’évade vers l’horizon
Ainsi sur le fleuve si nos yeux voient les paysages, seule l’intuition scrute l’eau impure
Celle-ci reflète le paysage, mais ne transparaît nullement dans cette même nature
L’essence immuable du fleuve, tu le conçois, se retrouve en tous ses ruisseaux
Il ne dépend dès lors que de nous d’oser regarder dans le trouble de l’eau
Et c’est dans ce trouble, dans la brume que se cachent les clés de la Vie !
Au plus profond de l’obscurité inquiétante de notre conscience, dans les ténèbres de l’oubli…
Dans les ténèbres de la nuit…

Juste pour vous inciter à lire ce qui fut ma Bible (du temps où j'en avais pour lire), "L'Evolution créatrice" de l'ami Henri Émoticône

Samedi 10 Juin 2006 00:44

Citation de Smartiz :
Citation de Francis :
Citation de Mlr :
Un vers, je ne sais plus de qui:
Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.

Il me semble qu'il est de Lamartine, dans "Le Lac".

Non ce n'est pas dans le Lac.

Oui, je viens de vérifier : c'est bien de Lamartine, mais dans "Méditations".
Hardbat France, pour le développement du hardbat en France http://www.hardbat-france.fr

Samedi 10 Juin 2006 01:05

Citation de Francis :
Citation de Smartiz :
Citation de Francis :
Citation de Mlr :
Un vers, je ne sais plus de qui:
Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.

Il me semble qu'il est de Lamartine, dans "Le Lac".

Non ce n'est pas dans le Lac.

Oui, je viens de vérifier : c'est bien de Lamartine, mais dans "Méditations".

En fait les Méditations poétiques est un recueil de poèmes dont le Lac fait partie. Ce vers se trouve dans le poème l'isolement.
Sans filet pour sans balle c'est l'âme en table.

Jeudi 06 Juillet 2006 21:24

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Baudelaire (l' Albatros)

Vendredi 07 Juillet 2006 14:35

ce texte la je l'avais a reviser pour le bac de français je peux meme te faire l'analyse si tu veuxRire !!!!! franchement il est bien ce poeme et pour tous ceux qui n'aurait pas compris il parle du poete qu'il compare a un albatros (meme s'il le dit clairement dans la derniere strophe) !!!!!!!!!!!!!!!!!!
Vivre Ultras pour vivre !!!!!!

Vendredi 07 Juillet 2006 17:33

La mort du loup de Vigny...Mon oral du bac francais quelle joie!!!
Merci Werner

Jeudi 13 Juillet 2006 23:45

Le chapeau à la main il entra du pied droit
Chez un tailleur très chic et fournisseur du roi
Ce commerçant venait de couper quelques têtes
De mannequins vêtus comme il faut qu'on se vête

La foule en tous les sens remuait en mêlant
Des ombres sans amour qui se traînaient par terre
Et des mains vers le ciel pleins de lacs de lumière
S'envolaient quelquefois comme des oiseaux blancs

Mon bateau partira demain pour l'Amérique
Et je ne reviendrai jamais
Avec l'argent gagné dans les prairies lyriques
Guider mon ombre aveugle en ces rues que j'aimais
Car revenir c'est bon pour un soldat des Indes
Les boursiers ont vendu tous mes crachats d'or fin
Mais habillé de neuf je veux dormir enfin
Sous des arbres pleins d'oiseaux muets et de singes

Les mannequins pour lui s'étant déshabillés
Battirent leurs habits puis les lui essayèrent
Le vêtement d'un lord mort sans avoir payé
Au rabais l'habilla comme un millionnaire

Au dehors les années
Regardaient la vitrine
Les mannequins victimes
Et passaient enchaînées

Intercalées dans l'an c'étaient les journées neuves
Les vendredis sanglants et lents d'enterrements
De blancs et de tout noirs vaincus des cieux qui pleuvent
Quand la femme du diable a battu son amant

Puis dans un port d'automne aux feuilles indécises
Quand les mains de la foule y feuillolaient aussi
Sur le pont du vaisseau il posa sa valise
Et s'assit
Les vents de l'Océan en soufflant leurs menaces
Laissaient dans ses cheveux de longs baisers mouillés
Des émigrants tendaient vers le port leurs mains lasses
Et d'autres en pleurant s'étaient agenouillés

Il regarda longtemps les rives qui moururent
Seuls des bateaux d'enfant tremblaient à l'horizon
Un tout petit bouquet flottant à l'aventure
Couvrit l'Océan d'une immense floraison

Il aurait voulu ce bouquet comme la gloire
Jouer dans d'autres mers parmi tous les dauphins
Et l'on tissait dans sa mémoire
Une tapisserie sans fin
Qui figurait son histoire
Mais pour noyer changées en poux
Ces tisseuses têtues qui sans cesse interrogent
Il se maria comme un doge
Aux cris d'une sirène moderne sans époux
Gonfle-toi vers la nuit O Mer Les yeux des squales
Jusqu'à l'aube ont guetté de loin avidement
Des cadavres de jours rongés par les étoiles
Parmi le bruit des flots et les derniers serments

"L" Emigrant de Landoor Road" Guillaume Apollinaire

Jeudi 13 Juillet 2006 23:48

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passait
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

"Le Pont Mirabeau", Alcools, Apollinaire

Dimanche 01 Octobre 2006 13:58

Relisez ou réécoutez ce très beau texte de Jacques Brel :


Quand on n'a que l'amour
A s'offrir en partage
Au jour du grand voyage
Qu'est notre grand amour

Quand on n'a que l'amour
Mon amour toi et moi
Pour qu'éclatent de joie
Chaque heure et chaque jour

