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exemple vous vous posez des questions sur l'art roman
roman, art
1 PRÉSENTATION
roman, art, production artistique de l’Occident médiéval s’étendant de la fin du xe siècle au milieu du xiie siècle.
La principale caractéristique de l’art roman — précurseur de l’art gothique — est que toute sa créativité et son originalité subissent l’influence de la religion chrétienne par le biais des ordres monastiques (Cluny puis Cîteaux).
2 L’ARCHITECTURE ROMANE
2.1 La genèse ou le premier art roman
La fin du xe siècle et le premier tiers du xie siècle sont principalement caractérisés par une intense phase de recherches aboutissant à une nouvelle définition de l’architecture, à partir de l’héritage paléochrétien et carolingien, après transformation de chacun des éléments constituant le monument.
2.1.1 Plan basilical des églises
Les églises romanes adoptent le plan basilical, une nef — flanquée ou non de bas-côtés — et un transept, que termine une abside (appelée chevet de l’extérieur). À partir des expériences menées précédemment dans les cryptes carolingiennes (comme celle de Saint-Germain d’Auxerre), les architectes romans élaborent essentiellement deux nouveaux types de plans de chevet : le chevet à chapelles échelonnées et le chevet à déambulatoire à chapelles rayonnantes.
Le plus ancien des chevets à chapelles échelonnées semble être celui de l’abbatiale de Cluny II, dans la seconde moitié du xe siècle. Il comprend un long chœur flanqué de cinq chapelles, de taille décroissante, et de deux annexes. Ce type de plan se retrouve dans de nombreux édifices des environs de l’an mil (abbatiale de Bernay en Normandie), mais souvent simplifié et ne comprenant plus, à de rares exceptions, que trois chapelles. Il connaît une très grande fortune dans la première moitié du xie siècle, pour se raréfier par la suite, même s’il se maintient jusqu’au xiie siècle dans le Berry (La Charité-sur-Loire, vers 1100, édifice présentant sept chapelles échelonnées) et surtout en Normandie.
Parmi les premiers chevets à déambulatoire et à chapelles rayonnantes, aux environs de l’an mil, figurent ceux de la cathédrale de Clermont (seulement connus par les fouilles) et de Saint-Philibert de Tournus. Dans les deux cas, un couloir semi-circulaire relie des chapelles de plan carré. Ce plan s’impose également rapidement, avec une préférence pour les chapelles semi-circulaires. À partir de la seconde moitié du xie siècle, le chevet à chapelles rayonnantes devient la formule la plus répandue dans le monde roman (abbatiale de Saint-Benoît-sur-Loire, v. 1080).
2.1.2 Usage de la voûte
Remplaçant la colonne ou le pilier de tradition antique, la pile composée représente l’une des grandes inventions de l’architecture romane. Sa naissance ne semble pas être liée à l’adoption de la voûte. Effectivement, dans un premier temps, on la rencontre aussi bien dans des édifices voûtés (crypte de la cathédrale Saint-Étienne d’Auxerre, v. 1030) que charpentés (nef de Saint-Remi de Reims, entre 1039 et 1049).
Avec la généralisation de la voûte dans la seconde moitié du xie siècle, les colonnes ou pilastres engagés dans le noyau de pile composé permettent de canaliser jusqu’au sol les différents arcs. Pour l’élévation, la pile composée implique une nouvelle conception de l’espace, puisque la colonne montant de fond du côté du haut vaisseau permet de diviser le mur en travées clairement matérialisées (nef charpentée de Saint-Germain-des-Prés à Paris, milieu du xie siècle). Dans les édifices voûtés, la colonne divisant la paroi en travées correspond aux arcs doubleaux soutenant le berceau, conférant alors à l’édifice une division cellulaire, caractéristique de la conception spatiale romane.
Une autre innovation dans la plastique romane est l’adoption d’un niveau supplémentaire entre les grandes arcades et les fenêtres hautes. Celui-ci peut avoir uniquement un rôle plastique, comme les ouvertures sous comble et les arcatures aveugles (nef de l’abbatiale de Bernay, première moitié du xie siècle), ou structurel, avec des tribunes voûtées permettant de contrebuter la voûte du vaisseau central de la nef (Saint-Étienne de Nevers, v. 1070-1080). Un autre des grands apports de l’architecture romane est, à l’intersection des bras du transept et de la nef, la croisée régulière, limitée par quatre puissants piliers cruciformes et voûtée d’une coupole sur trompe (Romainmôtier dans le Jura suisse, première moitié du xie siècle).
Dans la première moitié du xie siècle, rares sont les églises entièrement voûtées et, quand elles le sont, leurs dimensions demeurent restreintes (abbatiale de Saint-Martin-du-Canigou, v. l’an mil). Le plus souvent, seul le chevet est voûté, alors que la nef demeure charpentée (Romainmôtier). C’est essentiellement dans la seconde moitié du siècle que le voûtement s’étend à l’ensemble du monument. Pour la nef centrale, à part quelques expériences sans lendemain comme à Saint-Philibert de Tournus (milieu du xie siècle) où l’architecte utilise une série de berceaux transversaux par rapport aux murs, la solution la plus fréquemment utilisée est le berceau continu, parfois épaulé par des collatéraux montant pratiquement aussi haut (abbatiale de Saint-Savin, v. 1070) ou, le plus souvent, contrebuté par des tribunes voûtées en demi-berceau (Saint-Étienne de Nevers).
2.1.3 Façade
Pour les façades, les architectes romans continuent parfois la tradition paléochrétienne en utilisant un simple mur écran, mais réalisent également de nouveaux types en simplifiant les massifs occidentaux des édifices carolingiens. L’un des plus fréquents, surtout dans le centre de la France et au nord de la Loire, est la tour-porche (ou clocher-porche). Assez réduite au sol, elle superpose plusieurs étages. Certaines tours-porches, très simples, ne possèdent qu’un espace unique à chaque niveau (Saint-Pierre de Chartres et Saint-Germain-des-Prés à Paris, fin du xe-début du xie siècle), alors que d’autres, à l’architecture plus ambitieuse, comportent plusieurs travées (Saint-Benoît-sur-Loire, v. 1025). La Bourgogne opte plus généralement pour la solution de l’avant-nef, beaucoup plus développée au sol et de structure souvent complexe, comme à Saint-Philibert de Tournus, comprenant une chapelle haute à deux niveaux au-dessus d’un rez-de-chaussée ouvrant sur la nef. Mais la solution promue au plus bel avenir est la façade à deux tours (ou façade harmonique), dont la Normandie élabore très tôt le modèle (Saint-Pierre de Jumièges, v. 1060 ; Saint-Étienne de Caen, fin du xie siècle), et qui est ensuite abondamment reprise par les grandes cathédrales de style gothique.
Dans le dernier tiers du xie siècle, on assiste à une phase de stabilité et d’exploitation des recherches menées précédemment (les églises dites de pèlerinage, Saint-Martin de Tours, Saint-Martial de Limoges, Sainte-Foy de Conques, Saint-Sernin de Toulouse, Saint-Jacques de Compostelle) : le déambulatoire à chapelles rayonnantes s’impose ; l’édifice est entièrement voûté et divisé en cellules nettement individualisées à la fois sur la voûte, grâce aux arcs doubleaux, et par les colonnes engagées sur les parois. En outre, à chaque espace correspond un type de voûte déterminé : voûtes en berceau pour la nef centrale, les bras du transept et le déambulatoire ; voûtes d’arêtes pour les bas-côtés ; demi-berceau pour les tribunes ; cul-de-four pour l’abside et les absidioles et coupole sur trompe à la croisée du transept. Extérieurement, la silhouette du monument se caractérise par un étagement des masses que domine la tour de croisée.
2.2 La maturité ou le second art roman
Un peu avant 1100, l’architecture romane entre dans une nouvelle phase, marquée essentiellement par des innovations techniques, les réflexions se concentrant plus particulièrement sur la recherche de nouveaux types de voûtement et sur l’allégement du mur. En outre, on assiste à l’émergence de véritables groupes régionaux.
2.2.1 Le roman bourguignon
En Bourgogne, nombre de monuments subissent l’attrait du modèle imposé par l’abbatiale de Cluny III, élevée à partir de la fin du xie siècle. L’élévation comprend trois niveaux : grandes arcades en arc brisé et piles composées pourvues de pilastres cannelés ; ouvertures sous comble ; fenêtres hautes. Une voûte en berceau brisé couvre le vaisseau central. Ces principaux traits se retrouvent à la basilique du Sacré-Cœur de Paray-le-Monial (v. 1100) et à la cathédrale Saint-Lazare d’Autun (v. 1110). Toutefois, l’abbatiale de la Madeleine à Vézelay est conçue sur un parti différent, avec une élévation à deux niveaux et une voûte en berceau à pénétration.
2.2.2 Le roman tourangeau et poitevin
Les grands édifices de la vallée de la Loire sont caractérisés par l’allègement de la structure et les nombreux percements réduisant pratiquement le mur à un simple squelette (Fontgombault, v. 1120). Dans le chevet de Fontevraud (v. 1110-1120), les grandes arcades occupent les deux tiers de l’élévation, tandis qu’à Cunault (v. 1110-1120), elles montent jusqu’à la naissance de la voûte.
2.2.3 Le roman auvergnat
L’Auvergne offre une série de monuments extrêmement proches les uns des autres jusque dans le détail (Notre-Dame d’Orcival, Notre-Dame-du-Port à Clermont-Ferrand, Sainte-Austremoine à Issoire). Tous possèdent une structure parfaitement contrebutée, permettant un très grand allégement de l’édifice. La nef est à deux niveaux : grandes arcades et tribunes voûtées. Les supports sont très minces, même pour la croisée du transept. L’élévation du chevet — à déambulatoire — comprend des grandes arcades surhaussées, surmontées d’arcatures aveugles et de fenêtres hautes. Quant à la tour de la croisée transept, elle est contrebutée par un massif barlong. Ces monuments cultivent aussi certains archaïsmes : goût pour les espaces inarticulés (berceaux sans doubleaux), colonnettes en délit contre le mur extérieur du déambulatoire et, à l’extérieur, emploi d’un appareil décoratif inspiré du haut Moyen Âge.
2.2.4 Le roman normand
Dans les régions normandes, il n’existe pas de rupture profonde entre les deux phases de l’architecture romane, certains traits apparus tôt au xie siècle se poursuivant dans la première moitié du siècle suivant. Les nefs sont le plus souvent charpentées, alors que les bas-côtés sont voûtés (Notre-Dame de Jumièges, fin du xie siècle). Le type de chevet le plus courant reste celui à chapelles échelonnées (Boscherville, v. 1120). L’élévation est à trois niveaux, avec au centre soit des tribunes (Saint-Étienne de Caen, seconde moitié du xie siècle), soit des arcatures aveugles ou ouvrant sous les combles (abbatiale du Mont-Saint-Michel), le mur étant dédoublé au niveau des fenêtres hautes afin de créer des jeux de transparence lumineuse (mur ouest du transept de Bernay, v. 1040 ; nef de Cerisy-la-Forêt, fin du xie siècle). Le seul changement notable des architectes normands autour de 1100 est l’adoption de la voûte d’ogives pour couvrir le vaisseau central, sans que cela modifie la structure générale de l’édifice.
2.2.5 Le roman en Aquitaine
Dans le sud-ouest de la France, la solution la plus couramment adoptée consiste à couvrir le vaisseau unique de la nef par une file de coupoles sur pendentifs ; elles reposent sur des arcs très larges, légèrement brisés et portés par de puissantes piles (Saint-Étienne de Cahors et Saint-Pierre d’Angoulême, v. 1110).
2.2.6 Le roman dans la vallée du Rhin
Dans les régions du Rhin et de la Meuse, le poids de la tradition ottonienne est encore très présent (voir art ottonien).
2.2.7 Le roman dans le reste de l’Europe
Les pays germaniques sont très imprégnés de l’art ottonien. Ainsi, à Maria Laach (en Rhénanie), l’abbatiale bénédictine est dotée de deux sanctuaires opposés.
L’Angleterre subit quant à elle la même évolution architecturale que les régions normandes. Caractéristique de ce style anglo-normand, la cathédrale de Durham (édifiée à partir de 1093) est l’un des premiers exemples de voûtes en ogives surmontant la nef.
Durant la période romane, l’Espagne revient au christianisme après la conquête de Tolède (1085). C’est avec le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle que l’art espagnol va prendre de l’ampleur. Si elle est achevée durant la période suivante du gothique, la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle est dotée de trois portails de style roman.
L’Italie du Nord utilise la voûte d’ogives, comme en atteste la basilique Saint-Ambroise de Milan (fin du xie siècle). En Italie centrale, l’héritage paléochrétien se maintient fortement dans la structure des églises, avec des nefs charpentées et deux niveaux (San Miniato al Monte à Florence, xiie siècle). Toutefois, en Toscane, les façades plates reçoivent un traitement particulier : plusieurs niveaux d’arcatures et utilisation de marbres bicolores (façade de la cathédrale de Pise, sur le Campo dei Miracoli). La Sicile enfin, carrefour de civilisations, subit de multiples influences, plus particulièrement normande et byzantine, conférant de très forts particularismes à l’architecture, comme en témoigne la chapelle palatine de Palerme (1132-1140) au chœur surélevé couvert d’une vaste coupole.
3 LA SCULPTURE ROMANE
3.1 Sculpture des chapiteaux
Dès les environs de l’an mil, l’attention des sculpteurs se porte sur les chapiteaux. Toutefois, manquant de modèles, ils doivent reconstituer un répertoire. On copie des chapiteaux du haut Moyen Âge dérivés du type corinthien antique (Saint-Aignan d’Orléans) ou de la tradition byzantine (chapiteau à têtes de bélier de la nef de Saint-Germain-des-Prés à Paris). On assiste également à une véritable redécouverte du chapiteau corinthien antique (tour-porche de Saint-Benoît-sur-Loire ; Bernay). On emprunte aussi aux autres arts, dont on transpose les motifs sur la corbeille du chapiteau : tissus orientaux à Vignory (chapiteau avec des lions affrontés de part et d’autre d’un arbre palmette) ; motifs empruntés à l’orfèvrerie ottonienne à Bernay ou à l’enluminure du style de Winchester à Jumièges ; scène de jeux du cirque issus d’un diptyque consulaire byzantin en ivoire (Méobecq) ; entrelacs de tradition du haut Moyen Âge (cloître de Tournus), motif qui se maintient dans le centre de la France beaucoup plus tard qu’ailleurs, jusque vers la fin du xie siècle (abbaye de Conques). La première sculpture romane crée aussi des œuvres plus originales, comme des chapiteaux figurés (homme-chapiteau de Saint-Bénigne de Dijon) ou associant des êtres humains avec des créatures chimériques.
L’une des inventions majeures de l’art roman est celle du chapiteau historié. Celui-ci pose d’importants problèmes aux sculpteurs, qui doivent disposer des personnages sur un cadre aussi contraignant que la corbeille d’un chapiteau. Au départ, la scène éprouve des difficultés à tourner autour de la corbeille, les personnages subissant fortement l’attraction des angles (chapiteau de la seconde Théophanie de l’Apocalypse de la tour-porche de Saint-Benoît-sur-Loire). Les compositions se déroulent avec plus de liberté à partir du dernier tiers du xie siècle, l’attitude des protagonistes demeurant toutefois encore statique et peu expressive (chapiteaux de Saint-Sernin de Toulouse). C’est seulement à partir de 1100 que les personnages aux attitudes souples évoluent en parfaite liberté sur le chapiteau (chapiteaux de la nef de l’abbatiale de la Madeleine à Vézelay). Des plaques sculptées peuvent parfois être incrustées, sans ordre véritable, dans les murs extérieurs (Lapidation de saint Étienne sur la façade nord de la tour-porche de Saint-Benoît-sur-Loire). Cependant, l’essentiel du message iconographique roman doit se concentrer autour des tympans et des temps forts de la façade.
3.2 Sculpture du portail
Dans ce domaine, une première expérience, sans descendance immédiate, est menée dans le Roussillon, dans le deuxième quart du xie siècle. Un linteau sculpté est placé au-dessus des portails. Ce sont pour la plupart des blocs de marbre de remploi, sculptés en faible relief et au traitement précieux, sans guère de modelé (Saint-Génis-des-Fontaines, Saint-André de Sorède et Arles-sur-Tech). Il faut ensuite attendre 1100 environ pour voir apparaître de nouveau, mais de façon cette fois continue et dans tout le monde roman, des portails sculptés (porte des Comtes à Saint-Sernin de Toulouse ; porte méridionale de la cathédrale de Jaca en Espagne). Les programmes iconographiques vont prendre de plus en plus d’importance et s’étendre sur le tympan, les voussures, le trumeau, les ébrasements, l’ensemble pouvant être complété à l’intérieur du porche situé en avant du portail (abbatiale Saint-Pierre de Moissac, v. 1120-1130). À Notre-Dame-la-Grande de Poitiers et au monastère de Ripoll (Espagne), les façades (milieu du xiie siècle) sont entièrement recouvertes de sculptures s’étageant sur plusieurs niveaux.
D’un point de vue stylistique, on constate un certain nombre de traits communs à l’ensemble de cette sculpture romane de la première moitié du xiie siècle : attitude agitée et presque dansante des personnages, schématisation anti-naturaliste du drapé, rendu par de nombreux traits incisés ; déformation des personnages pour s’adapter au cadre et le remplir au maximum. Cela n’empêche pas une grande diversité de traitement, style très graphique et nerveux en Bourgogne (tympan de la cathédrale d’Autun sculpté par Gislebert, v. 1130), formes beaucoup plus pleines en Auvergne (Sainte-Foy de Conques, v. 1120) et influences antiques en Provence (Saint-Trophime d’Arles). En France, dans les derniers grands édifices romans, le programme va parfois s’étendre sur plusieurs portails, accompagnés de grandes figures de taille jusqu’alors inédites (la Madeleine de Vézelay, v. 1140 ; Saint-Gilles-du-Gard, v. 1150-1160).
3.3 Autres œuvres sculpturales
À côté de ses grands ensembles, il existe aussi une production de petites sculptures nobiliaires : autel de marbre signé Bernard Gilduin et sept plaques sculptées en marbre de Saint-Sernin de Toulouse (peu avant 1100) ; trône de marbre dit « de l’archevêque Elie » de la cathédrale de Bari en Italie (v. 1100) ; lutrin en bois provenant de l’église d’Alpirsbach en Allemagne (deuxième moitié du xiie siècle) ; fonts baptismaux en bronze de Renier de Huy, représentant le baptême du Christ, de l’église Saint-Barthélemy de Liège (av. 1118, Belgique).
Si la plupart des œuvres de l’époque romane demeurent anonymes, nous connaissons toutefois le nom et la carrière de plusieurs sculpteurs, comme Williglielmo et son élève Niccolo, actifs en Italie du Nord dans la première moitié du xiie siècle, ou encore Benedetto Antelami, dont les préoccupations annoncent un renouvellement formel proche des recherches de la première sculpture gothique (Déposition de la Croix, transept de la cathédrale de Parme, 1178).
4 LA PEINTURE ET LES ARTS DE LA COULEUR
La peinture murale exerce un rôle de premier plan dans la perception du monument. Les éléments architecturaux et les chapiteaux sont dans la plupart des cas complétés par des motifs ornementaux peints (chapiteaux peints du rond-point de Saint-Hilaire-le-Grand à Poitiers). Mais, surtout, l’essentiel du message iconographique se trouve peint sur les parois et la voûte de l’édifice. Pour la première moitié du xie siècle, les ensembles conservés sont rares. Les sources mentionnent un cycle de l’Apocalypse et un Jugement dernier — aujourd’hui disparus — exécutés vers 1020-1030 par Odolricus, moine de Saint-Martin de Tours, au revers de la façade de l’église de Saint-Benoît-sur-Loire. En Italie, l’église de Galliano (au sud de Côme) possède une représentation du Jugement dernier des environs de l’an mil encore tributaire des solutions du passé. Il en va de même pour la chapelle d’axe de la crypte de la cathédrale d’Auxerre où figure sur la voûte une croix avec le Christ à cheval entouré d’anges. Le style et la palette restreinte des couleurs poursuivent encore la tradition carolingienne.
En revanche, les ensembles — ou les vestiges — de peintures murales sont beaucoup plus nombreux pour la fin du xie siècle et le début du siècle suivant. L’Italie, en étroite relation avec l’empire chrétien d’Orient, reste encore influencée par les modèles byzantins (mosaïques de Saint-Marc de Venise ; peintures de Sant’Angelo in Formis, en Campanie). En France, à partir de la fin du xie siècle, on élabore un style plus autonome, comme Saint-Savin, dont le berceau de la nef centrale comporte une peinture représentant un cycle de l’Ancien Testament. Selon des principes pleinement romans, les couleurs offrent d’importants jeux de contrastes, les personnages sont en perpétuel mouvement et les drapés schématisés sont parcourus de nombreux petits plis serrés et agités. Cette stylisation des formes, les effets de contraste des couleurs et le dynamisme des formes se retrouvent également dans les quelques vitraux romans du xiie siècle encore conservés (Vierge à l’Enfant de l’église de la Trinité à Vendôme ; vitrail de la Crucifixion de la cathédrale de Poitiers).
5 LES ARTS SOMPTUAIRES
À l’époque romane, la production d’objets en matériaux précieux pour les trésors d’églises, afin de glorifier le monde divin, est aussi importante qu’aux époques précédentes. Les ateliers de sculpture sur ivoire restent très actifs en Italie. Quant à la statue-reliquaire de sainte Foy à Conques, confectionnée à partir d’une âme de bois recouverte de feuilles d’or ornées de gemmes, elle témoigne de la grande maîtrise des orfèvres aux environs de l’an mil.
L’importance accordée aux matières qui, par leur éclat, peuvent évoquer la lumière divine fait que, dans les principaux foyers artistiques, on porte un intérêt tout particulier à l’émail, notamment dans la région de la Meuse, en Espagne et en Aquitaine. Antérieurement, cet art était surtout pratiqué à Byzance. Mais au lieu d’utiliser l’or, l’émail translucide et la technique du cloisonné, les orfèvres romans préfèrent utiliser les fonds de cuivre, l’émail opaque et le champlevé (technique consistant à creuser de petites cuvettes pour y déposer les émaux). À la fin du xiie siècle, la ville de Limoges devient l’un des principaux centres de production d’œuvres en émail, notamment des reliquaires (châsse reliquaire de sainte Valérie, v. 1170-1180, musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg), exportés dans toute l’Europe. Un ciboire réalisé à la fin du xiie siècle, conservé au musée du Louvre, porte le nom de l’artisan qui l’a réalisé : maître Alpais, de Limoges.
En remontant très haut dans l'histoire, le Val de Loire ne présentait pas le même aspect qu'aujourd'hui. Il était marécageux et très boisé. Trois îlots demeuraient cependant toujours émergés, sur lesquels s'édifièrent le village de Fleury, le monastère de Saint-Benoît et la villa de Germigny. Le monastère fut fondé vers 630-650, par des moines venus d'Orléans. On y respectait la règle de Saint-Benoît.
Vers 672, des moines vont chercher le corps de Saint-Benoît dans les ruines du Mont-Cassin, en Italie. Et l'abbaye devient un important lieu de pélerinage.
En 1020, l'abbé Gauzlin fait construire l'actuelle tour-porche, chef-d'oeuvre de l'art roman, dont il dit "qu'elle soit un exemple à toute le Gaule".
Après l'incendie de 1026, il restaure la crypte et le choeur et reconstruit le reste de la basilique.
Commencés en 1070 par l'abbé Guillaume, le choeur, la crypte et le transept sont achevés le 21 mars 1108.
La tour-porche
Le rez-de-chaussée est divisé en neuf carrés voûtés d'arêtes reliés par des arcs doubleaux grace à quatre piles centrales. La tour évoque la Jérusalem céleste de l'Apocalypse de Jean : "Sa longueur égale sa largeur. Elle a douze portes : trois à l'orient, trois au nord, trois au midi, trois à l'occident et elles ne se ferment pas parce qu'en ce lieu il n'y a ni jour ni nuit ..."
sports se retirer d'une compétition
une mauvaise chute l'a contraint à abandonner
ENCARTA
Voici tous les acidents entrainant l'arrêt l'abandon à un stade sportif
Fractures des poignets, bras et clavicules
Chutes de vélo, rugby, sport de combats… les membres supérieurs peuvent également être victimes de casse. Les fractures des poignets, du bras ou de la clavicule constituent une part non négligeable des accidents sportifs. Nous vous présentons les critères de gravité et les traitements de ces traumatismes.
Autre temps, autres moeurs : l’évolutivité d’une fracture n’est guère proportionnelle à son aspect radiologique ni au seul fait qu’elle est ouverte ou fermée.
Evolution de la notion de gravité
Réputées plus graves, plus spectaculaires aussi lorsqu’elles sont ouvertes et plus anodines mais tout aussi douloureuses lorsqu’elles sont fermées (absence de plaie cutanée), les fractures ainsi répertoriées ne semblaient guère ambiguës du point de vue radiologique. Or on s’est aperçu que l’évolutivité d’une fracture fermée pouvait dans certains cas être moins satisfaisante que celle d’une fracture ouverte…
La prise en compte de nouveaux paramètres a permis de nuancer la classification trop cloisonnée d’antan. Selon l’âge, les maladies associées, l’histoire personnelle du patient, ses antécédents, l’importance subjective du traumatisme (qui semble liée aux circonstances de survenue de la fracture), on peut désormais affirmer que les suites de ce traumatisme et le retour à la vie normale dépendront tout autant du vécu du patient que de la dimension traumatique mise en évidence à la radio.
A lésion égale, les orthopédistes remarquent que les circonstances de survenue de l’accident, selon qu’il se déroulait au travail ou pendant les loisirs, lors d’une chute en appartement ou à la montagne un dimanche soir, sont de nature à modifier la signification traumatique pour la victime. Le sentiment de menace d’un accidenté de la route par exemple qui prend conscience de la difficulté d’accéder aux premiers soins laisserait donc une trace qui se surajouterait aux caractéristiques purement fracturaires.
Cette nouvelle dimension "psychologique" qui fait référence à "l’énergie traumatique" désormais mieux prise en compte, expliquerait l’impact des séquelles subjectives et du vécu de la douleur dans une pathologie a priori circonscrite au nombre plus ou moins important de lésions.
Autre paramètre toujours en vigueur : la présence ou non de lésions articulaires, cartilagineuses, voire cutanées (dermabrasion) associées qui viennent singulièrement compliquer le tableau et retarder le retour à la vie active.
Diagnostic : les bras m’en tombent…
Il repose sur l’observation clinique et la radiologie. La façon dont un bras fracturé se positionne est évocatrice de la lésion qu’il a subie. En général, il tombe. On peut remarquer un gonflement, parfois une déformation du membre tandis que la victime déclare son incapacité à le bouger normalement.
Dans un premier temps, un simple bandage permet de soulager la victime en attendant qu’elle soit prise en charge médicalement. Lorsque l’os a transpercé la peau, il faut sans attendre appeler le SAMU et conduire le patient aux urgences, car le risque infectieux vient s’ajouter au risque fracturaire et nécessite la prise d’antibiotiques tout autant qu’une immobilisation.
Membre supérieur, segment par segment
De l’avis des chirurgiens orthopédistes si la fracture de la clavicule se traite orthopédiquement (sans ouvrir) sans trop de complications hormis quelques rares cas justifiant une chirurgie, la fracture du coude est plus délicate à traiter.
La partie haute du cubitus pose également problème.
Le poignet ne présente pas de caractère de gravité particulier en dépit de sa configuration particulière.
En ce qui concerne la main, il est clair que certains doigts comme l’index ou le pouce méritent un traitement de faveur, tant ils sont importants dans les gestes de tous les jours. La chirurgie vise ici à restituer la mobilité pour recouvrer l’usage de ses doigts dans les meilleurs délais.
Thérapeutique
La fracture peut être simple (deux fragments) ou complexe (plusieurs fragments). Elle est non déplacée si les morceaux de l’os restent en contact ou déplacée s’ils se sont écartés et ont changé de direction. Dans ce dernier cas, le traitement devra rétablir la continuité de l’os en "réduisant" la fracture. Cette opération peut se faire sans ouvrir (réduction orthopédique) ou au cours d’une intervention chirurgicale (réduction sanglante).
Les organisateurs de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc s’étaient passé le mot pour cette deuxième édition : on ne parlera pas d’abandon mais d’arrêt. Comme si un coureur d’ultra qui s’était lancé un tel défi ne pouvait capituler. Comme si la victoire était déjà acquise en franchissant la ligne de départ. Comme s’il ne fallait pas convertir une aventure, aussi courte fut-elle, en échec. Pas d’échec, donc, pour ces centaines de concurrents arrêtés avant la fin de la boucle. Mais souvent des regrets, une analyse à froid qui permet de se dire que l’an prochain, peut-être, la santé, l’entraînement, la résistance mentale et peut-être aussi la chance permettront de rallier Chamonix dans les temps.
Nous avons recueilli dix-neuf témoignages de coureurs qui ont… arrêté. En quatre questions. Tous ont «exploré» leurs limites, selon une expression chère à Catherine Poletti, et ont acquis en quelques heures d’effort une meilleure connaissance d’eux-mêmes. Ils ont tous fait partie de cette immense armée pacifique qui ce jour-là a marché sur le Mont-Blanc.
Que vous ayez aband… arrêté ou que vous soyez allé au bout, vous savez déjà qu’une épreuve d’ultrafond n’est jamais gagnée. Les meilleurs subissent les plus grosses défaillances, qu’elles soient physiques ou mentales. D’autres terminent avec un entraînement minimum mais un mental capable d’atténuer la douleur, simplement parce qu’ils ne doutent pas un instant de finir.
C’est en lisant ces témoignages que vous pourrez analyser à quel jeu se prend votre cerveau lorsqu’il vous dit stop. Cette analyse doit impérativement faire partie de votre préparation mentale sous la forme de questions du type : «S’il m’arrive cela, que fais-je ?» Puis : «Que fais-je pour que cela n’arrive pas ?» Lors de votre UTMB 2005, il est possible alors que l’arrêt ne vous effleure pas l’esprit, et a fortiori l’abandon. Nous vous souhaitons de ne penser qu’à avancer, comme sur un nuage, et d’arriver à Chamonix. Enfin.
[LES CONTAMINES – 24,3 km – 1046 m D+]
J’attaque la préparation pour l’an prochain
Stop ? «Aux contamines… J’avais visé Courmayeur...»
Décision ? «Quand j’ai commencé à ressentir des douleurs du passé dont ma déchirure au grand jumeau (mollet) de l’année dernière mais une fois arrêt je ne sentais plus rien.»
Pourquoi ? «Car je me souvenais de mon repérage sur le graphique et sachant ce qui m’attendait cela m’a effrayé. Mais j’ai déjà la rage de faire mieux l’année prochaine, avec ce malheur j’ai au moins pu me rendre compte sur le terrain de la difficulté et pu observer aussi le matériel des autres participants.»
Et aujourd’hui ? «Aujourd’hui, je reste sur une défaite, celle de n’avoir pas été jusqu’à la moitié. Je me donne un mois de repos et ensuite j’attaque la préparation pour la future édition pour atteindre ces satanés 74 km. Ne désire plus en parler pour un moment. Danke !»
Frederic Mischler, dossard 1027
aux Contamines après 5 h 23 de course
[LES CHAPIEUX – 42,3 km – 2404 m D+]
Un autre monde
Stop ? «Aux Chapieux après 43,530 km de course (dixit mon GPS). Passé le point de contrôle, je suis monté au ravitaillement, ai tenté de boire : impossible. Un gâteau de riz avalé avec difficulté et j’ouvre mon sac. J’y glisse mes gants, mon bandeau, plie mes bâtons ; je suis penaud ; les yeux plantés dans le sol en espérant que personne ne voie ces gestes caractéristiques d’une fin d’aventure. Je me lève, descends les quelques marches me permettant de rejoindre l’aimable dame chargée de récupérer les dossards et lui annonce : «j’arrête là !» Je souris jaune (et non verte !) et me dirige vers le dortoir avant de prendre la navette vers Chamonix.»
Décision ? «Au milieu de la descente du col du Bonhomme. Après quatre gamelles qui ont permis à mon collant noir de se transformer en pantalon de treillis camouflé. Une cinquième m’a entraîné violemment parterre et je me ramasse durement sur mon coude gauche. Une multitude d’étoiles plus tard, en plus de celles éclairant déjà le ciel, un voile noir me bande les yeux et pendant quelques secondes, je dois avouer que j’étais dans un autre monde.»
Pourquoi ? «A partir du ravitaillement des Contamines (km 25), un mal de ventre lancinant me poursuit. Chaque pas, chaque mètre parcouru s’apparente à une difficulté supplémentaire. Je me console en admirant le paysage grandiose, les reflets de la lune sur les monts enneigés, ces millions d’étoiles à portée de main, ces ruissellements quasi permanents de l’eau accumulée ces derniers jours. Mais rien n’y fait. J’ai mal au ventre. Je ne parviens plus à boire. J’ai envie d’une chose, c’est de trouver des toilettes. Depuis Notre-Dame-de-la-Gorge, je serre les fesses. Je craque au refuge de la Croix du Bonhomme. Je ne prends pas le temps de pointer et demande des toilettes. Jamais, jamais je n’ai autant apprécié une cabane au fond du jardin ! Face à rien ou plutôt face au noir de la nuit, la frontale allumée, le collant baissé, entouré de mes quatre planches, je suis bien. Inconvénient : je me vide complètement et comme pour un bébé, la déshydratation est proche. Je repars un bon quart d’heure plus tard en oubliant de pointer. Et toujours dans l’impossibilité de boire quelque chose.»
Et aujourd’hui ? «Une période de doute m’a gangrené les deux jours suivants. Une ou deux heures de repos m’auraient peut-être permis de repartir ? Ce mal de ventre aurait peut-être fini par psser ? J’avais les jambes, j’avais la tête mais médicalement j’étais mal. A quoi bon repartir pour abandonner quelques kilomètres plus loin en risquant de faire intervenir les secours pour malaise. Et puis j’avais promis à mes proches pour les rassurer qu’en cas de difficulté “médicale”, j’arrêterais. Je ne regrette pas mon geste. J’ai reconnu cette partie du parcours pour l’année prochaine ; ma tête est d’ailleurs déjà à l’année prochaine. Je suis convaincu que j’irai plus loin, beaucoup plus loin...»
Stéphane Benit, dossard 639
aux Chapieux après 9 h 46 de course
Une course à 110%
Stop ? «À la moitié du col de la Seigne»
Décision ? «Après mon passage chez les kinés aux Chapieux, je pensais être réparé...»
Pourquoi ? «J’ai eu un accident de moto fin juillet suivi de problèmes de dos. Lors de la montée de Voza, des douleurs dans la cuisse droite ont dégénéré en sciatique dans le col du Bonhomme et le col de la Seigne... plus d’espoir d’auto-réparation. Mon seuil de tolérance à la douleur risquant de dégénérer en pleine montagne et n’ayant de toutes façons plus d’espoir de pouvoir terminer la boucle, je préfère éviter une blessure sérieuse.»
Et aujourd’hui ? «Il faut impérativement être à 110 % de toutes ses facultés physiques, mentales et avoir bien dormi pour affronter le jour J, cette course étant exigeante sur les trois paramètres. J’y arriverai un jour.»
Thierry Praom, dossard 306
pointe aux Chapieux après 9 h 28 de course
Dégoûté par les irresponsables
Stop ? «Aux Chapieux»
Décision ? «Déjà, en prenant la voiture pour venir à Chamonix, je n’avais pas vraiment envie de faire cette course. Vendredi à 20 h, je me dis : «Qu’est ce que tu fais ici ?» Aux Houches, j’ai pensé que c’était un peu tôt pour m’arrêter. Aux Contamines, en voyant le désastre du ravitaillement, j’ai pensé qu’il ne fallait pas rester dans ce chaos. Même réflexion au refuge de La Balme. Puis en arrivant aux Chapieux, de voir des bénévoles se faire engueuler pour des futilités, de voir l’attitude de certains coureurs, j’ai pris un café, un bout de fromage, je suis allé m’asseoir dehors et discuter avec des bénévoles. J’avais déjà pas la tête à faire cette course, mais l’attitude de certains a fait que je n’ai plus voulu continuer. Il restait une place dans le bus, je l’ai prise, et suis rentré sur Chamonix. Il était 7 h le samedi matin.»
Pourquoi ? «Premièrement, je n’avais pas du tout la tête à ça. Deuxièmement, je n’avais franchement pas envie de continuer à ramasser les déchets de quelques irresponsables. Troisièmement, je n’avais pas non plus envie d’être associé à une superbe course, dans un magnifique décor, mais complètement dénaturée par ces mêmes irresponsables.»
Et aujourd’hui ? «Beaucoup de regrets. Simplement en pensant un peu plus aux deux associations pour lesquelles j’avançait, j’aurais pu reprendre le chemin... avec un petit sac pour ramasser les déchets. J’aurais pu faire deux bonnes actions en une. Mais bon, la colère n’est pas forcément la meilleure des conseillères. Peut être l’année prochaine, mais j’en doute fort !»
Rémi Bainvel, dossard 1015
aux Chapieux après 10 h 25 de course
J’ai su ravaler ma fierté au bon moment
Stop ? «Aux Chapieux au 42e km»
Décision ? «A la Croix du Bonhomme au km 37.»
Pourquoi ? «J’ai réalisé que j’étais trop proche de la barrière horaire. Arriver dans les temps impliquait une prise de risques trop importante lors de la (mauvaise) descente et m’aurait demandé de puiser dans mes réserves pour finalement abandonner un peu plus loin (probablement). J’ai donc pris mon temps pour rejoindre les Chapieux.»
Et aujourd’hui ? «Je suis content car j’ai su ravaler ma fierté au bon moment et j’ai aussi beaucoup appris de cette nuit de course. En parfait débutant sur ce genre d’épreuve, j’ai commis bon nombre d’erreurs qui ne se reproduiront pas en 2005 et qui me permettront d’aller plus loin.»
Nicolas Tardif, dossard 1351
pointé à la Croix du Bonhomme
après 9 h 57 de course
[COURMAYEUR – 70,7 km – 3831 m D+]
10 kg de bagages et une tendinite
Stop ? «À Courmayeur !»
Décision ? «Dans la descente du col de la Seigne car je n’avançais plus et j’avais de plus en plus mal.»
Pourquoi ? «Je souffrais d’une tendinite à la cheville apparue dans la descente des Chapieux (que j’ai fait en moins d’une heure pour arriver dans les délais !).»
Et aujourd’hui ? «Aujourd’hui je me dis que je m’étais beaucoup trop chargé (environ 8,5 kg pour le sac à dos et 1,5 kg pour la ceinture ventrale...). Sinon, physiquement, j’étais bien en arrivant à Courmayeur et j’aurais pu continuer sans cette tendinite. Mais j’étais hors délais. Je reviendrai l’année prochaine pour boucler la boucle.»
Michel Picard, dossard 115
(dernier classé à Courmayeur)
à Courmayeur après 20 h de course
Déçu de ma décision
Stop ? «Je me suis arrêté à Courmayeur.»
Décision ? «J’ai pris la décision de m’arrêter dans la descente du Bonhomme.»
Pourquoi ? «J’avais peur de me blesser.»
Et aujourd’hui ? «Au moment de mon abandon à Courmayeur, je n’avais aucun regret, mais aujourd’hui, avec un peu d’écart, je suis déçu de ma décision, surtout, parce que mon état physique était encore assez bon pour terminer cette épreuve.»
Roger Klein, dossard 217
à Courmayeur après 14 h 58 de course
Si…
Stop ? «Courmayeur»
Décision ? «Au col de la Seigne... à l’Arête Mont Favre... Dolonne.»
Pourquoi ? «J’étais trop juste sur les barrières horaires, j’avais une mycose infectée au pied et une tendinite à la hanche.»
Et aujourd’hui ? «Avec un peu de repos, une tonne de crème sur ma mycose et surtout si je n’avais pas vu les copains qui ont arrêté aussi, je serais certainement arrivé jusqu’à Champex, mais peut-être pas dans les temps.»
Albert Roy, dossard 549
à Courmayeur après 17 h 43 de course
En 2005 si j’en ai la force
Stop ? «J’ai arrêté à Courmayeur, mais je ne le considère pas comme un abandon, car c’était là que je voulais aller.»
Décision ? «Décision prise dès mon inscription.»
Pourquoi ? «Je n’ai jamais couru plus de 42 km en montagne. Courir de nuit m’angoissait car je ne l’avais jamais fait.»
Et aujourd’hui ? «Je reviendrai en 2005 mieux préparée afin de faire, si j’en ai la force et si mon corps l’accepte, la grande boucle. J’aimerais vivre jusqu’au bout cette expérience fabuleuse et unique.»
