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Le journalisme actuel

Mardi 26 Février 2008 15:06

On a vu ces derniers mois quelques scandales journalistiques passer dans la presse. Les derniers en date sont le SMS du Nouvel Obs, et la vidéo du Parisien du salon de l'agriculture...

Trouvez-vous que les journalistes aujourd'hui répondent réellement à une démarche d'information de qualité ? Je ne connais les tabloïds Anglais que de réputation, mais j'ai l'impression qu'on en arrive un peu là. Je m'explique :

Le bon mot de Sarko au salon de l'agriculture est une information importante à dire, comme on ne pouvait pas à son époque taire le coup de boule de Zidane... Quoiqu'on en pense, un homme public se doit de se tenir correctement en public, ça semble "normal". Cependant, ce matin, Le Parisien remue la béchamel avec son "entretien" entre Sarko et les lecteurs, dans lequel Sarko dit : "Je n'aurais pas du répondre cela". Alléluia, on se dit, tiens, ça faisait au moins 6 mois que Sarko n'avait pas dit quelque chose de sensé ! Jusque là, la démarche du Parisien semble honnête, ils nous fournissent un complément d'information, et en plus allant dans le bon sens, Sarko semblant se repentir.

Mais qu'apprend t'on ce midi aux infos ? L'entretien aurait été "retouché" par l'Elysée, et quelqu'un aurait rajouté cette phrase, qui ne viendrait pas du tout de Sarko ! Et derrière, Le Parisien promet de mettre l'entretien original dans son édition de demain. Hop, 3 éditions vendues pour le prix d'une ! Les journalistes ne se devaient-ils pas de donner une information claire et vraie dès le départ ?

Doit-on craindre une "tabloïdation" des journaux français ? N'est ce finalement qu'une évolution obligatoire, de la même façon que le pouvoir et la gouvernance évolue aujourd'hui très vite au niveau politique avec Sarko ? Et comment voyez-vous l'information dans 10 ou 20 ans ?
Message modifié 1 fois, dernière modification Mardi 26 Février 2008 15:08 par Totoro

Mardi 26 Février 2008 18:06

Triste, en effet, même si de leur côté, et Sarko en fut un expert, les politiques ont de plus en plus tendance à tenter de manipuler les journalistes. Cela dit, la presse écrite reste malgré tout un modèle par rapport aux journaux télévisés, dont la plupart des gens se contentent. Les infos de la Une, en particulier, doivent faire rougir les profs dans les écoles de journalisme

Mardi 26 Février 2008 23:06

On est plus sur de l'info.... mais sur du marketing vente

Mardi 26 Février 2008 23:57

Comme un peu partout chacun pense a sa gueule et a son compte bancaire peu importe les conséquences engendrées.................
Le seul but étant de vendre et de faire du chiffre

Mercredi 27 Février 2008 00:25

Sarkozy est victime de ce qu'il a déclenché lui-même : une omniprésence dans les media depuis son élection. On continue à parler de lui, mais il y a plus de négatif qu'avant, alors pourquoi l'occulter ?
Hardbat France, pour le développement du hardbat en France http://www.hardbat-france.fr

Mercredi 27 Février 2008 11:12

Francis, j'essaye ici plutôt de parler du journaliste, sans m'attacher sur un homme politique en particulier.

J'essaye aussi de comprendre pourquoi on en vient à traiter certaines informations d'une telle façon qu'elles occultent toutes les autres, et qu'elles reviennent tous les jours.

Par exemple, Sarko doit être bien content qu'on s'arrête à son "casse-toi, pauvre con", alors qu'à côté il essaye de démolir pierre par pierre le Conseil Constitutionnel, qui serait le dernier rempart de la Démocratie si tout le reste était bafoué ! Quel est le rôle des journalistes dans cette histoire. Ne serait-ce pas à eux de souligner la perte de vitesse de la Démocratie face à un Bonapartiste en puissance ?

