Les handballeurs français m'ont paru très convaincants face au Brésil.
Et le hand est bien plus plaisant à regarder que le foot (point de vue de néophyte).
Comme disait l'autre, même s'il n'y a pas de différence entre 1kg de plumes et 1 kg de plomb, je préfère quand même recevoir sur la tête 1kg de plumes.
Je pense effectivement que ça a été déterminant. Elle n'a pas réussi à mettre la main dessus.
Mais la japonaise a été très intelligente : elle a mis la pression dès le début par sa vivacité et des petits avantages et ensuite a su magistralement contrôler la situation sans faire de l'anti-jeu et donc sans être sanctionnée !
La leçon. Elle n'a pas gagné mais voilà d'où elle vient et qui elle est.
Frédérique Jossinet, enfin aux Jeux
LE MONDE | 13.08.04
La judoka française, qui n'avait participé ni aux JO d'Atlanta ni à ceux de Sydney, espère détrôner sa rivale japonaise Ryoko Tamura (48 kg).
Il y a dans ce regard bleu perçant toute la détermination du monde. Dans ces épaules musclées et bronzées, une force sûre d'elle-même. Dans ces dreadlocks blonds, une envie de croquer la vie, l'été, les Jeux. Frédérique Jossinet sait d'où elle vient, où elle va, ce qu'elle est venue faire à Athènes : remporter le titre olympique de judo dans la catégorie des 48 kilos, déboulonner la minuscule Ryoko Tamura, l'idole du Japon, championne en titre et quintuple championne du monde. Elle ouvrira le bal, samedi 14 août.
"Enfin... Ce sont mes premiers Jeux..." Pour y parvenir, Frédérique Jossinet, née à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) il y a vingt-huit ans, a emprunté des chemins de traverse. A son corps défendant.
En 1995, la porte s'est ouverte devant elle, la voie semblait tracée : les sélectionneurs nationaux avaient décidé de l'emmener aux championnats du monde, au Japon. Elle n'avait que 19 ans, y a été battue par Ryoko Tamura, sans démériter.
Pourtant, la porte s'est refermée. Les entraîneurs ont décidé qu'une autre, Sarah Nichilo, méritait davantage d'aller aux Jeux d'Atlanta, en 1996, puis encore aux Jeux de Sydney, en 2000. "Ce qui m'a fait le plus mal, c'est d'avoir été oubliée aussi vite que j'avais été choisie, raconte aujourd'hui la jeune femme. J'ai été seule, profondément seule. Je n'arrivais pas à assumer ce qui s'était passé. J'étais jeune, je n'étais pas préparée à affronter cela, personne ne m'avait expliqué..."
Frédérique Jossinet n'est pas allée assister aux Jeux d'Atlanta, a jeté un coup d'œil distrait à ceux de Sydney, à la télé. "Ça ne me disait rien d'aller voir pour aller voir, raconte-t-elle. J'avais de gros problèmes de concentration, je lâchais des matches à mi-parcours parce que je trouvais ça trop long." Avant les Jeux de 2000, la jeune femme a refusé de participer à un stage fédéral. Les entraîneurs l'ont sanctionnée.
"J'avais du mal à sortir la tête de l'eau. Et puis des potes m'ont fait relativiser. Jusque là, je me faisais une montagne de mes performances et de mes contreperformances. Mais j'ai grandi, je me suis ouverte et j'ai compris que la vie, ce n'était pas que le sport..." La judoka de l'US Orléans a cherché à s'entourer pour combler ses lacunes : elle a travaillé avec une préparatrice mentale et poursuit cette démarche aujourd'hui avec un autre spécialiste.
Avec la confiance, les résultats sont revenus. Frédérique Jossinet est devenue championne d'Europe en 2001 puis de nouveau en 2002. En 2003, huit ans après sa première expérience, elle a retrouvé les championnats du monde. Et y a obtenu une médaille d'argent, seulement battue en finale par Ryoko Tamura au terme d'une finale très équilibrée.
FAIRE TOMBER UNE ICÔNE
Ryoko Tamura, l'incontournable, que ses interlocuteurs n'en finissent pas d'évoquer devant elle... "Ce n'est même plus un symbole, c'est un phénomène, une icône, assure la Française. C'est pour cela qu'il est si dur de la battre. Il y a tout un tas de choses à travailler par rapport à cela : faire tomber une icône, ce n'est pas évident. Pourtant, elle n'est plus imbattable, elle a été mise en difficulté à plusieurs reprises ces derniers temps."
Si la Japonaise n'est plus tout à fait ce qu'elle était, la Française est depuis trois ans sur une pente ascendante. Son épanouissement a également coïncidé avec l'arrivée de Cécile Nowak, championne olympique en 1992, dans l'encadrement fédéral. Cécile Nowak, qui, à huit mois des Jeux d'Athènes, a décidé, pour raisons personnelles, de prendre du recul.
"Quand j'ai appris le départ de Cécile, je me suis dit : c'est pas vrai, c'est un cauchemar, pas maintenant, se souvient Frédérique Jossinet. J'étais en colère contre la fédé, j'étais en colère contre Cécile..."
Un coup de téléphone de Marie-Claire Restoux, la conseillère aux sports de la présidence de la République, qui s'était trouvée en opposition avec l'encadrement fédéral avant les Jeux de Sydney, a ramené la jeune femme à la raison : "Elle m'a conseillé de ne surtout pas tomber dans le même schéma qu'elle, de ne pas me tromper d'objectif."
Une nouvelle organisation a été mise en place, et c'est désormais Stéphane Traineau, le directeur des équipes de France, qui prend place au bord du tatami quand Frédérique Jossinet combat. Lors du stage préparatoire d'Houlgate en juillet, Cécile Nowak, en vacances dans la région, est venue à plusieurs reprises rejoindre son ancienne protégée. "Elle m'aide à régler de petits détails mais elle sait que ce sont des ajustements importants pour moi", précise celle-ci.
A ceux qui lui posent la question, la vice-championne du monde n'hésite pas à répondre à voix haute et assurée qu'elle n'a pas d'autre objectif à Athènes que le titre olympique : "Si on ne l'a pas imaginé, si on ne l'a pas rêvé, on ne peut pas y accéder. Et depuis trois jours je me surprends à y penser quand je m'endors, à y rêver certainement..."
Kenteris et Thanou, exclus des JO, dans leur propre pays, après un accident de moto digne
d'un invraisemblable polar, on croit rêver et on se prend à espérer...
Dommage quand même pour les médaillé(e)s volé(e)s dans le passé.