Maria Burri, dossard 330
à Courmayeur après 19 h 37 de course
Attiré par la Suisse mais…
Stop ? «J’ai arrêté à Courmayeur après 17 h 14 de course, ¾ d’heure avant la barrière horaire.»
Décision ? «Dès l’entraînement. Courmayeur était l’objectif initial, le but de toute la course étant d’atteindre l’Italie.»
Pourquoi ? «70 km me semblait déjà une distance raisonnable pour commencer ce genre de course. C’était mon premier ultra trail et c’était la première distance pour rentrer dans le classement. Même si le chrono était déclenché à ma montre depuis le départ, je ne cherchais pas à faire un temps, juste à apprendre à me connaître, à gérer ma course pour y arriver.»
Et aujourd’hui ? «C’est vrai qu’une fois dans les petites ruelles de Courmayeur, les jambes se sont remises à courir, grisées par l’arrivée toute proche et que j’aurais peut être pu envisager de continuer l’aventure. Mais le mental serait resté sur place, conditionné par trois mois d’entraînement et de rêves italiens. J’y étais, j’avais atteint mon objectif, seul, mon coéquipier ayant abandonné aux Contamines, victime d’une tendinite au genou. J’étais bien attiré par la partie suisse même si la montée au refuge Bertone me freinait un peu, le temps était parfait pour continuer, je n’étais physiquement pas encore trop affaibli, juste quelques douleur aux genoux mais je ne voulais pas rentrer dans le rouge, la raison l’a emporté. Je serai mieux préparé l’année prochaine pour oser penser à boucler cette course magnifique.»
Jérôme Praizelin, dossard 1274
à Courmayeur après 17 h 14 de course
Mes deux passions
Stop ? «J’ai arrêté à Courmayeur, en forme et prêt à repartir, mais je suis quand même resté sur place.»
Décision ? «J’ai décidé d’arrêter avant même d’être parti.»
Pourquoi ? «Je m’explique dans la vie j’ai deux passions : ma femme et les trails. Entre ma vie professionnelle, mes entraînements, mes courses (qui sont parfois longues), elle attend parfois des heures entières. Donc afin de ne pas la dégoûter de ces manifestations et de pouvoir continuer de courir sans altérer ma vie sentimentale je fais des concessions. Elle mérite bien ça, elle m’attend des heures entières, et malgré ça, quand j’arrive elle m’accueille avec le plus beau des sourires et finalement c’est ça, ma victoire.»
Et aujourd’hui ? «Je suis très content de la décision que j’ai prise, pour deux raisons. La première c’est d’avoir passé une semaine extraordinaire à Chamonix après l’ultra, avec ma femme, rando et resto au programme ! La deuxième, c’est parce que j’ai acquis de l’expérience sur cette superbe aventure, et j’aborderai l’édition 2005 avec peut être l’espoir de terminer en moins de 35 heures.»
Daniel Fessler, dossard 852
à Courmayeur après 16 h 40 de course
Priorité Diagonale
Stop ? «Courmayeur.»
Décision ? «A Courmayeur sur le coup de 11 h 45 en contemplant mes genoux.»
Pourquoi ? «Grosses douleurs aux genoux dans les descentes (celle de Courmayeur est un bon test) et l’objectif de l’année restant de finir la diagonale des Fous dans cinq semaines, la voix de la sagesse a parlé.»
Et aujourd’hui ? «Je regrette de ne pas avoir été jusqu’à Champex, mais cette *** de descente de 20 km après Ferret m’aurait sûrement achevé et tué dans l’œuf mes velléités pour la diagonale. Je pense que j’en ferai mon objectif principal en 2005, il faut bien rêver un peu.»
James Linder, dossard 342
à Courmayeur après 15 h 43 de course
Mon objectif atteint, le moral a dit stop
Stop ? «Eh bien tout simplement à Courmayeur en un tout petit peu moins de 14 h.»
Décision ? «Dès mon inscription en mars 2004, mon objectif était de rallier Courmayeur.»
Pourquoi ? «Je n’ai pas encore beaucoup d’expérience en trail car j’ai commencé cette année. J’ai chaque fois un peu augmenté les distances, passant de 30 km à 50 km puis enfin à 70 km. Je ne voulais tout simplement pas viser trop haut tout de suite. La course s’est très bien passée pour moi mais les jambes ne voulaient plus trop continuer après Courmayeur. Pas assez d’expérience tout simplement. Puis une fois mon objectif atteint, le mental également dit stop.»
Et aujourd’hui ? «Et bien je suis très content d’avoir atteint mon objectif initial mais quand même un peu déçu de n’avoir accompli «que» la moitié du parcours. Donc l’année prochaine je vais au moins viser les 117 km jusque Champex. Avec un peu plus de préparation. L’épreuve est si belle.»
Benoit Schrameck, dossard 692
à Courmayeur après 14 h 03 de course
[REFUGE ELENA – 88,4 km – 5272 m D+]
Opportunité
Stop ? «Au refuge Elena (km 88,4), après une sieste de une heure et 21 h 30 de course, au moment même où Vincent Delebarre en terminait. Tout un symbole. Dans ma somnolence, j’ai entendu qu’un minibus était prêt à rapatrier les gens qui désiraient en rester là. J’ai saisi (trop hâtivement) cette opportunité au bond !»
Décision ? «A Courmayeur déjà, une certaine lassitude s’était installée. La descente m’a fait mal aux quadriceps mais le moral était toujours présent pour continuer l’aventure. J’ai passé au ralenti le refuge Bertone et bien que j’ai retrouvé quelques forces dans la montée vers le refuge Elena, j’ai pris la décision de jeter l’éponge.»
Pourquoi ? «Parti de la 800e place et bien qu’étant classé autour de la 420e position au moment de l’abandon, j’ai senti que je n’irai pas jusqu’au bout. L’allure s’est réduite peu à peu et la peur d’attaquer une seconde nuit s’est soudain emparée de moi. Mon objectif initial était de rallier Champex et plus si j’avais une bonne forme. Or, au moment de l’arrêt il me semblait fort improbable de pouvoir boucler les 65 km restants sans y laisser des traces indélébiles. La raison a soudain pris le pas sur la passion.»
Et aujourd’hui ? «Je regrette de ne pas avoir poussé mes gambettes jusque Champex, il paraît que la Suisse était si radieuse ! Néanmoins, la sagesse d’arrêter avant l’accident me permet d’envisager une suite positive dans ma saison. Enfin, plus que jamais, j’ai envie de vivre l’aventure en 2005 et d’essayer de boucler le tour. Je pense objectivement que j’en ai le potentiel, il me manque juste de la préparation spécifique. J’habite en Belgique.»
Michel Robert, dossard 155
au Refuge Elena après 20 h 20 de course
PS : Je suis abonné au mag depuis le n°1, je le dévore tous les mois avec une passion sans cesse grandissante (ndlr : merci Michel !).
Ça chauffe
Stop ? «Au refuge Elena à 18 h.»
Décision ? «A Courmayeur, j’ai compris que je ne ferai pas le tour mais la journée était particulièrement belle. Aussi (malgré un bobo mal placé), j’ai décidé de continuer pour profiter du paysage du Val Ferret que je ne connaissais pas.»
Pourquoi ? «Un bobo à l’entrejambe (frottements) qui me faisait particulièrement souffrir.»
Et aujourd’hui ? «Heureux d’avoir poursuivi car le paysage a été somptueux jusqu’au refuge Elena. Mais mes douleurs ont dégénéré, sans doute à cause d’une mauvaise posture, en douleur à la hanche droite. C’est donc difficilement que je suis arrivé au refuge Elena et c’est sans regret que j’y ai jeté l’éponge, puisque je n’aurais pas pu continuer dans de bonnes conditions. Une incertitude subsiste, je ne sais pas si j’aurais pu supporter une deuxième (presque troisième en fait) nuit sans dormir. Réponse l’année prochaine je l’espère.»
Valéry Caussarieu, dossard 685
au Refuge Elena après 22 h de course
[LA FOULY – 100,3 km – 5747 m D+]
Pris en traître par les Suisses
Stop ? «J’ai arrêté à la Fouly.»
Décision ? «A la Fouly, sans préméditation. J’étais assis sur ma chaise, en train de laper mon bouillon, et je me suis dit : «Tiens, j’arrête à 100 bornes, ça me fera un repère pour la prochaine édition.»
Pourquoi ? «Parce que j’étais arrivé 12 mn avant la mise hors course (minuit) et que ça faisait juste pour se ravitailler. Parce que j’avais les ongles des gros orteils explosés et que je dégustais dans les descentes. Enfin, parce que les Suisses m’ont pris en traître, avec leur bouillon chaud, leurs sourires, et deux ou trois nanas canon qu’ils avaient mis là exprès pour qu’on ait envie de se faire dorloter !»
Et aujourd’hui ? «Je me les mords, en y réfléchissant, j’avais encore du jus pour continuer au moins jusqu’à Champex, et ensuite tout était possible. C’est pourquoi, en 2005, Je serai là ! Quelle épreuve !»
Marc Ghesquière, dossard 323
à la Fouly après 27 h 48 de course
[CHAMPEX – 117,2 km – 6185 m D+]
Accélération intempestive vers Champex
Stop ? «A Champex, dans la nuit de samedi à dimanche, 1 h du matin.»
Décision ? «A Champex-Lac, trente minutes avant d’arriver à la base de vie de Champex d’en bas.»
Pourquoi ? «Depuis La Fouly, j’avais l’impression d’aller très doucement avec de la marche quasiment tout le temps même sur le plat. En arrivant, au pied de la montée vers Champex, j’ai fait des calculs d’estimation d’allure et je suis arrivé à la conclusion que si je continuais au même rythme je n’arriverais pas à Chamonix avant 16 h de l’après-midi (temps limite officiel de la course). Il me restait seize heures pour faire un peu plus de 40 km. Du coup, j’ai fait la montée à fond (j’ai doublé une dizaine de concurrents). Et à partir de Champex-Lac, j’en ai eu le contre-coup avec un état de fatigue très important, je n’avançais plus au sens propre du terme (marche sur le plat à moins de 2 km/h). A partir de là, je n’avais plus d’autre choix que d’arrêter à Champex-d’en-bas.»
Et aujourd’hui ? «Aucun regret, je pense qu’il ne m’a pas manqué grand chose pour réussir le tour complet, mais cet abandon me fait une expérience supplémentaire dans la connaissance des réactions de mon organisme aux épreuves extrêmes et je crois que c’est cela que je recherche dans l’ultrafond. Avec le recul, il est évident que mon accélération dans la montée de Champex était une très grave erreur. Depuis le départ de Chamonix, 28 heures avant, je freinais mon allure dans toutes les montées et là j’ai eu un manque de lucidité énorme. Tout d’abord, mon estimation de temps n’était peut-être pas bon. En regardant les résultats de la course, je pense que la moitié des concurrents qui sont passés à peu près en même temps que moi à La Fouly et à Champex ou même après moi, ont terminé le tour complet. Et même, si cette estimation était bonne, il est évident avec le recul que l’accélération que j’ai faite dans la montée m’a poussé vers l’abandon. Cela a peut-être été une fuite en avant ou une sorte de suicide sportif. Ma conclusion est que la lucidité nécessaire à l’analyse des vitesses de course est impossible à avoir après vingt-huit heures de course et deux nuits blanches et qu’il ne faut pas faire de changements de stratégie mais plutôt laisser son corps décider lui-même de son allure. Depuis La Fouly, mon corps avait décidé de ralentir et de marcher sur le plat, je ne saurai jamais si cette allure m’aurait permis d’arriver à Chamonix dans les délais. Mais mon cerveau a voulu obliger mon corps à aller plus vite et ce dont je suis certain c’est que cela a épuisé mon organisme et m’a poussé à l’abandon une heure après. Dans ce type d’épreuve, je pense que le cerveau doit intervenir pour diminuer l’intensité d’exercice choisie par l’organisme de façon spontanée (ralentir en début d’épreuve alors qu’on est encore en pleine forme) mais jamais pour l’augmenter.»
Jean-Marc Vallier, dossard 176
à Champex après 29 h 09 de course
Le Sentier des Gardes en épouvantail
Stop ? «Ma course s’est arrêtée à Champex-d’en-Bas»
Décision ? «J’ai pris cette décision après avoir cheminé avec un participant environ une demie heure et quand celui-ci m’a dit, une fois arrivé à Champex-Lac, «Je vais arrêter». Et moi, comme un sot, je lui ai répondu «moi aussi» alors que j’avais encore de l’énergie et du temps... Dès lors, le chrono entre Champex-Lac et Champex-d’en-Bas n’avait plus d’importance et nous avons pris tout notre temps pour arriver à notre dernier poste.»
Pourquoi ? «Avant le départ de la course, puis pendant tout le trajet effectué , je n’ai jamais été sûr que je terminerai. Cette incertitude n’était pas due à des questions de distance (j’étais relativement bien entraîné et avais déjà une expérience certaine des longs parcours) mais à ce fameux Sentier des Gardes. J’avais lu dans le carnet de route et entendu (la veille du départ, une personne m’avait téléphoné pour me dire qu’elle avait des renseignements peu réjouissants concernant ce tronçon) que ce sentier était difficile. Étant un peu craintif dans les endroits dangereux en montagne, je me demandais si avec la fatigue, cela ne dépasserait pas mes compétences.»
Hervé Messerli, dossard 157
à Champex après 30 h 41 de course
Aurais-je pu rester lucide ?
Stop ? «A Champex, 10 mn avant la barrière horaire.»
Décision ? «D’un commun accord avec mon partenaire du moment. On venait de se frapper une course folle de la Fouly vers Champex, en alternant de gros sprints (!) et de gros dodos dans la forêt.»
Pourquoi ? «Pour des raisons diverses (boulot) je ne me suis pas particulièrement entraîné cette année. Je me suis aussi blessé aux côtes et je venais juste d’avoir une angine. Bref le bonheur complet. J’ai préféré m’arrêter heureux à Champex plutôt que de me blesser en continuant.»
Et aujourd’hui ? «Je pense que j’ai bien fait. Des potes à moi ont mis environ douze heures pour faire Champex-Chamonix. J’aurais sûrement mis un peu plus de temps. De plus avec la fatigue je ne suis pas sûr que j’aurais pu rester lucide durant la fin du parcours. J’avais déjà des hallucinations entre la Fouly et Champex. Pour la première édition, je me suis arrêté à la Fouly. Cette année je termine à Champex. L’année prochaine je fais deux tours.»
Pierre Pardo, dossard 646
à Champex après 31 h 55 de course
Orthèse pour immobilisation du pouce et du poignet (tendinite du pouce)
Mise à jour: 4/03
Il existe de nombreux tendons au poignet et à la main. Ceux du bord du poignet côté pouce sont particulièrement exposés à une inflammation car ils coulissent contre l'extrémité du radius, très proéminente chez certaines personnes. C'est la "tendinite de De Quervain", classique chez les jeunes parents et grands-parents qui s'investissent brutalement dans la manipulation de poupon gigoteur. Les autres tendinites, des tendons du dos de la main ou de la paume, peuvent être secondaires à un surmenage, mais peuvent aussi survenir dans le cadre d'un rhumatisme inflammatoire plus général: si vous avez d'autres douleurs articulaires, si vous avez des antécédents familiaux, un bilan s'impose.
La tendinite se reconnaît par un gonflement allongé le long du tendon, qui est douloureux si l'on contrarie son mouvement. C'est plus difficile quand plusieurs tendons sont enflammés ou que l'oedème est important: toute la main est enflée.
Le traitement local (pansements alcoolisés, gels anti-inflammatoires, physiothérapie chez un kinésithérapeute) et un repos relatif de la main peuvent suffire. Mais l'amélioration est souvent lente. L'infiltration est facile et souvent spectaculaire, effaçant toute gêne en l'espace d'une semaine. Dans de rares cas de tendinite traînante ou récidivante, un nettoyage chirurgical peut s'avérer nécessaire, avec libération du trajet du tendon
Mise à jour: 10/01
Nerfs de l'arrière de la tête et du cou
Comprendre:
La tête est la zone de destination des premières racines nerveuses cervicales. Nombreuses sont les "migraines" inexpliquées qui proviennent des vertèbres du cou. Les signes l'évoquant sont: une douleur partant de la nuque, touchant typiquement une seule moitié du crâne, hypersensibilité de la peau du crâne à la pression, déclenchement par des postures précises du cou, effet médiocre des médicaments anti-douleurs et des anti-migraineux, normalité des examens complémentaires.
Attention, il s'agit d'éléments d'orientation, qui ne remplacent pas un examen médical. Les dysfonctionnements cervicaux sont les plus bénignes des causes de mal de tête. Il faut éliminer les autres. Si vos douleurs sont récentes ou inhabituelles, la consultation de votre médecin est impérative, avec éventuellement des examens complémentaires à la clé. Quand a été vérifiée l'absence de maladie du cerveau, des sinus, des dents, des appareils sensoriels, il faut s'intéresser à la colonne cervicale, la tête étant la projection des problèmes des 1ères vertèbres cervicales comme la sciatique est la projection des dernières lombaires.
La recherche des points sensibles cervicaux commence haut: l'émergence du nerf d'Arnold, qui assure la sensibilité d'une moitié du crâne, est à l'occiput.
Les radios de la colonne cervicale (incluant les 2 1ères vertèbres dans un cliché fait bouche ouverte) sont normales. Plus exactement: normales pour l'âge. Le radiologue aura écrit tout un poème. Vous vous sentirez une curiosité scientifique à sa lecture. Mais, après décryptage par votre médecin ou le radiologue lui-même, vous saurez que les lésions d' "arthrose" sont banales au rachis cervical dès la trentaine. Ce sont plutôt des signes de surmenage des disques intervertébraux sur une partie très mobile de la colonne, sans conséquences chez la plupart des gens.
Traitement
Tout va donc bien sur les examens. Mais vous souffrez terriblement. Ou plus modestement, mais cela revient sans cesse. 2 solutions complémentaires: manipulations et infiltrations. Les infiltrations seront réservées aux douleurs aiguës, insomniantes, permanentes, qui sont les plus inflammatoires et les plus susceptibles de réagir à ce traitement. Dans les douleurs intermittentes, liées à la posture de la tête, entretenues par une hygiène de vie défavorable pour le cou (bureau, voiture, téléphagie), les étirements voire les manipulations sont conseillées. Les étirements peuvent être montrés et pratiqués au départ par un kinésithérapeute. Mais du fait de son statut, il n'est pas en droit légalement de faire une véritable manipulation. La limite est floue et l'important est qu'une relation de confiance s'établisse avec votre thérapeute. La compétence manuelle et le diagnostic précis conduisant à la manipulation sont les éléments essentiels du succès de ce traitement. Voir l'aléa thérapeutique et faut-il se faire manipuler par un médecin ou un non-médecin?.
Vous aurez conscience que ce traitement n'aura qu'un effet provisoire si votre hygiène de vie a favorisé ces troubles. Il faut revoir votre journée de travail: limitez les temps de posture figée de la tête: travail sur écran, travail sur documents, travail de précision en atelier. Bien sûr c'est votre boulot. Mais il est facile de prendre une minute régulièrement pour changer de posture, vous masser le cou et faire des étirements gentils mais insistant bien dans tous les axes: rotations, inflexions sur le côté, l'avant, l'arrière, auto-agrandissements (voir un peu d'exercice). Modifiez régulièrement la position de travail en changeant la hauteur de votre ouvrage ou du siège, modifier son inclinaison. Vos vertèbres ainsi ne seront pas toujours contraintes au même endroit. Enfin, ne négligez pas votre activité physique de loisir. Selon votre tempérament, choisissez une activité trépidante qui vous dérouillera vite mais qui a plus de risque de vous "casser" (voir les pépins de l'activité sportive), ou une activité plus calme mais pas toujours aussi ludique. Préférez toujours les sports que vous connaissez bien, avec lesquels vous avez grandi: articulations ligaments et muscles se sont adaptés à cette activité; c'est celle qui a le moins de chances de vous causer des problèmes.
Mise à jour: 12/01
Colonne vue d'ensemble
Métamères (territoires des nerfs)
Le mal de dos est une grande populace de problèmes individuels qu'il est difficile de comparer. Ici plus encore que dans d'autres domaines de la santé, gardez-vous de comparaisons avec les histoires des voisins, des amis - même s'ils ont eu eux aussi une Hernie Discale -. Aucun traitement ne marche de façon prédictible. Aucune évolution favorable ou défavorable ne peut être affirmée.
Nous allons essayer néanmoins de définir de grandes catégories de douleurs du rachis.
Il faut séparer les douleurs cervicales, dorsales et lombaires vue d'ensemble.
Le rachis cervical est soumis à des contraintes de poids relativement modérées mais est très mobile. Les troubles viennent de cette mobilité:
-dysfonctionnements intéressant les enveloppes articulaires très sollicitées: appelés vulgairement "blocages", "dérangements intervertébraux" dans le jargon médical.
-usure rapide des disques intervertébraux pouvant donner des signes radiologiques d'arthrose dès la trentaine.
-mais la vraie hernie discale, généralement liée aux contraintes de poids, est peu fréquente à cet étage de la colonne.
Le rachis dorsal est la partie qui ressemble le plus au mât d'un navire: peu mobile, s'il est correctement étayé, il ne cause aucun souci. Les dérangements sont plus rares mais ont moins tendance à disparaître spontanément. Les hernies discales sont très rares. L'arthrose est tardive, modeste, et peu gênante.
Mais c'est là que l'insuffisance musculaire peut être une cause principale de douleurs: dans les positions longtemps figées (bureau), la protection insuffisance du dos (le mât) par ses muscles (les haubans) peut entraîner des douleurs de posture de plus en plus permanentes sans dégâts réels sur la colonne.
Le rachis lombaire est assez mobile et soumis aux contraintes de poids les plus sévères. C'est le siège le plus fréquent de lésions définitives telles que la hernie discale, auxquelles on ne peut pas toujours s'adapter même avec la meilleure hygiène de vie possible.
Les dérangements sont également fréquents, mais de moins en moins isolés au fur et à mesure que l'on vieillit (de plus en plus associés à des lésions discales et de l'arthrose).
Les douleurs du rachis sont particulières par leur extrême variété.
Ce n'est pas toujours la colonne elle-même qui est la plus douloureuse.
Parfois d'emblée ou plus volontiers quand le trouble vertébral a traîné, la douleur siège principalement sur le territoire du nerf qui est "agressé" au niveau de son départ vertébral: la zone de sensibilité du nerf est une portion de peau (parfois d'autres organes) appelée métamère. Le métamère a la forme d'une bande qui part horizontalement de la colonne. On parle souvent de "trajet du nerf" ressenti au bras ou à la jambe, mais il s'agit en fait de l'irradiation de la douleur à toutes les terminaisons nerveuses de cette bande. Pour comprendre le trajet descendant au bras ou à la jambe, il faut visualiser le corps avec les membres relevés à l'horizontale schéma.
La douleur du nerf (névralgie) étant la plus pénible, elle prend le pas sur la douleur de la colonne proprement dite; pour simplifier, disons que le système nerveux n'est pas capable de faire "attention" à toutes les douleurs simultanément. Vous pouvez le vérifier par exemple quand 2 douleurs aiguës surviennent l'une après l'autre: vous avez une migraine, vous vous faites écraser le pied: la douleur de migraine diminue tant que celle du pied prédomine.
Quand la névralgie disparaît, fréquemment la douleur de colonne semble réaugmenter: elle était en fait toujours là, mais masquée par l'intensité de la névralgie. Elle donne faussement l'impression que la lésion vertébrale s'est aggravée.
Les impressions fausses: c'est une cause essentielle de l'évolution chronique (plus de 6 mois) des douleurs du dos. Vous ne pouvez pas vous fier à ce qu'ils vous indiquent puisqu'ils sont eux-mêmes perturbés.
D'abord ils ne vous renseignent pas sur le véritable endroit de la lésion: dans la sciatique, la jambe souffre, alors qu'elle est intacte, et la région lombaire peut rester indolore, alors qu'elle est l'origine de la lésion. Le fait d'écouter sa douleur devient paradoxalement aggravant: vous vous mettez à boîter pour préserver ce membre malade, et ce faisant imposez des contraintes inhabituelles sur votre colonne en vous déhanchant, ce dont il n'a vraiment pas besoin. Le sujet est traité en détail au chapitre Sciatique.
Le nerf peut assurer une grande variété de sensations: s'il est irrité, il ne s'en prive pas. Ses terminaisons peuvent vous apporter moult impressions désagréables et erronées: fourmillements douloureux, hypersensibilité au contact doublée paradoxalement d'un engourdissement, gonflement qui n'est pas constaté par d'autres (si vous ne cherchez pas à les convaincre à tout prix que c'est enflé), sensation de peau en carton, etc...
La multiplicité des impressions anormales et l'intensité de la douleur ont un effet "inhibant" sur le comportement qui dépasse largement son but. Le repos est efficace sur un certain nombre de douleurs vertébrales, mais pas toutes. Il s'agit généralement des douleurs aiguës déclenchées par un traumatisme ou un surmenage inhabituel. Même alors, les douleurs peuvent inciter à un repos excessif dans sa durée, qui peut déclencher des effets pervers sur la musculature et sur la coordination des mouvements quotidiens (la proprioceptivité).
Dans les douleurs chroniques, le repos a des effets carrément délétères: une réduction permanente et générale des activités physiques affaiblit la musculature protectrice de la colonne et l'on se retrouve à souffrir pour des efforts de plus en plus minimes voire dans certaines postures qui ne sont plus tolérées.
Le point essentiel à garder en mémoire est que la douleur vertébrale n'est pas adaptée aux lésions qu'elle signale: elle est beaucoup trop intense et déborde largement de l'endroit où se situe la lésion. Elle entraîne une appréhension et des conduites inappropriées. On se contracte trop, on fait trop attention, on finit par bousiller tous les automatismes de mouvement au niveau de la colonne et des membres et là on est installé très durablement dans la douleur chronique.
Cette réaction est bien sûr très individuelle. Elle se voit particulièrement souvent chez les gens dits "nerveux". On comprend intuitivement que les gens déjà assez "toniques" par nature vont avoir plus de mal à se décontracter quand surviennent les douleurs pénibles et traînantes de la colonne.
C'est pour cela que les médecins parlent souvent du tempérament individuel dans les douleurs chroniques. Ce sujet est traité en détail au chapitre Douleur et psychisme. Mais il faut se garder de faire des douleurs chroniques un problème psychique. Il s'agit toujours de troubles vertébraux qui ont été conduits dans l'impasse par une conduite physique inappropriée, conduite sur laquelle les facteurs psychiques interviennent
Douleurs étendues du membre supérieur
Mise à jour: 2/02
Névralgie cervico-brachiale:
La névralgie cervico-brachiale (NCB) est l'équivalent d'une sciatique au bras. Le conflit irritant le nerf se situe au niveau d'une vertèbre cervicale au lieu d'une lombaire, et le territoire douloureux des racines nerveuses concernées se fait dans la région de la clavicule, le haut du dos et de la poitrine, et et le bras. Les 6ème, 7ème et 8ème racines sont les plus souvent concernées. C'est au niveau des doigts que l'on identifie le mieux le nerf exactement concerné.
Comme les autres névralgies, c'est une douleur particulière par son caractère lancinant, les sensations anormales qui l'accompagnent (fourmillements, engourdissements, gonflement, courant électrique), et le fait qu'elle ne soit pas directement influencée par les mouvements du bras: la douleur est quasi-permanente, que vous soyez actif ou pas. Le repos n'est pas efficace. Vous pouvez ressentir des points douloureux plus précis dans le bras qui vous font penser à une tendinite à cet endroit. Ils correspondent aux terminaisons nerveuses les plus irritées. Mais vous avez en fait du mal à localiser une zone bien précise et permanente, les douleurs sont souvent changeantes et migratrices, et vous n'arrivez pas à trouver de position pour vous en débarrasser.
Les 2 causes principales de NCB sont l'arthrose cervicale et la hernie discale. Contrairement aux vertèbres lombaires, ces 2 causes sont souvent associées, même chez une personne jeune. L' "arthrose" cervicale démarre en effet assez tôt, ces vertèbres étant très mobiles et soumises à de nombreuses contraintes voire traumatismes (entorses cervicales). On voit couramment dès la trentaine des disques détériorés et une déformation des rebords des vertèbres de chaque côté. Ces déformations, les fameux "becs de perroquet", empiètent sur le trou de conjugaison, orifice par lequel la racine nerveuse sort sur le côté de la vertèbre (schéma). Une hernie discale empiète aussi au même endroit. Les disques étant plus petits et les contraintes moins importantes qu'au niveau lombaire, il est rare d'expulser brutalement une grosse hernie. Ce sont souvent de petites hernies bien tolérées qui ont "poussé" progressivement. Elles durcissent en vieillissant et rétrécissent de façon permanente le trou de conjugaison comme l'arthrose. La douleur du nerf, la NCB, apparaît en fait quand des activités énergiques de votre bras (tiraillements sur le nerf) ou une mauvaise posture de votre tête (nerf au contact de l'arthrose) viennent irriter le nerf. La racine nerveuse gonfle, se retrouve encore plus coincée, et vous vous engagez dans un cercle vicieux pour plusieurs semaines à plusieurs mois.
Médicalement on peut distinguer sur le plan pronostique 2 formes de NCB:
1) La forme très inflammatoire: douleurs invalidantes, permanentes, particulièrement nocturnes. C'est la plus susceptible de réagir aux traitements anti-inflammatoires: anti-inflammatoires classiques, cortisone en infiltration ou en comprimés. Des antalgiques de niveau 2 minimum seront utilisés, et s'ils ne sont pas assez efficaces, il ne faut pas hésiter à réclamer de la morphine à votre médecin: elle a moins d'inconvénients que l'abus d'antalgiques plus simples mais insuffisants. Une mise au repos du cou (collier cervical voire minerve) et du bras (utilisation coude au corps) est conseillée, bien que peu spectaculaire sur le moment.
2) La forme peu inflammatoire: douleurs modérées, intermittentes, réveillée dans les jours suivant une agitation inhabituelle (bricolage, travaux domestiques, jardinage, sport utilisant ce bras), médicaments inefficaces. C'est la situation sur laquelle tous les thérapeutes se cassent les dents: infiltrations inefficaces, manipulations sans effet si elles sont prudentes, aggravant parfois si elles sont plus agressives, minerve ne faisant qu'apporter une gêne supplémentaire. Le moins inefficace est une rééducation posturale visant à modifier de la façon la plus permanente possible la position de votre tête. Il s'agit en général d'exercices tête droite et de musculation de l'arrière du cou, mais ils sont à personnaliser en fonction de la posture où vous vous sentez le plus à l'aise. Il faut revoir également toutes vos positions habituelles dans la vie quotidienne et les corriger, faire des adaptations du poste de travail, s'interrompre régulièrement pour faire des exercices de postures.
Les radios de la colonne cervicale sont utiles d'emblée, très performantes pour apprécier globalement l'arthrose et son retentissement sur les trous de conjugaison. Les autres examens complémentaires, scanner et IRM, sont sans intérêt au début d'une NCB car n'influencent pas la conduite du traitement et ne permettent pas de faire un pronostic: de grosses hernies guérissent parfois facilement et réciproquement des arthroses minimes vont irriter longtemps. Il existe cependant à notre avis une exception: quand les signes sont peu typiques et que le médecin hésite entre un simple "dérangement" vertébral (le populaire "blocage" de vertèbre) et une véritable névralgie cervico-brachiale. Il est prudent, avant de faire une manipulation (traitement de choix du blocage) de vérifier l'absence de hernie par un scanner ou une IRM. Paradoxalement ce n'est donc pas si vos douleurs sont très importantes que ces examens sont justifiés dès le début, mais au contraire si elles sont peu étendues et que l'on doute de leur origine.
Bien évidemment l'échec d'un traitement médical bien conduit entraînera la prescription systématique de ces examens par votre médecin. Vous arrivez à l'orée du traitement chirurgical. Une dernière solution si vous n'êtes pas très tenté par le bistouri: l'infiltration par voie foraminale radio-guidée: désagréable car pratiquée sans anesthésie locale, cette injection aborde votre colonne par le côté et vise à déposer un corticoïde directement dans le trou de conjugaison, au contact de la racine nerveuse irritée. Principale condition: être sûr du trou concerné, car l'arthrose touche souvent plusieurs vertèbres, et même si scanner et IRM précisent beaucoup mieux les choses, ils ne déterminent pas avec certitude la racine enflammée. C'est le boulot du médecin d'établir la cohérence avec le trajet de votre douleur et une éventuelle zone d'insensibilité ou un réflexe disparu au bras.
Chirurgicalement, on distingue également 2 formes pronostiques de NCB:
1) Celles qui sont liées principalement à une franche hernie discale, "molle" (récente), avec peu d'arthrose: le résultat est habituellement excellent, sans douleurs résiduelles.
2) Celles qui sont liées à une association d'arthrose et de hernie: les résultats sont moins constants. Si l'arthrose est diffuse, vous risquez ne pas être opéré au site exact du conflit. Vous aurez sans doute des douleurs résiduelles car contrairement à la hanche ou au genou, on ne "change" pas tout. Si avez eu un avis chirurgical enthousiaste, vous pouvez légitimement en prendre un second, de préférence à l'hôpital où les promesses sont en général plus mesurées.
Ne soyez pas surpris de l'emplacement de votre cicatrice post-opératoire: la voie habituelle des chirurgiens se situe en effet en avant de la carotide, le disque intervertébral étant beaucoup plus au centre du cou qu'on ne l'imagine.
Algodystrophie du bras
L’algodystrophie est une maladie longue et pénible, bien que finissant toujours par guérir quasiment sans séquelles.
Au bras elle est aussi appelée syndrome épaule main (le coude n'est quasiment pas concerné)
Sa cause est encore sujet de discussions. L’explication classique, dont vous entendrez parler chez la plupart des médecins, fait intervenir un dérèglement du système nerveux sympathique. Ce système est indépendant de la volonté. Les nerfs qui le constituent sont ceux qui font fonctionner nos automatismes: respiration, sphincters, battements cardiaques… C’est en quelque sort le “système de maintenance” de l’organisme. Sympathique, en l’occurrence ce système ne l’est pas quand il se dérègle, puisque tout déraille dans la région concernée par les troubles: microcirculation (oedème, chaleur anormale), peau et autres tissus “mous”, tendons (rétractions, aspect cicatriciel), glandes sudoripares (excès de sueur), os (décalcification). Les nerfs soumis à la volonté sont également touchés. Cela explique les douleurs importantes, hors de proportion avec ce que vous voyez: ce bras n’a pourtant pas l’air d’être passé dans une broyeuse! Vos sensations sont anormales: quelqu’un vous effleure, vous ressentez un choc électrique! Vous êtes intouchable. Une catastrophe pour la relation de couple! Des sensations normalement anodines, comme le froid ou le chaud, deviennent douloureuses. La commande des muscles est souvent perturbée, mais habituellement de façon discrète: crispations, tremblements, perte de force. C’est aussi parce que la douleur est omniprésente que vous n’osez pas vous servir de votre bras. Il n’y a pas de véritable paralysie.
Les conceptions sur l’origine de l’algodystrophie ont évolué: on pense maintenant qu’il s’agit d’une stimulation anormale et prolongée de la moelle épinière par les nerfs de la région où vous allez faire votre algodystrophie. Dans certains cas cette zone a été traumatisée (choc, étirement brutal, opération…) mais pas toujours. S’il y a eu traumatisme, la stimulation anormale vient d’une lésion d’un nerf, qui ne se répare pas ou qui va mettre tellement longtemps à se réparer qu’elle provoque entretemps des perturbations sur la moelle épinière, qui est la destination de ce nerf. Quand il n’y a pas eu de traumatisme… beaucoup de médecins constatent qu’il existe souvent un tempérament particulier chez les personnes atteintes d’algodystrophie: ce sont souvent des grands nerveux. Mais ce n’est pas le tempérament qui déclenche directement la maladie. Alors? S’agit-il de personnes qui négligent trop une douleur banale mais insistante dans leurs activités quotidiennes, ou au contraire qui se crispent trop à cause de ces douleurs banales, ce qui perturberait leurs automatismes? Ces personnes ont une grande fréquence de douleurs vertébrales antérieures à l'algodystrophie, à type de "blocages" fréquents. Une souffrance chronique des nerfs au niveau de la colonne déclenche-t-elle l'algodystrophie? En tout cas, quand cette maladie s’est installée, elle devient “autonome” et ce n’est plus l’amélioration de l’hygiène de vie ou les manipulations vertébrales qui peuvent la guérir rapidement.
L’algodystrophie est aussi appelée “Syndrome Douloureux Régional Complexe” (SDRC). C’est plus parlant! Il existe en fait 2 variétés de SDRC:
-Le SDRC type 1 fait suite à un traumatisme souvent indirect où on ne retrouve pas de lésion nerveuse précise, ou alors il n’y a pas eu de traumatisme du tout. Les douleurs concernent une large région, voire tout un membre. Les troubles de circulation (oedème, chaleur) sont fréquents, de même que la décalcification et l’aspect cicatriciel de la peau. C’est la forme la plus fréquente, que l’on continue à appeler algodystrophie.
-Le SDRC type 2 ou causalgie: un nerf a été lésé localement, après un traumatisme ou une répétition de micro-traumatismes. Les tissus où se termine ce nerf deviennent hypersensibles alors qu’on ne voit rien d’anormal. C’est une grande cause de conflit entre un patient et son chirurgien, le premier se trouvant très insatisfait des douleurs qu’il ressent dans la zone opérée, le second étant techniquement satisfait de son travail. Il ne s’agit pas réellement d’une faute chirurgicale. Les opérateurs sont entraînés à éviter l’agression des principaux troncs nerveux et choisissent leurs voies d’incision en conséquence. Mais il peut arriver qu’ils lèsent un plus petit rameau nerveux, en l’étirant quand ils écartent les tissus. Comme dans l’algodystrophie, ces douleurs vont durer plusieurs mois, voire jusqu’à 1 ou 2 ans, avant de s’estomper.
L’algodystrophie évolue en 3 phases:
1) La phase chaude: rien à voir avec les calipettes nocturnes. C’est la partie la moins marrante en fait: douleurs disproportionnées, exacerbées par le moindre contact, se prolongeant au-delà du raisonnable, des sensations banales comme le froid deviennent insupportables, un effort minime rebute. Il est important de comprendre que ces douleurs proviennent d’un mauvais fonctionnement des nerfs et non de lésions réelles de ce bras. C’est ainsi que vous accepterez les mobilisations du kiné pour ne pas trop vous enraidir. La peau est rouge, enflée, chaude. La surélévation du bras soulage un peu. Cette phase dure habituellement 1 mois, parfois beaucoup plus.
2) La phase froide: pendant 3 à 6 mois: la peau pâlit, devient moite, s’atrophie, les poils tombent et les ongles deviennent cassants. La douleur n’est plus permanente mais réapparaît dès le moindre mouvement un peu forcé.
3) La phase atrophique: l’oedème disparaît et fait place à des rétractions des tissus. La raideur s’installe.
Les traitements médicamenteux
Les infiltrations de cortisone sont sans intérêt sur les douleurs de l'algodystrophie proprement dite. Mais il est possible qu'existent des lésions sur une articulation de votre bras, l'épaule en particulier, qui majorent et entretiennent ces douleurs anormales. C'est l'examen du médecin qui permet de le suspecter. Mais comme vous êtes hypersensible et pas facile à examiner, il est très utile de faire une injection d'anesthésique dans l'épaule sous contrôle radio pour voir quelles sont les douleurs qui disparaissent. Si vous êtes bien soulagé pendant les heures que dure l'anesthésie locale, cela incitera à refaire une infiltration, de cortisone cette fois, pour espérer un résultat plus durable.
La rééducation est essentielle pour lutter contre les séquelles de l'algodystrophie:
- Des conseils d'abord: au début, surélevez souvent le membre enflé pour ne pas aggraver l'oedème. Les "bains écossais" employés en kiné peuvent être facilement réalisés par vous-même à domicile. Cela consiste à appliquer en alternance du chaud et du froid. Le but est de stimuler la circulation sanguine locale. Il y a aussi un effet anesthésiant qui varie selon les personnes (vous préférerez peut-être le chaud ou le froid). Cela ne dure malheureusement pas très longtemps mais, contrairement aux médicaments, vous pouvez répéter l'application aussi souvent que vous le voulez. Attention à ne pas laisser le froid plus de quelques minutes. Nous vous conseillons de vous offrir 2 compresses thermiques, l'une que vous garderez au frigo, l'autre que vous placerez au micro-ondes selon besoin.