Mercredi 27 Février 2008 17:24

je suis entièrement d'accord avec toi totoro.
Des journaux réputés sérieux(nouvel obs', Le parisien) en arrivent à se comporter comme de la presse de caniveau pour vendre du papier.
Dans le cas de Sarkozy au salon de l'agriculture, tu as raison , son écart de conduite devait être relaté. Mais on en a beaucoup plus parlé ( et c'est peu de le dire) que de son discours sur la PAC. Il aurait été pourtant intéressant de voir ce que proposait notre président en matière d'agriculture (pour analyser et critiquer si nécessaire), surtout après Chirac qui a toujours protégé le monde agricole face aux réformes exigées par l'U.E.
En ce moment toutes les femmes et tous les hommes politiques ne sont interrogés et consultés que sur les "frasques" ( parfois privées) du Président de la République. Il faudrait élever un peu le niveau, qu'on soit pour sarkozy ou farouche opposant , on ne peut pas se contenter de ces débats misérables et pitoyables.
En ce moment il y a matière à réfléchir en politique : Le traité simplifié, la réforme du droit pénal (principe de la non rétroactivité des lois protégé par le conseil constitutionnel), le projet d'Union Méditerranéenne, Les tensions dans les Balkans ( Kosovo), la présidence française de l'Union Européenne au 1 er juillet, etc...

Je ne suis qu'un "français moyen" et j'aimerais que la presse m'informe, analyse et m'explique les conséquences des décisions prises.
Heureusement quelques magazines de "vulgarisation" sont encore là pour nous aider à comprendre.
Quant à retoucher les articles , c'est un procédé utilisé régulièrement par les "interviewés", il est inacceptable et totalement incorrect, que Le Parisien revienne sur ce système pour vendre plusieurs versions.

Mercredi 27 Février 2008 18:53

La rétroactivité des lois ce n'est pas nouveau et l'état l'a déjat fait en particulier dans l'assurance et je pense ds d'autres domaines.

Sur la vulgarisation... j'y crois pas trop car quand je vois le niveau ds des domaines que je connais, ça fait peur.

Mercredi 27 Février 2008 19:40

Citation de Totoro :
Francis, j'essaye ici plutôt de parler du journaliste, sans m'attacher sur un homme politique en particulier.

Pourtant tu parles beaucoup de Sarkozy dans tes exemples. Émoticône
Pour revenir sur l'info du "passage en force" de Sarkozy sur la loi de rétention de sûreté pour les criminels dangereux, on en parle sur internet, je pense que les journaux de gauche et les journaux télévisés ne se priveront pas de le rapporter. Voici la dépêche de l'agence Reuters :
http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080226/tts-france-justice-retention-surete-ca02f96.html
Et celle de l'AFP :
http://fr.news.yahoo.com/afp/20080226/tts-justice-prison-loi-c1b2fc3.html
Hardbat France, pour le développement du hardbat en France http://www.hardbat-france.fr

Mercredi 27 Février 2008 19:44

Citation de jpc45 :
La rétroactivité des lois ce n'est pas nouveau et l'état l'a déjat fait en particulier dans l'assurance et je pense ds d'autres domaines.

Il serait intéressant que tu donnes des exemples concrets, et non des généralités. Les seuls exemples qui me viennent à l'esprit remontent au gouvernement de Vichy pendant la 2ème Guerre Mondiale.
Hardbat France, pour le développement du hardbat en France http://www.hardbat-france.fr

Mercredi 27 Février 2008 20:15

Citation de Francis :
Citation de jpc45 :
La rétroactivité des lois ce n'est pas nouveau et l'état l'a déjat fait en particulier dans l'assurance et je pense ds d'autres domaines.

Il serait intéressant que tu donnes des exemples concrets, et non des généralités. Les seuls exemples qui me viennent à l'esprit remontent au gouvernement de Vichy pendant la 2ème Guerre Mondiale.


La rétroactivité des lois fiscales sont courantes : il existe même un livre sur le sujet http://www.lgdj.fr/ouvrage21816/

J'ai ausi en tête l'ancien système de réduction d'impot en cas d'achat d'un bien immobillier qui a été supprimé en cours.

Je te l'accord ce n'est pas du droit pénal.

