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Interview de Michel Gadal

Mardi 05 Mai 2009 12:24

Le Directeur Technique National, Michel Gadal, revient sur le parcours de chacun des joueurs de l'équipe de France à Yokohama.



Pour tirer un bilan global, quel est votre sentiment général ?


Par rapport aux objectifs, c'est un résultat honorable et encourageant. D’abord, tous ont tenu leur rang et aucun n’a lâché. Il ont toujours été dans la compétition et les matches perdus l'ont été après des batailles. Le niveau de joueur augmente, c'est clair.

Carole Grundisch a retrouvé son niveau avant sa blessure...



Il s'agissait pour Carole d'un retour à la compétition et en effet elle a retrouvé un niveau de jeu mais elle manque de matches. Elle sent qu’elle joue bien et c'est un nouveau point de départ pour elle qui va enchaîner avec les Jeux Méditerranéens et les Universiades. Elle a un avenir dans le concert européen.

Pour Audrey Mattenet, c'était une première expérience à ce niveau...


Audrey a fait son championnat du Monde. Avec ses études elle ne s'est pas énormément entraînée mais elle possède un sens aigu du tennis de table. Face à la n°51 mondiale, elle a perdu 2/4 mais avec des opportunités. Elle doit prendre conscience de ses possibilités et de ce qu’elle veut faire. Elle peut raisonnablement nourrir des espoirs au niveau européen.

A propos, vous ne mentionnez pas le niveau mondial ?


C'est très inquiétant et pas seulement pour la France, lorsqu'on voit le niveau de jeu de la jeune chinoise Liu Shiwen, c'est extraordinaire. Sans pessimisme, il faudra plusieurs générations pour y arriver.


Xian Yi Fang rencontrait une défenseuse au 2ème tour...


Yi Fang a perdu contre Viktoria Pavlovich. Elle a du mal face aux défenseuses et elle doit être plus déterminée et avoir n investissement supérieur sur ce type de match. Le bilan est mitigé car elle a gagné très facilement son premier match.


Premier garçon à entrer en lice, Emmanuel Lebesson a été tout près de mettre l'équipe de France dans une grosse dynamique ?


Au premier tour, il a compté une balle de match sur Yoshida qui a atteint les quarts de finale, éliminé par Wang Hao. Je suis déçu pour lui mais sur le prochain open de Biélorussie, il ira chercher des perfs pour viser haut. En terme de niveau de jeu, Manu est capable de réaliser des performances dans le Top 40 mondial. Il a besoin d'un déclic. On l'a vu aussi bien jouer en double malgré un tirage pas favorable. Il y a un an 1/2, Emmanuel et Adrien auraient perdu 4/0, maintenant c'est 4/2 et les adversaires les prennent au sérieux. C'est un niveau à confirmer au niveau européen avec des médailles à aller chercher.


Adrien Mattenet s'est hissé en seizièmes, c'est une satisfaction ?


On l'a dit à plusieurs reprises, Adrien Mattenet était encore inconnu il y a un an. Il gagne régulièrement sur des joueurs du Top 100. Face à Wang Liqin, il a confirmé ce qu'il avait su réaliser face à Vladirmir Samsonov à Saint-Pétersbourg. Il possède le ping pour jouer les meilleurs.


Adrien était venu pour acquérir de l'expérience. De ce point de vue, l'objectif a été atteint, non ?


Face à Wang Liqin il a mis beaucoup trop de temps à rentrer dans le match mais il a ensuite fait jeu égal. Il manque à nos garçons l’expérience pour aborder de la meilleure façon ces matches. C'est une bonne leçon pour nous, pour notre travail avec les plus jeunes. Adrien a réalisé beaucoup de progrès et il a encore des possibilités d'amélioration. C'est très encourageant et c'est donc difficile d’évaluer son potentiel. Je le répète, il montre qu’il a le ping pour matcher avec les meilleurs. Il travaille beaucoup et bien : il est déterminé. Il peut revoir ses ambitions à la hausse et il a emmagasiné de l'expérience en vue des championnats d'Europe de septembre.


Ce déficit d'expérience est due à son arrivée tardive sur le circuit mais cela ne concerne pas que lui...


J'ai observé les jeunes japonais qui sont très sereins, concentrés et appliqués : ils ne doutent pas et ne sont pas impressionnés. Il sont plongés dans ce monde très tôt. Cela nous montre la voie. Il faut sortir de notre organisation et sauter les catégories avec nos jeunes qui ont du talent. La seule référence qui vaille, c'est la catégorie senior. L'exemple des Japonais est à méditer.


Enfin, Christophe Legoût n'a pas été très verni par le tirage...