- Le repos: n'est pas spécialement conseillé. Ce n'est pas facile pour vous d'ignorer ces douleurs envahissantes, mais dans notre expérience, les activités obligatoires (dans les limites de ce que vous pouvez supporter) amènent des sensations "normales" qui réduisent les douleurs anormales de l'algodystrophie, comme si elles se battaient pour se signaler à votre système nerveux! C'est sans doute de la même façon qu'agit la neurostimulation (voir ci-dessous).
- A la phase chaude, le kiné vous fera des massages draînants pour lutter contre l'oedème des tissus et la stase veineuse, il vous mobilisera le membre en respectant la règle de la non-douleur (pas de douleur vive, parce que ça tire toujours un peu quand même). Les séances sont quotidiennes. Si ce n'est pas pratique pour vous ou si le kiné n'est pas suffisamment disponible, essayez de reproduire les exercices à domicile, ou cherchez un kiné inscrit à une agence matrimoniale (sans préciser votre problème sur votre CV, ça va le barber de travailler le soir à la maison...).
- A la phase froide, il faut vous dérouiller. La mobilisation sera plus insistante, mais toujours sans vous déclencher de douleurs vives. Etirements, massages profonds des tissus, sont au programme de votre séance de torture. La physiothérapie aide souvent à faire passer la pilule.
La neurostimulation est un traitement très intéressant de l'algodystrophie:
Elle consiste à envoyer des stimulations électriques sur le trajet du ou des nerfs qui vont dans la zone douloureuse. La technique est détaillée à physiothérapie. 2 méthodes: la voie transcutanée (électrode appliquée sur la peau), la voie médullaire (application directe de l'électrode contre la moelle épinière).
La première méthode ne réclame aucune agression particulière et vous pouvez l'essayer sans réserve. Voyez à physiothérapie comment procéder en pratique.
Nous ne pouvons pas en dire autant de la seconde méthode, qui nécessite l'implantation d'une électrode dans la colonne vertébrale. Ses résultats sont évidemment supérieurs, mais c'est un traitement bien lourd pour une maladie qui finit par guérir toute seule, d'autant que comme pour les médicaments, le but est de rendre les douleurs plus tolérables et non d'abréger la durée de l'algodystrophie. Cette méthode est à réserver aux cas extrêmes dont l'évolution n'est pas favorable au bout de plusieurs mois, et vous ne vous étonnerez pas de subir un interrogatoire psychologique détaillé au préalable.
Et votre travail?
Certaines activités professionnelles deviennent provisoirement impossibles. Mais vu la durée de la maladie, un arrêt complet et prolongé du travail peut laisser des traces, sur vous-même en termes de déconditionnement du boulot, sur votre entourage qui peut mal supporter votre handicap ou au contraire vous surprotéger, et enfin dans votre milieu professionnel où on va apprendre forcément à se passer de vous... En pratique ce qui fait décider de la reprise du travail, ce sont surtout votre attirance pour ce job et les efforts physiques que vous avez à fournir. Le mi-temps thérapeutique est une excellente solution pour garder le contact avec votre milieu professionnel tout en limitant vos heures. Administrativement vous êtes toujours en arrêt maladie: le médecin fait une prolongation mais précise "mi-temps thérapeutique". L'employeur paye vos heures travaillées et la sécu verse le complément. Vous n'avez pas de perte de salaire. L'organisation du mi-temps n'est pas figée: vous vous arrangez avec l'employeur pour faire la moitié des heures sur la période du mi-temps thérapeutique. Ce sera plutôt 1 jour sur 2 travaillé si vous avez des longs trajets, des demi-journées si vous habitez à côté. Avec l'expérience des 35 heures, le bureau du personnel devrait pouvoir gérer votre planning provisoirement farfelu! Attention, un mi-temps thérapeutique doit toujours faire suite à un arrêt à temps complet, ne serait-ce que de quelques jours, sinon vous risquez des problèmes pour que la caisse vous verse vos indemnités. Si vous prenez des vacances, votre médecin devra vous arrêter quelques jours à votre retour avant de faire la prolongation du mi-temps thérapeutique. Cette formule demande l'accord de l'employeur et celle du médecin-conseil de la sécu. C'est embêtant quand l'employeur refuse. Soit il n'a pas besoin de vous par manque d'activité économique, soit vos relations avec lui ne sont plus au beau fixe... Dans les 2 cas votre poste est menacé et cela ne va pas vous aider à sortir de la maladie. Ne vous laisser pas piéger et faîtes dès à présent le point sur votre avenir, car votre algodystrophie ne durera pas éternellement. L'accord du médecin-conseil est tacite au début d'une demande de mi-temps thérapeutique. Il n'est pas assez disponible pour voir tout le monde. Il vous convoquera probablement si le mi-temps s'éternise.
Douleurs du thorax
Mise à jour: 10/01
L'origine rhumatologique d'une douleur du thorax est fréquente mais doit être affirmée avec prudence. C'est ce qu'on appelle un diagnostic par élimination. Ont la priorité: les affections cardiaques, pulmonaires, digestives. Le moindre doute sur une maladie d'un de ces systèmes doit faire pratiquer les investigations nécessaires. Ce n'est qu'en cas de normalité que l'on peut se rabattre sur une explication rhumatologique.
Il existe cependant des signes d'orientation dans votre douleur qui aideront votre médecin à soupçonner une origine rhumatologique et à éviter des examens et des traitements inutiles. Appelons la douleur rhumatologique "douleur de paroi" par opposition aux douleurs profondes causées par les affections des viscères.
Nous décrivons bien sûr les grandes lignes. Il ne s'agit pas de faire un auto-diagnostic: c'est très difficile, même pour un médecin qui s'ausculte lui-même. Il s'agit d'aider le médecin qui vous prend en charge à s'orienter lors de votre interrogatoire.
La douleur de paroi est fréquente, voire permanente, pas toujours déclenchée par un effort important, plutôt par des mouvements précis ou des positions. Un changement de position peut l'aggraver ou la soulager. Elle peut être vive mais n'est jamais inquiétante (vous n'avez pas l'impression que votre vie est menacée). Elle semble superficielle; même si elle peut faire le tour du thorax, c'est comme une ceinture, elle n'est pas transperçante. Vous pouvez la réveiller par une pression sur l'endroit douloureux. Elle est facilement influencée par la respiration (mobilisation de la cage thoracique).
La douleur cardiaque survient en une crise unique, favorisée par un effort épuisant, dure rarement au-delà de quelques minutes (sinon vous êtes mal parti), est très angoissante, irradie volontiers à l'épaule gauche. Ce n'est pas une douleur sur laquelle vous réfléchissez longtemps, si vous êtes en état de réfléchir: vous sentez tout de suite l'urgence.
La douleur péricardiaque (péricardite) est proche, sensation de brûlure ou de serrement derrière le sternum, plus permanente que la douleur cardiaque et influencée par la respiration.
La douleur pulmonaire est sourde, c'est une oppression, parfois un coup de poignard dans le côté (affections de la plèvre), parfois elle est aussi angoissante que la douleur cardiaque (embolie) mais c'est rare. Elle est influencée par la respiration, mais surtout il y a des signes d'accompagnement respiratoires: toux, crachats, difficulté à respirer, fatigue.
La douleur de l'estomac et de l'oesophage est centrale, derrière le sternum, à type de brûlure, accentuée quand vous vous allongez, rythmée par les repas (survenant une heure après, calmée par une nouvelle ingestion d'aliments ou d'un plâtre).
La douleur du foie et de la vésicule est à la base droite du thorax, peut irradier à l'épaule droite. Elle est moins nettement ryth
Description générale de la sciatique
La sciatique est une douleur qui touche tout ou partie du membre inférieur. Dans les situations les plus typiques, c'est le métamère entier qui est douloureux: on a l'impression de sentir le trajet du nerf jusqu'à l'extrémité des orteils. Il s'agit en fait de l'ensemble du territoire de peau dont la sensibilité est assurée par le sciatique. Cette douleur globale correspond à une compression sévère du nerf: toutes les fibres nerveuses qui le constituent sont touchées. Attention, cela n'indique pas forcément que la situation est grave et qu'il faut intervenir rapidement (chirurgicalement). Tout dépend de l'origine de la compression, de sa durée, et de l'efficacité d'autres traitements.
Dans les cas moins typiques, la douleur peut se cantonner à une partie du territoire sciatique: c'est encore assez facile de la rapporter à la colonne vertébrale quand elle irradie à la fesse ou à la cuisse, mais elle peut être un véritable piège diagnostique pour le patient comme pour le médecin quand elle est "suspendue" sur un bout de mollet (on évoque d'abord une phlébite), un talon ou le dessus d'un pied.
Il faut imaginer le nerf sciatique comme une grosse corde faite de brins de ficelle amalgamés. Chaque brin relie la moelle épinière aux terminaisons nerveuses d'une petite zone de peau dans le membre inférieur. Ce sont ces terminaisons que l'on sent quand le brin est agressé. Quand seul un "côté" du nerf sciatique est irrité, dans les formes moins sévères, la douleur "projetée" au membre inférieur peut n'avoir aucun rapport évident avec la colonne.
C'est l'importance de toujours bien préciser au médecin les caractéristiques de sa douleur (oui, c'est vrai, il faut arriver à se faire écouter!). Elle est très évocatrice d'une sciatique si elle n'est pas toujours exactement au même endroit (l'irritation sur le nerf peut se déplacer) et si elle est d'une intensité anormale: vous avez envie de vous taper la tête contre les murs et pourtant votre jambe n'est pas passée sous un autobus!
Causes de la sciatique: la hernie discale
Parmi les causes de la sciatique, parlons en premier de la plus connue, la hernie discale.
C'est effectivement la cause la plus fréquente, mais n'en tirez pas de conclusions hâtives. D'abord parce que traîne à tort dans les conversations l'équation: hernie discale = chirurgie. Ensuite parce que c'est bien la cause habituelle avant 50 ans, mais c'est beaucoup plus rare après.
Revenons au mécanisme de la hernie discale. Commencez par vous familiarisez avec l'anatomie de l'articulation entre 2 vertèbres:
(schéma)
Le disque intervertébral est un fibrocartilage. Il a 2 parties; un centre (nucleus) gélatineux et un anneau extérieur (annulus) fait de fibres circulaires beaucoup plus fermes mais qui gardent une certaine élasticité: la consistance du disque si l'on appuie dessus est similaire à celle des "blackboules" des enfants, ces petites balles qui rebondissent un nombre interminable de fois. Le disque est un système amortisseur très bien conçu: quelles que soient les contraintes qu'il reçoit (inflexion à droite, à gauche, de la colonne), les pressions s'égalisent à l'intérieur grâce au déplacement du nucleus mou, contenu par l'annulus plus rigide. Imaginez un ballon dégonflé et aplati; si vous vous asseyez sur son bord, l'air chasse de l'autre côté et il a moins de chances d'éclater.
Malheureusement un disque vieillit plus ou moins bien: des fibres de l'annulus finissent par se rompre sous la pression répétée du nucleus. Petit à petit peut se forme une fissure puis un chenal dans cet anneau fibreux. La perforation complète peut se produire brutalement lors d'un effort, le nucleus jaillit brutalement hors du disque: c'est la hernie discale.
L'effort déclenchant n'a pas besoin d'être violent si le disque est déjà fragilisé: toutes les hernies ne sont pas déclenchées parce que l'on a tenté de soulever son piano! La position et la répétition sont également importants: des contraintes en rotation et en inflexion sont très agressives pour le disque, surtout si l'on est peu attentif: la musculature relachée ne protège plus la colonne. Et bien sûr, un geste peu contraignant mais répété 200 fois... pourra achever votre anneau discal.
La hernie discale n'est pas toujours brutale. Elle peut se faire progressivement à travers une petite perforation. C'est très important. Cela explique que l'on puisse avoir une hernie sans en souffrir. Il faut savoir que la pratique systématique de scanners dans la population générale a montré une fréquence non négligeable de hernies (15 à 20%, sans doute plus si l'on examinait toute la colonne), qui n'ont jamais fait parler d'elles. Cette notion doit mettre fin à l'idée: hernie = forcément origine de ma douleur. Elle peut être là depuis 20 ans alors que votre sciatique ne date que d'une semaine. C'est là où l'intervention médicale est essentielle pour mettre en corrélation la hernie et les symptômes que vous ressentez.
Bien que la hernie discale n'aie pas très bonne réputation, c'est la cause la plus "sympathique" de sciatique avant 50 ans. Au pire, si l'amélioration est trop lente, la chirurgie est très efficace dans la grande majorité des cas. Il existe d'autres causes "mécaniques" vertébrales: canal étroit congénital, décalage entre 2 vertèbres, dont le pronostic est voisin de la hernie discale. Il existe des causes plus dangereuses: tumeurs, bénignes ou non, infection. Ne paniquez pas: c'est très exceptionnel. Un bon médecin doit s'en douter en vous interrogeant et vous examinant. Doit-il vous en avertir? Pas forcément une bonne idée si vous êtes d'une nature anxieuse: il ne s'agit après tout qu'une d'une hypothèse, rarement confirmée (voir la vérité au malade). Les examens complémentaires confirmeront ou redresseront le diagnostic si le traitement habituel ne donne aucun résultat.
Mais en dehors des situations atypiques où le médecin va évoquer d'emblée autre chose qu'une hernie discale, ces examens n'ont pas d'intérêt. Si encore le fait de voir la situation et la taille de la hernie pouvait prédire le délai de guérison: ce n'est pas le cas. Des hernies pourtant très impressionnantes guérissent très bien parce qu'elles sont très inflammatoires et que le traitement médicamenteux est très efficace. Et vice versa de petites hernies ayant déclenché insidieusement une sciatique, d'abord à l'effort puis de plus en plus permanente, ne sont toujours pas améliorées au bout de plusieurs mois parce que les anti-inflammatoires n'ont pas de cible.
Le scanner utilise des radiations ionisantes et n'est pas totalement anodin. Les gens subissant globalement davantage d'examens radiologiques que les générations précédentes, et malgré que les doses de rayons X aient beaucoup diminué, aucune étude ne permet de savoir de combien de cancers supplémentaires ils sont responsables. L'IRM est un examen non irradiant. Il persiste plusieurs freins à son utilisation: certains ne peuvent pas le subir (corps étrangers métalliques, obésité), les appareils sont peu disponibles (le sous-équipement français est en voie d'amélioration) et c'est un examen coûteux: 400 € (voir coût de la santé).
Ces examens doivent donc être placés entre parenthèses dans les sciatiques typiques. Le médecin n'en a pas besoin pour vous prescrire les traitements simples, efficaces dans la majorité des cas. Même une infiltration peut être pratiquée sans scanner préalable: il existe en effet 2 disques potentiellement responsables d'une sciatique, mais le trajet douloureux à la jambe permet le plus souvent d'identifier le responsable. De plus, l'injection se fait dans l'espace épidural, où le produit diffuse facilement aux disques adjacents.
Le scanner et l'IRM doivent être considérés comme des examens préopératoires. Ce n'est ni l'intensité ni la durée de la sciatique, ni la présence de complications comme une paralysie ou une anesthésie d'une portion de jambe, qui doit les faire pratiquer, mais plutôt l'absence de progrès avec les traitements de 1ère intention, dans l'ordre: repos, anti-inflammatoires et antalgiques, infiltration épidurale ou anti-inflammatoires en perfusion (intra-musculaire peu utiles, voir anti-inflammatoires), infiltration intra-durale qui devrait être remplacée par l'infiltration foraminale, techniquement plus difficile mais ayant moins d'effets indésirables.
Ainsi, une sciatique suraiguë mais améliorée de 50% en une semaine a peu de chances de finir chez le chirurgien, tandis qu'une personne handicapée seulement par sa sciatique à l'effort, menant sinon une vie normale, peut en être au même point des mois plus tard et justifier l'opération même si son handicap reste modéré.
Pourquoi n'utilise-t-on pas plus facilement la solution chirurgicale? Voyez à chirurgie du rachis.
La sciatique des seniors
Après 50 ans la hernie discale "molle" comme nous l'avons décrite plus haut, devient plus rare. La "vieillerie" est la cause principale. Détaillons: les disques ont travaillé pendant des années et ont perdu leur souplesse; de chaque côté, le corps osseux de la vertèbre est soumis à davantage de contraintes; il se répare, mais de façon un peu anarchique: son rebord devient épaissi, irrégulier, voire déformé par des pointes osseuses (ce qu'on appelle "becs de perroquet" sur la colonne). C'est le mécanisme général de l'arthrose pour toutes les articulations. Sur la colonne, cet épaississement vient rétrécir les trous par où sortent les racines nerveuses (revoir ). L'étroitesse est volontiers accentuée par des séquelles de hernies discales antérieures, qui ont pu être responsables de lumbagos ou de sciatique à un plus jeune âge. Le nerf s'irrite facilement dans ce trou trop étroit, sous l'effet de petits mouvements répétés d'inflexion ou de rotation du bas du dos, ou dans une posture qui vient le coincer davantage. Irrité, le nerf s'enflamme et se tuméfie modérément, ce qui a pour effet d'accentuer puis d'entretenir le conflit. On arrive à la situation très typique d'une personne d'un certain âge qui a fait des activités physiques inhabituelles ou eu une mauvaise posture prolongée, et qui démarre petit à petit dans les jours qui suivent une sciatique de plusieurs mois.
Comme il n'y a pas de véritable étranglement du nerf comme dans la hernie discale, le territoire de ces sciatiques arthrosiques est moins typique et moins étendu: douleur isolée de la fesse, cuisse, jambe... L'intensité n'atteint jamais les sommets de la hernie discale: vous restez capable de sortir de votre lit. Vous n'avez pas forcément mal au dos: l'arthrose de la vertèbre n'est douloureuse que si elle est en crise inflammatoire. Le rétrécissement, lui, est toujours là. Vous avez du mal à trouver une position calmante: le nerf est coincé en permanence. Ce n'est qu'en réduisant vos activités physiques et en verrouillant soigneusement le bas de votre dos dans tous les gestes quotidiens que la douleur va petit à petit s'atténuer.
La douleur n'est donc pas bonne conseillère: ce n'est que le lendemain d'une mauvaise posture que vous allez en subir les conséquences, et vice-versa de bonnes habitudes gestuelles ne produiront pas immédiatement leur effet.
Les médicaments sont très peu efficaces sur ce type de sciatique. Vous avalez des anti-inflammatoires en vain; les calmants, qui soulagent bien en temps ordinaire vos douleurs d'arthrose, sont ici d'un soutien très insuffisant. C'est parce qu'il n'y a pas une "cible" importante en terme d'inflammation ou de lésion. Imaginez votre colonne comme une vieille grotte pleine de stalactites: les médicaments ne vont pas pas faire disparaître ces éperons osseux. L'oedème du nerf, seule cible pour les anti-inflammatoires, est très modeste et localisé. Il faudrait amener une grande quantité de médicament juste au bon endroit. C'est ce que tente de faire l'infiltration, souvent beaucoup plus spectaculaire que les comprimés mais au résultat incertain: la technique de l'opérateur est importante, mais on ne peut jamais avoir la certitude absolue de l'endroit où se situe le conflit, et le geste doit rester d'une agression mesurée pour une maladie certes bien invalidante, mais dont le pronostic reste bénin: jamais de paralysie (attention, le fait d'être limité par sa douleur n'est pas une paralysie), perte de sensibilité limitée et temporaire (alors que dans la sciatique par hernie molle elle peut être définitive par rupture des fibres nerveuses).
L'autre traitement efficace est plus contraignant: c'est le lombostat, une sorte de cage baleinée qui sera votre "gendarme" au quotidien, bloquant les petits mouvements du bas du dos dans les gestes habituels. Le lombostat est facultatif pour ceux qui ont encore une bonne ceinture musculaire abdominale: ayez quelques notions d'école du dos, un peu d'attention et quelques séances chez un kinésithérapeute pour lier tout cela. Par contre, pour ceux dont l'âge a sérieusement entamé l'aisance, le lombostat devient une "canne" pour cette colonne dégarnie de sa musculature originelle.
Il est porté pendant un à trois mois. Il est habituellement rapidement efficace sur les douleurs vertébrales et semble n'influencer aucunement la sciatique, voire la rend encore plus intolérable si c'est une sciatique à la fesse: la peau hypersensible supporte mal le contact du lombostat serré. On peut l'aménager en l'échancrant à cet endroit (pas trop pour ne pas nuire au maintien vertébral) ou en intercalant une surface moins irritante contre la peau (certains supportent très bien le contact d'un papier lisse et fin type journal). Le lombostat n'a pas d'effet anti-inflammatoire direct; il évite juste l'entretien de l'irritation du nerf. Son effet sur la sciatique est donc logiquement retardé de quelques semaines, et il vaut mieux continuer à le porter 10 à 15 jours après disparition de la douleur irradiée au membre.
Le sevrage s'accompagne volontiers d'une rééducation, qui vise à aider à la remise en route par des exercices musculaires protégés. Les médecins ne la prescrivent pas systématiquement car elle est délicate: trop enthousiaste elle peut redéclencher l'irritation du sciatique, trop passive elle n'apporte pas grand-chose.
Sciatique de l'enfant et de l'adolescent
Elle est rare. Le médecin doit être très attentif à la recherche de causes autres que la hernie discale. En pratique, le scanner ou l'IRM sera généralement fait d'emblée, contrairement à l'adulte. La souplesse de l'enfant est telle qu'il peut parfois, en prenant une attitude très "tordue" (le médecin parle de scoliose antalgique), ne pas tellement souffrir de sa sciatique: il appuie ainsi très peu sur la hernie et la tolère beaucoup mieux qu'un adulte.
Malgré tout on a tendance à proposer plus facilement la solution chirurgicale chez l'enfant, qui semble se remettre mieux des suites et dont les capacités physiques ultérieures sont sans doute mieux restituées par ce traitement radical.
Comment se comporter au quotidien avec une sciatique?
La kinésithérapie est-elle utile dans la sciatique?
Vous entendrez de nombreuses réponses différentes et c'est compréhensible: le kinésithérapeute utilise bien des techniques, sa motivation est variable, il a une connaissance plus ou moins bonne de la sciatique à traiter, il fait passer plus ou moins bien son message à des patients parfois peu réceptifs à cause d'une douleur mal contrôlée et d'une évolution prolongée. Son rôle est très différent à la phase aiguë d'une sciatique et lors de la remise en route.
Tout n'est pas utile dans la kinésithérapie. A la phase aiguë, les techniques de n'ont qu'un effet temporaire sur la douleur. Elles sont généralement appliquées par les kinés à leur cabinet (le matériel est rarement portatif) et le bénéfice pour le patient disparaît sans doute dans le trajet. Elles
peuvent avoir ponctuellement un intérêt pour réduire une consommation abusive de calmants.
Le rôle le plus utile du kiné à ce stade est de donner les conseils décrits sur ce site et de vous les personnaliser dans votre environnement habituel. Il est parfois difficile de s'auto-médiquer pour des conseils gestuels. Il vous manque un oeil extérieur entraîné à repérer vos défauts. C'est l', toujours utile à perfectionner en période douloureuse aiguë.
Quand la douleur permanente initiale s'est améliorée, le rôle central du kiné devrait être le reconditionnement à l'effort. La sciatique resurgit facilement et il faut trouver le délicat équilibre entre une gymnastique douce qui aide à retrouver ses automatismes, et des mouvements qui ne viennent pas réveiller le conflit disque-racine nerveuse. La physiothérapie et le massage ont ici un rôle encore plus marginal: ils peuvent précéder ou clôturer une séance pour la rendre mieux tolérée, mais doivent rester un traitement d'appoint.
Certains médecins sont déçus de la kinésithérapie dans la sciatique et ne la prescrivent pas. Il faut dire à la décharge des kinésithérapeutes que les prescriptions médicales sont très succintes. Normalement le détail de la maladie ne doit pas être indiqué sur l'ordonnance, qui est traitée par les services administratifs de la sécurité sociale, mais le médecin peut faire un courrier séparé. Quand le traitement ne se déroule pas de la façon escomptée, il est rare ou tardif que le médecin ou le kiné prenne son téléphone pour faire le point. Enfin, les kinés ne sont pas rémunérés correctement pour faire le travail demandé. L'inflation des actes empêche leur revalorisation et c'est au détriment de leur qualité (voir coût de la santé).
En pratique, l'intervention du kinésithérapeute devrait se faire au cas par cas, mais en fonction de la situation du patient plutôt que des habitudes du médecin. D'une façon générale, nous la conseillons, pour 2 raisons: 1) la prise en charge de la sciatique devrait être un travail d'équipe; il est bon que les thérapeutes soient plusieurs à tenir le même discours et à rassurer celui qui endure une sciatique pendant plusieurs semaines. 2) l'évolution, en particulier au plan des progrès physiques, doit être surveillée régulièrement; le kiné, par sa disponibilité et sa meilleure appréciation du retentissement sur la vie quotidienne, est le mieux placé pour effectuer cette surveillance "rapprochée".
Le bon fonctionnement repose sur des couples médecins-kinés qui marchent, par une confiance mutuelle dans leurs compétences. Vous pouvez bien sûr connaître déjà un kiné en qui vous avez confiance et le proposer à votre médecin, mais n'hésitez pas à faire avec lui un "audit critique" en cours de traitement ou lors de son renouvellement éventuel. Mettez entre parenthèses l'aspect relationnel de votre rééducation pour préciser les bénéfices réellement objectifs que vous en retirez.
Comment la sciatique s'améliore-t-elle? (A quoi vous attendre)
Progressivement. Attention, ce n'est pas l'intensité de la douleur qui se réduit progressivement. La douleur est toujours aussi intense quand elle survient, mais devient plus intermittente. Cela correspond au nerf qui se dégage de plus en plus du conflit avec la hernie discale. Quand il est encore coincé, la douleur reste aussi vive, parfois même après des semaines d'amélioration progressive. C'est très important. Beaucoup se découragent à cause de cette intensité douloureuse qui ne décroît pas. Une erreur fréquente est de réduire trop vite les calmants. On ne s'habitue pas à une sciatique et le simple fait qu'elle se prolonge suffit à la rendre de plus en plus insupportable. Il faut garder un traitement calmant efficace le temps nécessaire. Vous constaterez que votre état s'améliore en notant au besoin le nombre d'heures quotidiennes où vous ressentez une très forte douleur. Ce chiffre doit baisser d'une semaine à l'autre, même s'il y a encore des hauts et des bas d'un jour à l'autre. Il est vrai que la morphine est souvent mal tolérée. Cela incite à la réduire et à l'arrêter le plus tôt possible. Mais votre médecin peut remplacer les formes à libération prolongée, conçues pour un traitement continu, par des comprimés à effet immédiat (et bref) pour passer les caps difficiles. Méfiez-vous quand même de l'utilisation régulière de la morphine au-delà de 2 ou 3 mois: certaines personnes développent rapidement une dépendance à ce produit. Il est toujours préférable si la situation s'améliore de le relayer par un antalgique de niveau 2, dépourvu d'un tel inconvénient.
Cruralgie
La cruralgie (douleur du nerf crural) ne se différencie guère de la sciatique que par son trajet. Le nerf sciatique est formé de la réunion des 2 dernières racines nerveuses lombaires, le nerf crural est la réunion des 2 racines au-dessus. Le trajet de la cruralgie passe par l'extérieur de la hanche, l'aine et surtout le devant de la cuisse jusqu'au genou, parfois jusqu'au devant du tibia. Grossièrement la sciatique est la douleur de l'arrière du membre inférieur, la cruralgie celle du devant. Les trajets sont typiques quand la racine nerveuse est comprimée dans son intégralité (grosse hernie discale), moins quand seule une partie du nerf est irritée (arthrose), et il peut être difficile d'identifier si c'est plutôt une sciatique ou une cruralgie.
Les causes et l'évolution de la cruralgie sont les mêmes que pour la sciatique, nous vous renvoyons au chapitre précédent pour les détails. Insistons plutôt sur les différences: La cruralgie est moins fréquente que la sciatique mais peut être tout aussi violente, obligeant à recourir à la morphine d'emblée. Nous conseillons de ne pas chercher à endurer cette douleur par réticence vis à vis des médicaments, car c'est une douleur intense et permanente qui vient toujours à bout des meilleures résistances. Il est toujours dommage de se diriger hâtivement vers une solution chirurgicale à cause de douleurs qui ont miné votre moral.
Quand une hernie discale est en cause, elle est située entre les 2ème et 3ème vertèbres lombaires, ou plus souvent entre les 3ème et 4ème. Le test pour vérifier à quel point votre nerf est coincé est le signe de Lasègue inversé (à plat ventre, l'extension forcée en arrière de votre jambe réveille la douleur). Ce test est moins utile que le Lasègue pour le sciatique car la course de votre jambe étant réduite on ne juge pas aussi bien de vos progrès vers la guérison. Les traitements sont les mêmes que ceux de la sciatique. Les conseils de comportement aussi: verrouillage soigneux du bas du dos lors des changements de position, par un effort conscient de contraction des abdominaux et des muscles du dos. N'oubliez pas que la cruralgie est une douleur piégeante: pas au bon endroit, pas au bon moment. Le seul exercice utile cherche à décompresser la zone de conflit: allongé sur le dos, cherchez la position de bascule du bassin qui vous semble la plus favorable (soit un peu cambré, soit au contraire décambré, le dos plaqué contre le lit); tirez sur les bras et les jambes comme si vous vouliez vous écarteler le bas du dos; tirez ensuite en infléchissant sur un côté, d'abord celui opposé à votre cruralgie, habituellement le plus facile, plus de l'autre côté, tout en maintenant l'effet d'allongement de votre colonne vertébrale. Ces conseils ne concernent que les cruralgies brutales et très aiguës, presque toujours liées à un effort et à une hernie discale. Dans les cruralgies d'apparition insidieuse et d'évolution chronique (arthrose et hernies agressant modérément le nerf), repos et précautions extrêmes ne sont pas conseillées. La douleur bloque trop les activités physiques normales et la fonte musculaire qui s'ensuit aggrave les contraintes sur la colonne vertébrale. Ce cercle vicieux est particulièrement difficile à rompre chez les personnes âgées déjà dégradées physiquement. Il faut intervenir rapidement avec ce qui peut paraître l'artillerie lourde: infiltrations, lombostat, rééducation des membres inférieurs, pour éviter une perte d'autonomie rapide et difficile à rattra
Gene G. Hunder, Mayo Clinic
Conseils pratiques pour vivre chaque jour pleinement, malgré l'arthrite. Cette information est basée sur ce que les rhumatologues et autres spécialistes de la clinique Mayo utilisent quotidiennement pour traiter leurs propres patients.
Introduction aux rhumatismes inflammatoires:
Les rhumatismes n'ont pas le même sens dans la bouche du médecin que dans le langage populaire. Pour beaucoup, "rhumatisme" inclue toutes les douleurs du squelette, aussi bien un vieux mal de dos que des articulations se réveillant quand arrive le mauvais temps. En médecine, ce terme est plus restrictif: il s'agit d'inflammations articulaires dans le cadre de maladies générales de l'organisme, dont la cause est inconnue la plupart du temps mais qui n'est pas liée au vieillissement articulaire: ces rhumatismes peuvent survenir à tout âge, même chez un nouveau-né. Ils sont différents de l'arthrose, responsable du gros du bataillon des douleurs articulaires après la cinquantaine. Ne vous formalisez donc pas si votre médecin vous affirme que vous n'avez pas de rhumatisme inflammatoire alors que vous êtes perclu de douleurs: ce n'est pas une négation ou une réduction de votre problème, mais une importante précision du diagnostic. Car l'arthrose et l'arthrite rhumatismale se traitent, mais de façon très différentes.
Arthrite fluxionnaire
Doc du Pr Berenbaum sur la ponction infiltration du genou Vaut-il mieux avoir une arthrose ou une arthrite?
Cette question peut sembler saugrenue, mais vient souvent à l'esprit quand les médecins n'ont pas encore identifié formellement l'origine de vos douleurs. L'arthrite rhumatismale est potentiellement plus grave, car pouvant léser d'autres endroits que les articulations, et requérant des traitements plus lourds, eux-mêmes non dénués de risques. L'arthrose est un méchant diablotin qui vous bastonne tous les jours mais n'ira jamais vous abîmer des organes essentiels. L'arthrite est par contre beaucoup plus sensible aux traitements, que les médecins s'autorisent plus agressifs, car la gravité des rhumatismes les justifient. On peut s'autoriser un peu de fatalisme devant l'arthrose, qui est un effet du vieillissement, et que nous aurons tous à supporter un jour ou l'autre. Les personnes atteintes d'arthrite subissent une véritable perte de chance, surtout quand la maladie les prend jeunes, et on ne peut que se réjouir des importants progrès effectués dans les traitements de fond ces dernières années.
Les principaux rhumatismes inflammatoires:
Polyarthrite rhumatoïde
Spondylarthrite ankylosante
Rhumatisme psoriasique
Lupus
Goutte
Maladie de Lyme
Autres rhumatismes
Mise à jour: 10/02
Tophus
(dépôts d'acide
urique dans
une goutte
ancienne)
Rhumatisme psoriasique
Lupus érythémateux disséminé
Goutte
Maladie de Lyme
Rhumatisme psoriasique:
Ce rhumatisme apparaît chez 1 porteur sur 10 de psoriasis, une maladie de peau familiale (plaques rouges épaisses qui pèlent). L'affection cutanée et articulaire évoluent le plus souvent indépendamment (vous pouvez être en poussée pour l'un et pas pour l'autre). Parfois le rhumatisme précède l'éruption. Le diagnostic est plus difficile. Il faut chercher cette éruption dans les endroits qui ne sont pas sous vos yeux: cuir chevelu, faces d'extension des coudes et des genoux (vous pouvez la confondre avec un cal tenace), arrière des oreilles. La présence de psoriasis dans votre famille est un argument important.
Le rhumatisme psoriasique diffère de la polyarthrite rhumatoïde par une atteinte plus asymétrique des articulations (la PR touche généralement de façon identique les mains droite et gauche), l'atteinte des dernières articulations des doigts (qu'épargne la PR), la moindre fréquence de destruction articulaire. Les traitements de fond sont très proches de ceux de la PR, mais la cortisone est moins facilement utilisée en continu car la maladie cutanée peut devenir un peu dépendante de cette cortisone: elle flambe si l'on baisse la dose. Avantages et inconvénients sont à peser en fonction de la gravité du rhumatisme et des autres alternatives.
Rappelons les médicaments déconseillés en cas de psoriasis (peuvent déclencher une poussée de l'éruption): aspirine, lithium, beta-bloquants (utilisés dans hypertension et arythmie cardiaque), de nombreux antibiotiques, produits de contraste iodés (injectés avant certains examens radiologiques).
Environ dix fois plus rare que la polyarthrite rhumatoïde, ce rhumatisme est potentiellement plus grave par la fréquence de l'atteinte des organes internes: poumon, rein, foie, globules sanguins. Mais il existe des lupus d'activités tellement différentes que nous ne pouvons pas vous donner ici les éléments pour apprécier la sévérité du vôtre. Certains se limitent à la présence d'anticorps anormaux dans le sang et de vagues douleurs articulaires, d'autres peuvent nécessiter des traitements lourds à base de cortisone et autres dépresseurs du système immunitaire.
Quelques points à connaître: démarre typiquement chez une jeune femme (autour de la trentaine), ne détruit pas les articulations (pas de déformations comme dans la polyarthrite rhumatoïde), le seul préjudice esthétique est cutané (éruptions volontiers déclenchées par le soleil), une grossesse peut déclencher une poussée de la maladie mais est permise (si le lupus est stabilisé), la cortisone est continuée voire augmentée pendant la grossesse et après (l'accouchement peut aussi déclencher une poussée), le bébé risque d'en être marqué à la naissance (gros enfant à tête lunaire, ça dépend de la dose reçue), mais c'est entièrement et toujours réversible dans les premières semaines, l'allaitement maternel n'est pas conseillé puisque la cortisone est maintenue et va passer dans le lait.
Goutte
Maladie réputée comme étant celle des bons vivants, presque honteuse, la goutte est en fait une affection génétique: l'enzyme responsable de la dégradation de l'acide urique est moins efficace et celui-ci s'accumule dans le sang. L'excès d'acide urique peut provoquer la précipitation de petits cristaux d'urate dans une articulation: celle-ci s'enflamme très très vivement. Classiquement le goutteux atteint d'une crise au gros orteil ne supporte même pas le contact d'un drap. L'excès dans les urines peut aboutir à la formation d'un calcul, se révélant par une colique néphrétique.
Malgré ces complications impressionnantes, la goutte reste une maladie bénigne: il n'y a pas de complication à long terme de l'excès d'acide urique, comme le donnent l'excès de cholestérol, de sucre ou de tension artérielle. Pas d'encrassement des artères, pas de lésions cérébrales, rétiniennes ou cardiaques. Beaucoup de gens ignorent qu'ils ont, pour des raisons héréditaires, un taux élevé d'acide urique et ne s'en plaindront jamais au cours de leur vie.
Les débordements alimentaires jouent le rôle d'un déclencheur sur ce terrain familial prédisposant: un repas riche en purines, les précurseurs alimentaires de l'acide urique, va faire bondir son taux dans le sang et déclencher la crise.
La crise peut être aussi déclenchée par un traumatisme local, probablement parce qu'il désagrège un dépôt local d'acide urique. Typiquement, vous vous cognez le pied, pas méchamment, et dans les 24 heures, le gros orteil se met à doubler de volume et à vous faire chanter.
Enfin il existe des causes générales à la goutte, qui peuvent déclencher des accès même chez des personnes sans hérédité goutteuse. Ces causes doivent être cherchées attentivement chez les femmes, car la goutte primitive familiale est très rarement féminine. La cause la plus fréquente est la prise de diurétiques. Une intervention chirurgicale est une cause classique, car la résorption du saignement et des tissus lésés augmentent transitoirement le taux d'acide urique.
Votre médecin n'aura aucun mal à traiter votre crise de goutte. Les anti-inflammatoires et la colchicine sont très efficaces. Une question plus épineuse est celle du traitement de fond. En l'absence de complications à long terme de l'excès chronique d'acide urique, il ne devrait pas être systématique. Il est parfois même prescrit en l'absence de crise de goutte préalable. Cela peut sembler raisonnable et prudent quand les taux sanguins d'acide urique sont très élevés, mais le bénéfice n'est pas démontré. Quand il y a eu complication, 2 situations se présentent:
1) Vous avez des crises répétées, s'enchaînant presque pour aboutir à un rhumatisme quasi-chronique. N'hésitez pas à prendre régulièrement votre traitement de fond. Attention, les débuts peuvent être difficiles: paradoxalement le démarrage du traitement de fond peut entraîner des accès goutteux, surtout s'il est irrégulièrement suivi: il entraîne des variations brutales du taux sanguin d'acide urique qui déclenchent les crises. Votre médecin vous conseillera la couverture prolongée par un anti-inflammatoire les premiers mois.
2) Vous avez des crises espacées, rapidement contrôlées par les anti-inflammatoires. La pilule quotidienne n'est peut-être pas indispensable, surtout si vous n'avez aucun autre traitement et que vous risquez de l'oublier fréquemment. Des mesures préventives telles que boire beaucoup et éviter la consommation (abusive) d'aliments et boissons riches en purines, devraient suffire. Ayez toujours quelques comprimés anti-inflammatoires d'avance car pris très tôt (beaucoup de gens sentent arriver la crise par des impressions désagréables dans l'articulation), ils peuvent bloquer très efficacement l'accès goutteux.
Le régime anti-goutte: Les aliments à éviter sont: surtout les abats, charcuteries, viandes rouges, bouillons de viande, certains poissons. Certains aliments n'apportent pas de purines mais peuvent déclencher des crises: alcool, graisses, voire d'autres aliments spécifiques à certaines personnes. Le régime anti-goutte en détail...
Maladie de Lyme:
La maladie de Lyme est causée par une bactérie, Borrelia burgdorferi, qui infecte certaines tiques. La transmission se fait lors de la piqûre de tique. Les tiques sont présentes en zone forestière, le risque de piqûre existe surtout dans les sous-bois touffus. On les trouve partout en France sauf en altitude (pas au-dessus de 1500m) ni dans les zones inondées fréquemment ou très sèches (pourtour méditerranéen épargné). Les habitants de ces régions peuvent néanmoins s'être contaminés ailleurs.
A retenir: les piqûres de tique n'entraînent pas forcément toutes une maladie de Lyme parce que les tiques ne sont pas toutes infectées et que même si la tique est infectée seules certaines personnes vont faire la maladie.
Les signes:
-au début: rougeur qui s'étend progressivement à partir du point de piqûre, vaste (plus de 5 cm de diamètre). Elle disparaît ensuite à partir du centre. Elle peut s'accompagner d'un mauvais état général genre grippe. Quelques semaines à quelques mois plus tard peuvent survenir:
-douleurs, voire gonfement, des articulations. Les douleurs peuvent être diffuses, mais le gonflement ne touche en général qu'une ou quelques articulations.