Mercredi 27 Février 2008 20:43

Citation de jpc45 :
Citation de Francis :
Citation de jpc45 :
La rétroactivité des lois ce n'est pas nouveau et l'état l'a déjat fait en particulier dans l'assurance et je pense ds d'autres domaines.

Il serait intéressant que tu donnes des exemples concrets, et non des généralités. Les seuls exemples qui me viennent à l'esprit remontent au gouvernement de Vichy pendant la 2ème Guerre Mondiale.


La rétroactivité des lois fiscales sont courantes : il existe même un livre sur le sujet http://www.lgdj.fr/ouvrage21816/

J'ai ausi en tête l'ancien système de réduction d'impot en cas d'achat d'un bien immobillier qui a été supprimé en cours.

Je te l'accord ce n'est pas du droit pénal.


en cherchant, la rétroactivité peut s'appliquer aussi en droit pénal mais pour des lois pénales les plus douces.

http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/la_justice_sous_pressions/20080204.OBS8745/debre__la_retroactivite_sapplique_aux_lois_penales_les_.html
Message modifié 1 fois, dernière modification Mercredi 27 Février 2008 20:43 par jpc45

Jeudi 28 Février 2008 10:13

Citation de Francis :
Citation de jpc45 :
La rétroactivité des lois ce n'est pas nouveau et l'état l'a déjat fait en particulier dans l'assurance et je pense ds d'autres domaines.

Il serait intéressant que tu donnes des exemples concrets, et non des généralités. Les seuls exemples qui me viennent à l'esprit remontent au gouvernement de Vichy pendant la 2ème Guerre Mondiale.

et aussi à l'Allemagne des années 1930... J'dis ça, j'dis rien Émoticône , j'voudrais surtout pas comparer l'assurance avec certains évènements du XXme sciècle !

Pour être plus sérieux, Jpc, la rétroactivité des lois est anticonstitutionnelle depuis... très longtemps ! (et comme le souligne Francis il n'y a que Vichy qui s'est essuyé les pieds dessus !)

Jeudi 28 Février 2008 11:09

Non la rétroactivité des lois n'est pas constitutionel cf http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9troactivit%C3%A9_en_droit_fran%C3%A7ais

ce n'est pas aussi simple et ds en fiscalité c'est notamment la règle.

Jeudi 28 Février 2008 11:31

Tu veux dire elle n'est pas anticonstitutionnelle ? Oui d'après ce que tu cites, tu as raison en fait. Mais dans l'article de wikipedia que tu cite, il est inscrit : "En droit pénal, les principes de légalité et de stricte nécessité des peines impliquent ceux de la non-rétroactivité de la loi pénale plus sévère et de la rétroactivité de la loi pénale plus douce (rétroactivité in mitius). Comme l'indiquait Portalis : « la loi qui sert de titre à l’accusation doit être antérieure à l’action pour laquelle on accuse »." On ne peut aller que du plus sévère vers le plus doux, et surtout pas l'inverse !

Dans le même sens, la France (qui se veut pays des droits de l'Homme) est signataire de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, indiquant dans l'alinéa 2 du 11me article : "Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été commises, ne constituaient pas un acte délictueux d'après le droit national ou international. De même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l'acte délictueux a été commis."

Je me trompais donc quand je disais qu'une loi ne peut pas être rétroactive, mais une loi punissant un délit elle, ne doit pas pouvoir être rétroactive pour une peine plus forte, et ça semble bien normal. Dans un pays où l'on abolit la peine de mort, on ne pourra pas ressusciter les criminels , et si un pays est assez barbare pour réinstaurer la peine de mort, il parait incongru qu'on dise à un mec qu'on a condamné à 20 ans de prisons : "Ben finalement tu vas passer à la chaise" !

Jeudi 28 Février 2008 11:32

Citation de jpc45 :
ce n'est pas aussi simple et ds en fiscalité c'est notamment la règle.

Et pour la fiscalité, ça semble bien normal. Y a une différence entre condamner quelqu'un pour un délit, et une réduction d'impôts que, de façon populiste, on va étendre aux précédents "bénéficiaires"...