Quand on n'a que l'amour
Pour vivre nos promesses
Sans nulle autre richesse
Que d'y croire toujours

Quand on n'a que l'amour
Pour meubler de merveilles
Et couvrir de soleil
La laideur des faubourgs

Quand on n'a que l'amour
Pour unique raison
Pour unique chanson
Et unique secours

Quand on n'a que l'amour
Pour habiller matin
Pauvres et malandrins
De manteaux de velours

Quand on n'a que l'amour
A offrir en prière
Pour les maux de la terre
En simple troubadour

Quand on n'a que l'amour
A offrir à ceux-là
Dont l'unique combat
Est de chercher le jour

Quand on n'a que l'amour
Pour tracer un chemin
Et forcer le destin
A chaque carrefour

Quand on n'a que l'amour
Pour parler aux canons
Et rien qu'une chanson
Pour convaincre un tambour

Alors sans avoir rien
Que la force d'aimer
Nous aurons dans nos mains,
Amis le monde entier



"Quand on n'a que l'amour" J. Brel

Vendredi 01 Décembre 2006 10:45

(Re-)lisez cet extrait du "Petit Prince", de Saint-Exupéry (chapitre VII)


Le cinquième jour, toujours grâce au mouton, ce secret de la vie du petit prince me fut révélé. Il me demanda avec brusquerie, sans préambule, comme le fruit d'un problème longtemps médité en silence:

- Un mouton, s'il mange les arbustes, il mange aussi les fleurs ?

- Un mouton mange tout ce qu'il rencontre.

- Même les fleurs qui ont des épines ?

- Oui. Même les fleurs qui ont des épines.

- Alors les épines, à quoi servent-elles ?

Je ne le savais pas. J'étais alors très occupé à essayer de dévisser un boulon trop serré de mon moteur. J'étais très soucieux car ma panne commençait de m'apparaître comme très grave, et l'eau à boire qui s'épuisait me faisait craindre le pire.

- Les épines, à quoi servent-elles ?

Le petit prince ne renonçait jamais à une question, une fois qu'il l'avait posée. J'étais irrité par mon boulon et je répondis n'importe quoi:

- Les épines, ça ne sert à rien, c'est de la pure méchanceté de la part des fleurs !

- Oh!

Mais après un silence il me lança, avec une sorte de rancune:

- Je ne te crois pas ! Les fleurs sont faibles. Elles sont naïves. Elles se rassurent comme elles peuvent. Elles se croient terribles avec leurs épines...

Je ne répondis rien. A cet instant-là je me disais: "Si ce boulon résiste encore, je le ferai sauter d'un coup de marteau." Le petit prince dérangea de nouveau mes réflexions:

- Et tu crois, toi, que les fleurs...

- Mais non ! Mais non ! Je ne crois rien ! J'ai répondu n'importe quoi. Je m'occupe, moi, de choses sérieuses !

Il me regarda stupéfiait.

- De choses sérieuses !

Il me voyait, mon marteau à la main, et les doigts noirs de cambouis, penché sur un objet qui lui semblait très laid.

- Tu parles comme les grandes personnes !

Ça me fit un peu honte. Mais, impitoyable, il ajouta:

- Tu confonds tout... tu mélanges tout !

Il était vraiment très irrité. Il secouait au vent des cheveux tout dorés:

- Je connais une planète où il y a un Monsieur cramoisi. Il n'a jamais respiré une fleur. Il n'a jamais regardé une étoile. Il n'a jamais aimé personne. Il n'a jamais rien fait d'autre que des additions. Et toute la journée il répète comme toi: "Je suis un homme sérieux ! Je suis un homme sérieux !" et ça le fait gonfler d'orgueil. Mais ce n'est pas un homme, c'est un champignon !

- Un quoi ?

- Un champignon !

Le petit prince était maintenant tout pâle de colère.

- Il y a des millions d'années que les fleurs fabriquent des épines. Il y a des millions d'années que les moutons mangent quand même les fleurs. Et ce n'est pas sérieux de chercher à comprendre pourquoi elles se donnent tant de mal pour se fabriquer des épines qui ne servent jamais à rien ? Ce n'est pas important la guerre des moutons et des fleurs ? Ce n'est pas plus sérieux et plus important que les additions d'un gros Monsieur rouge ? Et si je connais, moi, une fleur unique au monde, qui n'existe nulle part, sauf dans ma planète, et qu'un petit mouton peut anéantir d'un seul coup, comme ça, un matin, sans se rendre compte de ce qu'il fait, ce n'est pas important ça !

Il rougit, puis reprit:

- Si quelqu'un aime une fleur qui n'existe qu'à un exemplaire dans les millions et les millions d'étoiles, ça suffit pour qu'il soit heureux quand il les regarde. Il se dit: "Ma fleur est là quelque part..." Mais si le mouton mange la fleur, c'est pour lui comme si, brusquement, toutes les étoiles s'éteignaient ! Et ce n'est pas important ça !

Il ne put rien dire de plus. Il éclata brusquement en sanglots. La nuit était tombée. J'avais lâché mes outils. Je me moquais bien de mon marteau, de mon boulon, de la soif et de la mort. Il y avait, sur une étoile, une planète, la mienne, la Terre, un petit prince à consoler ! Je le pris dans les bras. Je le berçai. Je lui disais: "La fleur que tu aimes n'est pas en danger... Je lui dessinerai une muselière, à ton mouton... Je te dessinerai une armure pour ta fleur... Je..." Je ne savais pas trop quoi dire. Je me sentais très maladroit. Je ne savais comment l'atteindre, où le rejoindre... C'est tellement mystérieux, le pays des larmes.

Extrait du "Petit Prince", chapitre VII. Antoine de St Exupéry
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