-douleur aiguë d'un nerf et méningite discrète (nuque un peu raide). Il peut s'agir de n'importe quel nerf, celui d'un membre (sciatique par exemple, on fait la différence avec une hernie discale parce que vous n'avez pas du tout mal aux lombaires), de la face, d'un oeil.
A retenir: vous pouvez faire une maladie de Lyme sans aucun souvenir d'avoir été piqué. Cette piqûre peut dater d'un certain temps, la piqûre d'une tique adulte est assez douloureuse mais pas celle d'une larve.
Les formes anciennes de maladie de Lyme sont difficiles à diagnostiquer par les médecins car donnant des douleurs bizarres et variées. C'est une cause de "mal partout" à éliminer avant de parler de SPID. Une prise de sang apporte des arguments, mais pas toujours une certitude. Ces tests sont en train d'être améliorés.
Prévention:
Evitez de marcher dans les sous-bois touffus et de vous asseoir dans l'herbe haute. En cas de piqûre, tirez doucement sur la base de la mâchoire de la tique en tortillant de droite à gauche pour l'extraire. Ne pressez pas le corps de la tique et ne mettez pas d'éther (pour l'endormir!), cela a tendance à expulser le contenu de la tique dans la peau. Le risque de contamination est très faible si la tique est retirée dans les 24 heures. Une prévention par antibiotiques (une seule prise suffit) est très efficace mais n'est nécessaire que dans les zones à risque important. Elle est surtout utilisée en Amérique du Nord où certaines forêts sont pleines de tiques infectées; un vaccin a même été développé là-bas.
Le traitement des maladies de Lyme déclarées se fait aussi par antibiotiques (1 mois), mais il est moins efficace et ne vient pas toujours à bout des symptômes. Le médecin vous proposera alors les traitements classiques des arthrites, anti-inflammatoires et infiltrations.
Spondylarthrite
Mise à jour: 10/02
Spondylarthrite ankylosante (SPA):
Ce rhumatisme inflammatoire fréquent peut démarrer à tout âge, le plus souvent au début de l'âge adulte. On a cru longtemps que c'était une maladie masculine. Mais en fait elle touche aussi souvent les femmes, de façon moins sévère. Elle prend l'allure chez vous mesdames d'un banal mal de dos, particulier par son opiniâtreté, sa prédominance matinale et le soulagement net apporté par les anti-inflammatoires.
La SPA est un rhumatisme "axial", c'est-à-dire qu'il touche surtout la colonne vertébrale, rarement les articulations des membres. Il s'oppose ainsi à la polyarthrite rhumatoïde, l'autre rhumatisme fréquent, qui est lui "périphérique".
La douleur lombaire est la manifestation la plus constante. Pour la différencier de la lombalgie courante, liée à la souffrance du disque intervertébral, voici les éléments les plus évocateurs:
-l'âge de début jeune
-douleurs diffuses
-matinales
-poussées douloureuses démarrant sans raison
-s'allonger ne soulage pas
-d'autres membres de la famille ont eu (jeunes) mal au dos
-les anti-inflammatoires et l'aspirine sont très efficaces.
Plus de détails
Le médecin confirmera le diagnostic avec des radiographies et une prise de sang. Elle comporte éventuellement un test génétique, la recherche du fameux HLA B27, gène présent plus de 9 fois sur 10 dans cette maladie. Attention, c'est un gène relativement fréquent dans la population générale: avoir mal au dos et être positif pour le B27 ne veut pas dire que vous avez une SPA, les 2 étant fréquents. Ce gène est plutôt un argument de confirmation du diagnostic, utile dans des situations litigieuses plutôt que devant des symptômes typiques. Le test B27 n'est pas remboursé par la sécurité sociale. Inutile de le faire parce que quelqu'un de votre famille a une SPA. Signalez plutôt ce fait à votre médecin et demandez-lui si vos propres douleurs peuvent être en rapport.
La SPA n'est pas un rhumatisme "méchant" dans la très grande majorité des cas. C'est avant l'arrivée des anti-inflammatoires qu'il a bien mérité son titre d' "ankylosant". Les personnes touchées n'ayant pas grand chose d'efficace pour se dérouiller devenaient peu à peu raides comme des bambous, colonne rigide avec la tête regardant les pieds, limitation de l'amplitude respiratoire. Ces SPA "historiques" ne se voient plus car les anti-inflammatoires sont des médicaments efficaces. Ils ne doivent pas être considérés juste comme des médicaments de confort. Vous ne pouvez pas "esquiver" ces douleurs qui n'ont pas de justification (pas d'effort physique déclenchant). Les supporter finira par miner votre bonne volonté et vous ferez des compromis physiquement qui vont favoriser un enraidissement. Les anti-inflammatoires doivent être considérés comme un traitement de fond, comme les exercices de rééducation. Vous n'êtes pas obligé d'en prendre en permanence, car il y a des périodes où votre maladie vous laissera tranquille. Mais n'hésitez pas à en prendre en continu pendant les longs mois que durent parfois les poussées douloureuses.
La rééducation est très utile. Un kiné vous montrera des exercices d'assouplissement pour la colonne et la cage thoracique (vous en trouverez bientôt ici un rappel). La répétition des séries de séances dépendra de votre autonomie dans ces exercices, et votre attirance pour la physiothérapie avec laquelle il adoucira vos périodes les plus difficiles.
Dans certains cas, rares heureusement, la sévérité de la maladie peut obliger à démarrer un traitement de fond du rhumatisme. Détails.
La complication à connaître quand on souffre de SPA: l'uvéite. C'est une inflammation rhumatismale de l'oeil. Elle a l'allure d'une banale conjonctivite, mais très douloureuse, survenue sans cause apparente, et ne guérissant pas. Le traitement est urgent: foncez chez l'ophtalmo, il faut mettre régulièrement un collyre à base de cortisone, voire faire des injections intra-oculaires de cortisone dans les cas difficiles (brrr...). Si vous négligez l'affaire, vous risquez de garder des cicatrices à l'intérieur de l'oeil et de subir une baisse définitive de vision. C'est une maladie associée à la SPA plutôt qu'une complication. Elle est également associée au gène B27. Certains peuvent faire des uvéites à répétition sans jamais faire de SPA et vice versa.
A signaler également, une manifestation particulièrement casse-pied, au sens propre et figuré: l'enthésopathie. C'est une inflammation de l'attache d'un tendon sur l'os (enthèse), fréquente au talon (attache du tendon d'Achille). Détails.
Polyarthrite rhumatoïde (PR):
C'est de loin le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires. Il y a une prédisposition familiale. Le mécanisme est un dérèglement du système immunitaire, notre système de défense contre les agressions extérieures (virus et bactéries sont les plus connues). Il se met à agresser les tissus de l'organisme qu'il est censé défendre. La cause proprement dite est inconnue. 2 hypothèses générales: 1) Un contact avec un agent extérieur ressemblant à l'un de ses propres gènes ou protéines déclenche une immunisation (fabrication d'anticorps) contre ses cellules, qui perdure des années. 2) Un agent pathogène inconnu se loge dans les tissus ciblés par l'inflammation rhumatismale et n'arrive pas à être éradiqué, entraînant la persistance de l'inflammation et l'agression des tissus. C'est l'origine entre autres des hépatites virales chroniques. Une variante réunissant les 2 hypothèses précédentes serait un agent s'intégrant aux gènes, faisant ainsi définitivement partie de l'organisme tout en gardant une origine étrangère, que reconnaîtrait le système immunitaire.
Le principal tissu ciblé par l'inflammation rhumatismale est la membrane synoviale. Rappel: une articulation, c'est 2 extrémités osseuses face à face; sur leur pourtour s'attachent des membranes qui ferment l'articulation, formant une enveloppe hermétique; de l'intérieur vers l'extérieur, on trouve la membrane synoviale (fabrique la synovie), la capsule (limite les mouvements articulaires), les ligaments (renforcent les axes les plus sollicités). La synoviale rhumatismale s'épaissit: c'est le "pannus". Ce tissu agressif érode ses attaches osseuses (les encoches osseuses sur les radios sont les premiers signes d'un rhumatisme destructeur). Quand les attaches cèdent, le maintien de l'articulation se relâche et les mouvements répétés la déforment. Le rhumatisme touche aussi les gaines qui maintiennent les tendons en place, faites d'un tissu identique à la membrane synoviale.
Fin de la partie hard. Revenons à des choses plus faciles: La maladie peut démarrer à tout âge, avec une incidence particulièrement forte à la cinquantaine. Classiquement, l'âge de début était un élément majeur du pronostic. Car les traitements avaient, jusqu'à il y a une quinzaine d'années, beaucoup de mal à contrôler la maladie. Les lésions articulaires s'accumulaient inexorablement. La durée de la polyarthrite faisait la gravité du handicap. Les traitements de fond actuels devraient modifier ces notions.
Le traitement de la PR a en effet été profondément bouleversé ces dernières années (les illustrations ci-contre montrent ce à quoi vous avez échappé). Non seulement des produits plus efficaces sont apparus, mais la façon de les utiliser a évolué. Le point commun des traitements de fond est de déprimer le système immunitaire. Pas très sympathique: c'est lui après tout qui nous défend de tous les agents infectieux recontrés. Le secret est d'utiliser ces produits à petite dose: suffisante pour réduire la réaction rhumatismale chronique, trop faible pour nuire à la réaction infectieuse aiguë. L'expérience puis des études ont montré qu'ils sont plus efficaces si l'inflammation rhumatismale est récente. On a l'impression qu'une inflammation ancienne a davantage conquis son autonomie et refuse de se laisser aussi facilement réfréner. D'où le deuxième secret du mage-rhumatologue: traiter dès la certitude du diagnostic, et traiter agressivement si possible. Auparavant, le rhumato reculait davantage devant les effets indésirables potentiels de ses traitements et attendait que le handicap causé par la maladie soit marqué pour les donner. Il était malheureusement un peu à la poursuite de cette affection et n'arrivait pas à l'empêcher de faire des dégâts. Ce point essentiel est repris dans le code du polyarthritique, quand nous insistons sur la nécessité de prendre les médicaments même quand vous n'êtes pas statufié par l'ankylose le matin.
Traitement précoce ne veut pas dire traitement hâtif. Toutes les douleurs articulaires prolongées ne sont pas des polyarthrites, et vous devez laisser votre médecin réunir les éléments permettant d'affirmer ou d'infirmer le diagnostic. Risquer les effets secondaires des traitements si vous avez en fait un SPID ou un autre rhumatisme que la PR serait stupide. Tous ne sont pas destructeurs. Les PR elles-mêmes sont de gravité très variable, vous ne pouvez ainsi pas comparer votre traitement avec celui de quelqu'un d'autre.
Halte aux rhumatismes! du Dr Marie-Anne Mayoux-Benhamou: Un médecin rééducateur, propose une activité physique régulière et adaptée, accompagnée de conseils médicaux Vaincre le rhumatisme par l'exercice physique de Valérie Sayce, Ian Fraser: photos détaillées d'exercices pratiques pour améliorer son rhumatisme
Traitements de fond: Des sels d'or aux anti-TNFalpha:
Les sels d'or sont historiquement le premier traitement de fond de la PR (1929). Dans les années 50, la cortisone a transformé le confort de vie des polyarthritiques. A partir des années 60, les progrès les plus spectaculaires sont venus de la chirurgie: les prothèses articulaires ont redonné une autonomie à de nombreux grabataires. D'autres médicaments de fond sont venus épauler les sels d'or, mais avec une efficacité inconstante, partielle, et une fréquence des effets indésirables qui les faisaient arrêter chez une majorité de personnes traitées. Le premier médicament révolutionnaire a été le méthotrexate (1983): efficace au bout de 6 semaines (contre 3 mois pour les anciens), assez bien supporté, capable de ralentir les détériorations articulaires. Plus de la moitié des personnes traitées continuent à en prendre au bout de 5 ans. Le léflunomide, plus récent (2000) est comparable en efficacité et en tolérance. L'amélioration des connaissances sur le mécanisme de la PR a permis le développement de médicaments ciblés contre une molécule-clef de l'inflammation rhumatismale, le TNFalpha. Deux anti-TNFalpha sont disponibles, l'étanercept et l'infliximab. L'étanercept se fait par injections sous-cutanées. Il n'est pas actuellement produit en quantités suffisantes au niveau mondial et est absorbé par le marché nord-américain. L'infliximab est disponible en France. Il s'administre par perfusion lente en hôpital de jour. Les anti-TNFalpha sont très coûteux (environ 12.000€ ou 80.000Frs par an par personne). N'ayant pas fait l'objet d'un financement spécifique à ses débuts en 2001, l'infliximab a été limité aux PR les plus sévères. Grâce à l'action conjointe des associations de malades et de rhumatologues, un budget a été débloqué et ces restrictions ont disparu. Cela ne veut pas dire que tous les polyarthritiques doivent prendre de l'infliximab. Il existe des risques, en particulier des infections (dont la tuberculose). Le traitement est plus contraignant puisqu'il faut passer une journée tous les 2 mois à l'hôpital. L'indication de l'infliximab est la PR toujours active malgré un traitement de fond classique, méthotrexate ou léflunomide (traitements par comprimés). Le méthotrexate est d'ailleurs poursuivi quand on démarre l'infliximab, pour éviter la formation d'anticorps contre ce médicament et l'apparition d'une résistance à son action.
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Le code du polyarthritique:
*N'ayez pas peur des médicaments de la PR:
La cortisone n'a pas très bonne réputation, pourtant c'est le plus "sympathique" des traitements de la PR. Ses effets secondaires sont dose-dépendants, c'est-à-dire qu'ils sont systématiques à forte dose prolongée, inexistants à faible dose ou sur des durées brèves. Même à bonne dose, ces effets indésirables restent la plupart du temps des incidents: modification de l'aspect physique (a), accentuation de la cataracte (b), de la fragilité cutanée (c) et de l'ostéoporose (d) chez les personnes âgées, déséquilibre d'un diabète (e) ou d'une hypertension (f) préexistants. Ils sont réversibles (a e f), susceptibles d'être prévenus (d), ou opérables (b).
Les traitements de fond spécifiques de la PR sont parfaitement bien tolérés dans la majorité des cas, mais quand survient un pépin, c'est plus véritablement un accident: atteinte du foie, du poumon, du rein, infection. Les accidents sont aussi liés à la dose, mais beaucoup moins étroitement qu'avec la cortisone. Heureusement la surveillance rapprochée permet de dépister ces atteintes avant qu'elles ne posent réellement problème. Si l'accident est sérieux, il impose l'arrêt définitif du médicament. En comparaison, il n'y a jamais de cause imposant l'arrêt complet de la cortisone.
Vous comprendrez ainsi la politique généralement suivie par le rhumatologue: association de différents produits à petite dose, y compris la cortisone, plutôt que forcer la dose d'un de ces produits pour contrôler aussi bien votre maladie. Vous aurez l'impression d'être un réservoir ambulant de médicaments, mais vous courrez moins de risques. Si vous devez en supprimer, réduisez plutôt les anti-inflammatoires classiques et les calmants purs. Ils vous font moins peur et apportent un confort certain. Mais ce sont justement des médicaments de confort, non actifs sur le cours de votre maladie. Ils ne devraient pas être quotidiennement nécessaires si l'on arrive à un traitement de fond satisfaisant.
Jusqu'à présent, l'énoncé des complications des médicaments ne vous a pas vraiment rassuré! C'est vrai, ces risques existent. Ils sont seulement acceptables par rapport à ceux de votre maladie. Parlez-en avec une personne qui a trente ans de PR
derrière elle... Plus vous êtes jeune, plus il faut être prêt à encourir certains risques pour ne pas gâcher une grande partie de votre vie.
*Ne négligez pas la surveillance par prises de sang,
Pour les motifs que nous venons de voir. Seules l'hydroxychloroquine et la cortisone à petite dose ne demandent pas de surveillance systématique. A propos qu'est-ce qu'une "petite dose"? Pour la prednisolone, le produit le plus utilisé, la dose peut être considérée comme "minime" jusqu'à 7 mg (sans effet secondaire décelable), "petite" de 7 à 12 mg, "moyenne" de 12 à 30 mg, "forte" au-delà. Sachez que certaines formes graves de rhumatismes justifient parfois l'utilisation de "bolus", où l'on administre 1 gramme de prednisone (une cortisone injectable) 2 à 3 jours de suite. Si 10 mg vous paraissent une forte dose, songez qu'il faut dix mois pour que vous avaliez la quantité délivrée en 3 jours par ces bolus.
La surveillance de la prise de sang est habituellement mensuelle pour la plupart des traitements de fond. Votre médecin ne vous demandera pas forcément de venir à chaque fois, si vous vous sentez bien, mais vous devez lui communiquer vos résultats et être joignable quand il les reçoit.
*Ne minimisez pas les douleurs et les modifications articulaires que vous ressentez.
La cortisone étant souvent spectaculaire sur les douleurs de la PR, vous pouvez avoir tendance à trouver que tout va très bien par rapport à "l'avant-traitement" et ne pas signaler des déformations nouvelles que vous attribuez à la "vieillerie". Parfois vous craignez de vous retrouver avec un traitement plus lourd si vous les signalez (on revient au premier alinéa du code). Même en vous examinant régulièrement, le médecin n'a pas la mémoire de vos articulations que vous-mêmes ou vos proches peuvent avoir. N'attendez pas que les déformations soient installées car, nous le redisons, les traitements sont surtout préventifs et doivent être donnés tôt. Vous risquez sinon de subir le port d'orthèses plus contraignantes voire d'avoir affaire au chirurgien, qui ne vous redonnera pas de toute façon vos articulations d'origine.
Votre rôle n'est pas bien sûr de faire votre propre examen médical mais d'alerter. Le médecin se rendra compte tout seul des déformations évidentes. Il a maintenant à sa disposition des examens pour se rendre compte très tôt des PR qui abîment: l'IRM, souhaitons que les files d'attente se désengorgent rapidement, devrait devenir un examen de routine pour ce dépistage.
*Excès opposé au précédent: ne chargez pas trop votre PR des ennuis que vous ressentez.
2 causes d'erreur fréquentes: 1) Le SPID, et par extension le tempérament anxieux. Si vous aviez déjà tendance à avoir des douleurs diffuses avant que vos articulations se mettent à enfler, gardez cet état antérieur comme "référence" à laquelle doit vous ramener le traitement de la PR. Celui-ci n'est pas capable d'améliorer des douleurs non inflammatoires et ne doit pas être alourdi inutilement. Vous vous en rendrez compte par la discordance entre vos douleurs et des prises de sang satisfaisantes, et par le peu d'efficacité d'une augmentation de la cortisone. Un autre test est de voir si les traitements médicamenteux et physiques du SPID en sont pas plus efficaces. 2) L'arthrose mélange ses douleurs à celles de la PR après la cinquantaine. Comme dans le SPID, elles vous embêtent alors que votre PR semble tranquille sur les prises de sang. Elles sont plus permanentes que les douleurs essentiellement matinales de la PR. Elles sont sensibles à la cortisone, mais seulement quand la dose est conséquente. Typiquement, quand vous commencez à diminuer la prednisolone, vos vieilles douleurs réapparaissent en dessous de 10 à 12 mg. Vous ferez assez facilement la différence avec celles de la PR. En cas de doute, la prise de sang montre que l'inflammation sanguine n'est pas en recrudescence. Comprenez que votre médecin ne tienne pas à vous exposer à des effets secondaires plus marqués de la cortisone pour des douleurs de vieillissement et vous conseillent plutôt les traitements classiques de l'arthrose, calmants à la demande et anti-inflammatoires non cortisoniques.
*Ne soyez pas un polyarthritique isolé.
La PR est une maladie longue et aux facettes multiples. De nombreux thérapeutes peuvent intervenir dans sa prise en charge: médecin généraliste, rhumatologue, orthésiste, kinésithérapeute, assistante sociale, psychologue... Vous n'avez pas forcément la chance d'avoir tout ce petit monde à côté de chez vous. 2 groupes d'adresses vous aideront à garder une bonne "couverture" de votre maladie:
Les associations:
-Association Française des Polyarthritiques
-Association Nationale de Défense contre l'Arthrite Rhumatoïde
-Association Polyarthrite de Belgique
Les centres hospitaliers qui ont mis en place un "check-up" de la PR, sous forme de séjour d'une journée ou demi-journée, où vous consultez tous les intervenants concernés par la PR, un peu comme on le fait depuis longtemps pour l'éducation des diabétiques. Ce stage doit être mis en place par l'intermédiaire de votre médecin traitant habituel, qui doit indiquer tout ce qui a déjà été fait dans votre maladie. Il est d'autant plus utile que votre maladie est évoluée et vous oblige à de nombreux compromis dans la vie quotidienne. Il n'a guère d'intérêt si elle est récente et bien contrôlée par le traitement.
Comment vivre avec un rhumatisant, de Liana Euller-Ziegler et Gérard Ziegler Les rhumatismes, du Pr Bernard Amor
A propos, faut-il être suivi impérativement par un rhumatologue?
Oui. Nous l'affirmons avec d'autant plus d'aisance que vous constaterez l'absence d'esprit corporatiste sur ce site. La PR n'est pas une maladie si fréquente, même pour les rhumatologues qui en suivent quelques dizaines au maximum. Les généralistes en verront pour la plupart trop peu pour acquérir une bonne expérience de la maladie. Il peut être même préjudiciable qu'un polyarthritique voie pour la première fois un rhumatologue seulement un an après le début de sa maladie, car la précocité nécessaire des traitements de fond n'est pas encore médiatisée dans l'ensemble de la profession médicale. Enfin, certains médicaments, coûteux et spécifiques de la PR, sont réservés à la prescription initiale d'un rhumatologue.
Par contre, le rhumatologue ne doit pas tomber dans le travers de devenir le médecin traitant polyvalent du polyarthritique. Il ne connaît pas forcément bien les autres maladies dont vous pouvez souffrir. Il doit tenir au courant le généraliste des étapes importantes de votre maladie, changements de traitement en particulier, et s'enquérir des autres produits que vous utilisez.
*Ne cachez pas à votre médecin vos autres tentatives "thérapeutiques" (médecines alternatives).
Vous aurez peur de son ironie. Vous le trouvez trop dogmatique. Dites-le lui gentiment. Le non-dit est toujours pire. Il traduit un écueil dans votre confiance au médecin. Pas génial dans un couple qui devrait fonctionner quelques années au minimum! Vous ne pourrez pas savoir ce qu'il en pense si vous n'en parlez pas. Si ça le vexe, remarquez justement que vous n'étiez pas obligé d'en parler et que c'est parce que vous lui faîtes confiance que vous l'avez fait (flatteur!). S'il n'y croît pas, demandez pourquoi, une information n'est jamais inutile et peut vous économiser les frais de bien des attrape-gogos, ou vous mettre en garde si le traitement "absolument inoffensif" ne l'est pas si complètement. Enfin, si vous avez découvert une méthode miracle, il peut s'y intéresser à l'aune d'une certaine objectivité scientifique et la conseiller à d'autres polyarthritiques .
Comprendre
Evolution de l'arthrose
Comment se comporter avec une arthrose?
Vous êtes déjà handicapé?
Arthrose et hérédité
Arthrose et sport
Traitements de fond classiques
Nouveaux traitements de l'arthrose
Habitudes de traitement de l'arthrose en France
Pratique: A quel stade d'arthrose êtes-vous?
Comprendre:
L' arthrose est une détérioration des articulations, qui a plusieurs visages et plusieurs causes possibles.
IMPORTANT: Elle se présente de façon très différente selon qu'elle concerne les grosses articulations des membres, la colonne vertébrale, ou les petites articulations des mains. Cette page aborde l'arthrose sous l'angle "grosses articulations". L'arthrose vertébrale est à Douleurs dorsales.
Rappelons les notions anatomiques fondamentales d'une articulation:
-Une articulation comprend 2 extrémités osseuses.
-Chaque extrémité est recouverte de cartilage, couche de tissu ferme mais élastique.
-L'enveloppe de l'articulation (c'est un espace clos) comprend plusieurs épaisseurs. De l'intérieur vers l'extérieur: la membrane synoviale, la capsule, les ligaments.
-La membrane synoviale est fine. Elle sécrète la synovie, un liquide visqueux qui humecte les cartilages et facilite le glissement articulaire.
-La capsule est plus épaisse. Elle limite l'amplitude de mouvement dans toutes les directions (une fois vaincue la raideur musculaire et tendineuse).
-Les ligaments ont aussi ce rôle, mais sont disposés de façon à renforcer la capsule dans les mouvements les plus contraignants pour l'articulation.
Le cartilage:
C'est le "pneu" de l'articulation. C'est une couche mince (quelques millimètres au plus dans les plus grosses articulations) qui recouvre les extrémités osseuses. Sa surface est ferme et élastique, très lisse. Elle est imbibée d'un peu de synovie, le liquide articulaire, présent normalement en très petite quantité, et de consistance filante (comme du blanc d'oeuf). Ainsi lubrifié, le cartilage glisse plus facilement sur le cartilage adjacent que de la glace contre la glace! Il a aussi par son élasticité un rôle d'amortisseur des pressions et des chocs sur l'articulation. Dans l'arthrose (amincissement puis disparition du cartilage), les douleurs viennent en bonne partie de fissures osseuses, l'os encaissant les chocs en direct.
Les conditions qui vont favoriser la détérioration articulaire:
-Le surmenage de l'articulation par une activité excessive: cette cause est largement surestimée. Ce n'est que dans le cadre d'entraînements sportifs de haut niveau que l'on arrive à dépasser les capacités d'adaptation articulaire. Voir sport et arthrose.
-Une malformation ne permettant pas un fonctionnement articulaire idéal. Il s'agit presque toujours de défaut d'axe des os composant l'articulation. Les contraintes ne sont plus réparties de façon homogène. Une zone du cartilage se trouve régulièrement soumise à une pression excessive.
-La capacité de réparation du cartilage est variable selon l'hérédité de chacun. Voir hérédité et arthrose.
-Elle diminue avec l'âge. C'est la condition majeure. Les cartilages sont longtemps capables de s'auto-réparer, même soumis à des contraintes anormales. Comme pour tous les tissus, cette faculté diminue avec les années, ce qui fait de l'arthrose la maladie "de la vieillerie".
-L'arthrose s'auto-entretient: l'usure du cartilage libère de nombreux débris et des enzymes de dégradation qui agressent mécaniquement et chimiquement le cartilage restant. Ce phénomène n'est pas continu. Il a surtout lieu pendant les poussées inflammatoires de l'arthrose. Voir évolution.
-Les arthrites rhumatismales provoquent une arthrose par le même mécanisme: l'inflammation prolongée de l'articulation agresse chimiquement le cartilage.
Les lésions de l'arthrose comprennent:
-L'amincissement du cartilage: il n'est jamais uniforme, sauf dans les agressions chimiques (arthrites rhumatismales); il prédomine sur la zone mécaniquement la plus agressée. Il passe par plusieurs stades: ramollissement de la surface du cartilage, abrasion, amincissement, ulcération. Comme une réparation est possible, s'enchaînent un certain nombre de phases ramollissement/amincissement/raffermissement avant le stade de l'ulcération, qui expliquent les poussées douloureuses successives de l'arthrose. L'ulcération est le stade terminal de l'arthrose: le cartilage ne peut plus récupérer et les douleurs deviennent permanentes.
-La détérioration de l'os sous le cartilage: celui-ci étant aminci voire disparu, l'amortissement des contraintes sur l'os ne se fait plus correctement. Apparaissent des microfissures de fatigue, responsables des douleurs électives à l'appui, dont la consolidation ne se fait pas si l'on continue d'appuyer à cet endroit.
-Les ostéophytes, déformations des rebords de l'os surmené par les contraintes excessives: il essaye d'y faire face par un renouvellement plus rapide, comme dans une fracture, et cela entraîne une formation d'os neuf plus anarchique: apparaissent des collerettes et des becs osseux sur les rebords de la zone surmenée. On les appelle becs de perroquet sur la colonne vertébrale.
Evolution de l'arthrose:
L'arthrose n'évolue pas de façon uniforme: elle peut s'aggraver rapidement pendant plusieurs semaines à plusieurs mois, à un stade où les radios sont presque normales, puis devenir indolore ou peu douloureuse à d'autres périodes, alors même que l'articulation est très détériorée sur les radios. Cela provient du fait que la poussée d'arthrose traduit un ramollissement puis d'une destruction de la surface du cartilage, avec production de débris. Au début, l'épaisseur du cartilage est conservée et les radios ne montrent pas grand-chose. Mais les débris et les enzymes de dégradation libérés sont très irritants pour les enveloppes articulaires, qui fabriquent une grande quantité de synovie pour diluer et lubrifier. Les lésions sont entretenues si l'articulation n'est pas complètement mise au repos: le cartilage n'ayant plus sa résistance normale, les frottements en arrachent de nouveaux lambeaux. La réparation, lente, ne peut y faire face. La poussée douloureuse se prolonge. Quand l'articulation s'est finalement nettoyée et réparée, le cartilage a retrouvé sa fermeté de surface. Même s'il est aminci sur les radios, il assure un service normal. Vous pouvez reprendre vos activités habituelles.
L'évolution se fait ainsi en une succession de poussées douloureuses séparées par des intervalles de moins en moins libres et de plus en plus courts, jusqu'au stade de l'ulcération cartilagineuse: une zone d'os est à nu et les douleurs ne s'en vont plus complètement. Surviennent encore des poussées qui correspondent à la destruction du cartilage restant. Puis, souvent, quand toute la zone portante s'est ulcérée, arrive une période plus calme: les crises cessent, remplacées par des douleurs proportionnelles au temps de marche et de station debout. Une vingtaine d'années sépare généralement vos premières crises de ce stade terminal de l'arthrose. Voir l'évolution de l'arthrose en arthroscopie dans la section adhérents.
Les poussées de l'arthrose ne sont pas toujours très douloureuses, si bien que certains les négligent et leur arthrose est découverte à un stade avancé. Ce n'est pas normal de souffrir régulièrement d'une articulation. Seule la colonne vertébrale est un cas à part. Venez tôt faire le point chez un médecin. Des examens seront pratiqués et même si les premières radios sont normales, elles serviront de référence pour la surveillance ultérieure de cette articulation.
Au passage, un conseil important: ne jetez jamais de vieilles radios, sauf si vous en avez de nombreuses du même endroit faites à quelques mois d'intervalle. Ces radios font partie de vos antécédents comme les compte-rendus opératoires, les certificats de vaccination, les listes d'allergies. Ils peuvent rendre de grands services lors d'un diagnostic futur et doivent toujours vous suivre dans les déménagements.
Arthrose et hérédité:
Il y a des facteurs génétiques certains qui nous rendent inégaux devant l'arthrose. Ces facteurs semblent jouer à plusieurs niveaux: capacité du cartilage à s'auto-réparer, morphologie des articulations pouvant favoriser l'arthrose (par exemple le genuvalgum = jambes qui partent vers l'extérieur), surpoids.
Mais cette prédisposition génétique n'influencent qu'une faible partie des chances d'avoir ou d'éviter une arthrose. Même si on ne peut intervenir dessus, ne vous découragez donc pas. Une histoire de prothèse dans la famille ne doit pas vous faire réserver déjà votre place en clinique! Les facteurs d'environnement et d'hygiène de vie sont beaucoup plus importants. En clair c'est surtout ce que vous faîtes au quotidien de votre articulation qui va décider de son avenir. Perdez du poids, pratiquez des sports de loisir, évitez le piétinement.
Arthrose et sport:
Le sport d'intensité raisonnable n'est pas considéré comme une cause d'arthrose. Il y a bien des modifications radiologiques des articulations plus fréquentes chez les sportifs (ostéophytes = collerettes et becs osseux déformant les rebords des articulations) mais l'épaisseur du cartilage n'est pas modifiée. Dans notre expérience, il semble plutôt que ce soit l'arrêt du sport qui puisse entraîner une arthrose rapide, comme si la disparition des contraintes brèves mais sévères induites par le sport n'incitait plus le cartilage à s'autoréparer**. Le sportif accuse alors à tort le sport qu'il a pu faire jeune alors que c'est en fait la décennie d'inactivité récente qui est le vrai responsable.
Par ailleurs, quand une arthrose est apparue, les sportifs tolèrent mieux leur arthrose que les sédentaires. En l'absence de crise douloureuse sévère bien sûr.
Ce qu'il faut retenir: une articulation portante (hanche, genou, cheville) ne doit pas être sous pression en permanence. Economisez donc la station debout au maximum. Par contre l'activité physique de loisir dérouille l'articulation, entretient votre musculature, et stimule la réparation de votre cartilage. Préférez les activités en décharge comme la natation ou la gym au sol. Mais le 1er critère pour choisir un sport d'entretien est que ça vous plaise (pour que les bonnes résolutions ne finissent pas au placard), le 2ème critère est que vous soyez à l'aise pour le faire (vous avez déjà pratiqué).
Traitements de fond classiques de l'arthrose:
Nous ne ferons pas ici un "banc d'essai" des différentes molécules utilisées. Elles sont réputées pour leur très bonne tolérance, mais pas pour leur efficacité mirobolante. S'il existait un anti-arthrosique très efficace, vous le sauriez depuis longtemps par les gros titres de la presse! Le bénéfice qu'ils peuvent vous apporter est très retardé. Rien à voir avec l'effet rapide d'un anit-inflammatoire.
Les produits actuels ont tous un dossier scientifique les accréditant d'un bénéfice supérieur à un placebo: réduction de la consommation de calmants et d'anti-inflammatoires, amélioration d'échelles de mesure de la douleur et de la fonction articulaire... Certains se targuent même de réduire l'amincissement du cartilage, ce qui en feraient de véritables "chondro-protecteurs", c'est-à-dire d'authentiques conservateurs du cartilage. Mais il y a plusieurs bémols:
-Le bénéfice est très modeste. On a l'impression d'être au stade des premiers traitements de l'ostéoporose d'il y a une quinzaine d'années, où les médicaments obtenaient des bénéfices très limités, excepté l'hormonothérapie de la ménopause. Souhaitons que les traitements de fond de l'arthrose progressent aussi nettement que ceux de l'ostéoporose.
-Les études favorables à ces produits sont critiquables sur 3 points essentiels: les effectifs de personnes traitées ne sont pas très importants; le recul pour apprécier les résultats est de quelques années, ce qui est peu pour une maladie lente et cyclique comme l'arthrose; enfin, ces études sont faites à l'instigation des laboratoires qui fabriquent les produits testés, ce qui laisse planer un doute sur leur objectivité.
-Il faut prendre les pilules quotidiennement, plusieurs fois par jour pour certains produits, à un âge où vous n'avez pas forcément des traitements permanents. Sur plusieurs années minimum, c'est une contrainte non négligeable pour un traitement qui n'a pas l'efficacité ou le caractère obligatoire d'un médicament pour la tension ou le diabète.
En conclusion, les anti-arthrosiques de fond peuvent avoir un effet intéressant sur vous, mais il est difficile de s'en rendre compte. Il ont l'avantage d'être très bien tolérés. Si effectivement au bout de 2 à 3 mois vous constatez avoir réduit votre consommation d'antalgiques ou d'anti-inflammatoires, c'est une justification suffisante pour les continuer.
*Acide hyaluronique (hyaluronate):
L'acide hyaluronique est une protéine de base du cartilage et de la synovie. Les hyaluronates sont obtenus par traitement chimique de l'acide hyaluronique (polymérisation) pour augmenter sa viscosité. La synovie normale est un liquide d'aspect filant (comme du blanc d'oeuf) tandis que les hyaluronates ont plutôt la consistance de graisse en tube. Ils sont injectés en 3 fois à une semaine d'intervalle. On pensait au départ que leur action était purement mécanique, en augmentant la viscosité de la synovie et en limitant les frottements des surfaces cartilagineuses. En fait ces produits ne persistent que quelques jours à quelques semaines dans l'articulation, ce qui n'explique pas leur durée d'action prolongée. Ils agissent peut-être également par une stimulation directe de la réparation du cartilage et par une fixation des débris cartilagineux très agressifs pour l'articulation.
La bonne indication est l'arthrose modérée (le hyaluronate ne refait pas de cartilage aux endroits où il a disparu) et peu inflammatoire: un genou gonflé de liquide doit d'abord être ponctionné et infiltré avec un corticoïde, voire lavé. La synovie en excès diluerait en effet le hyaluronate et réduirait son action. De plus, ces gros genoux sont souvent chargés de débris d'un cartilage en très mauvais état et le repos strict est indispensable. Le hyaluronate n'est pas directement un traitement anti-inflammatoire et n'est pas indiqué sur un genou en crise douloureuse.
Les articulations concernées: n°1 le genou, mais aussi la hanche, la cheville, plus récemment la base du pouce.
Les points forts de ce traitement: la très bonne tolérance (seul effet secondaire possible: une réaction douloureuse brève après la piqûre), la marche est permise (il vaut mieux éviter quand même le piétinement), longue durée d'action (en moyenne 9 mois), renouvellement possible sans inconvénient.
Les bémols: Certains produits sont coûteux. Il faut faire 3 piqûres. Ce n'est normalement pas très douloureux. Vous pouvez réclamer une anesthésie locale si elle n'est pas systématique. Une réaction douloureuse d'un ou deux jours est possible après l'injection. Changer d'endroit pour injecter peut éviter que cela ne se reproduise. Enfin, on n'a pas encore le recul suffisant pour apprécier l'intérêt du produit: effet à court terme ou y aura-t-il des prothèses en moins grâce à ce traitement?
Plusieurs produits sont commercialisés. Ils se différencient par leur origine (extraction animale ou synthèse bactérienne), leur concentration en hyaluronate, leur viscosité, et surtout leur prix. Le traitement de référence coûte 350€, un autre d'effet comparable 225€, un troisième d'effet sans doute moins prolongé 114€. Les 3 sont remboursés 114€ par la sécu (1 traitement par genou et par an).
(Adhérents) Film d'une injection de hyaluronate, vue en arthroscopie (arrivée à l'intérieur de l'articulation).
*Lavage articulaire:
Le lavage du genou est proposé dans l'arthrose en poussée inflammatoire prolongée: le genou reste gonflé par un épanchement abondant malgré les traitements anti-inflammatoires, les ponctions et les infiltrations de cortisone. Cette situation correspond à une dégradation rapide du cartilage: le liquide est chargé en débris cartilagineux, enzymes et microcristaux, un mélange très irritant pour l'articulation, qui entretient son inflammation. Le lavage nettoie tout cela. 1 litre de sérum salé est injecté par une aiguille d'un côté du genou, une autre vide l'articulation à l'opposé. Le repos reste indispensable: mise en décharge pendant 6 semaines avec 2 cannes anglaises.
Le lavage n'est pas très pratique à réaliser au cabinet d'un rhumatologue: conditions d'asepsie strictes, place et surtout temps nécessaire (30 à 45mn) font que ce geste est surtout pratiqué à l'hôpital. L'arthroscopie réalise la même chose, en ayant l'avantage de faire un bilan précis des dégâts et de traiter éventuellement des lésions méniscales associées, mais avec l'inconvénient de nécessiter une anesthésie plus lourde..
*Les cultures de cartilage vont-elles sauver votre arthrose?
C'est une technique prometteuse, encore au stade expérimental. Les propres cellules du patient sont prélevées, cultivées, et réimplantées par arthroscopie sur le site de la lésion cartilagineuse. Le taux de succès est de 80%, mais attention! Ce n'a pas été testé dans l'arthrose, mais dans les lésions traumatiques du cartilage chez des sportifs. Tous les patients ont moins de 45 ans et ont des lésions limitées du cartilage. Ce n'est donc pas du tout pour l'instant une alternative à l'arthrose avancée pour laquelle on vous propose une prothèse.
Habitudes de traitement de l'arthrose en France:
Une étude de 2001 sur environ 10.000 personnes âgées en moyenne de 66 ans a montré que les médecins utilisent:
- antalgiques 94 % des gens en ont reçu dans l'année
- anti-arthrosiques de fond 90 %
- anti-inflammatoires en comprimés 78%
- anti-inflammatoires en gel ou pommade 60%
- infiltration de cortisone 20%
- mésothérapie 14%
- acupuncture 7%
- phytothérapie 5%
- homéopathie 4%
- infiltration de hyaluronate 2%
On ne peut guère en tirer de recommendation pratique: le degré de satisfaction des personnes traitées par chaque méthode n'est pas évalué. L'infiltration de hyaluronate reste confidentielle parce que plus onéreuse et pratiquée presque exclusivement par les rhumatologues, qui représentent moins de 10% des consultants interrogés dans cette étude. Tout au plus peut-on remarquer que la large utilisation des anti-arthrosiques de fond ne semble pas avoir changé le paysage de l'arthrose.