Jeudi 28 Février 2008 11:58

Citation de Totoro :
Citation de jpc45 :
ce n'est pas aussi simple et ds en fiscalité c'est notamment la règle.

Et pour la fiscalité, ça semble bien normal. Y a une différence entre condamner quelqu'un pour un délit, et une réduction d'impôts que, de façon populiste, on va étendre aux précédents "bénéficiaires"...


en général, les réductions d'impots sont supprimées et non étendues.

Jeudi 28 Février 2008 12:01

En fait je prenais notamment l'exemple sur la réduction d'impôts sur les intérêts des prêts immobiliers que Sarko voulait faire passer après son élection Clin d'oeil

Jeudi 28 Février 2008 12:11

jpc45,
Le principe de non-rétroactivité constitue un principe important du droit commun. Il est ré-affirmé par l'article 2 du Code civil en ces termes : « La loi ne dispose que pour l'avenir ; elle n'a point d'effet rétroactif ». Tout étudiant passé en 1ère année de droit connaît ce principe. Bien sûr comme tout principe , on peut y déroger pour certaines exceptions.
Ce principe possède une valeur inégale selon les domaines où il s’applique. Si la loi ne peut être rétroactive en matière pénale (sauf lois pénales plus douces), en revanche,comme tu le soulignes les lois rétroactives se sont multipliées dans les autres domaines. Le principe de non-rétroactivité des lois possède une valeur constitutionnelle en matière répressive, dont la portée a été précisée par le Conseil constitutionnel . ( voir jurisprudence).
Mais en l'occurence, jpc 45 , Totoro a raison, cela peut conduire à des débordements. (peine de mort...)
Il me semble vraiment dangereux que notre Président, garant des institutions de la République, tente de passer outre une décision des "Sages".
Je trouve que c'est sur ce comportement que la presse "sérieuse" doit jouer son rôle de contre-pouvoir, et non pas en déballant la vie privée des politiques.
Heureusement , les grands médias semblent se reprendre et propose ces jours-ci des confrontations d'idées et des critiques constructives. (Libé, Nouvel Obs', Le Figaro, etc...)

Jeudi 28 Février 2008 12:24

Citation de jibsy :
jpc45,
Le principe de non-rétroactivité constitue un principe important du droit commun. Il est ré-affirmé par l'article 2 du Code civil en ces termes : « La loi ne dispose que pour l'avenir ; elle n'a point d'effet rétroactif ». Tout étudiant passé en 1ère année de droit connaît ce principe. Bien sûr comme tout principe , on peut y déroger pour certaines exceptions.
Ce principe possède une valeur inégale selon les domaines où il s’applique. Si la loi ne peut être rétroactive en matière pénale (sauf lois pénales plus douces), en revanche,comme tu le soulignes les lois rétroactives se sont multipliées dans les autres domaines. Le principe de non-rétroactivité des lois possède une valeur constitutionnelle en matière répressive, dont la portée a été précisée par le Conseil constitutionnel . ( voir jurisprudence).
Mais en l'occurence, jpc 45 , Totoro a raison, cela peut conduire à des débordements. (peine de mort...)
Il me semble vraiment dangereux que notre Président, garant des institutions de la République, tente de passer outre une décision des "Sages".
Je trouve que c'est sur ce comportement que la presse "sérieuse" doit jouer son rôle de contre-pouvoir, et non pas en déballant la vie privée des politiques.
Heureusement , les grands médias semblent se reprendre et propose ces jours-ci des confrontations d'idées et des critiques constructives. (Libé, Nouvel Obs', Le Figaro, etc...)



Je n'ai jamais dit le contraire notamment sur la non rétroactivité des lois pénales pour les peines sévères (cf. mes mails précédents).
Mais le débat sur ce point est mal parti de toute façon. la question qui est posée est de savoir si qq. que l'on sait dangereux (et qui parfois reconnaît qui récidivera) en prison ou pas doit être soigné (en prison ou non) dans des centres spécialisés.
Il n'est pas pour moi question de rétroactivité d'une loi. J'espère que la Cour de cassation posera en des termes autres que la rétroactivité d'une loi.
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