Christophe a fait son travail. Wang Hao, c'est une dimension supérieure : il est au-dessus des autres. Cela dit, Christophe s'était encore très bien préparé et il a montré un bon niveau de jeu.



source

Mardi 05 Mai 2009 12:39

Pas mal cette interciew.

Mais, sans pessemisme, est ce qu'on atteindra un jour le niveau asiatique carrément ?
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Mardi 05 Mai 2009 19:51

euh....... nonRire

Mardi 05 Mai 2009 22:50

peut-être pas forcément mais je souhaite à la France d'avoir plusieurs joueurs dans le top 50 voir 30 mondial d'ici 4-5 ans...!! mais je suis peut-être optimiste!? on verra bien!

Mercredi 06 Mai 2009 12:17

Le Japon est certes sur la bonne voie, il joue beaucoup moins sur le nombre.
C'est un meilleur exemple que la Chine dont le système est simple, choisir les
meilleurs des meilleurs parmi les meilleurs !

Dimanche 13 Décembre 2009 16:45

Ouest France du 09/12/09.

Polémique. Michel Gadal, le directeur technique national évoque le problème concernant des joueurs du championnat de France de Pro A et B qui disputent la Ligue chinoise cet été.

Michel Gadal, quel est votre avis sur cette polémique ?

Je n'ai aucun pouvoir pour trancher. Mais quand une Fédération représente un sport, elle doit se donner tous les moyens pour proposer un spectacle qualitatif et accessible au plus grand nombre. La qualité du spectacle passe forcément par celle des joueurs. Alors essayons de ne pas se mettre de bâtons dans les roues qui nous empêcheraient d'attirer dans le championnat français les meilleurs joueurs du monde.

Oui mais là, ce sont les règlements fédéraux qui laissent possible l'interprétation selon laquelle ces joueurs, ayant participé à un autre championnat, ne pourraient pas jouer en France ?

Les règlements fédéraux sont presque les mêmes de la Pro A au championnat départemental. Il est donc difficile de répondre aux intérêts de chaque niveau. Le tennis de table aux niveaux départemental et régional sert avant tout à former et à animer la discipline. Le haut niveau sert à mettre dans les meilleures dispositions l'élite française pour qu'elle soit compétitive sur les grands rendez-vous internationaux. Il faut aussi adapter les règles aux différents types de pratique par équipe. La Fédération en est consciente et réfléchit pour faire évoluer les choses dès la saison prochaine.

Les règlements ne sont donc pas adaptés ?

On est certain que les joueurs ne jouent pas en même temps dans deux clubs différents. La polémique porte en fait sur ce que l'on entend par saison. En France, la saison sportive débuterait le 1er juillet et se terminerait le 30 juin. Mais tout le monde sait que le contrat d'un joueur démarre souvent à compter de la première journée de championnat et se termine au soir de la dernière rencontre officielle par équipe. C'est ce qu'applique la Fédération européenne (ETTU). Quant à la Fédération internationale (ITTF), elle cale sa saison sur les années civiles. Quand on a posé ces trois intervalles, nous pouvons parler de saison sans jamais évoquer la même chose. Les championnats professionnels ont évolué très vite et il y a eu un manque d'anticipation au niveau des règlements. Ce n'est pas un reproche, simplement un constat.

Quelles sont vos idées pour l'avenir ?

Il faut s'assurer de pouvoir continuer à attirer les meilleurs joueurs du monde en adaptant les règlements à l'évolution du tennis de table. Il y a cinq ans, seules la France et l'Allemagne avaient un championnat par équipe structuré capable d'attirer des joueurs professionnels. Aujourd'hui, la Russie et la Chine possèdent leur propre Ligue. Demain, la Corée et le Japon auront la leur. Toutes ces Ligues rémunèrent bien plus que les clubs français. Il faut donc trouver un compromis pour permettre aux meilleurs joueurs du monde d'évoluer en France et ailleurs. Mais jamais en même temps. Sinon, ils bouderont la France. Or pour créer une véritable économie du tennis de table avec des recettes, du public et un vrai suivi médiatique, il faut proposer un spectacle de très haut niveau. Les clubs pourraient ainsi se sortir de l'emprise financière des collectivités locales. J'espère franchement que la solution à ce litige sera bénéfique au tennis de table et que les clubs feront tout pour bâtir et non pour détruire. »


Recueilli par Julien SOYER.
Ouest-France

Dimanche 13 Décembre 2009 17:38

"... se sortir de l'emprise financière des collectivités locales ..." hum, ça m'paraît quasi irréalisable. Y a qu'à voir les clubs de foot ... qui disposent pourtant d'énormes recettes tv.
Toujours d'humeur pour l'humour, sans déc ...
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