Pratique: A quel stade d'arthrose êtes-vous?
Prenons les choses à l'envers: Comment, à partir de vos symptômes, savoir à quel stade de l'arthrose vous êtes actuellement?
pour les adhérents
Craquements articulaires et bruits en tous genres générent beaucoup de questions: Est-ce normal de "claquer" systématiquement lors d'un certain mouvement? Est-il néfaste de se faire craquer la colonne vertébrale? Pourquoi mon poignet crépite-t-il quand je fléchis les doigts? Quel est ce ressaut douloureux qui me bloque le pouce le matin?
Parmi ces différents bruits, certains sont normaux, d'autres non.
Le craquement articulaire est bénin. C'est le bruit que l'on produit en se compressant les phalanges, mais aussi en s'étirant les vertèbres. Il traduit un écartement brutal des surfaces articulaires. L'articulation étant fermée, l'augmentation de l'espace provoque un phénomène de cavitation: une bulle de gaz se forme brutalement sous l'effet de la dépression. C'est un bruit ressemblant à celui d'une canette de boisson gazeuse sous vide que l'on décapsule.
Il n'est pas néfaste de se faire craquer. Au niveau des vertèbres, c'est même souvent bénéfique car cela indique que vous vous étirez bien à fond. C'est une bonne prévention des "blocages vertébraux".
Le claquement survient au cours d'un mouvement précis d'une articulation très mobile: épaule, hanche, genou. Il correspond à l'accrochage de 2 surfaces articulaires, ou d'une protubérance osseuse et d'un tendon ou ligament. Il peut survenir après un traumatisme, qui va modifier le fonctionnement local de l'articulation, ou sans raison apparente: il s'agit souvent de variations de votre activité physique qui sont responsables: pratique d'un nouveau sport, musculation ou plus souvent fonte musculaire secondaire à une réduction d'activité physique. La façon dont fonctionne l'articulation, le muscle ou le tendon responsable s'en trouve modifiée. Le claquement apparaît. Il n'est généralement pas dangereux: il ne déclenche pas de douleur, vous arrivez à l'esquiver assez facilement. Mais c'est énervant. Le traitement repose sur une rééducation physique locale, qui est souvent empirique. Il faut essayer de préciser le mécanisme exact du conflit, ce qui n'est pas facile, tester l'équilibre des groupes musculaires et faire des essais d'exercices correcteurs. Vous pouvez de façon plus simple changer ou reprendre une activité sportive, avec une pratique suffisamment régulière pour influencer nettement le fonctionnement de l'articulation, et en respectant la non-douleur.
Quand le claquement est douloureux ou que vous avez subi un traumatisme, le problème est plus complexe. Votre articulation peut être lésée et vous devez subir un examen clinique précis, éventuellement aidé d'explorations complémentaires. Voyez à maladies pour des détails sur une région précise.
Les autres bruits sortent également du cadre des anomalies bénignes de fonctionnement: les crépitements se voient dans certaines tendinites, les vrais blocages articulaires sont liés généralement à des lambeaux de cartilage ou de ménisque fracturé sur les grosses articulations; aux doigts il s'agit de nodules sur les tendons qui bloquent leur glissement au voisinage des articulations (doigt à ressaut).
L'approche des psychothérapies est plus performante mais très mal codifiée et très "opérateur-dépendante". Le résultat dépend, de façon indivisible, de votre motivation et de l'habileté du thérapeute. Il faut établir une communication avec les couches profondes de votre esprit (voir ), et le langage que l'on peut utiliser n'est pas le même pour tous. La fréquence des traumatismes infantiles "enterrés" là rend ces approches parfois spectaculairement efficaces.
La motivation de la personne traitée est un préalable obligatoire. Ceux qui viennent poussés l'épée dans le dos chez le médecin le plus compétent qui soit n'ont guère de chance d'en tirer avantage. La pire situation est quand existent d'importants "bénéfices secondaires" de la douleur. Ils peuvent être d'ordre relationnel: un couple qui s'est ressoudé autour de la maladie, l'un protégeant l'autre; une personne âgée qui garde ses enfants à ses côtés parce qu'elle est très souffrante. Ils peuvent être d'ordre matériel et financier: pension d'invalidité provisoire; l'extrême est le "syndrome du revenu paradoxal": le malade gagne plus d'argent en étant arrêté qu'en travaillant. Cela se produit quand le contexte d'un accident du travail ou une convention collective favorable permet de toucher longtemps un plein salaire en arrêt de travail, et qu'un emprunt est remboursé par l'assurance pendant cet arrêt: en pratique le salarié touche tous les mois le montant de l'emprunt en plus de son salaire. Difficile de guérir dans ces conditions.
Hypochondrie:
Une personne hypochondriaque n'est pas comme on le dit généralement une personne qui se plaint trop souvent et trop facilement. C'est une personne qui est convaincue qu'elle est très malade. C'est complètement différent. Ce n'est pas l'histoire d'être douillet ou pas. Par définition un hypochondriaque est persuadé que ses angoisses vis à vis des maladies sont justifiées, alors qu'il n'a pas les maladies en question. Un médecin reconnaît facilement une hypochondrie. Mais il réagit le plus souvent en tentant de rassurer son patient. Il perd son temps. Même le fait que plusieurs praticiens tiennent le même discours ne suffit pas à faire disparaître les angoisses de l'hypochondriaque, qui continuera à consulter. Parallèlement, il devient heureusement méfiant vis à vis des traitements que les médecins peuvent proposer s'ils croient trop à la réalité des troubles. Il fait l'expérience de thérapeutiques données avec optimisme et n'obtenant pas les résultats escomptés. Il développe une précieuse suspicion vis à vis des pilules, des aiguilles et des bistouris. Mais reste enclin à subir moult examens complémentaires qui ne sont pourtant pas si inoffensifs que ça (rayonnements des radios, scanners...).
Le traitement de l'hypochondrie repose sur la psychothérapie. Comme avec tout "travers" psychologique, il faut d'abord en reconnaître l'existence, pour avoir la motivation nécessaire. La psychothérapie retrouve dans l'histoire personnelle les sources de ces angoisses invalidantes. Les faire disparaître est plus aléatoire, c'est très dépendant du thérapeute et de sa bonne volonté personnelle.
Une conduite pratique toujours utile est d'avoir affaire à quelques médecins (un seul aura bien du mal à rester motivé) peu interventionnistes et néanmoins attentifs à vos plaintes, qui seront réactifs le jour où vous crierez "Au loup!" pour une très bonne raison cette fois...
Vous venez d'apprendre que vous avez un cancer:
Nous n'espérons pas que c'est devant un écran d'ordinateur que vous allez trouver du réconfort. Nous souhaitons vous donner quelques éléments de réflexion sur l'attitude que vous allez choisir.
La situation la plus simple est que vous ayez les meilleures chances d'être guéri. On vous ôte la tumeur initiale et il n'y a aucun signe patent que les cellules cancéreuses soient parties ailleurs (pas de ganglion envahi). Vous aurez bien sûr une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête pendant quelques années, que vous rappellerons vos examens de surveillance. Mais vous devez ranger cette histoire dans un placard de votre esprit. C'est bien normal de vous inquiéter. Vous vous sentez plus vulnérable qu'avant. C'est en plus une période où le vieillissement se fait sentir, les petits maux se multiplient. il faut mettre des barrières à votre inquiétude, qu'elle n'envahisse pas vos journées. Le meilleur moyen est d'en parler. A une personne en qui vous avez confiance. Qui n'ajoute pas sa propre inquiétude à la vôtre. Dont la compétence envers les nouveaux problèmes que vous ressentez vous rassure. Si vous réclamez des examens à tour de bras, c'est que votre anxiété est maladive ou que vous n'avez pas entière confiance dans les personnes qui vous soignent. Ils sont en partie responsables s'ils n'ont pas abordé le sujet qui, derrière la survenue de ce cancer, vous préoccupe davantage: la perte de vos facultés? Le changement d'attitude de votre entourage? Des problèmes professionnels qui vous débordent? L'issue finale? On est tous obligés d'y arriver, cancer ou pas. C'est un sujet pourtant rarement abordé. C'est difficile pour vous comme pour votre médecin, mais le non-dit est toujours pire.
Une situation plus grave: il est possible que vous ne soyez pas guéri. Vous allez subir un traitement complémentaire, chimiothérapie, radiothérapie. C'est une mesure préventive. Le traitement est bref. Les statistiques le recommandent: vos chances de guérison sont améliorées. Tout nouveau problème par la suite posera la question insidieuse d'une rechute. Même si ces nouveaux symptômes n'ont rien à voir avec ceux qui ont révélé le cancer. 2 notions importantes à garder à l'esprit: c'est le bilan de surveillance qui révèle une reprise du cancer dans la majorité des cas (marqueurs sanguins du cancer, scintigraphie...) et non des troubles que vous pourriez ressentir. Les douleurs rhumatologiques sont très fréquentes et exceptionnellement cancéreuses: un rhumatologue dépiste habituellement quelques cancers dans l'année seulement. Vous-même saurez généralement faire la différence entre une douleur familière et une que vous ne comprenez pas. Prenez facilement un avis dans ce cas. Ce n'est pas votre entourage qui pourra vous rassurer efficacement. Si le médecin vous affirme que la cause est bénigne mais que le traitement n'est pas efficace, n'en tirez pas de conclusions hâtives. Ce site regorge de maladies du squelette difficiles à soigner, chez des personnes destinées à devenir centenaires!
Situation la plus dramatique: on est sûr que vous n'êtes pas guéri. Les mêmes traitements sont entrepris. Mais la plupart du temps ils ne guérissent pas. Ils prolongent. Vous gagnez statistiquement un temps très variable selon le point de départ du cancer, le moment de sa découverte, sa vitesse de croissance et sa sensibilité aux traitements (qui sont souvent liées). Au prix d'une qualité de vie très perturbée par ces traitements. Vous êtes en droit de poser des questions précises à votre thérapeute. Qu'espère-t-il exactement des traitements qu'il compte vous appliquer? Même si la réponse est une statistique inutilisable pour un pronostic individuel, vous saurez le bénéfice apporté en moyenne. Quelle est la lourdeur du traitement? Quelles en seront les inconvénients propres? Y a-t-il un espoir de guérison complète? Est-il très différent que vous vous fassiez traiter ou non? Vous pouvez ensuite décider d'entreprendre ces traitements avec patience et courage, ou tout refuser et perdre quelque temps de vie, mais sans passer celui qu'il vous reste dans les hôpitaux. Si vous ne vous sentez pas le courage d'affronter les chiffres brut(e)s, vos proches peuvent obtenir les renseignements à votre place, mais c'est leur faire porter un poids bien lourd que leur demander de vous conseiller sur la conduite à prendre. Sachez aussi que, comme dans tous les domaines où la médecine montre ses limites, vous êtes une proie rêvée pour les vendeurs de poudres de perlin-pimpin. Ne vous laissez pas abuser par des pseudo dossiers scientifiques établis par des médecins que personne ne connaît. Demandez l'avis d'une personne ouverte et compétente avant d'y engloutir vos économies. Offrez-vous plutôt un voyage à Lourdes, que vous soyez croyant ou non, les paysages sont magnifiques et cela vous changera les idées. Terminons sur une note optimiste: tout est possible. On a trouvé le traitement radical (imatinib) de la leucémie myéloïde chronique, un cancer du sang. A quand d'autres?
Qu'est-ce que la fibromyalgie?
(Docteur P. SICHERE)
Fibromyalgie et activité
(Docteur P. SICHERE)
Fibromyalgie ou Syndrome Polyalgique Idiopathique Diffus (SPID):
C'est une affection associant des douleurs musculaires diffuses, des points douloureux précis sur les insertions tendineuses, une fatigue chronique et des troubles du sommeil. C'est la principale cause de "mal partout".
La réalité d'une maladie de l'organisme déclenchant ces troubles est discutée. Certains considèrent qu'il s'agit d'une maladie de société.
*Les arguments des partisans de la "fibromyalgie-maladie":
- la fibromyalgie est décrite dans de nombreux pays avec la même fréquence,
- les symptômes sont très stables au fil des années, les causes psychologiques comme la dépression étant éminemment variables,
- les échelles d'évaluation psychiatriques ne retrouvent pas de profil particulier dans la fibromyalgie,
- des études ont montré des anomalies au niveau des neurotransmetteurs (molécules intervenant dans la transmission de l'influx nerveux) chez les fibromyalgiques,
- il y a de nombreux travaux scientifiques traitant de la fibromyalgie.
*Les arguments des partisans de la non-maladie:
- si de nombreux pays sont touchés par la fibromyalgie, il s'agit des pays occidentaux: la fibromyalgie est anecdotique dans le tiers-monde. Au moins ce n'est pas un nouveau méchant virus tropical qui est responsable!
- même au sein des pays occidentaux, c'est une maladie urbaine. Elle se voit très peu en milieu rural,
- on n'en trouve aucune trace dans l'histoire de la médecine: une description datant de moins de vingt ans pour une maladie qui touche 2% de la population?
- il y a une très forte prédominance féminine, sans aucune liaison démontrée avec une anomalie chromosomique,
- les échelles d'évaluation psychologiques n'arrivent pas à "classer" les fibromyalgiques. Or les médecins constatent au quotidien qu'il existe bien un profil particulier des personnes touchées. Les échelles en question sont-elles bien adaptées? Elles le sont surtout pour dépister la dépression, très inconstante dans la fibromyalgie et plutôt conséquence que cause des douleurs,
- de nombreux travaux scientifiques depuis 20 ans ont échoué en fait à montrer des troubles objectifs: on a biopsié des muscles, fait de nombreuses analyses sur tous les organes, scanné les cerveaux, fait des recherches génétiques... tout cela en vain. Il existe effectivement des anomalies discrètes de certains neurotransmetteurs, mais ne sont-elles pas la conséquence des troubles plutôt que leur cause?
Il s'agit comme vous le constatez d'un débat passionné, et vous rencontrerez sur le Web des prises de position tranchées. On trouve parmi les hérauts de la fibromyalgie-maladie, non seulement les personnes atteintes de cette affection qui refusent toutes griffes dehors d'y voir la moindre connotation psychologique, mais aussi des médecins hospitalo-universitaires qui n'ont malheureusement pas le temps de bien connaître leurs patients et qui les apprécient à travers des échelles de personnalité. On trouve parmi les sceptiques les médecins "psychiatrisants" radicaux, qui renâclent devant la lourdeur de la prise en charge des fibromyalgiques et leur conseillent de s'adresser au psychiatre, et des médecins plus nuancés dont nous sommes, qui voient des avantages et des inconvénients à la reconnaissance de la fibromyalgie en tant que maladie:
*Les avantages à faire un diagnostic de fibromyalgie:
- les personnes concernées sont souvent découragées par le manque de reconnaissance de leurs troubles, qui sont bien réels: elles s'en plaignent et consultent pour cela. Les médecins traitants sont habitués à cet "arrière-plan douloureux" permanent et n'y font plus guère attention. A vrai dire, ceux qui essayent de prendre en charge ces symptômes de manière classique sont mis rapidement en situation d'échec: aucun calmant n'est efficace, aucun anti-inflammatoire ne dérouille. Le diagnostic de fibromyalgie permet cette reconnaissance: vous avez un réel problème, le médecin en prend acte, même s'il n'y peut pas grand-chose.
- la base de la fibromyalgie est le syndrome douloureux permanent, mais il majore aussi toutes les autres douleurs: les fibromyalgiques ont en effet le "droit" de faire comme tout le monde une tendinite de surmenage, une gastro-entérite, une migraine. La fibromyalgie en multiplie la douleur ressentie. Le médecin peut alors commettre une bévue, trompé par l'intensité des symptômes: votre tendinite semble très inflammatoire, la gastro-entérite va ressembler à une péritonite, votre migraine fait imaginer une tumeur cérébrale, votre sciatique est intolérable... Votre tendon va immédiatement bénéficier d'une infiltration ou d'anti-inflammatoires à dose maximale, vous allez être opéré de l'abdomen, on vous envoie faire un scanner cérébral en urgence, le neurochirurgien vous enlève immédiatement cette hernie discale. Les principales complications de la fibromyalgie sont ainsi les maladies iatrogènes, c'est-à-dire les ennuis consécutifs aux examens et traitements médicaux. Un comble! La reconnaissance de la fibromyalgie permet à votre médecin de garder la tête froide. Heureusement la plupart n'ont pas attendu ces consignes. Ils vous connaissent assez bien pour vous conseiller sur l'intérêt et la justification de tel traitement ou examen. Leur rôle est difficile car la médecine se complexifie, les doutes sur leur compétence se font plus fréquents, leur discours rassurant est parfois reçu comme une négation des problèmes. Il est pourtant essentiel que vous soyez suivi par des professionnels qui vous connaissent bien, la plupart des excès étant commis par ceux qui vous voient pour la première fois. Après quelques années dans les "circuits" médicaux, la majorité des fibromyalgiques acquière spontanément une grande prudence, mais souvent après quelques expériences désagréables et parfois au prix de séquelles définitives.
- enfin le cadre de la fibromyalgie a l'avantage de permettre des études scientifiques sur cette affection. Même si l'on a échoué pour l'instant à en expliquer la cause physique, il est intéressant de comprendre les mécanismes et de comparer les solutions sur des personnes présentant les mêmes troubles. Il faut les codifier.
*Les inconvénients du diagnostic de fibromyalgie:
- certains médecins s'en servent désormais comme d'un paravent: il évite de prendre en charge les troubles psychologiques et d'hygiène de vie qui l'accompagnent. C'est beaucoup plus simple d'en faire une maladie comme les autres avec un traitement-pilule, en l'occurence un anti-dépresseur.
- ce diagnostic n'améliore pas forcément les relations avec l'entourage. Celui-ci se répartit en 2 tendances: 1) Ceux à qui vos problèmes ont toujours cassé les pieds. Nous vous déconseillons l'attitude "tu vois, j'avais bien quelque chose" qui cristallise plutôt le conflit, au profit de "les médecins comprennent enfin mes problèmes" qui ouvre une porte de sortie et qui vous permet d'exposer vos plaintes au cabinet médical plutôt que chez vous. 2) Ceux qui sont convaincus que vous avez une sévère maladie chronique. La reconnaissance officielle ne peut qu'aggraver la surprotection dont ils vous entourent. Tous les porteurs de maladies graves et prolongées connaissent ce problème. Il n'est pas bon que les attentions dont vous bénéficiez soient fondées sur la maladie. C'est bien agréable, mais vous ne pourrez jamais aller mieux... C'est à vous de trouver d'autres raisons que votre entourage s'intéresse à vous. Nous n'avons pas de solution miracle. Les médecins ne sont pas les seuls à pouvoir vous aider. Beaucoup d'autres personnes peuvent vous aider à faire de votre vie un véritable projet. A notre avis, la fibromyalgie est en augmentation parce que les médecins peuvent de moins en moins faire face aux besoins en temps de ces problèmes (voir le médecin et vous) et parce que le mode de vie moderne est de plus en plus égoïste, particulièrement en milieu urbain**.
- le diagnostic de fibromyalgie est délicat: le danger de sa popularité est qu'elle va favoriser les retards de dépistage des autres maladies qui se révèlent par des douleurs généralisées. Nous ne voulons pas vous inquiéter: penser, à tort, que l'on a quelque chose de grave est l'erreur la plus courante quand on a une fibromyalgie, et cela génère, comme nous l'avons vu, beaucoup d'examens inutiles. La situation est très différente selon l'ancienneté de vos douleurs: si vous étiez en parfaite santé il y a quelques semaines ou mois, il faut insister sur les bilans et les avis spécialisés. Si vos douleurs existent depuis des années, il n'y a guère de chances qu'une maladie sous-jacente n'aie pas produit d'autres symptômes.
*Enfin, la reconnaissance de la fibromyalgie par la médecine hospitalo-universitaire a stimulé la recherche sur cette affection. Malheureusement les ambiguités qui l'entourent font douter de la pertinence des études conduites. Des budgets considérables ont été utilisés en pure perte aux Etats-Unis pour trouver un désordre métabolique responsable. En France, le financement de la recherche est réduit mais toujours axé dans la même direction. Il y a surtout un gros gaspillage d'examens et de traitements inadaptés. Il serait judicieux d'utiliser ce financement pour mettre en place des filières de soins pour la fibromyalgie. Les avis tranchés empêchent l'aboutissement d'un consensus sur sa prise en charge. C'est sans doute la maladie pour laquelle il y a actuellement la plus belle (vaine) dispersion d'énergie. Voir aussi médecine et recherche.
Notre conception de la fibromyalgie*:
La fibromyalgie est une affection chronique qui se met lentement en place au fil des années. Les douleurs ne se déclarent pas du jour au lendemain. Souvent dès l'adolescence vous avez eu des douleurs inhabituelles, persistantes, pour lesquelles les médecins ont eu du mal à émettre un diagnostic, qu'ils n'ont eu guère de succès à traiter. On a pu vous déconseiller les activités physiques et faire une dispense de sport à l'école, qui n'a en rien amélioré vos douleurs. La gêne est variable au fil des années mais toujours sous-jacente.
Cela finit par devenir un véritable handicap. Il existe des éléments favorisants qui font basculer de la simple gêne vers la maladie douloureuse chronique: changement de situation professionnelle (de poste de travail ou de collègues), changements familiaux (naissance, décès, maladie chronique chez un proche, rapports familiaux difficiles), changements physiques (prise de poids, arrêt du sport, séquelles d'une autre maladie ou d'un traumatisme). Ces facteurs sont variés, souvent associés, et leur responsabilité demande une enquête personnelle approfondie. Leur durée est plus importante que leur gravité. Il est facile d'incriminer un traumatisme personnel, mais dans la fibromyalgie c'est souvent l'épine irritative installée depuis des années dans la vie quotidienne qui est la plus importante.
Le tempérament a un rôle essentiel: vous êtes du type "nerveux", affiché ou caché. Les gens très décontractés, "qui se laissent vivre", ne font jamais de fibromyalgie. Les hommes sont rarement touchés. L'égalité des sexes est encore une utopie dans les pays occidentaux. Le travail des femmes et la division par deux des tâches domestiques est loin d'être une évidence dans tous les couples! Il faut des générations pour modifier une culture en profondeur et nous sommes toujours en plein combat pour l'émancipation. Dans les cultures où la place de la femme est bien codifiée et acceptée, il n'y a pas de fibromyalgiques. Vous êtes donc "nerveuse". Ce n'est pas un terme médical, mais la médecine n'a pas de terme équivalent pour décrire cet état. Elle a essayé: il y a eu la vogue de la spasmophilie, de la tétanie, de la neurotonie. Le terme le plus proche est "anxiété". Ce n'est pas dépression. On peut être anxieuse sans être dépressive. La dépression peut survenir dans la fibromyalgie, mais c'est une conséquence des douleurs, pas leur cause. Le tempérament nerveux a des avantages: dynamique voire hyperactive, vous n'ennuierez jamais votre entourage par votre passivité! Les fibromyalgiques sont les plus motivés pour s'en sortir: même quand les médecins ne savent plus quoi faire de vous depuis des années, vous leur réclamez toujours une solution! Il y a des inconvénients à être nerveux: vous réagissez aux évènements de la vie quotidienne par des tensions musculaires permanentes. Ce n'est pas sans conséquence. Au fil des mois et des années, ces tractions continues sur les muscles et leurs attaches tendineuses finissent par perturber votre sensibilité: les tendons sont très riches en terminaisons nerveuses qui envoient en permanence à votre moelle épinière et à votre cerveau des informations: tonus des différents groupes musculaires, position des articulations. Ces informations génèrent automatiquement une réponse motrice adaptée: la contraction des muscles est ainsi en permanence corrigée pour que votre station debout reste une station debout, que votre tête reste droite sans que vous pensiez consciemment à la relever. Ces automatismes se mettent en place dans la petite enfance. En cas de fibromyalgie, ils sont perturbés: le signal de tension tendineuse excessive devient signal douloureux. Cela explique les points douloureux multiples au voisinage des articulations qui peuvent en imposer pour un rhumatisme.
Mais il y a d'autres conséquences: les dysfonctionnements vertébraux sont fréquents, les fameux "blocages" de vertèbres. Ils expliquent la grande diffusion des douleurs à l'ensemble du corps. Ce ne sont pas des douleurs musculaires. Le muscle a été étudié en long et en large et ne présente aucune anomalie dans la fibromyalgie. Il s'agit de névralgies d'origine vertébrale qui peuvent toucher n'importe quel territoire sensitif cutané voire peut-être viscéral. Ce ne sont pas des douleurs imaginaires. Il y a bien un dysfonctionnement vertébral mais pas de lésion, donc pas de cible pour un anti-inflammatoire ou un antalgique. Vous vous servez mal de votre squelette, à cause de tensions permanentes qui rendent le mouvement articulaire, souvent rapide chez vous, heurté et agressif pour les enveloppes très sensibles de ces articulations.
Le traitement doit éviter plusieurs écueils et ne peut démarrer que si vous avez pris un certain recul sur vos problèmes. Il est impossible si vous êtes encore persuadé qu'on s'est trompé sur votre maladie et qu'il y a "bien quelque chose", que les médecins n'ont pas vu. A l'inverse, il faut sortir du discours "psychisant" extrême tenu par certains. La fibromyalgie comporte un volet psychologique, votre personnalité et tout ce qui vous a "construit" ainsi, et un volet physique, les dysfonctionnements de votre appareil locomoteur. Sa prise en charge est un travail d'équipe, mais pas forcément de centre, plutôt de réseau: la confiance et les bons rapports personnels avec vos thérapeutes sont essentiels. La fibromyalgie n'est pas une maladie mais un cadre pour prendre en charge des problèmes avant tout individuels.
La psychothérapie a son rôle: vous aider à comprendre comment vous fonctionnez. On n'est pas nerveux et hypersensible par hasard. Sans relier directement la fibromyalgie aux traumatismes affectifs de l'enfance, la meilleure connaissance de pourquoi vous réagissez vivement aux agressions de votre environnement est très utile. Conseiller un type particulier de psychothérapie sort de notre domaine de compétence, mais ne vous découragez pas si vos premiers contacts sont difficiles. La psychanalyse convient mieux aux personnes qui s'intéressent spontanément à la psychologie et vont parfois trouver dans ce domaine une nouvelle orientation à leur vie. D'autres ont besoin d'être guidés de façon plus interventionniste, mais doivent décider eux-mêmes de l'assise à donner à leur vie, reconnaître leurs valeurs morales et bâtir un projet personnel.
Les traitements physiques sont importants. On conseille généralement les techniques orientées vers la détente musculaire: yoga, relaxation, gymnastiques orientales. Dans notre expérience, beaucoup de fibromyalgiques ont du mal à s'y intéresser: trop passives, ces techniques donnent l'impression de perdre leur temps aux hyperactifs. L'autre façon de détendre ses muscles est de les épuiser! Le fibromyalgique court toute la journée, mais ne fait pas forcément des efforts physiquement éprouvants. La fatigue est due à un épuisement nerveux. Si vous avez le courage de ressortir pour faire un peu de sport de loisir, vous vous apercevrez que vous avez encore des réserves physiques insoupçonnées. Vous pouvez envisager des activités soutenues: sports de raquettes, de ballons, d'endurance. Les activités de groupe et une ambiance charitable pour les débutants sont les éléments de la réussite. Le fibromyalgique a 2 écueils à franchir quand il n'est pas habitué aux activités sportives. Le premier et principal handicap est psychologique: Comment, avec toutes mes douleurs, pourrais-je faire la même chose que les autres? Si vous avez bien compris ce qu'est la fibromyalgie, vous pouvez répondre vous-même: il n'y a pas de lésion susceptible d'être aggravée si vous ignorez ces douleurs. Le second handicap est que vos douleurs sont réellement augmentées: vous expérimentez les difficultés de toute personne redémarrant une activité sportive, l'apprentissage du second souffle, mais ces douleurs initiales sont multipliées comme les autres par votre fibromyalgie. N'hésitez pas à vous "doper" avec des calmants avant et après l'effort pour passer le cap. Ils auront une meilleure efficacité ici que sur vos douleurs de fond.
Parmi les autres traitements physiques, les plus intéressants sont les manipulations vertébrales. Le fibromyalgique a généralement l'impression de perdre son temps avec les physiothérapies et n'apprécie guère le massage des zones hypersensibles.
Les traitements médicamenteux sont d'une efficacité modeste et non dénués d'effets secondaires. Ils sont un appoint. Les anti-inflammatoires sont à réserver aux crises. Vous saurez rapidement s'il existe une inflammation sur laquelle ils puissent agir: inutile de poursuivre un traitement inefficace au bout de quelques jours. Les antalgiques manquent également de lésion-cible. Ne les prenez que s'ils sont vraiment utiles. Les relaxants musculaires sont plus utilisés, sans doute davantage efficaces par leur effet anxyolytique et donc à conseiller seulement aux plus anxieux, car ils ont aussi un effet sédatif et "ralentisseur" intellectuel. Prenez-les à la demande, évitez les traitements permanents, ne les utilisez pas comme somnifères car votre sommeil deviendra rapidement dépendant de cette pilule. Les favoris dans la fibromyalgie sont les anti-dépresseurs, de la catégorie imipraminiques. Dans notre expérience, ils n'améliorent que les fibromyalgiques en phase dépressive*. Ils ne sont pas un traitement de fond. Leurs effets secondaires (vertiges, bouche sèche, impression de ne plus être soi-même) risquent de vous décourager rapidement. Sachez tout de même qu'il faut minimum 2 à 3 semaines de traitement pour juger de leur bén
Hyperparathyroïdie:
Excès de sécrétion d'hormone parathyroïdienne. Les parathyroïdes sont 4 petites glandes, accolées à la thyroïde comme leur nom l'indique, à la base du cou. La cause de cette maladie est généralement un adénome (tumeur bénigne) de l'une de ces glandes. L'hormone parathyroïdienne régule le taux de calcium dans le sang. Le signe principal de son excès est une élévation du calcium. Elle provoque des troubles digestifs (nausées, douleurs abdominales), une soif intense et des urines abondantes, une fatigue pouvant aller jusqu'à la torpeur, des palpitations cardiaques. L'excès de calcium dans les urines peut former un calcul et provoquer une colique néphrétique (violente douleur lombaire irradiant vers le pubis). Enfin, plus rarement, des douleurs osseuses sont possibles, sur le bassin, les jambes et le bas du dos. Une prise de sang fait le diagnostic. Le traitement est l'ablation chirurgicale de l'adénome.
Maladie exostosante:
Une exostose est une formation osseuse anormale située au voisinage d'un cartilage de croissance. L'os prend l'aspect d'une bougie dont la cire aurait coulé, la coulure étant l'exostose. Ces formations sont parfois isolées. Dans la maladie exostosante, d'origine génétique, elles sont multiples. Elles ne sont pas douloureuses, tout juste est-on surpris de cette déformation osseuse au voisinage des articulations. Quand une exostose devient sensible, ce peut être parce qu'elle irrite une structure voisine (tendon, nerf) ou parce qu'il y a une dégénérescence. Prenez l'avis d'un médecin avec des radios récentes.
Myélome:
Aussi appelé maladie de Kahler. Cancer de la moelle osseuse, de mauvais pronostic bien que des survies prolongées soient possibles avec les traitements. Nous ne serons pas très loquaces car nous ne pensons pas que le fait de tout savoir sur une maladie incurable puisse aider d'une façon quelconque à mieux la vivre. Bien sûr il peut s'agir de quelqu'un de votre entourage; vous ne devriez pas avoir de difficultés pour obtenir les détails de la situation auprès du médecin traitant habituel. Nous comptons faire bientôt un sujet "Vous venez d'apprendre que vous avez un cancer".
Gammapathie monoclonale:
C'est une découverte systématique de prise de sang: protéine unique en quantité anormale, témoignant de la multiplication trop élevée d'une lignée de cellules de la moelle osseuse. Pas de traitement. On l'appelait "bénigne". Mais il faut rester vigilant. Un nombre heureusement assez faible de ces gammapathies vont évoluer vers un myélome. C'est la surveillance du taux de cette protéine qui permet de le détecter et d'agir en conséquence.
Ostéite:
Infection de l'os pouvant conduire à un abcès. La contamination se fait classiquement par voie sanguine à partir d'un autre foyer d'infection traînant (abcès dentaire, furoncle...). Mais la fréquence croissante de la chirurgie osseuse l'a faite passer Cause n°1, par contamination directe lors de l'intervention. Le diagnostic peut échapper aux radios au tout début. Il est alors nécessaire de faire une scintigraphie osseuse. Le traitement repose sur des antibiotiques adaptés au type du germe. Quand l'infection survient sur du matériel orthopédique, il est souvent nécessaire de l'ôter pour en venir à bout.
Ostéomalacie:
Cause de douleurs osseuses diffuses par manque de vitamine D. A quasiment disparu des pays occidentaux avec la tendance générale à la suralimentation et les départs en vacances (la vitamine D est fabriquée par la peau sous l'effet du soleil). Ne se voit plus guère que chez des personnes âgées calfeutrées à domicile et sans surveillance médicale, ou encore lors de maladies rénales ou génétiques très rares. Pour mémoire, l'équivalent de cette maladie chez l'enfant était le rachitisme.
Ostéome ostéoïde:
Tumeur bénigne, comme un grain de beauté mais enclavé dans l'os. Elle provoque des douleurs vives car est empêchée de grossir: l'os normal se condense autour, formant une coque qui la rend visible, sous forme d'une tache blanche sur les radios (la radio est un négatif, l'os apparaît plus blanc quand il est très dense).
Polymyosite:
Rhumatisme rare touchant surtout les muscles. Se révèle par une faiblesse et une douleur des racines des membres, plus rarement des douleurs articulaires. Le diagnostic est confirmé par une biopsie de muscle. La cause est inconnue. Le traitement de première intention est la cortisone à forte dose.
Dermatomyosite:
Egalement rare, c'est une polymyosite avec éruption cutanée, typiquement une rougeur presque violacée autour des yeux.
Myosite ou myofasciite à macrophage:
Identifiée depuis 1993, c'est une maladie très rare consécutive à un vaccin contenant de l'hydroxyde d'aluminium (hépatites A et B, tétanos). Douleurs musculaires (mollets) et articulaires, migraine, fatigue. Le diagnostic se fait sur biopsie musculaire à l'endroit de la vaccination. La cortisone est efficace sur les douleurs, pas sur la fatigue.
L'OSTEOPOROSE en 100 questions
(Prs. Maxime DOUGADOS André KAHAN Michel REVEL)
L'ostéoporose est un sujet particulièrement à la mode, en raison de l'allongement de l'espérance de vie: quand les générations précédentes des femmes pouvaient compter sur une vingtaine d'années à profiter de la vie après la ménopause, la perte osseuse n'était pas suffisante pour causer de grands soucis. Il est possible également que la masse osseuse aie été meilleure chez ces générations à cause d'une activité physique globalement plus épuisante, et ce malgré des conditions alimentaires moins favorables**. Les mesures de la masse osseuse sont récentes et les comparaisons impossibles. Nous allons maintenant cotoyer des cohortes de nonagénaires et centenaires, et comme la densité osseuse continue à baisser au fil des années, il faut sensibiliser tout le monde à ce problème pour ne pas en faire une bombe à retardement.
Le traitement est en effet essentiellement préventif. L'ostéoporose "maladie" se révélant par une fracture ou un tassement vertébral, il ne faut pas attendre ce stade pour s'en préoccuper. D'autant qu'il existe une cascade fracturaire: le 1er tassement est suivi fréquemment de plusieurs autres dans l'année qui suit, même si un traitement est rapidement mis en route car l'os a une importante inertie. La fracture d'un os long peut consolider sans séquelle (mais l'on connaît les risques d'un alitement prolongé chez une personne âgée), mais une vertèbre tassée le restera et la déformation de la colonne qu'elle entraîne peut prolonger les douleurs bien après la consolidation.
Les facteurs de risque:
L'ostéoporose est, comme l'artériosclérose (le rétrécissement des artères), une maladie à "facteurs de risque": tout le monde en fait (l'os se déminéralise chez tout le monde avec l'âge), mais certains facteurs font provoquer une perte plus importante. Ce sont:
-la morphologie maigre et longiligne. C'est l'un des rares avantages du surpoids: les obèses ne font pas d'ostéoporose, la charge sur leur charpente stimulant la formation osseuse. Mais le surpoids a bien d'autres inconvénients et prendre des kilos ne fait partie des traitements recommandés!
-les facteurs hormonaux: la ménopause est bien connue comme accélérateur de la perte osseuse. Une ménopause précoce ou une hystérectomie totale (enlèvement chirurgical de l'utérus et des ovaires) sont d'importants facteurs de risque.
-l'activité physique réduite. Un squelette inactif n'a pas tendance à se renouveler aussi bien qu'un autre très sollicité.
-la sédentarité. En plus d'une activité physique réduite, les personnes très sédentaires bénéficient peu de l'ensoleillement naturel et peuvent manquer de vitamine D.
-une alimentation pauvre en calcium. Il est rare de rencontrer de véritables carences. Cet apport en calcium joue un rôle, mais étalé sur la vie entière (même les jeunes devraient avaler beaucoup de calcium si l'on vise une masse osseuse maximale à la maturité). Cela en fait un facteur relativement secondaire car on n'a en pratique la possibilité d'agir que sur des durées brèves (à l'échelle d'une vie entière).
-les antécédents d'ostéoporose dans la famille (fractures et perte de taille importante chez les aïeux).
-la prise de cortisone pendant plusieurs années pour des allergies ou des rhumatismes. Le risque dépend de la dose reçue, important pour les maladies sévères traitées longtemps à forte dose, minime pour les petites doses d'entretien. Quand le risque est important, les médecins font à présent une prévention systématique de l'ostéoporose.
-l'alcoolisme, l'un des facteurs principaux de l'ostéoporose masculine.
Il y a également des maladies qui déclenchent une ostéoporose ou l'aggravent: ce sont surtout des maladies endocriniennes (troubles de la glande thyroïde et surrénale), plus rarement des maladies génétiques, rénales et hématologiques (cellules sanguines). Mais ces ostéoporoses dites "secondaires" sont une minorité et il est rare que ce soit la déminéralisation osseuse qui révèle la maladie. Un bilan détaillé est surtout nécessaire quand l'ostéoporose survient à un âge inhabituel (avant 50 ans). Sinon, ce sont les autres signes de ces maladies qui orienteront votre médecin vers des examens complémentaires.
Idées fausses:
La médiatisation de l'ostéoporose a eu une conséquence rapide: beaucoup de personnes de la cinquantaine viennent demander au médecin si leurs douleurs ne sont pas liées, par hasard, à une ostéoporose débutante. On imagine que les os fragilisés, un peu "ramollis", en avertissent leur propriétaire par des douleurs chroniques... Non, c'est faux. L'os, même très déminéralisé, n'est pas douloureux tant qu'il n'est pas fissuré ou fracturé. C'est donc généralement un traumatisme qui va révéler l'ostéoporose: une chute pas si grave vous fait casser quand même. C'est la classique fracture du poignet chez la femme aux alentours de la ménopause.
Autre croyance fausse: l'os ostéoporotique consoliderait plus difficilement. Non, les fractures guérissent dans les délais habituels. Par contre il est vrai que l'ostéoporose complique le travail des chirurgiens orthopédistes: l'os fragile n'est pas un bon "sol" pour ancrer prothèses, plaques ou vis. Cela peut conduire à des interventions plus prolongées et des "montages" plus complexes pour garantir la solidité du résultat.
Les douleurs chroniques de l'ostéoporose démarrent plutôt après 70 ans et sont la conséquence des tassements de vertèbres: elles deviennent suffisamment fragiles pour que le simple poids du corps entraîne leur affaissement. La courbure vertébrale s'en trouve modifiée (on se voûte) et la taille diminue. Le tassement lui-même n'est douloureux que pendant quelques semaines, comme n'importe quelle fracture. Parfois il est progressif et n'entraîne aucune crise aiguë. Les douleurs prolongées sont dues au retentissement du dos voûté et de l'affaissement vertébral sur les articulations entre les vertèbres. Ce sont en fait des douleurs d'arthrose et elles ne vont pas céder avec le traitement de l'ostéoporose. C'est pourquoi celui-ci doit être fait bien avant que les tassements n'apparaissent.
Le traitement comporte: (voir les traitements de l'ostéoporose en détail)
-L'exercice physique
-Les protections
-L'apport de calcium et vitamine D
-Le traitement hormonal
-Les nouveaux traitements de l'ostéoporose se répartissent en 2 familles:
*Les biphosphonates
*Les analogues hormonaux
-Les anciens traitements de l'ostéoporose, calcitonine et fluor, sont quasi-abandonnés. La calcitonine pour son efficacité médiocre et l'échec à mettre au point une forme non injectable dotée de bons résultats. Le fluor à cause du risque de fissures osseuses: l'os nouvellement formé est effectivement plus dense mais semble de médiocre qualité architecturale et se fendille plus facilement. Il pourrait garder un intérêt à petite dose en traitement d'appoint*.
-L'avenir proche? Ce pourrait être une injection intraveineuse annuelle, c'est tout, d'un biphosphonate ayant une très longue durée d'action sur l'os.
Et la DHEA?
La DHEA fait déjà l'objet d'un engouement certain comme pilule anti-vieillissement. Contrairement à d'autres produits du même type, elle a fait l'objet de travaux sérieux. Mais hélas ils sont peu nombreux. Nous risquons de demeurer dans cette pénurie d'essais scientifiques. Il n'y pas d'engagement des grands laboratoires qui financent habituellement ces essais. La DHEA est une hormone naturelle, non brevetable, et relativement aisée à produire. C'est un marché peu rentable car n'importe quel petit laboratoire pourrait en fabriquer à des tarifs concurrentiels, profitant des études qu'auraient commanditées les grandes firmes pour valider ses indications.
Les effets objectifs de la DHEA sont en fait restreints: amélioration de l'aspect de la peau (quand même pas un lifting), stimulation de la libido (difficile à établir car ceux qui ont pris un placebo dans l'étude pilote ont eu aussi une amélioration notable de la libido), et enfin ce qui nous concerne ici: effet anti-ostéoporose. Nous n'avons pas malheureusement à l'heure actuelle des essais assez larges pour affirmer que cet effet existe. La première impression est que la masse osseuse est augmentée chez les femmes, plutôt diminuée chez l'homme! La DHEA ne peut pas être une alternative aux traitements cités plus haut. Nous reviendrons bien sûr sur ce sujet au fur et à mesure que la littérature sérieuse s'étoffera.
La densitométrie osseuse:
Permet de chiffrer la minéralisation de vos os. La méthode la plus fiable est l'absorptiométrie. L'appareil envoie une quantité soigneusement dosée de rayons X traverser votre squelette et mesure ce qui arrive de l'autre côté sur la plaque sensible. En pratique cela se passe comme une radio simple. Mais l'appareil est particulier et n'est pas disponible chez tous les radiologues. Une autre méthode utilise le scanner. Elle est moins fiable surtout parce qu'elle mesure une très faible quantité d'os. La mesure par ultrasons est très simple et non irradiante mais moins fiable que la densitométrie et n'est pas faite sur la colonne vertébrale.
Le chiffre de votre densité osseuse est reporté sur une courbe: la densité en fonction de l'âge. Vous voyez une belle pente descendante vers la droite, où la densité diminue régulièrement avec les années. Une ligne au milieu indique la moyenne de la population générale. Votre mesure est représentée par une petite étoile. Il vaut mieux bien sûr qu'elle se situe au-dessus de cette ligne que largement en-dessous.
La mesure porte sur 2 sites: les dernières vertèbres lombaires et le col du fémur. Le chiffre des vertèbres peut être faussé par la présence d'arthrose: les déformations des rebords osseux provoquées par l'arthrose (les fameux "becs de perroquet" sont formées d'os dense et augmentent faussement le chiffre de densité osseuse. La mesure au col fémoral est celle qui peut vous paniquer le plus: si votre étoile a plongé dans les profondeurs de la courbe, vous aurez l'impression de marcher sur des oeufs! En fait ce n'est pas la mesure la plus importante car le facteur déclenchant de la fracture du col est, avant tout, le choc! Ainsi, les protecteurs de hanche semblent aussi efficaces pour la prévenir que les meilleurs traitements de l'ostéoporose. Préoccupez-vous donc de la valeur au col du fémur surtout si vous avez les jambes flageolantes.
La mesure de densité osseuse n'est qu'un facteur prédictif du risque de fracture. Elle ne prend pas en compte ni la qualité architecturale de l'os ni la propension à tomber. Elle ne doit donc pas servir de référence unique mais plutôt d'élément de décision pour décider d'un traitement ou non.
Inconvénient de cet examen: il n'est pas remboursé par la sécurité sociale. Il coûte en moyenne 70€ (le radiologue est libre de son tarif). Il est possible de le faire gratuitement dans certains hôpitaux: le coût de fonctionnement du densitomètre est prélevé sur le budget hospitalier. Mais l'attente est souvent longue.
Autre critique que les rhumatos font à notre sécu: la plupart des traitements de l'ostéoporose sont remboursés seulement en cas d'ostéoporose "maladie", c'est-à-dire avec des complications déjà survenues. Comme vous l'avez compris à la lecture attentive de ce texte, c'est un peu tard! Médecins et patients attendent donc avec impatience que ces indications remboursées soient étendues. Mais il est vrai qu'il reste nécessaire de mieux préciser qui doit être traité, et ce n'est pas actuellement la densitométrie seule qui le permet.
Faut-il arrêter son traitement hormonal de la ménopause?
Faut-il le fuir si vous commencez votre ménopause?
Une polémique sur le traitement hormonal substitutif de la ménopause (THS) a été déclenchée par une étude américaine, la Women’s Health Initiative (WHI), arrêtée en 2002 pour excès de cancers du sein et de complications cardiovasculaires (infarctus, embolie pulmonaire). Elle concernait 16 600 femmes suivies sur 5 ans en moyenne. Une autre étude, britannique, a interrogé plus d'un million de femmes sur l'utilisation des THS: elle confirme l'augmentation du risque de cancer du sein.
Alors, auriez-vous depuis des années nui à votre santé en appliquant consciencieusement vos patchs? Est-ce aussi dangereux que le tabac? A voir les réactions alarmistes dans la presse médicale et grand public, on pourrait le croire. Faisons une mise au point objective sur ces études:
1) Le point essentiel: Dans l'étude WHI, la mortalité globale des femmes prenant les THS n'est pas modifiée.
Prendre un traitement hormal NE TUE PAS. Il y a certes plus de cancers du sein (ce n'est pas une nouveauté), d'infarctus, d'embolies pulmonaires, mais il y a moins de cancers du côlon moins de fractures mortelles du col du fémur. Pas plus de décès au total.
2) Il n'est pas prouvé que le cancer du sein soit déclenché par le traitement hormonal: il pousse plus vite.
Les THS ne sont pas démontrés carcinogènes: ce n'est pas eux qui déclenchent la première mutation d'une cellule cancéreuse. Ils ont un effet stimulant sur la pousse de la tumeur, qui va se révéler plus vite et devenir mortelle plus rapidement en l'absence de traitement. L'étude britannique enterre d'ailleurs une contre-indication classique des THS: les antécédents de cancer du sein dans la famille: les femmes concernées n'ont pas fait davantage de tumeurs sous hormones que les autres.
3) Un effet protecteur cardio-vasculaire avait un temps été évoqué pour les hormones: c'est le contraire: plus d'infarctus, plus d'embolies pulmonaires, plus d'accidents vasculaires cérébraux. Attention, les américaines n'utilisent pas les patchs et les gels d'oestrogènes, mais des pilules, plus fortement dosées. De même les progestatifs qu'elles avalent ne sont pas les mêmes qu'en France, et sont accusés de déclencher plus souvent des anomalies du cholestérol. L'effet nocif cardio-vasculaire n'est pas démontré avec les produits utilisés en France. Dans le doute, si vous présentez d'autres facteurs de risque vasculaires (diabète, cholestérol en excès, hypertension artérielle, tabagisme), il vaut mieux éviter les THS. Des antécédents de phlébite sont une contre-indication aux THS.
4) Il y a moins de cancers du côlon: sachant que ce cancer est beaucoup plus difficile à dépister que le sein, on pourrait presque dire que les femmes auraient intérêt à prendre des THS pour le côlon et faire une surveillance étroite du sein par auto-palpation.
5) Le bénéfice sur l'ostéoporose est confirmé. Comme il existe actuellement des alternatives efficaces, on ne peut plus garder ce critère comme indication principale aux THS. Mais notons que l'on a moins de recul sur les effets à long terme des autres traitements. L'innocuité complète des THS sur l'os est la plus anciennement démontrée.
Ce qu'il faut retenir:
- Le bénéfice des THS sur les troubles accompagnant la ménopause est important: ils restent une bonne indication pour les femmes qui les supportent mal.
- Ces troubles ne sont pas éternels, mais les THS gardent une action sur des phénomènes gênants plus durables: sécheresse génitale (certain), aspect de la peau (discuté), libido (discuté).
- Prendre ou non des THS oblige de toute façon à un dépistage régulier du cancer du sein: c'est la précocité de la découverte qui fait la guérison ou non du cancer. On peut supposer que le fait de prendre un THS améliore le suivi des femmes (elles voient un médecin plus souvent, sont mieux informées).
L'étude WHI américaine a inclus des femmes bien suivies médicalement. Que deviennent les autres? Quelques années de retard dans une mammographie peut faire toute la différence dans un cancer. Savoir quelle est fréquence des cancers du sein mortels chez les femmes peu suivies pourrait remettre bien des idées en place.
Les cas de figure pratiques:
* Vous êtes en cours de ménopause ou vous l'avez faite récemment et vous ressentez des troubles: prenez un traitement hormonal en l'absence de contre-indications vasculaires. Apprenez à bien faire l'auto-palpation des seins. Faites vos mammographies régulièrement.
* Vous prenez un traitement hormonal depuis moins de 10 ans. Vous vous portez bien avec: Soit vous n'êtes pas convaincue de l'innocuité du traitement et ces histoires vous stressent: arrêtez; ce n'est pas de toute façon un traitement vital. Soit cet article vous a rassénée, mais vous n'êtes pas sûre que les hormones vous soient encore très utiles (plus de bouffées de chaleur, sécheresse génitale et cutanée pas prioritaires...): arrêtez quelques mois, vous jugerez vous-même si cela fait une différence, et si oui, vous pourrez reprendre le traitement.
* Vous prenez un traitement hormonal depuis plus de 10 ans. Les bénéfices existent toujours, contre l'ostéoporose et contre les effets généraux de la carence hormonale. Les THS restent un des meilleurs traitements de l'ostéoporose, mais des alternatives existent. Sachez que stopper les hormones entraîne souvent une accélération rapide de la perte osseuse. Vous auriez intérêt à faire une densitométrie osseuse au moment de l'arrêt, pour que votre médecin juge de la nécessité d'un médicament de remplacement. Si le résultat est bon, refaites-en une 3 à 5 ans plus tard. Rappelez-vous que l'activité physique régulière est un traitement aussi important que les médicaments.
Si en stoppant les hormones après plus de 10 ans, vous sentez des troubles de type ménopause revenir, reprenez le traitement. Et continuez à vous faire suivre régulièrement.
Intro: Pépins de l'activité sportive en général:
Qui ne s'est pas fait mal au moins une fois en pratiquant une activité sportive?
Selon la gravité et l'endroit du traumatisme, vous avez entendu des conseils variés, de rassurants ("il n'y aura plus rien dans 10 jours" à inquiétants ("ça va recommencer" en passant par casse-pieds ("arrêtez le sport pendant 3 mois". Vous n'êtes guère tenté d'arrêter et vos partenaires sportifs continuent à pratiquer avec vous comme si de rien n'était. Mais souvent les pépins se multiplient: une déchirure, puis une deuxième survenant plus facilement, un blocage du dos. Vous voulez continuer à pratiquer au même niveau voire progresser davantage, mais vous vous sentez plus vulnérable, un mauvais génie guette ce mollet ou cet adducteur qui a déjà laché quelques fois.
Il faut bien différencier 2 types de problèmes: 1) le traumatisme, d'un muscle ou d'un tendon auquel on impose une tâche pour laquelle il n'est pas préparé; 2) le conflit ou le surmenage chronique, où le muscle, le tendon ou l'articulation ont une résistance normalement suffisante pour l'activité imposée, mais il existe un trouble de fonctionnement qui déclenche une lésion si l'on insiste un peu trop.
Ce chapitre ne concerne que les traumatismes limités (déchirures, élongations, entorses) qui se multiplient souvent chez le sportif avec les années qui passent. Les tendinites et autres surmenages chroniques sont traités par région au chapitre Maladies.
Le traumatisme peut survenir chez n'importe qui. Un accident est toujours possible, dérapage, collision, imprévu quelconque. Ce n'est pas cette situation qui pose problème: le repos est rapidement efficace et on peut reprendre normalement son activité au bout de quelques semaines. Mais souvent, il s'agit d'un incident plutôt que d'un accident, ce n'est pas votre première déchirure, vous avez l'impression que ce ne serait pas arrivé aussi facilement quand vous aviez 18 ans. Cela vous rend prudent, vous réduisez l'intensité et la fréquence de votre pratique, voire vous abandonnez certaines activités un peu trop dynamiques. Le contexte est généralement une pratique déjà irrégulière du sport: vous avez été très sportif plus jeune, mais les obligations professionnelles et familiales ont rétréci vos créneaux. Vous essayez de garder le même niveau. Vous vous retrouvez ainsi à faire un sport plutôt intense, mais seulement une ou deux heures par semaine, et avez un mode de vie sédentaire le reste du temps.
Notre but est de vous rassurer sur l'intérêt d'une activité physique et de vous aider à contourner les ennuis rencontrés. Il n'est pas de régenter votre mode de vie, mais vous devez éviter de faire trop de compromis avec l'entretien physique. Une journée stressante peut démotiver pour ressortir se défouler sur un terrain de sport. L'épuisement est nerveux plutôt que physique, et vous vous apercevez en fait que ce corps qui vous semblait si fatigué a encore plein de ressources. Vous vous videz l'esprit et récupérez finalement mieux que si vous aviez passé la soirée effondré dans un fauteuil. En rentrant du sport, vous avez les idées claires et avez l'impression que la nuit peut être encore productive. Quelques reculades n'ont pas d'incidence, tandis que plusieurs mois sans activité physique entraînent forcément des modifications de votre musculature et une accumulation de tension nerveuse.
Vous venez de "casser". Quoi faire?. Nous présumons que votre traumatisme n'est pas sévère: si vous êtes incapable de poser le pied par terre ou de marcher, si une articulation a doublé de volume, vous devez voir un médecin.
Il s'agit d'une élongation: sensation de lâchage musculaire, la douleur siège sur le corps d'un muscle ou près de son attache osseuse, mais n'est pas sur l'os même. Des mouvements précis réveillent la douleur alors que d'autres "passent". Il s'agit d'une déchirure: même problème, mais avec un traumatisme plus sévère du muscle: le saignement fait gonfler et ultérieurement bleuir la peau. Dans l'entorse, la déchirure du ligament peut provoquer un gonflement localisé par saignement, ou un épanchement de l'ensemble de l'articulation. Tout traumatisme sévère avoisinant un os et en particulier une articulation doit faire pratiquer des radios. Les fractures franches et déplacées sont évidentes parce que l'impotence est complète, mais les fractures "engrenées" (os imbriqués l'un dans l'autre) et les arrachements osseux (ligament arrachant son attache osseuse) ne sont guère plus douloureux qu'une entorse banale et seront dépistés par une lecture attentive des radios, éventuellement en les renouvelant 1 à 2 semaines plus tard si l'évolution n'est pas favorable.
A la phase aiguë, immobilisez et comprimez. L'immobilisation est la conduite spontanément choisie comme la plus raisonnable par le traumatisé... La compression limite l'importance du saignement. Un hématome volumineux peut avoir plus tard des difficultés à se résorber et laisser une cicatrice non fonctionnelle au sein du muscle. La compression ou le bandage n'ont pas besoin d'être prolongés. Ce n'est pas une hémorragie artérielle! Il ne faut pas couper trop longtemps la circulation du membre. 5 à 10 minutes suffisent, mais il faut le faire immédiatement. La glace est utile car réduit le saignement par constriction des vaisseaux et engourdit la douleur. Mais elle n'est pas disponible instantanément et ne remplace pas la compression. Dès les premières minutes, vous pouvez commencer à bouger. Vous êtes devenu un digne représentant de la Cour des Miracles! Terminé le sport pour la journée. Et pour le reste des vacances?
Tout dépend de la gravité du traumatisme. Mais une cicatrice musculaire commence à gagner rapidement de la solidité. Elle est protégée par la contracture persistante que vous sentez autour de votre douleur principale. C'est à vous de sentir jusqu'où vous pouvez aller. Pas d'effort violent au début. Mais le fait de remarcher et de s'étirer gentiment dès les premiers jours n'est pas une bêtise. Elle vous évitera sans doute une cicatrice trop rétractée qui favorise les rechutes. Passées les premières heures et les applications de froid, nous conseillons de faire le soir des pansements alcoolisés pour leur effet décongestionnant. Commencez à vous masser au bout d'un ou deux jours seulement, pour ne pas faire resaigner. Massez légèrement au début puis plus agressivement au fil des jours et avec l'atténuation de la douleur. Les médecins pratiquent facilement des échographies qui montrent bien les lésions. Nous ne vous conseillons pas d'en faire une dans l'immédiat. Pas la peine de se faire peur pour rien. Il n'y aucune démonstration qu'un aspect sévère en échographie doive inciter à une économie particulière ou à un traitement chirurgical d'emblée. Vos douleurs sont le meilleur guide. C'est différent si elles s'éternisent et surtout ne progressent plus au bout de quelques semaines. Vous avez peut-être une lésion autre que musculaire ou un hématome collecté à l'intérieur du muscle. Les examens deviennent nécessaires.
N'en gardez pas une prudence excessive vis à vis du sport. La vraie leçon de ces accidents, c'est que vous devez pratiquer plus régulièrement et vous échauffer plus soigneusement!
Volley-ball:
*L'épaule: Les problèmes d'instabilité sont fréquents, à cause de la vitesse et de la répétition du geste de smash, de la taille réduite des surfaces articulaires. Ils se traitent en rééducation par renforcement des muscles rotateurs et fixateurs de l'épaule. Evitez de porter le bras vers l'intérieur et de tourner la tête en fin de smash (smashez "droit" vers l'avant), cela peut favoriser l'étirement de nerfs à l'épaule (sous-scapulaire et grand dentelé). En résumé, si vous avez des douleurs à l'épaule, évitez le smash!
*Les entorses des doigts: très fréquentes; c'est un rituel chez les pros de se "strapper" les doigts. Méfiez-vous de ne pas passer à côté de la rupture du tendon extenseur: la dernière phalange tombe un peu et vous n'arrivez pas à la relever (doigt en maillet). Comme les douleurs disparaissent rapidement et que ce n'est pas très gênant, vous le négligez. Au départ une attelle est suffisante. Après quelques semaines c'est la chirurgie. Une rupture ancienne n'est pas toujours réparable.
*Le genou: fréquence de la douleur d'attache du tendon rotulien, juste sous la rotule, à cause des sauts répétés. Traitement en rééducation par étirements et la méthode du travail excentrique
Sports de neige:
Les accidents de ski et de surf sont en nette augmentation. C'est une conséquence de l'amélioration du matériel, qui permet à davantage de skieurs d'aller vite, du développement du surf qui se pratique également à des vitesses importantes, et surtout de l'encombrement croissant des pistes avec la généralisation des remontées mécaniques à gros débit. Les collisions ont beaucoup augmenté (près d'un accident sur cinq). L'enneigement médiocre est sans doute aussi en cause (neige dure, cailloux).
Les lésions progressent au membre supérieur (fractures luxations poignet épaule). Au membre inférieur, les fractures de jambe diminuent grâce à l'amélioration des fixations mais le genou arrive du coup en première ligne (entorses).
Les troubles veineux
Pourquoi faut-il porter des bas anti-varices?
Retenez "anti-varice" plutôt que "bas à varice", c'est un traitement préventif essentiel qui doit éliminer et non rappeler à votre esprit l'image d'une vilaine jambe.
Il y a 2 systèmes veineux: le profond draine 90% du sang et chemine au milieu du muscle qui constitue une contention naturelle; le superficiel chemine sous la peau et n'a pas de contention. C'est la dilatation de ces veines qui forme les varices. Le retour du sang veineux des jambes est gêné par la gravité en station debout; il est favorisé par 3 "pompes" lors de la marche: 1) la pression vide les veines de la plante du pied, qui se remplissent quand le pied est en l'air; 2) la flexion/extension des articulations, en particulier la cheville, active la circulation; 3) les contractions musculaires vident et remplissent alternativement les veines profondes. Favorisent également le retour veineux: la respiration, l'aspiration cardiaque, et le tonus propre des veines.
Les veines superficielles contiennent des petites valvules qui s'ouvrent normalement dans un seul sens, empêchant le reflux du sang vers le bas. La maladie variqueuse commence par une dilatation progressive de la veine qui écarte ces valvules. Le sang peut refluer et aggrave rapidement la dilatation, aboutissant à la varice.
Complications: Thrombose (caillot) d'une varice: rougeur et douleur superficielle. Phlébite (caillot dans une veine profonde): douleur au milieu du muscle, on peut sentir une corde dure et sensible (la veine bouchée), gonflement étendu de la jambe. Oedème des tissus (quand les veines profondes sont également déficientes): gonflement permanent, peu douloureux, la peau garde l'empreinte du pouce à la pression. Ulcère variqueux: les tissus se réparent difficilement, la moindre éraflure entraîne une plaie qui ne cicatrise pas et peut se surinfecter.
Traitement préventif avant l'apparition des varices: éviter le piétinement, faire du sport de loisir, porter des chaussettes hautes et serrées pour ceux qui sont obligés d'être souvent debout, faire des pauses dans la journée en surélevant les jambes.
Traitement préventif des complications quand les varices sont là ou en cas d'antécédents de phlébite: Les fameux bas anti-varices, pénibles mais indispensables pour vider l'excès de sang dans les veines et l'oedème des tissus. Les pressions doivent être fortes. Cela oblige à porter des bas suffisamment épais et serrés, difficiles à mettre si vous avez du mal à vous pencher ou manquez de force dans les bras. Utilisez alors des bandes, plus longues mais plus faciles à poser. La bande est également la meilleure solution si vous avez un pansement sur la jambe (ulcère), le bas ayant tendance à le déplacer.
Se sortir d'une crise cardiaque
Il est 18H30, vous rentrez en voiture d'une journée de travail particulièrement pénible. Vous êtes vraiment crevé. Soudain vous ressentez une vive douleur à la poitrine. Elle s'irradie au bras et à la mâchoire. L'hôpital le plus proche est à 3 kilomètres. Malheureusement vous savez que vous n'arriverez pas à temps.
Que faites-vous? Vous avez suivi un cours de premier secours mais on ne vous a jamais enseigné comment vous réanimer vous même!
Ce qu'il faut faire:
Retenez-le bien, ce n'est pas une situation exceptionnelle.
Sans aide, une personne dont le coeur arrête de battre ou entre en fibrillation n'a qu'une dizaine de secondes seulement après les premières sensations de faiblesse avant de s'évanouir. Cependant, elle peut se secourir elle-même en toussant très vigoureusement et régulièrement toutes les 2 secondes. Il faut prendre rapidement une profonde respiration avant chaque toux. Celle-ci doit être profonde et longue, comme si l'on veut expulser des sécrétions du fond des poumons. Il faut continuer jusqu'à l'arrivée des secours ou jusqu'à ce que les battements de coeur redeviennent normaux.
Ces respirations profondes apportent l'oxygène aux poumons et le fait de tousser masse le coeur et active la circulation sanguine. Ce massage peut faire reprendre un rythme cardiaque normal et permettre de se rendre à l'hôpital.
Communiqué de l'hôpital général de Rochester
Qu'est ce que la pubalgie ? C'est une affection douloureuse du pubis (symphise pubienne) et des muscles ou tendons avoisinants. Elle se développe lorsqu' il y a un surmenage sportif entraînant des microtraumatismes répétés ou des contraintes trop importantes au niveau des différents muscles impliqués : les muscles abdominaux et les adducteurs .C'est un syndrome douloureux du carrefour pubien qui recouvre plusieurs affections :
- l'ostéo-arthropathie pubienne.
- le tendinites d'insertion des adducteurs.
- la pathologie pariétale abdominale .
Figure 1
différentes lignes de force
s'exercant au niveau du
carrefour pubien
figure 2
facteurs de conflits pelviens
- arthropathie pubienne
- tendinite des adducteurs
- traction des muscles abdominaux
et du tenseur du fascia lata
figure 3
les adducteurs de la cuisse
- le petit pectiné
- le petit adducteur
- le long adducteur
- le moyen adducteur
- le droit interne
Les causes
Quand nous courons , il y a un déséquilibre entre le côté du corps où le pied est en appui et celui où le pied est relevé ou en position intermédiaire. La symphise pubienne étant un carrefour important entre les puissants muscles adducteurs et abdominaux , durant l'appui monopodal (un pied) pendant la course , des contraintes majeures créent un cisaillement au niveau du pubis (figure 1). Ces contraintes peuvent être favorisées par un déséquilibre entre les forces musculaires des adducteurs (figure 3) et des muscles abdominaux obliques (figure 2).
Muscle grand droit de
l'abdomen
Muscle grand oblique de
l'abdomen
Muscle petit oblique de
l'abdomen
L'insuffisance de ces muscles abdominaux obliques serait une des causes principales de la pubalgie.
Le signe majeur de la pubalgie est la douleur .Cette douleur peut être aussi le signe directement d'une ostéo-arthropathie de la symphise pubienne qui correspond à une arthrite due à des micro-traumatismes répétées au niveau du pubis comme chez le footballeur.
On distingue donc trois causes de pubalgie :
- La maladie des adducteurs ou tendinites des adducteurs de la cuisse ( figure 3)
- L'ostéo-arthropathie pubienne qui est une arthrite du pubis .
- La pathologie de la paroie abdominale (la sangle abdominale ou les fameux abdominaux).
Comment éviter l'apparition de la pubalgie ?
Il faut prévenir l'apparition de la pubalgie surtout chez le footballeur et le coureur en équilibrant le corps.
- si une jambe est plus courte que l'autre , on portera une semelle orthopédique.
- en dehors de la phase douloureuse , il faudra équilibrer les forces musculaires en présence en ayant une bonne musculature abdominale ("tablette de chocolat" souvent déficiente par rapport aux adducteurs des cuisses hypertrophiés chez le footballeur ou le coureur.
- il faudra essayer le plus possible de lutter contre l'hyper-lordose lombaire ( colonne lombaire trop cambrée ) par des séances de natation sur le dos , abdominaux contractés le plus souvent , et en musclant les gouttières vertébrales ( muscles situés de part et d'autre de la colonne vertébrale) . Les footings se feront toujours hors des routes goudronnées mais sur des terrains souples (stades) pour éviter les micro-ondes de chocs sur la symphise pubienne.
Comment traiter la pubalgie quand elle est installée ?
Le premier traitement , le plus important : le repos surtout en phase aigue douloureuse .Votre médecin vous prescrira des anti-inflammatoires ( contre l'inflammation ) , des antalgiques ( contre la douleur ) et des décontracturants ( contre les contractures musculaires), un glaçage des adducteurs et des grands droits.
La deuxième phase du traitement , en dehors de la phase aigue , consiste en des ultra-sons ou ionisations qui peuvent être même pratiqués un peu plus tôt. La mésothérapie ou l'infiltration est réservée aux cas rebelles et lorsque la tendinite ou l'arthropathie résiste aux autres traitements .
Les thérapeutiques manuelles sont surtout réservées aux déficiences du rachis lombaire ( colonne vertébrale lombaire). Le port de semelles orthopédiques sera recommandée en cas d'inégalité de longueur des membres inférieurs ou en cas de problèmes statiques importants .
La rééducation
Elle doit être indolore et ne débute qu'après un mois de repos sportif complet. Elle va associer des étirements des adducteurs et des psoas et un renforcement des obliques et de la sangle abdominale.
renforcement des obliques
bras tendu ou sur le coude renforcement des obliques
pied droit au sol et le pied gauche fait du pédalage
Fumeurs actifs :
poumons pas épargnés pour autant
Les fumeurs actifs ont le même risque de cancer du poumon que les sédentaires
Les fumeurs qui pensent que marcher, faire du vélo, nager ou pratiquer une autre activité physique diminuerait le risque de cancer du poumon se trompent. C’est ce qu’affirme une étude publiée dans l’International Journal of Cancer. Plus de 25.000 hommes âgés de 50 à 69 ans ont été suivis au cours de cette étude. Ils fumaient au moins cinq cigarettes par jour.
Au bout de dix ans de suivi, un cancer du poumon a été diagnostiqué chez plus de 1.400 participants.
Les résultats montrent que l’activité physique n’influence pas le risque de cancer du poumon. Il y aurait cependant un risque légèrement moindre chez les plus jeunes fumeurs du groupe étudié qui pratiquent une activité physique.
Référence :
Colbert LH : Physical activity and lung cancer risk in male smokers. Int J Cancer 2002 Apr 10;98(5):770-3
DEFINITION
Le diabète sucré est une affection caractérisée par l'augmentation du taux de sucre dans le sang (i.e. la glycémie) lié à un mauvais fonctionnement de l'insuline ou à une absence d'insuline. L'insuline est une hormone qui fait baisser la glycémie.
LE DIABETE SUCRE
DIABETE ET SPORT
CONSEILS
LE DIABETE SUCRE
Il y a plusieurs types de diabètes
Premier cas:
le pancréas ne produit pas assez d'insuline quand le taux de glucose augmente dans le sang après un repas (type I).
Deuxième cas:
il y a bien de l'insuline produite en quantité convenable, mais il n'y a pas assez de récepteurs sur les membranes des cellules.(type II).
Troisième cas:
c'est une diminution d'affinité des récepteurs pour l'insuline.
Quatrième cas:
il y a dans le sang la présence en trop grandes quantités d'autres hormones dont le rôle est de provoquer l'augmentation du taux du glucose sanguin. (glucagon, cortisol).
DIABETE ET SPORT
Pour ceux dont le pancréas ne fabrique presque pas ou pas du tout d'insuline (diabète de type I), pas de pratique sportive sans avis et suivi médical.
Pour les diabétiques dont les membranes des fibres musculaires ont des difficultés à reconnaître l'insuline dans le sang, un traitement médical s'impose également, souvent associé à un régime amaigrissant.
L'activité physique est également soumise aux conseils médicaux et diététiques.
Comme l'activité physique stimule l'entrée du glucose dans les cellules musculaires, la pratique du sport pourra leur permettre de diminuer les doses d'insuline.
Il est maintenant pratiquement certain que l'entraînement physique peut retarder et même empêcher l'apparition de certains diabètes de type II .
CONSEILS
D'abord être bien suivi médicalement et avoir un diabète sucré équilibré.
Eviter les sports violents et courts.
Eviter les sports intensifs et très longs, surtout si leur pratique est accompagnée d'un esprit de compétition.
En altitude, attention à l'utilisation des médicaments destinés à diminuer la glycémie quand les muscles sont en même temps soumis à un manque d'oxygène (la pression de l'oxygène diminue avec l'altitude).
Favoriser la pratique des sports longs et d'intensité modérée.
On conseille le jogging, le cyclisme, la course à pied à faible allure, le tennis non compétitif, en sachant prendre du repos entre les efforts.
Il y a des adaptations personnelles selon l'état des artères, des reins, du système nerveux et des variations individuelles plus ou moins prévisibles du taux de glucose sanguin.
Il faut avertir le diabétique qu'il risque d'avoir une hypoglycémie (baisse brutale du glucose sanguin) avec les malaises associés. Il est prudent d'avoir du glucose à portée de main et des compagnons informés de ce qu'ils doivent faire si cette éventualité se produit.
Les sportifs diabétiques savent en général adapter leurs doses d'insuline aux besoins de la compétition, car ils absorbent davantage de glucides ce jour-là.
Les réactions individuelles peuvent différer d'un diabétique à l'autre, d'autant plus que certains absorbent des aliments et des boissons prévues pour l'effort, dont la composition est variable d'une spécialité à l'autre.
Après l'exercice, le diabétique doit se réhydrater rapidement et il doit éviter de partager les libations alcoolisées dites de troisième mi-temps.
Pour vivre mieux , pratiquez une activité sportive. Le sport a des interêts différents sur la maladie en fonction du type de diabète.
Sport et Diabète de type I
Dans ce cas, le sport n'a pas d'effet thérapeutique direct. Il offre cependant 2 avantages non négligeables : l' exercice physique est l'occasion d'apprendre à adapter ses doses ; il a un rôle évident dans la valorisation de l'image de son corps.
Sport et Diabète de type II
Le sport a un intérêt thérapeutique direct puisque l'activité rend l'insuline plus efficace. Conscient de cette importance, l'AFD a cofondé l'Union Sport Diabète : 7 associations françaises ont décidé d'unir leurs efforts et leurs moyens pour favoriser l'exercice physique pour tous les goûts et à tous les niveaux, pour tous les diabétiques.
Pour connaître les programmes
AFD : renseignements au 01 40 09 24 25
ARTICLE INSPIRE DES SITES
TENDINITE : un traitement à essayer
Se badigeonner le genou avec un coton imprégné de la composition suivante :
Salicylate de Gaïacol 3 g plus teinture d'iode glycérinée, soit environ 20 g pour un petit flacon de 10 cl ( à faire préparer en pharmacie) .
Matin, midi et soir mettre un peu de la préparation sur un coton et tamponner longuement la zone où se situe la tendinite (pendant 2 à 3 minutes) , pendant 15 jours en cas de grosses douleurs, sinon deux ou trois jours suffisent.
Informations sur le salicylate de gaïacol
Témoignages de coureurs sur le forum de Bruno Heubi
Site d'un grand randonneur ayant testé cette préparation
TENDINITE : les causes
Tout sportif a eu ou aura un jour à souffrir d'une tendinite. Une tendinite est une inflammation d'un tendon. Principal symptôme : c'est (très) douloureux. La tendinite est un mal inhérent au sport, mais n'est pas une fatalité. Si elle se guérit avec le temps et le repos, il est plutôt préférable de l'éviter. Pour cela, on peut d'abord en rechercher les causes.
Elles sont :
Mecaniques
Infectieuses
Alimentaires
Autres...
Conjonction des différents facteurs
Mecaniques
Le tendon est soumis à des contraintes trop importantes sur un période trop longue, ce qui va dépasser sa capacité de résistance. Cela peut être causé par:
Une mauvaise position à l'effort
Un matériel défectueux (chaussures )
L'entraînement sous la pluie, dans le froid. Les conditions de travail (température) du tendon se trouvent fortement modifiées.
Le travail prolongé à plus de 80 % de la puissance maximale (un effort trop intense et trop long)
Des efforts physiques violents à froid.
Les impacts : Les chocs reçus par les tendons de façon accidentelle (lorsque l'on se cogne par exemple) ou ceux provoqués par des activités physiques.
Une malformation légère : Congénital ou acquis ce petit défaut peut devenir un problème lors de la pratique sportive et des contraintes occasionnées par la grande répétition des gestes et l'intensité de l'effort
Infectieuses
Les infections peuvent déclencher des tendinites. L'exemple classique est celui des infections dentaires, caries... Ne pas négliger pour cela la visite (bi)annuelle chez le dentiste. Toute infection est susceptible de favoriser voire déclencher une réaction inflammatoire, localisée sur un tendon ou ailleurs (muscle par exemple). Ce phénomène se rencontre lorsque le système immunitaire est sollicité par un agent infectieux. Donc dans ce cas, réduire l'entraînement et se soigner.
D'une façon connexe, un allergène: l'histamine bien connue de ceux et celles qui sont allergiques au(x) pollen(s) peut déclencher des tendinites. L'histamine intervenant dans le phénomène d'inflammation. Cet allergène se retrouve aussi dans certains aliments.
Alimentaires
Une autre cause de tendinites se trouve dans notre alimentation. Ce que nous buvons et mangeons insuffisamment ou en excès. Les principales causes alimentaires des tendinites sont :
Une hydratation insuffisante. L'hydratation doit être parfaitement soignée, aussi bien avant, pendant qu'après l'effort.
Un taux sanguin élevé d'acide urique. L'acide urique résulte de la dégradation des purines par notre organisme. Celles-ci sont présentes plus ou moins fortement dans les aliments, à éviter ou consommer avec modération. De plus il faut savoir que l'acide urique est éliminé à 75% par les urines, d'où l'intérêt d'une bonne hydratation.
Certains aliments contiennent de l'histamine ou une substance voisine la tyramine qui favorisent les tendinites. Elles se retrouvent dans les aliments suivants :
Ces aliments sont donc déconseillés. Cela ne veut pas dire qu'ils sont à supprimer définitivement, mais tout simplement à réduire, ou à éviter quand il le faut (apparition de tendinite, période d'allergie...).
A noter aussi qu'en ces temps modernes où les industriels de l'agro-alimentaire nous mitonnent de bons (?) plats avec des substances allergisantes, certaines inflammations se trouvent favorisées.
L'abus de sucre qui va nuire à l'élimination de l'acide urique.
Une perturbation de l'activité hépatique (le foie) engendre elle aussi des tendinites. Les cellules du foie n'ont alors pas un fonctionnement habituel et ne peuvent remplir leur rôle de détoxification. Les déchets non éliminés ainsi que le désordre métabolique qui se produit vont avoir un impact sur les tendons. Ce dysfonctionnement hépatique peut trouver son origine dans une hépatite ou pour certains sujets stressés dans une somatisation sur leurs voies biliaires (d'où l'intérêt de ne pas focaliser son attention sur une tendinite naissante pour ne pas l'aggraver)
Autres...
L'utilisation de certains produits médicamenteux peut nuire à l'élimination rénale de l'acide urique. C'est le cas de l'aspirine pour des dosages de l'ordre de 2 g/j, ou de diurétiques.
Conjonction des différents facteurs
Dans ce cas, les tendinites sont causées par plusieurs des facteurs cités précédemment. Éléments déclenchants et/ou élément aggravants. Il est très difficile de s'y retrouver et malheureusement difficile de traiter la tendinite qui peut prendre un caractère chronique.
Tendinite de l'épaule
Vue 3D du conflit
Schéma de la voie d'infiltration (vue de face)
Infiltration vue de profil
Mise à jour: 4/03
Tendinite, périarthrite
La tendinite de l'épaule est la plus fréquente des tendinites. Vous avez pu entendre le terme de "périarthrite" pour la décrire. Oubliez ce vocable médical qui ne sert pas à grand-chose, même pour les médecins: cela veut dire textuellement "problème autour de l'articulation", c'est donc très vague, ce n'est pas un diagnostic, cela signifie que l'on est hésitant sur la cause du problème. Périarthrite est en plus facilement confondue avec "polyarthrite", qui est son contraire: une pathologie de l'articulation elle-même, et qui a un caractère héréditaire et de gravité sans aucun rapport avec la tendinite.
Mécanisme
La fréquence de la tendinite de l'épaule vient de la situation conflictuelle des tendons qui coiffent la tête de l'humérus schéma: leur face supérieure est exposée au frottement sous la voûte osseuse de l'acromion, apophyse (appendice osseux) de l'omoplate.
L'épaule est une articulation particulière par les contraintes relativement modestes qui s'y exercent. Les os sont beaucoup plus minces et moins encastrés les uns dans les autres qu'au bassin. Cela permet des amplitudes de mouvement nettement plus importantes. Les ennuis viennent ainsi de la répétition des frottements et non pas des efforts dus aux poids.
Evolution
L'évolution chronique de la tendinite de l'épaule est causée d'une part par la répétition des gestes (généralement l'élévation du bras) provoquant le frottement du tendon, d'autre part par la mauvaise irrigation sanguine du tendon à cet endroit, qui rend sa réparation moins efficace. Certains pensent même que cette tendinite est en fait une dégénérescence "normale" du tendon avec l'âge.
Ce phénomène explique la médiocre efficacité des anti-inflammatoires pris par voie générale: la concentration locale des produits arrivant par voie sanguine n'est pas bonne.
La tendinite chronique à l'épaule n'est pas toujours très douloureuse. Ce peut être une vague gêne dans certaines positions, émaillée de douleurs plus franches après des efforts répétitifs mais encore très supportables et n'obligeant pas forcément à consulter un médecin.
C'est ainsi que de nombreuses personnes de la cinquantaine et au-delà ont des tendons déjà très fragilisés, sans s'être beaucoup plaintes jusque-là. Il n'est pas exceptionnel que la tendinite se révèle alors par une rupture brutale, en apparence spontanée, en fait déclenchée par un effort anodin sur un tendon très aminci.
L'évolution des tendinites négligées se fait en effet vers la fragilisation et la rupture. Le discours que nous vous tenons ici est donc à l'opposé de celui sur le mal de dos: n'ignorez pas des douleurs à l'épaule, même si elles restent supportables. Toute douleur chronique à l'épaule implique un conflit, avec peut-être progression de lésions irréversibles de vos tendons. Vous devez prendre l'avis d'un médecin, qui précisera du mieux possible le type de conflit, et vous proposera un véritable programme thérapeutique.
Précisons tout de suite que "douleur prolongée" n'égale pas forcément "tendon bousillé". Une cause classique d'évolution traînante est la présence d'une calcification à la surface du tendon: cette formation friable, déposée en excès par l'organisme sur la plaie tendineuse pour essayer de la "consolider", occupe un certain volume et aggrave en fait le conflit entre le tendon et la voûte osseuse de l'acromion. La calcification se désagrège parfois brutalement, c'est l'épaule aiguë calcique, parfois progressivement, entretenant une inflammation chronique à la surface du tendon sans que celui-ci soit vraiment détérioré: la douleur va durer alors plusieurs mois puis disparaître sans raison apparente. Si la calcification était connue, un contrôle en radio montre sa diminution de taille voire sa disparition.
Les médecins parlent souvent de la "coiffe des rotateurs". C'est le nom des tendons qui recouvrent la tête de l'humérus: ils la "coiffent", et leur action principale, pensait-on dans les débuts de la médecine anatomique, est la rotation de la tête humérale et donc du bras. En fait, ils ont surtout un rôle de maintien du centrage de la tête humérale dans la glène, la cavité de l'omoplate où elle s'articule. La glène a une surface très petite et est peu profonde; la tête humérale en sortirait facilement si cette coiffe tendineuse ne venait pas doubler l'appareil ligamentaire. Ce sont d'autres muscles plus longs et épais, les pectoraux le grand dorsal le deltoïde le sous-scapulaire, qui exercent les efforts de rotations.
Cela explique que l'on puisse récupérer en grande partie une fonction normale de l'épaule après une rupture de la coiffe tendineuse. Mais il existe une instabilité de l'articulation qui demande un gros travail de rééducation.
Le traitement de la tendinite de l'épaule
2 situations sont les plus fréquentes: leur traitement est très différent.
1) Vous faîtes votre 1ère tendinite, déclenchée à l'évidence par un effort inhabituel: vous avez repeint votre plafond, taillé une haie en hauteur pendant toute la matinée, fait plusieurs matchs de tennis d'affilée, etc... Dans les jours qui ont suivi est apparue cette douleur à l'épaule, assez permanente mais majorée par les mouvements du bras et par la pression du bras sur l'épaule.
Vous n'êtes pas coutumier des tendinites et des douleurs à cette épaule en particulier. Vous êtes conscient de vous être un peu surmené et serez plus prudent à l'avenir. C'est la forme de tendinite la plus simple à traiter: un simple repos (le mieux est de mettre le bras en écharpe quand vous n'êtes pas obligé de vous en servir) et un anti-inflammatoire (facultatif) peuvent suffire.
Mais la tendinite traîne facilement en longueur: vous avez déclenché une petite plaie tendineuse, et une bursite sous-acromiale, inflammation de l'espace de glissement entre le tendon et l'acromion schéma. La réparation est lente et l'inflammation facilement entretenue par des gestes ordinaires: le bras sert souvent... Des postures banales sont agressives sans que vous en ayez conscience: le fait de s'accouder, de s'appuyer sur le bras pour se relever, de manipuler une souris d'ordinateur pendant quelques heures, entraîne une élévation de la tête humérale et la compression des tendons de la coiffe sous l'acromion.
Le médecin est en droit de vous proposer d'emblée une solution simple bien qu'elle paraisse un peu agressive: l'infiltration. Il s'agit d'injecter directement dans l'espace sous-acromial, un produit anti-inflammatoire puissant (un corticoïde) et à effet retard. Il va "nettoyer" cet espace de son inflammation, calmer la plaie du tendon, et s'il n'y a pas fondamentalement de mauvais fonctionnement de votre articulation, l'effet sera définitif.
L'infiltration doit être pratiquée selon une technique irréprochable: bonnes conditions d'asepsie, pas d'injection contre résistance. La victime doit être détendue et coopérative. Le point d'entrée dépend du site supposé de la plaie tendineuse et des habitudes de l'opérateur. On vise cependant presque toujours à injecter l'espace sous-acromial. Ce peut être un échec et si le médecin reste sûr de son diagnostic, il peut vous proposer de la refaire avec contrôle radiologique de la position de l'aiguille. Le réveil de la douleur habituelle pendant la piqûre ou l'injection n'est pas mauvais signe. Au contraire, c'est souvent la meilleure garantie d'être au bon endroit. Si le réveil se fait à la piqûre, il faut reculer légèrement l'aiguille avant l'injection.
La réaction douloureuse que l'on peut voir après une infiltration est assez fréquente à l'épaule (voir faut-il craindre une infiltration).
2) Vous en êtes à votre pénultième crise de tendinite, ou la douleur ne disparaît pas complètement après une crise: il existe un problème de fonctionnement de votre épaule qui ne peut pas être résolu uniquement avec les médicaments. Il faut rééduquer votre épaule, et si une rééducation bien conduite est un échec, le médecin peut finir par vous proposer une intervention chirurgicale pour résoudre ce conflit.
Mais ne brûlez pas les étapes: une rééducation bien conduite n'est pas si facile à obtenir: vous pouvez avoir fait dix séries de quinze séances de rééducation pour rien. Certains critères sont nécessaires:
- la rééducation ne doit pas être entreprise en période douloureuse vive: vous pouvez quand même voir un kinésithérapeute, qui pratiquera massages et physiothérapie calmante, mais il ne faut pas faire travailler une épaule douloureuse: c'est l'échec assuré par réveil ou entretien de l'inflammation sous-acromiale.
- l'amélioration des douleurs doit donc être obtenue au préalable selon le schéma décrit dans la situation précédente: ici encore l'infiltration est le moyen le plus rapide et le plus sûr d'y parvenir. Elle s'inscrit cette fois dans un schéma thérapeutique à plus long terme: vous reverrez le médecin à distance. Il jugera si votre épaule est apte à une rééducation active. L'effet étant souvent spectaculaire, vous aurez envie de faire l'impasse sur le traitement physique. Mais si vous avez déjà fait des rechutes, n'attendez pas la prochaine car il faudra subir à nouveau une infiltration.
- la rééducation doit être bien connue dans ses principes généraux du rééducateur, et adaptée à chaque épaule. Votre coopération entière est évidemment nécessaire: respect des conseils, pratique des exercices. Ne partez pas battu parce que vous avez déjà fait de la rééducation, si elle n'a été faite dans les bonnes conditions. Si le résultat n'est pas celui espéré, n'hésitez pas à dialoguer avec votre rééducateur à chaque séance pour savoir si c'est normal. Si une réponse claire n'est pas trouvée, le rééducateur et vous-même peuvent contacter le médecin.
- les grands principes de la rééducation
Le bénéfice se verra moins sur l'amélioration des douleurs persistantes, qui peut être lente, que sur la prévention des rechutes.
C'est un travail long, difficile, et peu gratifiant dans l'immédiat. Ce n'est pas gagné d'avance. C'est pourquoi le médecin doit toujours décortiquer soigneusement ce que vous avez fait en rééducation avant de proposer une solution chirurgicale.
Pour des conseils pratiques, voyez la fiche épaule.
Appareil de renforcement des abaisseurs et rotateurs de l'épaule, pour les tendinites récidivantes
Si le traitement médical d'une tendinite sans complications est bien conduit, il devrait être très rare d'en arriver à une solution chirurgicale.
C'est différent quand la tendinite est compliquée: 2 grands cadres: les calcifications de la coiffe tendineuse et les ruptures, partielles ou complètes.
Le traitement médical reste suffisant dans la majorité des cas, mais il est plus souvent mis en échec.
Il faut bien peser les indications du traitement chirurgical. Une calcification doit être volumineuse et située dans l'espace sous-acromial pour être tenue responsable d'un conflit persistant. Une rupture n'est pas toujours réparable, elle l'est même rarement à partir d'un certain âge, et quand elle est réparée, la suture peut lacher. En fait il faut considérer la chirurgie comme un "nettoyage" très complet, plutôt que comme une réparation intégrale comme le fait la prothèse à la hanche. Les résultats sont donc variables et toujours bien meilleurs sur la douleur que sur la fonction: les gestes ne sont guère fortifiés ni plus amples, mais ils ne sont plus douloureux.
Le traitement chirurgical de la tendinite de l'épaule
est devenu très peu agressif. Il se fait par arthroscopie comme pour les ménisques au genou. L'opérateur glisse par une petite incision un arthroscope, tube composé de fibres optiques pour transmettre la vision de l'intérieur de l'articulation, et équipé de micro-instruments de chirurgie. L'anesthésie est générale le plus souvent. L'anesthésie régionale est techniquement délicate pour l'épaule et l'anesthésiste qui la pratique doit y être entraîné. Ne réclamez donc pas vivement de ne pas être endormi. Laissez l'anesthésiste choisir la méthode qu'il connaît le mieux.
Il y a 2 types d'opérations:
- La décompression simple de l'espace sous-acromial, la zone où votre tendon est en conflit avec l'os acromial (revoir schéma). C'est un nettoyage complet, avec enlèvement des débris tendineux, rabotage de la partie de l'os acromial qui agresse le tendon, et section d'un ligament pour décomprimer l'espace de glissement du tendon.
- La réparation d'un tendon déchiré. Même si les examens permettent d'estimer au préalable les possibilités de réparation, ce n'est que pendant l'intervention, en constatant de visu la qualité des tissus résiduels, que le chirurgien décidera véritablement de ce qu'il fera. Ne vous étonnez donc pas s'il reste un peu évasif sur cette réparation lors de la consultation pré-opératoire. Avantages d'une réparation: récupération d'une meilleure fonction, meilleure stabilité de l'épaule, moindre risque d'évoluer vers une arthrose. Inconvénients: suites opératoires plus difficiles, reprise très progressive des amplitudes de mouvements pour éviter que la suture ne lache, elle peut quand même finir par lacher sans grande difficulté si le tendon que l'on a voulu réparer est en mauvais état.
Rarement, l'opérateur ne peut pas exécuter l'ensemble de son geste avec l'arthroscope et fait une petite incision supplémentaire pour un abord chirurgical classique. C'est dans l'intérêt que l'intervention soit effectuée de la meilleure façon, ne pensez pas qu'il y a eu complication.
Les complications sont rares. Ce sont celles de l'anesthésie générale, l'infection post-opératoire, et un ennui particulier à cette chirurgie: la capsulite rétractile, que nous détaillons ci-dessous car c'est une des causes de douleurs de l'épaule autre que la tendinite. Sa fréquence après chirurgie de l'épaule est de 2 à 3 %.
Comment j'ai traité ma tendinite à l'épaule sans infiltration:
Il n'est pas toujours nuisible qu'un médecin expérimente soi-même un problème de santé: il peut trouver des moyens de s'en sortir qu'il n'aurait pas forcément conseillé à ses patients (ne me souhaitez pas de faire toutes les affections décrites sur ce site, merci).
J'ai donc fait une tendinite à l'épaule typique dans un club de vacances. J'avais commencé à éprouver de vagues douleurs en reprenant l'entraînement de volley plusieurs semaines auparavant. En augmentant la fréquence des matchs lors des vacances, cette tendinite est devenue franchement invalidante, douloureuse en permanence y compris la nuit. Mon propre examen mettait en évidence une inflammation de la bourse sous-acromiale au contact de la lésion tendineuse. J'aurais conseillé à n'importe qui dans cette situation d'arrêter provisoirement le sport responsable et de faire une infiltration. Mais se piquer soi-même... Certains collègues l'ont fait, mais brrr... J'avais de toute façon l'échappatoire royale de ne pas disposer du produit nécessaire. Je me suis mis à faire une bonne heure de kayak en mer tous les jours: un peu difficile pour l'épaule au début, mais la douleur s'échauffait et ne se réveillait pas dans les heures suivant l'effort. Au bout de 4 jours de ce régime, je n'avais plus du tout mal à l'épaule!
Que s'est-il passé? D'une part j'ai pris bien soin de choisir un sport qui ne reproduise pas du tout l'agression du tendon. Au volley, c'est essentiellement le smash au filet qui est responsable: on cherche à gagner un maximum de hauteur de bras (surtout quand on n'est pas 50 cm au-dessus du filet comme moi-même) et on frappe dans une situation de compression des tendons sous l'os acromial (Cf schémas du conflit). Le kayak n'induit pas cette compression: on peut ramer l'épaule basse. Le geste étant régulier et répétitif, il induit un massage de l'espace sous-acromial bien plus élaboré que ce qu'un kiné pourrait obtenir, et l'activation de la circulation locale facilite la résorption du liquide inflammatoire. Cet espace est mal vascularisé et en l'absence d'une mobilisation adaptée, le nettoyage naturel par l'organisme se fait mal. Le liquide peut persister des semaines voire des mois, ce qui fait que les douleurs de tendinite s'éternisent, alors même que parfois la lésion tendineuse est guérie. C'est d'ailleurs l'explication de l'effet souvent spectaculaire des infiltrations, qui n'a pourtant aucun effet sur la cicatrisation tendineuse, mais est capable pareillement de venir à bout d'un liquide inflammatoire persistant.
Ce qu'il faut en retenir:
-le repos global de l'épaule n'est pas une bonne solution (sauf si une crise bloque complètement l'épaule). Il faut essayer de repérer les gestes agressant le tendon et ne supprimer que ceux-ci.
-une activité de remplacement peut constituer un traitement, mais il faut respecter une consigne essentielle: que la douleur réveillée au départ s'atténue si l'on insiste dans l'activité (ne pas aggraver la lésion du tendon).
-tout le monde ne peut pas faire une heure de kayak par jour, donc les infiltrations ont encore des indications...
La fonction de l’épaule résulte de l’intégration complexe des mouvements de l’articulation gléno-humérale et de 3 autres systèmes articulaires séparés qui contribuent de façon synchrone et simultanée aux mouvements.
. Les articulations sterno et acromio-claviculaire sont des arthrodies avec une capsule épaisse et fibreuse et avec un ménisque fibrocartilagineux intra-articulaire.
. Bien que n’étant pas anatomiquement une véritable articulation, l’articulation scapulo-thoracique contribue de façon importante à la mobilité de l’épaule en assurant la bascule de l’omoplate sur le gril costal.
. L’articulation gléno-humérale est une articulation synoviale entre la tête humérale et la glène, renforcée par un anneau fibrocartilagineux, le bourrelet glénoïdien. La capsule articulaire est renforcée en avant par 2 à 3 pseudo-ligaments. Elle est large et lâche à la partie inférieure.
L’essentiel de la stabilité de l’articulation est assuré par les muscles de la coiffe des rotateurs :
- sous-scapulaire en avant,
- sus-épineux (2) en haut,
- sous-épineux (3) et petit rond (4) en arrière.
Ils s’insèrent à la partie proximale de l’humérus, en formant une lame fibreuse difficil-ement séparable de la capsule articulaire sous-jacente : la coiffe des rotateurs.
Au dessus de la coiffe des rotateurs, mais séparée d’elle par la bourse sous-acromiale, se situe l’arche constituée par l’acromion et le ligament coraco-acromial (1).
EXAMEN PHYSIQUE
Un interrogatoire et un examen physique détaillés sont essentiels chez tous les patients se plaignant d’épaule douloureuse.
L’épaule est examinée le patient debout ou assis, et l’examen débute par une inspection comparative des 2 côtés à la recherche :
- d’une tuméfaction de l’épaule,
- d’une anomalie des reliefs osseux,
- d’une amyotrophie, en particulier du sus ou sous épineux, de fasciculations.
Mobilité de l’épaule
. Les mobilités actives sont étudiées :
- en élévation latérale (abduction) : faire écarter les 2 bras latéralement, toucher les mains au-dessus de la tête et revenir à la position de départ;
- en élévation antérieure (antépulsion) : faire soulever les 2 bras en avant, toucher les mains au-dessus de la tête et revenir à la position de départ;
- en élévation antéro-externe, secteur de mobilité intermédiaire entre l’abduction et l’antépulsion, dans le plan de l’omoplate : c’est le secteur fonctionnellement le plus important de l’épaule.
Deux autres mouvements sont également très importants pour tester la mobilité de l’épaule :
- la manoeuvre " main-nuque ", que l’on teste en demandant au patient de mettre la main derrière le cou, aussi bas que possible (rotation externe);
- la manoeuvre " main-dos ", que l’on teste en demandant au patient de mettre la main derrière le dos, aussi haut que possible (rotation interne).
. Les mobilités passives de l’épaule doivent être testées :
- en élévation latérale (globalement, puis en empêchant la bascule de l’omoplate par une main fermement appuyée sur l’acromion, afin de tester la scapulo-humérale : l’amplitude de l’abduction normale de la scapulo-humérale est de 90 à 120°);
- en élévation antéro-externe (avec et sans fixation de l’omoplate), pour déterminer l’amplitude de mobilité, et aussi pour rechercher le signe de " l’impingement " de Neer : arc douloureux, habituellement entre 90° et 120°, il correspond au contact douloureux entre l’arche coraco-acromiale et la coiffe des rotateurs;
- en rotation externe et interne, testées le coude au corps fléchi à 90 °.
. Ensuite, il faut tester les muscles de la coiffe des rotateurs contre résistance, à la recherche d’une douleur provoquée ou d’une faiblesse.
- La partie supérieure de la coiffe (sus-épineux) est testée par la manoeuvre de Jobe : bras à 90° d’abduction, en rotation interne (pouce tourné vers le sol), ramené 30° en avant (dans le plan de l’omoplate) pour tester spécifiquement le sus-épineux;
- la partie antérieure (long biceps et sous-scapulaire) est testée par le " Palm Up " test : bras en antépulsion de 60° et en rotation externe (paume vers le haut) ;
- la partie postérieure (petit rond et sous-épineux) est testée par le test de Patte, en rotation externe, coude à 90° de flexion, bras en abduction à 90°.
Après avoir examiné l’épaule, des radiographies sont le plus souvent nécessaires. Bien que ne pouvant montrer directement les lésions des parties molles, elles peuvent montrer une atteinte dégénérative de l’acromion ou de la tête humérale qui souvent les accompagnent. Elles peuvent aussi montrer d’authentiques anomalies articulaires, parfois inattendues.
Au moindre doute, il peut être utile de s’assurer de l’absence de signes biologiques d’inflammation (VS, C-réactive-protéine).
EPAULE DOULOUREUSE PERIARTICULAIRE
L’épaule douloureuse est parmi les motifs les plus fréquents de consultation en pratique médicale. Dans la grande majorité des cas, cette douleur est liée à une souffrance périarticulaire (" périarthrite ", en particulier de la coiffe des rotateurs.
Mais, comme les autres articulations, l’épaule peut être le siège d’arthrite, d’arthrose et d’autres pathologies articulaires ou osseuses.
Tendinite dégénérative de la coiffe des rotateurs
C’est une pathologie très fréquente car l’arc coraco-acromial est rigide et agressif (en particulier le bord externe du ligament coraco-acromial) et le tendon du sus-épineux se trouve souvent coincé entre la tête humérale et le ligament coraco-acromial lors de l’abduction ou de l’élévation du bras (" Impingement syndrom " de Neer).
Ces microtraumatismes répétés peuvent occasionner l’attrition de la coiffe des rotateurs, et quelquefois, être à l’origine d’une rupture. De nombreuses activités, professionnelles ou sportives, les favorisent.
Il existe 3 stades cliniques différents :
. Premier stade : " Impingement syndrom " proprement dit (syndrome de coincement)
Il survient le plus souvent chez des adultes jeunes, de moins de 40 ans, qui se plaignent d’une douleur de l’épaule entre 60 et 120° d’élévation. A l’examen, on trouve le signe de " l’impingement " de Neer (voir ci-dessus), qu’une infiltration de 10 cc de procaïne à 1 % sous acromiale fait disparaître.
La manoeuvre de Jobe est douloureuse mais la résistance est normale.
Les radiographies sont normales.
Ce syndrome correspond à une bursite sous-acromio-deltoïdienne subaiguë. Le traitement médical est suffisant pour contrôler cette douleur. La répétition de ces microtraumatismes conduit, dans un nombre de cas difficile à préciser, au stade de tendinite dégénérative.
. Deuxième stade : tendinite dégénérative
La tendinite dégénérative de la coiffe des rotateurs est très fréquente : 25 % de la population générale a des lésions de la coiffe des rotateurs dégénératives aux environs de 50 ans et l’incidence augmente avec l’âge.
Les patients, autour de la cinquantaine, se plaignent de douleurs sourdes de l’épaule, de topographie imprécise, lors de la mobilisation. La douleur est souvent nocturne, et peut réveiller le patient.
A l’examen, les mobilités actives sont souvent légèrement diminuées par la douleur, en particulier à l’abduction. Les mobilités passives ne sont pas limitées, mais il existe un arc douloureux en abduction, antépulsion et élévation.
Les tests de la coiffe des rotateurs sont douloureux, mais avec une résistance normale (quelquefois, la résistance est difficile à tester du fait de la douleur). Ces tests, ainsi que la palpation attentive, permettent de préciser la localisation de l’atteinte.
Les muscles, le plus souvent atteints, sont le sus-épineux et le long biceps.
Les radiographies sont le plus souvent normales. Elles peuvent montrer des signes indirects (ostéocondensation, géodes, ostéophytes de l’acromion ou de la grosse tubérosité humérale). L’arthrographie est normale.
. Troisième stade : rupture de la coiffe des rotateurs
C’est le dernier stade de la maladie. Elle peut être spontanée ou provoquée par un traumatisme minime (chute ou effort modeste de soulèvement), car il existe déjà des lésions dégénératives ayant fragilisé la coiffe.
Les ruptures de la coiffe sont de deux types 2 : la rupture complète et la rupture partielle. A l’autopsie, 30 % des sujets âgés ont une rupture partielle, souvent passée inaperçue.
. La rupture complète aiguë est de diagnostic facile chez un patient qui souffre et se plaint de faiblesse du bras, sans limitation des mobilités passives de l’épaule (même si la mobilisation est douloureuse), mais avec une importante limitation des mobilités actives (épaule " pseudo-paralytique ": l’examen neurologique est normal). Le bras, mis en abduction à 90° par l’examinateur, tombe quand on ne le soutient plus.
. Le diagnostic de rupture partielle est nettement plus difficile : la persistance de la douleur plus de 6 à 8 semaines, chez un patient chez qui on a fait le diagnostic de tendinite, est à elle seule évocatrice du diagnostic. Les mobilités actives de l’épaule ne sont pas toujours diminuées. La diminution de la résistance aux tests de la coiffe, l’amyotrophie parfois associée, font évoquer une rupture partielle.
Sur les radiographies, il y a habituellement des lésions dégénératives : érosions, sclérose, géodes, ostéophytose de l’acromion et du trochiter. Il existe souvent un pincement de l’espace acromio-huméral. Il peut même entraîner une pseudo-arthrose acromio-humérale. Parfois ces signes n’apparaissent que sur une radiographie effectuée lors d’un effort d’abduction active (en portant un poids de 3 kg) : c’est la manoeuvre de Leclerq.
Les ruptures de la coiffe des rotateurs sont confirmées par l’arthrographie : fuite du produit de contraste dans la bourse sous-acromiale et les tissus mous péri-articulaires, plus ou moins importante suivant la taille de la rupture.
Le traitement a pour objectif de diminuer la douleur, de restituer au mieux la fonction de l’épaule, de prévenir les complications, en particulier la capsulite rétractile et d’éduquer le malade pour éviter les récidives. Il n’y a pas de programme thérapeutique uniforme et la stratégie doit être discutée cas par cas.
Le traitement conservateur habituel associe le repos (mais sans immobilisation stricte du bras), la diminution de la douleur par les AINS ou les antalgiques simples, la mobilisation passive précoce de l’épaule, progressivement remplacée par des exercices actifs quand la douleur régresse.
L’échec de ce traitement de base autorise des thérapeutiques plus agressives, en particulier les infiltrations de dérivés corticoïdes, soit au point le plus douloureux (le plus souvent sous-acromial), soit en intra-articulaire. Elles ne doivent pas être répétées trop souvent car les infiltrations intra ou péri-tendineuses peuvent retarder la cicatrisation, diminuer la résistance de la coiffe et favoriser sa rupture. Un total de 3 à 4 infiltrations, à 8 jours ou 15 jours d’intervalle, paraît raisonnable. Dans la plupart des cas, il y a une amélioration notable en 2 à 6 semaines de traitement.
Dans certaines formes chroniques, une intervention chirurgicale est nécessaire : elle consiste le plus souvent en une résection de la partie latérale de l’acromion et du ligament coraco-acromial.
La réparation chirurgicale rapide des ruptures complètes est nécessaire avant la rétraction des berges de la rupture, et donne les meilleurs résultats. Le traitement des ruptures anciennes pose un problème non résolu. Le traitement conservateur améliore les patients dans environ 60 % des cas. Les techniques chirurgicales récentes donnent des résultats plus satisfaisants, sans toutefois permettre une disparition totale de la douleur, ni une restauration complète de la fonction de l’épaule.
Tendinite calcifiante de la coiffe des rotateurs
Bien que certains aient dit que les calcifications de la coiffe étaient la conséquence de la dégénérescence tendineuse, il semble de plus en plus évident que le dépôt de calcium dans les tendons est possible en l’absence de lésions dégénératives. La tendinite calcifiante de la coiffe des rotateurs est différente, dans sa présentation et son pronostic, de la tendinite dégénérative.
Le mécanisme physiopathologique du dépôt de calcium n’est pas clair. On décrit 4 stades histologiques :
- précalcification avec métaplasie fibrocartilagineuse du tendon,
- calcification avec dépôts de calcium dans ce fibrocartilage,
- résorption avec hypervascularisation et phénomène de phagocytose,
- réparation avec abondantes cellules mésenchymateuses.
La tendinite calcifiante est, en effet, spontanément résolutive sans lésion histologique de réaction ou de cicatrisation tendineuse.
La prévalence de tendinite calcifiante de l’épaule est élevée : 3 à 8 % de la population générale. L’association avec le diabète est fréquente. Le sus-épineux est le plus souvent intéressé, puis le sous-épineux et le sous-scapulaire. L’atteinte est souvent bilatérale.
Il existe 3 stades cliniques.
. Stade asymptomatique : c’est la découverte fortuite de la calcification de la coiffe sur des radios faites pour un autre motif.
. Stade chronique : les symptômes sont indistingables de ceux de la tendinite dégénérative. L’évolution générale est cependant évocatrice car caractérisée par l’alternance de phases d’exacerbation et de rémission des douleurs.
. Stade aigu : il ressemble à un accès aigu de goutte ou de chondrocalcinose, avec une douleur brutale, très intense, avec impotence fonctionnelle totale. Le bras est tenu en position neutre ou en abduction, le moindre mouvement déclenche une douleur violente.
L’examen physique est pratiquement impossible. La palpation sous-acromiale prudente déclenche une violente douleur localisée.
La forme aiguë correspond vraisemblablement à une bursite aiguë microcristalline, entraînant la disparition des cristaux et la guérison.
Les radiographies simples montrent les calcifications, mais des incidences spéciales, dans différentes positions de rotation, sont souvent nécessaires pour localiser les calcifications. Au début, les calcifications sont denses, régulières et de contour net. Quand la calcification commence à être résorbée, ses limites sont irrégulières, floues et elle diffuse souvent dans la bourse sous-acromiale.
Le traitement, au stade aigu nécessite un traitement AINS majeur, la cryothérapie sur la zone douloureuse et les corticoïdes locaux pour obtenir le soulagement.
Les récidives et les formes chroniques peuvent nécessiter l’exérèse de la calcification, par ponction-trituration à l’aiguille, sous anesthésie locale et contrôle radiologique, suivie de l’instillation locale de dérivés corticoïdes.
Capsulite rétractile
Cette affection, appelée aussi " épaule gelée " est la conséquence d’une algodystrophie réflexe sympathique, qui peut atteindre l’ensemble du membre supérieur (syndrome " épaule-main ", mais reste souvent limitée à l’épaule.
Elle peut compliquer une quelconque des affections précédentes de l’épaule, mais aussi les traumatismes, les affections coronariennes cardiaques, les affections chroniques pulmonaires, le diabète, les accidents vasculaires cérébraux, ... (voir cours " Algodystrophies réflexes "
La capsule articulaire s’épaissit, devient inextensible, adhérente à la tête humérale. Les récessus capsulaires normaux sont rétractés. Les 2 épaules peuvent être atteintes simultanément ou successivement chez certains patients.
Arthrographie normale Arthrographie de capsulite rétractile de l’épaule
Le début progressif, insidieux, se caractérise par une douleur diffuse de l’épaule, avec enraidissement progressif. La douleur est souvent plus marquée la nuit.
Les mobilités actives sont sévèrement limitées, ainsi que les mobilités passives dans tous les secteurs, y compris en rotation externe. L’injection locale d’un anesthésique n’améliore pas les mobilités.
Trois stades ont été décrits :
- le premier caractérisé par la douleur et une raideur progressive, dure de 3 à 12 semaines;
- le second caractérisé par une douleur moins importante mais une raideur majeure, réalisant " l’épaule gelée ", dure de 2 à 12 mois;
- le troisième caractérisé par la récupération lente (3 à 12 mois) et souvent incomplète.
Les radiographies simples sont habituellement normales, en dehors d’une déminéralisation régionale qui n’apparaît qu’après 1 à 2 mois d’évolution. La scintigraphie osseuse est utile car elle montre une hyperfixation diffuse et intense, précoce, de l’épaule. A l’arthrographie, la capsule est rétractée, avec disparition des récessus axillaire et sous-scapulaire, le volume articulaire est réduit de 60 à 90 % (mais cet examen est inutile pour le diagnostic, qui reste clinique).
Le meilleur traitement de la capsulite rétractile est le traitement préventif par la mobilisation précoce des épaules douloureuses ou lors des pathologies chroniques susceptibles d’induire une capsulite.
Une fois la capsulite installée, il faut débuter la rééducation active le plus rapidement possible. Si l’épaule reste douloureuse, des infiltrations corticoïdes locales peuvent être indiquées pour soulager la douleur et permettre la mobilisation active.
Dans certains cas, les injections intra-articulaires de sérum salé sous pression maximale, suivies de mobilisation active, peuvent améliorer les mobilités. La mobilisation de l’épaule sous anesthésie générale, bien que proposée dans certains cas réfractaires, peut être dangereuse (lésions des parties molles, luxation, voire fracture humérale).
ARTHROPATHIES DE L’ARTICULATION GLENO-HUMERALE
L’articulation gléno-humérale, comme les autres articulations synoviales, peut être le siège de diverses arthropathies.
Arthrite septique
L’arthrite septique de l’épaule n’est pas rare, surtout après infiltration locale de corticoïdes. Dans ce cas, le diagnostic est difficile, du fait de l’effet anti-inflammatoire des corticoïdes (et une augmentation transitoire, durant 24 à 48 h, des douleurs après infiltration locale peut survenir en dehors d’une complication septique). L’arthrite septique doit donc toujours rester à l’esprit en présence d’une douleur de l’épaule.
Arthrite microcristalline
Il s’agit le plus souvent d’un accès aigu de chondrocalcinose, en particulier chez les sujets âgés. La chondrocalcinose peut être responsable d’arthrite destructrice sévère de l’épaule.
L’épaule de Milwaukee, récemment décrite, est une arthropathie destructrice dégénérative évoluée de l’épaule. La présence de cristaux de phosphate de calcium basique dans le liquide synovial laisse à penser qu’elle pourrait être une arthropathie microcristalline.
Rhumatismes inflammatoires chroniques
L’épaule est souvent affectée par la polyarthrite rhumatoïde ou les autres rhumatismes inflammatoires chroniques, mais rarement de façon isolée.
Arthrose
L’arthrose de l’épaule n’est pas rare, mais le plus souvent secondaire à une autre pathologie: séquelles de traumatisme ostéo-articulaire, arthrite inflammatoire ou tendinite chronique et rupture de la coiffe des rotateurs.
Ostéonécrose idiopathique
La nécrose de la tête humérale se voit chez les patients dyslipidémiques, éthyliques ou après corticothérapie locale ou générale.
Arthropathies neurologiques
L’arthropathie neurologique de l’épaule est souvent secondaire à une syringomyélie. Il s’agit d’une arthropathie destructrice indolore ou peu douloureuse et le patient est alerté par la diminution de mobilité et la gêne fonctionnelle.
A l’examen, il existe une limitation articulaire indolore, avec sensation de craquement et des troubles de la sensibilité thermo-algique. La radiographie montre une atteinte dégénérative importante avec ostéolyse de la tête humérale et des structures adjacentes.
PATHOLOGIE ACROMIO-CLAVICULAIRE
L’articulation acromio-claviculaire est souvent le siège d’arthrose, car elle est sollicitée à chaque élévation du bras au-dessus du plan de l’épaule.
La douleur provoquée par l’élévation du bras au-dessus de l’horizontale est évocatrice. La palpation de l’articulation permet de noter la tuméfaction articulaire et une douleur provoquée. L’adduction passive et la flexion du bras devant le thorax est un bon signe quand elle est douloureuse.
Les radiographies simples montrent des lésions dégénératives (mais elles sont fréquentes chez les sujets ne souffrant pas). L’infiltration corticoïde procure un soulagement.
L’arthrose acromio-claviculaire peut contribuer aux lésions de la coiffe des rotateurs par la tuméfaction et l’ostéophytose inférieure qu’elle peut entraîner.
AUTRES CAUSES D’EPAULE DOULOUREUSE
Syndrome de Parsonage et Turner
Il est rare. Il s’agit d’une neuropathie périphérique dont l’étiologie est inconnue.
Il se manifeste par une douleur brutale de la région de l’épaule, suivie quelques jours plus tard, d’une amyotrophie et d’une faiblesse musculaire, parfois très importante. Ce syndrome est spontanément résolutif (mais souvent incomplètement), il n’y a pas de traitement spécifique.
Atteinte du nerf sus-scapulaire
Le nerf sus-scapulaire peut être atteint soit dans l’échancrure sous-coracoïdienne, soit lorsqu’il con-tourne l’épine de l’omoplate.
Il innerve les muscles sus et sous-épineux, et son atteinte est donc responsable d’une amyotrophie de ces muscles et d’une parésie de l’abduction. Le diagnostic est aidé par l’électromyographie. Les infiltrations locales sous contrôle radiologique peuvent procurer une amélioration. Le traitement chirurgical peut être nécessaire.
Atteintes traumatiques de l’épaule
Elles sont fréquentes et complexes. Mais nous les avons volontairement écartées de ce chapitre (voir cours de traumatologie).
AU TOTAL
Dans la grande majorité des cas de douleur de l’épaule, 4 tableaux cliniques élémentaires, qui orientent chacun vers différents diagnostics étiologiques, peuvent être identifiés.
Epaule douloureuse simple
Il n’y a pas de limitation des mobilités actives et passives (les mobilités actives sont parfois limitées par la douleur, mais les mobilités passives, bien que douloureuses, ne le sont pas).
Elle résulte le plus souvent d’une tendinite dégénérative de la coiffe des rotateurs à ses différents stades (si les radiographies sont normales ou ne montrent que des altérations dégénératives modérées) ou d’une tendinite calcifiante au stade chronique, parfois d’une arthrose de l’articulation acromio-claviculaire.
Epaule pseudo-paralytique
Il y a une limitation marquée des mobilités actives, sans limitation des mobilités passives. Elle résulte d’une rupture importante de la coiffe des rotateurs si l’examen neurologique est normal (sinon il s’agit d’une épaule paralytique).
Epaule gelée
Il existe une limitation franche des mobilités actives et passives. Elle résulte d’une capsulite rétractile (si les radiographies sont normales), mais peut aussi résulter de toute autre arthropathie de l’épaule.
Epaule hyperalgique
Elle se caractérise par une douleur violente, une limitation majeure des mouvements actifs et passifs (l’examen clinique étant souvent presque impossible de ce fait). Elle peut résulter d’une arthrite aiguë (arthrite septique, chondrocalcinose, ...,) mais aussi, et souvent, d’une bursite aiguë secondaire à une tendinite calcifiante (les calcifications tendineuses doivent alors être vues sur les radiographies).
DIU de Médecine Manuelle Ostéopathie
Faculté de Médecine Broussais - Hôtel-Dieu
Les cours ont lieu à l'Hôtel-Dieu le Mercredi de 8h30 à 13 h, à l'amphithéâtre Dupuytren (A1 Rez-de-Chaussée). Une pause est prévue de 10h30 à 10h45.
Attention : cours l'après-midi de 14h à 17h le 09 novembre 2005 uniquement
09 Novembre 2005
J.Y. MAIGNE (8h30–12h45)
Accueil des étudiants
Anatomie vertébrale I : rachis lombaire et sacrum.
Anatomie vertébrale II : rachis cervical et thoracique.
Anatomie vertébrale III : muscles vertébraux.
P. SEROR (14h00-15h30)
EMG et pathologie vertébrale.
A. RUIZ (15h30–17h00)
Radiologie standard et dynamique, scanner, saccoradiculographie.
30 Novembre 2005
J.Y. MAIGNE (8h30–10h30)
Examen vertébral segmentaire
Le dérangement intervertébral mineur (DIM)
Le syndrome cellulo-myalgique : un syndrome neurotrophique segmentaire
D. CYPEL (10h45–12h45)
Lombalgies discales (I)
Lombalgies discales (II)
14 Décembre 2005
G. MORVAN (8h30-10h)
Imagerie par Résonnance Magnétique. Application à la pathologie vertébrale.
R. MAIGNE (10h-11h)
Le syndrome de la charnière thoraco-lombaire.
J.Y. MAIGNE (11h00-13h00)
Syndrome articulaire postérieur lombaire. Syndrome de la branche postérieure du nerf rachidien et lombalgies.
Syndromes ilio-lombaire, du pyramidal et de Baastrup. Douleurs sacro-iliaques mécaniques.
11 Janvier 2006
A. GOURJON (8h30–9h30)
Dorsalgies communes : l'algie interscapulo-vertébrale (AIS) d'origine cervicale. Les entorses costales. Le syndrome de l'angulaire. Les autres dorsalgies.
J.Y. MAIGNE (09h30–10h30)
Les céphalées cervicales. "Vertiges" et rachis cervical.
Syndrome cellulo-myalgique C2 et C3.
B. RIME (10h45–12h45)
Sciatiques discales. Syndrome cellulo-myalgique L5 et S1.
Cruralgies et autres névralgies lombaires. Syndrome cellulo-myalgique L2, L3 et L4.
01 Février 2006
J.Y. MAIGNE (8h30–9h30)
Coccygodynies. Douleurs du sacrum.
P. JUVIN (9h30-10h30)
Cervicalgies aiguës et chroniques.
B. RIME (10h45 –11h45)
Névralgies cervico-brachiales.
Douleurs d'épaule et du coude à composante cervicale.
Syndrome cellulo-myalgique de C4 à C8.
M. LE FAOU (11h45-12h45)
Electrothérapie appliquée au rachis.
01 Mars 2006
C. MARTY (8H30-10H30)
Maladie de Scheuerman.
Scoliose - Cyphoses thoraciques.
S. GUEDJ (10h45-11h45)
Infiltrations vertébrales.
P. JUVIN (11h45-12h45)
Douleurs pseudo-viscérales d'origine vertébrale et douleurs pseudo-vertébrales d'origine viscérale.
29 Mars 2006
J.Y. MAIGNE (8h30-10h30)
Les syndromes myofasciaux. Fibromyalgie. Syndrome des charnières.
Spondylolisthésis lytique et dégénératif.
Autres malformations de la charnière lombo-sacrée.
D. CYPEL (10h45-12h45)
Rachis lombaire : tractions et orthèses.
Rééducation vertébrale lombaire. Principes et prescription.
26 Avril 2006
L. DOURSOUNIAN (8h30-10h30)
Canal lombaire étroit.
Chirurgie du disque inter-vertébral.
G. MONDOLONI (10h45-11h45)
Hygiène vertébrale. Economie posturale. Ecole du dos.
M. MEZZANA (10h45-11h45)
Rachis cervical : tractions et orthèses. Relaxation. Rééducation des cervicalgies.
17 Mai 2006
A. GOURJON (8h30-9h30)
Régles d'application et conduite d'un traitement par manipulations. Mobilisations, manipulations directes, indirectes et semi-indirectes.
B. RIME (9h30-10h30)
Les différents modes de thérapeutiques manuelles.
Rappel historique. Reboutage, ostéopathie, chiropraxie, médecine orthopédique, médecine manuelle.
J.Y. MAIGNE (10h45-11h45)
Mode d'action des manipulations. Leur efficacité : une synthèse de la littérature.
P. JUVIN (11h45-12h45)
Contre-indications des manipulations. Accidents, incidents : leur prévention.
Les Travaux Pratiques ont lieu à l'Hôtel-Dieu le Mercredi de 14 h à 17 h, dans le Service de Médecine Physique (B1- Sous-Sol).
09 Novembre 2005: pas de TP
30 Novembre 2005 M. MEZZANA D. CYPEL
Examen vertébral segmentaire
Techniques de palpation de la peau, des muscles et des tendons.
Application à la pathologie cervicale, thoracique et lombaire.
14 Décembre 2005 M. ZEITOUN P. JUVIN
Examen clinique du rachis lombaire.
Mobilisations en flexion, latéro-flexion, extension, rotation.
Techniques de détente et d’étirements des muscles : moyen fessier, TFL, ischio jambiers et pyramidal.
11 Janvier 2006 J.Ph DUBOIS M. MEZZANA
Examen clinique du rachis thoracique et de l'articulation sacro-iliaque.
Mobilisations en flexion, latéro-flexion, extension, rotation.
Techniques de détente et d’étirements des muscles paravertébraux.
01 Février 2006 A. GOURJON B. RIME
Examen clinique du rachis cervical.
Mobilisations en flexion, latéro-flexion, extension, rotation.
Techniques de détente et d’étirements.
01 Mars 2006 J.Ph. DUBOIS B. RIME
Manipulations périphériques et techniques de tissus mous : hanche, genou.
29 Mars 2006 D. CYPEL S. GUEDJ
Infiltrations. Corsets.
26 Avril 2006 P. JOSEPH H. BOUDIB
Manipulations périphériques et techniques de tissus mous : épaule, cheville, pied.
17 Mai 2006 S. GUEDJ F. GENET
Manipulations périphériques et techniques de tissus mous : coude, poignet, main.
Révision générale.
j'y serais le 26/04
Définition
Une tendinite est l'inflammation du tendon. Une ténosynovite associe une tendinite à une inflammation de la synoviale, qui est la gaine qui entoure l'articulation.
les tendinites
Les principales tendinites sont selon l'articulation touchée :
coude : épicondylite et épitrochléite
épaule : ténobursite
hanche : ténobursite trochantérienne
genou :
- bursite quadricipale : l'extension du genou est douloureuse
- ténobursite de la patte d'oie : la flexion du genou est douloureuse
maladie de Pellegrini-Stieda
tendinite achilléenne due au port de chaussures trop serrées
Deux signes sont importants : il existe une douleur à la mobilisation et à la palpation de la région atteinte ainsi qu'une douleur lors de la mobilisation contrariée.
Le traitement nécessite le repos et l'utilisation locale de produits anti-inflammatoires et antalgiques : gel percutané Niflugel , l'éviction du geste responsable ou de la cause des microtraumatismes, la rééducation éventuelle, la physiothérapie.
les ténosynovites
Les ténosynovites s'observent surtout au poignet et à la cheville. Elles se traduisent par des phénomènes acroparesthésiques (fourmillements des doigts et des orteils).
La cause en est le surmenage articulaire, en particulier les microtraumatismes liés à la répétition d'un même geste, et le vieillissement tendineux.
Les ténosynovites rhumatismales touchent surtout les extenseurs des doigts ou les radiaux dans certaines professions exposées (pianistes, dactylo...). Elles s'accompagnent parfois de crépitations. L'évolution est variable.
La ténosynovite chronique sténosante de De Quervain touche le long abducteur et le court extenseur du pouce.
La douleur siège sur la styloïde radiale et peut irradier vers le bord externe de l'avant bras et le pouce. L'extrémité inférieure du radius est tuméfiée. L'évolution est longue et de traitement difficile.
Le doigt à ressort est une entité particulière. C'est une ténosynovite nodulaire des fléchisseurs d'un doigt (pouce ou médius). Le patient signale un ressaut douloureux lors de l'extension d'un doigt fléchi. Ce ressaut gêne le mouvement du doigt. Une nodosité est parfois palpée à la face palmaire de l'articulation métacarpo-phalangienne.
Le traitement repose sur le repos, les antalgiques, les infiltrations locales de dérivés cortisonés, l'électrothérapie et rarement la chirurgie.
Les kystes synoviaux
Les kystes synoviaux sont des petites hernies formées par les franges synoviales qui viennent faire saillie sous la peau qui recouvre les articulations.
Ces hernies sont parfois spontanément réductibles mais peuvent aussi être fixées par une réaction fibreuse.
Le kyste contient quelques gouttes de liquide synovial et peut être le siège d'une inflammation.
La flexion ou l'extension de l'articulation peut mettre en tension la hernie qui devient douloureuse. La palpation peut également réveiller la douleur.
La localisation la plus fréquente est le dos du poignet.
Les kystes de Baker siègent au creux du genou. Ils sont souvent d'origine traumatique, dus à la rupture postérieure de la capsule articulaire.
Le traitement n'est pas toujours nécessaire. En cas de gêne ou de douleur, il repose sur la ponction à l'aiguille ou l'exérèse chirurgicale.
Quelle est la fréquence des troubles érectiles ?
Impuissance, dysfonctionnements érectiles, troubles de l’érection… autant d’expressions qui décrivent un même problème, touchant près d’un homme sur dix. N’épargnant aucune tranche d’âge, ils sont cependant plus fréquents après 40 ans. Savoir que cette condition n’est pas exceptionnelle permet bien souvent de lever un tabou. Aujourd’hui des solutions thérapeutiques efficaces existent et permettent de retrouver une bonne qualité de vie.
Spécial Enquête Troubles de l'érection
Pas facile de parler de ses problèmes d'érection, c'est pourquoi Doctissimo vous propose tout un espace dédié à ce problème intime. Afin de connaître votre intérêt pour ces articles, nous vous proposons de répondre à ce petit questionnaire, en cliquant ici.
La sexualité représente un aspect fondamental de la vie. Une détérioration affecte directement la qualité de vie des victimes de troubles de l’érection mais également de leurs partenaires. Craignant la panne, l’homme a tendance à se sentir dévalorisé ou coupable face à une impuissance même passagère. Certains hommes préféreront se refermer sur eux-même, évitant toute tendresse. Cette attitude conduit inévitablement à une dégradation de la vie de couple. Pour éviter d’en arriver là, des traitements existent mais le premier pas consiste à en parler à son médecin.
Entre 2 et 3 millions de Français touchés
La plupart des hommes doivent faire face au moins une fois à des difficultés à obtenir ou maintenir une érection digne de ce nom. La fatigue, le stress, la maladie ou l’alcool sont parmi les causes les plus fréquentes.
L’impuissance permanente est très rare chez les hommes jeunes, mais la fréquence augmente avec l’âge. Après 40 ans, les troubles se font plus fréquent. Entre 40 et 70 ans, entre 30 et 50 % des hommes souffrent de problèmes d’érection.
La dernière grande enquête sur la sexualité des Français (ACSF) s’est intéressée à ces problèmes. Le tableau ci-dessous résume les principaux résultats à la question téléphonique "Avec quelle fréquence avez-vous déjà présenté une totale absence d’érection (impuissance) ?".
Age 18-19 ans 20-24 ans 25-34 ans 35-44 ans 45-54 ans 55-69 ans Tous
Jamais 73 % 64 % 62 % 52 % 44 % 34 % 52 %
Assez rarement 17 % 21 % 24 % 29 % 32 % 35 % 28 %
Parfois 3 % 8 % 10 % 11 % 15 % 19 % 12 %
Souvent 6 % 4 % 4 % 8 % 9 % 10 % 7 %
Pas de réponse 1 % 3 % 0 0 0 2 % 1 %
Qu'est-ce que la maladie de Dupuytren?
La maladie de Dupuytren est une affection de la main qui fait que les doigts se replient sur la paume et ne peuvent plus se redresser. Bien que ce soient ordinairement l'annulaire et l'auriculaire qui sont atteints, cette affection peut s'étendre à tous les doigts. La maladie de Dupuytren progresse lentement et ne cause ordinairement pas de douleur. Chez les personnes atteintes de cette affection, les tissus qui se trouvent en-dessous de la peau qui recouvre la paume de la main s'épaississent et se raccourcissent de telle manière que les tendons qui actionnent les doigts ne peuvent plus se déplacer librement. Les doigts se replient de plus en plus sur la paume et ils ne peuvent pas être redressés.
Quel est le traitement de la maladie de Dupuytren?
Diverses méthodes conservatrices ont été mises à l'essai pour le traitement de la maladie de Dupuytren, notamment la thérapie physique, la fasciotomie à l'aiguille, le diméthylsulfoxyde, la vitamine E, la thérapie ultrason, les injections de stréroïdes et les éclisses ou attelles. La plupart de ces traitements n'ont donné aucun résultat clinique utile. Lorsqu'une maladie de Dupuytren est bel et bien diagnostiquée, seule la chirurgie a réussi jusqu'à ce jour à y remédier.
Quels sont les facteurs professionnels de la maladie de Dupuytren?
On ne saurait affirmer qu'il existe un lien quelconque entre le travail et la maladie de Dupuytren, car les preuves dans ce sens sont à peu près nulles. Une seule étude mentionne la possibilité qu'une maladie de Dupuytren soit attribuable aux activités professionnelles d'un travailleur manuel. Cependant, d'autres études n'ont réussi à démontrer aucun lien entre le travail et cette maladie
Qu'est-ce qu'un tendon?
Les tendons sont des cordons ou des bandes de tissus fibreux qui relient les muscles aux os. Les tendons transmettent aux os la force produite par les muscles afin de produire le mouvement des articulations.
Qu'est-ce qu'un trouble tendineux?
Les troubles tendineux sont des troubles médicaux qui provoquent un mauvais fonctionnement des tendons. Ces troubles touchent deux types de tendons : ceux sans gaine synoviale (figure 1) et ceux avec une gaine synoviale (figure 2). On parle de « tendinite » pour les tendons qui n'ont pas de gaine synoviale et de « ténosynovite » pour ceux qui en ont une.
Figure 1
Figure 2
Qu'est-ce qu'une tendinite?
On utilise le terme tendinite (ou ténosite) pour décrire l'inflammation d'un tendon. La structure d'un tendon, qui ressemble à celle d'une corde, est formée de fibres lisses et résistantes. Les mouvements répétitifs ou prolongés, les efforts soutenus, une mauvaise posture ou le maintien prolongé d'une même position, les vibrations ou un stress mécanique localisé peuvent tous provoquer une déchirure des tendons, à la manière d'une corde qui s'effiloche.
Ces changements déclenchent une réaction inflammatoire. L'inflammation est une réaction localisée du tissus consécutive à une blessure. Avec le temps, les tendons enflammés s'épaississent, deviennent bosselés et prennent une forme irrégulière. Le repos est alors de mise afin de permettre au tissu de guérir, sans quoi l'affaiblissement du tendon risque d'être permanent.
Qu'est-ce qu'une ténosynovite?
La ténosynovite est une inflammation de la gaine synoviale. Les parois intérieures de la gaine synoviale sécrètent un liquide visqueux que l'on appelle synovie et qui sert à lubrifier les articulations. Les mouvements répétitifs ou prolongés, les efforts soutenus, une mauvaise posture ou le maintien prolongé d'une même position, les vibrations ou un stress mécanique localisé peuvent tous entraîner un mauvais fonctionnement du système de lubrification des articulations. Il se peut que la quantité ou la qualité du liquide lubrifiant ne soit pas adéquate. Il se produit alors une friction entre le tendon et la gaine synoviale, qui provoque l'inflammation et l'enflure de la gaine synoviale. Des épisodes répétés d'inflammation peuvent causer la formation de tissus fibreux et l'épaississement de la gaine synoviale, ce qui réduit la mobilité du tendon.
À quel endroit se produisent les troubles tendineux?
Les sièges les plus fréquents des troubles tendineux sont les suivants:
Figure 3
Épaule
Ténosynovite bicipitale : Inflammation des tendons du biceps.
Tendinite du sus-épineux : Inflammation des tendons du muscle qui permet la rotation de l'humérus (os du bras) et qui permet de lever le bras.
Coude
Épicondylite externe ou tennis elbow : Inflammation du tendon qui relie certains muscles de l'avant-bras à l'épicondyle, situé sur la partie externe de l'humérus, juste au-dessus du coude.
Mains et poignets
Tendinite des muscles fléchisseurs : Inflammation des tendons des muscles du poignet situés du côté de la paume.
Tendinite des muscles extenseurs : Inflammation des tendons des muscles du revers du poignet et de la main.
Ténosynovite des muscles fléchisseurs : Inflammation de la gaine synoviale des tendons du poignet situés du côté de la paume.
Ténosynovite des muscles extenseurs : Inflammation de la gaine synoviale des tendons du revers du poignet et de la main.
Maladie de Quervain: Inflammation de la gaine synoviale du tendon à la base du pouce.
Maladie de Dupuytren: Cette maladie provoque l'épaississement et le rétrécissement des tissus sous l'épiderme de la paume de sorte que les tendons qui se rattachent aux doigts ne sont plus en mesure de bouger librement. Cette maladie entraîne une dégénérescence non inflammatoire des tendons du muscle palmaire.
Tendinite de l'épaule
Les troubles tendineux de l'épaule les plus fréquents sont la ténosynovite bicipitale et la tendinite du sus-épineux, que l'on appelle également tendinite du muscle sus-épineux, bursite sous-deltoïdienne, bursite sous-acromiale ou déchirure partielle du muscle sus-épineux.
Les travailleurs qui doivent effectuer des mouvements très répétitifs jumelés à l'application d'une certaine force physique présentent souvent des troubles tendineux de l'épaule. Les travailleurs qui doivent prendre des positions inhabituelles, comme travailler la tête basculée vers l'arrière, les bras surélevés, ou qui doivent plier les coudes et lever les bras de manière précise présentent fréquemment des troubles tendineux.
Épicondylite
La tendinite du coude, aussi connue sous le nom de « tennis elbow » ou d'épicondylite externe, est associée à des tâches qui exigent de la part du travailleur des mouvements répétitifs des doigts, des poignets et des avant-bras (avec l'application d'une certaine force physique). Certains mouvements particuliers, comme la rotation simultanée de l'avant-bras et le fléchissement du poignet, la prise d'objets avec force jumelée à un mouvement de l'avant-bras vers l'intérieur ou l'extérieur ou un mouvement saccadé de lancement, sont associés à l'apparition de la tendinite ou de l'épicondylite externe. Pour de plus amples renseignements, consultez notre document Réponses SST sur l'épicondylite.
Tendinite des mains et des poignets
La tendinite des muscles de la main et du poignet comprend une variété de diagnostics tels que la ténosynovite, la tendinite, la maladie de Quervain et la maladie de Dupuytren.
Le travail à la chaîne, les activités liées à la transformation de la viande, le travail manufacturier, le tricotage, la dactylographie et jouer du piano sont tous des activités à risque élevé associées à l'apparition des tendinites aux mains et aux poignets.
Des données probantes indiquent que les travailleurs qui s'exposent à des facteurs de risque tels que les mouvements répétitifs et l'utilisation d'une force physique considérable s'exposent également à un risque élevé de tendinite de la main ou du poignet.
Quels sont les symptômes?
La présence d'une douleur à l'endroit affligé est un signe clinique de trouble tendineux.
Un examen médical dévoile ensuite des signes physiques spécifique, dont la douleur au toucher de la région atteinte, et parfois une enflure, des rougeurs et une mobilité réduite.
Quels sont les traitements?
Le traitement des troubles tendineux est de nature conservatrice et exige rarement une intervention chirurgicale.
Toutefois, des modifications au plan de travail s'imposent afin d'améliorer l'efficacité du traitement.
Il faut éviter les activités qui ont entraîné ou aggravé le trouble, de manière à empêcher celui-ci de s'aggraver ou de se répéter. L'utilisation de médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) est habituellement efficace pour soulager la douleur. On a également recours à l'application de glace ou de chaleur, aux massages, aux exercices d'étirement et de musculation, aux neurostimulateurs transcutanés (à travers la peau), aux ultrasons et à l'ionophorèse. L'ionophorèse consiste à injecter certains médicaments hydrosolubles sous la peau, sur des tissus précis, en soumettant la solution médicamenteuse à un léger courant électrique. Cependant, l'efficacité de certaines de ces méthodes n'a pas été entièrement évaluée.
Comment prévenir les troubles tendineux?
Les troubles tendineux sont souvent associés à des mouvements répétitifs ou prolongés, un effort soutenu, une mauvaise posture ou le maintien prolongé d'une même position, des vibrations ou un stress mécanique localisé. Pour prévenir les troubles tendineux, on doit d'abord cerner ces facteurs de risque, puis les éliminer.
Il faut améliorer les pratiques et l'équipement de travail de manière à éliminer la répétition des mouvements ainsi que les mauvaises postures et le temps passé à garder la même position. Une bonne conception des tâches devrait également viser à réduire le besoin de faire des efforts soutenus et à s'assurer que les périodes de repos au travail sont utilisées convenablement.
La prévention des troubles tendineux doit se faire avant tout par la formation et la sensibilisation. Pour être efficace, le programme de formation et de sensibilisation doit être structuré, cohérent et continu. Tous les travailleurs, les gestionnaires, les représentants de la santé et de la sécurité au travail et les autres doivent y participer activement.
Question: Bonjour, mon docteur a diagnostiqué un tennis elbow (avant-bras). Il m'a prescrit de la crème feldène et un anti-inflammatoire. Le mal persiste et j'aimerais savoir quel est le traitement le plus efficace pour soulager la douleur ou quel spécialiste consulter. Je vous remercie de votre réponse.
D. Bonnin
Bonjour Mme Bonnin, le tennis elbow est une appellation utilisée pour désigner une problématique du coude que l'on devrait appeler épicondylite latérale et/ou tendinite des extenseurs du poignet. La raison de la référence au tennis vient du fait que dans ce sport les blessures aux extenseurs du poignet sont dans une proportion épidémique. Il faut bien comprendre que les muscles qui permettent l'extension (mouvement vers l'arrière) du poignet s'attachent sur une aspérité osseuse que l'on nomme épicondyle. C'est la pointe osseuse du coude que l'on cogne et qui nous fait si mal.
En ce qui a trait au traitement, il faut s'assurer que le coude, le poignet et l'épaule sont en bonne forme et fonctionnent convenablement tant au niveau musculaire qu'articulaire. Par la suite, il faut prendre le temps de bien évaluer la région cervicale puisque tous les nerfs qui vont dans le bras partent du cou. Si un nerf est irrité et que les muscles qu'il innerve ne fonctionnent pas convenablement, on risque d'avoir des rechutes fréquentes. Une fois que tout est décoincé, il faut soumettre le patient à un programme d'étirement et de renforcement pour bien terminer le tout. Le but à long terme est de retrouver toute ses capacités sans avoir à modifier ses activités, tout en permettant à l'articulation lésée de revenir encore plus forte qu'elle l'était.
La chiropratique est tout à fait indiquée pour vous. Le docteur en chiropratique est l'un des professionnels de la santé qui possèdent la formation nécessaire pour voir à toutes ces étapes. Vous n'aurez donc pas à vous promener d'un spécialiste à l'autre pour recevoir un traitement complet. Je vous suggère donc de me consulter ou de consulter un de mes confrères afin de recevoir un examen susceptible de vous remettre sur la route de la santé.
J'espère avoir répondu à vos interrogations.
François Auger
Chiropraticien DC
Version imprimable
Réponses SST
Maladies et lésions
Épicondylite (tennis elbow)
Qu'est-ce que l'épicondylite?
L'épicondylite est une maladie douloureuse du coude. On l'appelle aussi tennis elbow (ou "coude du joueur de tennis", appellation trompeuse, car la plupart des personnes qui souffrent de ce problème ne jouent pas au tennis. En fait, l'épicondylite est rarement associée à des activités de loisirs.
L'appellation scientifique du tennis elbow, "épicondylite latérale", désigne une inflammation qui survient au voisinage d'une petite saillie osseuse de l'os du bras (humérus), juste au-dessus de l'articulation du coude sur la face externe du bras. Il arrive toutefois que d'autres régions de l'avant-bras et du coude soient douloureuses. Selon certains experts, l'appellation "syndrome douloureux latéral du coude" est plus précise, mais cette appellation est encore peu utilisée.
Ce sont principalement les tendons lésés situés à proximité du coude qui sont responsables de la douleur associée à l'épicondylite. Les tendons sont de solides bandes de tissu qui fixent les muscles à l'os. Lorsqu'ils subissent une tension ou une surutilisation répétées, les tendons deviennent sensibles et gonflés. Le sujet souffre alors de tendinite (ou ténosite), terme médical désignant l'inflammation d'un tendon. L'épicondylite latérale (ou tennis elbow) désigne un type particulier de tendinite qui touche une région particulière du coude.
C'est souvent le mode d'utilisation des muscles de l'avant-bras qui détermine l'apparition d'une épicondylite. Ces muscles contrôlent les mouvements de la main et du poignet. Ils sont fixés aux tendons, qui les relient à seulement deux petites saillies osseuses situées juste au-dessus du coude, l'une sur la face externe du bras, l'autre sur la face interne.
Les muscles rattachés à la face externe du coude sont chargés de :
redresser les doigts,
plier le poignet vers le haut,
faire tourner l'avant-bras, pour que la main se présente en position de supination (paumes vers le haut).
Les muscles rattachés à la face interne du coude sont chargés de :
plier les doigts,
plier le poignet vers le bas,
faire tourner l'avant-bras, pour que la main se présente en position de pronation (paumes en dessous).
La façon dont les tendons relient les muscles à l'os, au-dessus du coude, présente des faiblesses. Les points d'attache des tendons sont parfois trop petits pour supporter la force considérable de muscles puissants. Ces tendons peuvent subir une sollicitation excessive lorsque la main ou l'avant-bras effectuent des mouvements violents et saccadés, comme la préhension, le soulèvement ou le lancer.
Les tendons ne s'étirent pas lorsqu'ils subissent une traction. Ils sont faits de fibres solides, lisses et luisantes qui leur donnent l'aspect d'une corde. Ces fibres peuvent toutefois se déchirer, un peu comme une corde qui s'effiloche, si elles subissent des contraintes importantes ou des chocs soudains. On appelle foulure ce type de blessure qui entraîne généralement la formation de tissu cicatriciel. Au fil du temps, les tendons blessés épaississent, deviennent bosselés et irréguliers. Les tendons sursollicités peuvent rester affaiblis en permanence si on ne leur accorde pas le repos et le temps nécessaire à la cicatrisation des tissus.
On peut observer des lésions aux tendons des deux faces du coude. Lorsque la face externe du coude est touchée, ce qui arrive le plus fréquemment, on est en présence d'une épicondylite latérale (coude du joueur de tennis ou tennis elbow du revers). Lorsque c'est la face interne, il s'agit d'une épicondylite médiane (coude du golfeur ou golfer's elbow).
On ne connaît pas exactement la cause de la douleur associée à l'épicondylite. La majorité des experts l'attribuent aux petites déchirures qui apparaissent dans les tendons. Parmi les autres causes possibles, citons l'apparition de tissu de type cicatriciel sous le tendon, l'usure de l'articulation du coude ou encore l'irritation ou l'inflammation des nerfs qui passent au voisinage de la région du coude.
Quels sont les facteurs de risque de l'épicondylite?
L'apparition de l'épicondylite est souvent liée à la façon dont les travailleurs exécutent certains gestes, telles que la préhension, la torsion, l'extension du bras et le déplacement. Ces gestes peuvent devenir dangereux s'ils :
sont exécutés en position fixe ou dans une mauvaise position,
sont répétés constamment,
demandent une force excessive,
ne laissent pas à l'organisme le temps de récupérer après la sursollicitation.
Les métiers concernés sont ceux qui nécessitent des mouvements répétés ou énergiques des doigts, du poignet et de l'avant-bras. L'épicondylite peut être due à une sollicitation excessive à un moment précis ou à des sollicitations de faible importance pendant une trop longue période.
Certains mouvements favorisent l'apparition d'une épicondylite, notamment :
des mouvements simultanés de rotation de l'avant-bras et de flexion du poignet,
la préhension vigoureuse d'un objet conjuguée à une rotation de l'avant-bras vers l'intérieur ou l'extérieur,
des mouvements saccadés de lancer,
des mouvements de la main pour frapper des objets.
Les mouvements associés aux deux premières activités indiquées ci-dessus (rotation, flexion et préhension) sont particulièrement dangereux lorsqu'ils sont effectués pendant que les bras sont tendus vers l'avant ou tendus latéralement à distance du corps (torse).
Quels sont les signes et les symptômes de l'épicondylite latérale?
L'épicondylite latérale peut se manifester par une grande sensibilité au toucher de la face externe du coude. Cette sensibilité devient douloureuse lorsque le poignet et le coude accomplissent certains mouvements, par exemple :
plier le poignet en gardant le coude tendu,
tenter de redresser le poignet contre résistance tout en gardant le coude tendu,
tenter de plier la main vers l'arrière contre résistance, tout en gardant le coude tendu
tenter de redresser les doigts contre résistance.
Au cours de l'examen médical, il faut envisager une épicondylite latérale si le patient ressent de la douleur à trois de ces mouvements. En général, il n'existe aucun signe visible de rougeur ou d'enflure. La plupart du temps, seul un bras est atteint, habituellement celui qui travaille le plus.
L'épicondylite latérale peut se manifester de différentes façons. Certaines personnes voient leurs symptômes apparaître progressivement, après avoir effectué le même type de travail pendant plusieurs années. D'autres sont atteintes brusquement, peu de temps après avoir commencé à effectuer un nouveau travail. Il arrive parfois que les symptômes apparaissent immédiatement après un unique effort musculaire violent ou après une blessure au coude. Dans d'autres cas, l'épicondylite apparaît sans qu'il soit possible d'en déterminer la cause.
Comment traite-t-on l'épicondylite latérale?
Il faut consulter un médecin dès l'apparition des symptômes. Des soins immédiats empêchent souvent l'aggravation du problème. Voici les principales étapes du traitement :
le repos (arrêt des activités responsables de l'épicondylite),
éventuellement, l'application de glace ou l'administration de médicaments pour réduire l'inflammation,
de la physiothérapie afin d'évaluer le processus de guérison, de rendre le coude le plus fonctionnel possible et d'aider le travailleur à retourner au travail.
C'est l'arrêt des activités responsables de l'épicondylite qui constitue le volet le plus important du traitement. Ce type de maladie est souvent considéré comme résolutif, parce qu'il finit par disparaître spontanément lorsque le sujet change d'activités ou évite les activités responsables de la douleur au coude. Les médecins administrent parfois des corticostéroïdes par injection pour réduire l'inflammation et hâter la cicatrisation. Ce traitement est généralement efficace, mais il ne peut être appliqué à répétition.
Environ 1 % des cas persistent pendant plus d'une année. Dans ces cas, la chirurgie est parfois la solution, mais elle n'améliore pas toujours la situation.
Il importe de déterminer quelles sont les activités professionnelles associées à un cas précis d'épicondylite. Les lésions aux bras et aux coudes peuvent devenir chroniques si l'activité qui en est la cause n'est pas modifiée ou interrompue.
Comment prévient-on l'épicondylite?
Si elle n'est pas traitée adéquatement dès le début, l'épicondylite est une source de malaises et de douleurs et constitue un risque de maladie chronique. Le traitement de cette maladie peut parfois prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. La prévention constitue donc le moyen le plus efficace d'atténuer ou de circonscrire ce problème en milieu de travail.
La prévention de l'épicondylite passe par :
une sensibilisation générale visant à mieux faire connaître la maladie et ses rapports avec les activités professionnelles,
une intervention rapide visant à cerner les facteurs de risque et à les éliminer avant que la maladie n'apparaisse.
Il faut identifier les tâches associées à l'épicondylite et les modifier de manière à réduire le risque de blessures graves. Il est particulièrement dangereux d'utiliser les doigts, les poignets et les avant-bras pour effectuer un travail répétitif, qui nécessite un mouvement vigoureux et l'adoption de mauvaises postures, et laisse peu de place au repos. On devrait éviter les tâches qui imposent une force, une surcharge ou un effort excessifs aux muscles de l'avant-bras.
Il importe toutefois de se rappeler que l'épicondylite n'est que l'un des nombreux troubles causés par le travail répétitif. Les programmes de prévention ne peuvent être efficaces s'ils visent une seule partie du bras et négligent les mains, les poignets, les épaules, le cou ou le dos. Un bon programme de prévention doit prendre en compte tous les troubles causés par le travail répétitif et la sollicitation excessive des muscles et des tendons.
La conception adéquate des tâches est le meilleur moyen d'éviter le travail répétitif. Voici des mesures pour atteindre cet objectif :
confier à des machines le travail répétitif;
pratiquer une rotation des postes de travail de façon que les travailleurs aient l'occasion d'utiliser différents groupes de muscles;
favoriser l'élargissement des tâches pour accroître la diversité des tâches rattachées à un travail;
favoriser l'enrichissement des tâches pour améliorer la maîtrise et la qualité des conditions de travail;
avoir recours au travail en équipe pour accroître la diversité du travail musculaire.
La prévention peut également intégrer :
la conception du lieu de travail de manière à l'adapter au travailleur,
la conception des outils et de l'équipement afin de réduire la force nécessaire à l'exécution du travail,
l'élaboration de bonnes méthodes de travail fondées sur des programmes d'éducation et de formation adéquats.
Si l'on veut prévenir l'épicondylite, il importe de bien concevoir les lieux de travail de façon à éviter que les travailleurs doivent constamment travailler à bout de bras.
Le choix des outils et l'emplacement de l'équipement peuvent également aider à réduire au minimum la distance des objets à atteindre et à limiter le poids des objets soulevés ou déplacés à bout de bras.
Pour adopter de bonnes méthodes de travail, il faut également :
éviter de fléchir le poignet pendant le travail,
effectuer des mouvements souples plutôt que des mouvements saccadés,
privilégier un cycle travail-repos qui permet aux travailleurs de changer de position, de reposer certaines parties du corps au travail et de se détendre mentalement.
MALADIE(S) COURANTE(S)
PRONOSTIC AVEC TRAITEMENT : FAVORABLE
DONNEES FREQUENTES
SEXE MASCULIN
SEXE FEMININ
ADULTE 31-40 ANS
COUDE
UNILATERAL
. LOCAL. D. CHEZ LE DROITIER
. LOCAL. G. CHEZ LE DROITIER [ra]
. LOCAL. G. CHEZ LE GAUCHER
. LOCAL. D. CHEZ LE GAUCHER [ra]
DEBUT PROGRESSIF
DOULEUR COUDE EPICONDYLE [ct]
.. LOCAL. REGION COUDE FACE EXT. [ex]
.. LOCAL. OS HUMERUS EPICONDYLE [ct]
.. LOCAL. OS HUMERUS EPICONDYLE POLE ANT. INF.
. DOULEUR COUDE EPICONDYLE CALMEE PAR REPOS
. DOULEUR COUDE EPICONDYLE PROVOQUEE PAR PALPATION
. DOULEUR COUDE IRRADIATION AVANT-BRAS FACE ANT.-EXT.
. DOULEUR COUDE IRRADIATION BRAS [ra]
. DOULEUR COUDE EPICONDYLE ELANCEMENTS
. DOULEUR COUDE EPICONDYLE INTENSE
IMPOTENCE FONCTIONNELLE
. REGION ANTI-BRACHIALE ANT. //LOCAL. REGION AV. BRAS FACE ANT.
. REGION ANTI-BRACHIALE POST. //LOCAL. REGION AV. BRAS FACE POST.
. MAIN
ARTICULATION NORMALE
PEAU NORMALE
VS NORMALE
RADIO OS NORMALE
EPICONDYLITE D'INSERTION //EPICONDYLALGIE (F. CLINIQUE DE-)
EVOLUTION IMPREVISIBLE //EVOLUTION MODE CAPRICIEUX
FORMES CLINIQUES / COMPLICATIONS
ADOLESCENCE 14-17 ANS [ex]
ADULTE 41->70 ANS [ra]
BILATERAL //LOCAL. BILAT. [ra]
DEBUT BRUTAL [ra]
CELLULALGIE EPICONDYLIENNE [ra]
. SEXE FEMININ [fr]
EPICONDYLALGIE D'ORIGINE CERVICALE //EPICONDYLALGIE (F. CLINIQUE DE-) [co]
MALADIE DE LA TETE RADIALE //EPICONDYLALGIE (F. CLINIQUE DE-) [ra]
NERF RADIAL BRANCHE POST. MOTRICE ATTEINTE A L'ARCADE DE FROHSE [ex]
URICEMIE ELEVEE (76-90 MG/L) (449-535 MU MOL/L) [ra]
TRAITEMENT INEFFICACE [ra]
EVOLUTION MODE CHRONIQUE PROGRESSIF [ra]
EVOLUTION RYTHME PAR CRISES //EVOLUTION RYTHME PAR POUSSEES [ra]
ETIOLOGIES / ANTECEDENTS
SYNDROME NEUROTONIQUE [fr]
SURMENAGE PHYSIQUE [fr]
MOUVEMENTS ARTICULAIRES REPETES [co]
MOUVEMENTS ARTICULAIRES REPETES AVANT-BRAS PRONO-SUPINATION INACCOUTUMES [co]
TROUBLE DE LA STATIQUE [co]
MOUVEMENTS ARTICULAIRES REPETES COUDE FLEXION-EXTENSION [co]
MICROTRAUMATISME REPETE [co]
TRAUMATISME MODE LOCAL [ra]
IDIOPATHIQUE //SPONTANE //ESSENTIEL [ra]
TENNIS [co]
ESCRIME [co]
GOLF [co]
GYMNASTIQUE [co]
BASE-BALL [co]
HALTEROPHILIE [co]
JUDO [co]
KARATE //SPORT COMBAT KARATE [co]
AIKIDO [co]
LANCER JAVELOT [co]
TENNIS DE TABLE [co]
SKI NAUTIQUE [co]
HOCKEY [co]
SPORT LANCER [co]
DENTISTE [co]
MASSEUR [co]
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
COMMANDRE F. ... - EPICONDYLALGIES - PATHOLOGIE ABARTICULAIRE, LAB. CETRANE, 1977, PP 80-98
FERRET J.M. ... - LES LESIONS CHRONIQUES DU SPORT - THESE MEDECINE LYON, 1977
NOSOLOGIE
RHUMATOLOGIE [np]
TRAUMATOLOGIE [np]
MALADIE(S) FILLE(S)
PATHOLOGIE REGIONALE DU MEMBRE SUPERIEUR
A. CHEVROT, D. GODEFROY, AM. DUPONT, N. CHEMLA, B. VACHEROT, A. LANGER-CHERBIT
Hôpital Cochin - Paris
1. PATHOLOGIE REGIONALE DE L'EPAULE
1.1. Techniques et anatomie radiologique normale
1.1.1. Clichés radiologiques classiques
1.1.1.1. Clichés de face
Clichés réalisés en double obliquité.
Critères d'un bon cliché (Fig. 1 a):
Figure 1 : Epaule. a) De face : 1. interligne scapulo-huméral ; 2. glène, tubercule sous-glénoïdien ; 3. col de l'omoplate ; 4. pied de l'apophyse caracoïde ; 5. bec de l'apophyse coracoïde ; 6. tête humérale ; 7. col anatomique ; 8. trochanter ; 9. trochin ; 10. acromion; 11. clavicule ; 12. espace sous-acromio-claviculaire : 1 cm environ ; 13. zone d'insertion du sus-épineux ; 14. col chirurgical de l'humérus ; 15. gouttière bicipitale ; 16. diaphyse humérale ; 17. parties molles du creux axillaire ; 18. graisse sous-cutanée. b) De profil : 19. espace qui sépare l'apophyse coracoïde de la tête et qui répond au tendon du sous-scapulaire ; 20. interligne acromio-claviculaire (4 mm).
- superposition du bord antérieur et du bord postérieur de la glène
L'aspect de l'extrémité supérieure de l'humérus dépend de la rotation du bras (Fig. 2):
- en rotation indifférente : le trochiter est bien dégagé ; son bord externe est en continuité avec le bord externe de la diaphyse ; le trochin est limité en dehors par la ligne verticale du bord interne de la coulisse bicipitale.
- en rotation externe : le trochin saille en dehors du bord externe de la diaphyse
- en rotation interne, la face postérieure du trochiter prolonge le bord externe de la diaphyse humérale ; l'axe de la diaphyse passe par le centre de la tête ; le trochin saille en dedans de la tête.
Figure 2 : Epaule de face en rotation variable. a) Rotation externe. b) Rotation indifférente. c) Rotation interne. 1. trochiter ; 2. trochin ; 3. zone d'insertion du sus-épineux ; 4. zone d'insertion du sous-scapulaire ; 5. zone d'insertion du sous-épineux.
1.1.1.2. Clichés de profil
Profils nécessitant une bonne mobilité de l'épaule :
- profil axillaire : vrai profil de l'omoplate et de l'humérus vus par "en haut" ; bras en abduction de 70 ou 80deg. (Fig. 1 b).
- faux profil : bras au zénith, main sur la nuque, rayon droit ou légèrement ascendant : l'humérus est vu de profil et l'omoplate presque de face. Il dégage bien le pilier de l'omoplate , l'apophyse coracoïde, l'acromion et l'articulation acromio-clavidulaire.
- profil glénoïdien de Bernageau : vrai profil de glène indiqué dans les bilans d'instabilité (Fig. 5). Nécéssite une bonne mobilité de l'épaule qui est portée en élévation antérieure.
Profils réalisables sans mobiliser l'épaule :
- profil trans-thoracique réservé au bilan des fractures de l' extrémité supérieure de l'humérus.
- profil de coiffe (profil de Lamy) : vrai profil d'épaule étudiant notamment l'omoplate de profil, dégageant les fosses sus-épineuse et sous-épineuse.
- profil rétro-huméral ascendant ou descendant (Bloom-Obata) réalisant un vrai profil d'épaule utile dans les luxations de l'épaule notamment les luxations postérieures.
1.1.1.3. Incidences complémentaires
- face en abduction contrariée à 25 ou 30deg. d'abduction (épreuve de Leclerc).
La réalisation bilatérale des clichés rend plus facile la visualisation des lésions discrètes ; intérêt notamment :
- dans les instabilités antérieures
- chez l'enfant
- et chez les sujets âgés ostéoporotiques où les mailles du tissu spongieux de la tête humérale donnent souvent lieu à des images pseudo-lacunaires qu'il faut distinguer d'une véritable lyse osseuse.
1.1.2. Echographie
Permet une exploration simple et peu onéreuse des parties molles péri-articulaires à la recherche notamment d'un épanchement dans la bourse séreuse sous-acromio-deltoïdienne ou d'une rupture de la coiffe des rotateurs.
1.1.3. Scanner simple
(réalisé sans arthrographie) permet l'exploration dans le plan axial des structures osseuses et des parties molles.
Utile dans les processus tumoraux et dans les traumatismes.
1.1.4. Arthrographie et arthroscanner
L'arthrographie consiste à injecter un produit de contraste dans l'articulation. Ponction antérieure. Injection de 6 à 10 ml d'un produit de contraste opaque. L'arthroscanner consiste à réaliser un scanner en profitant de l'injection intra-articulaire du produit de contraste pour dégager les structures antérieures et postérieures.
* Aspect normal : la cavité articulaire entoure la partie interne de la tête, et forme un large récessus inférieur qui masque partiellement l'interligne scapulo-huméral. L'opacification de la gaine synoviale du tendon du long biceps, et des bourses séreuses sous-scapulaire et sous-coracoïdienne est constante (Fig. 3 a).
Figure 3 : Arthrographie de face (rotation indifférente).
En revanche, la bourse séreuse sous-acromio-deltoïdienne n'est pas opacifiée car elle ne communique normalement pas avec la cavité articulaire.
* Indications principales :
- rupture de la coiffe des rotateurs,
- instabilités et lésions du bourrelet glénoïdien,
- recherche de corps étrangers intra-articulaires (chondromatose articulaire)
- bilan diagnostique des épaules douleureuses isolées sans diagnostic précis après examen clinique, clichés classiques et éventuellement échographie.
1.1.5. IRM
Permet un examen pratiquement complet de l'épaule étudiant les structures intra et extra-articulaires dans les trois plans principaux (frontal-oblique, sagittal-oblique, et axial) avec des séquences T1 et T2.
1.2. Pathologie régionale
1.2.1. Instabilité
Les instabilités postérieures sont rares.
Le plus souvent il s'agit d'une instabilité antérieure.
- Luxation vraie antéro-interne : le diagnostic est clinique. Le cliché de face confirme la luxation et élimine une fracture associée.
- Luxation récidivante : à distance du dernier épisode de luxation, les clichés standards (face en rotation interne et profil glénoïdien) recherchent des séquelles osseuses sous forme d'une fracture tassement de la tête humérale et d'une fracture ou d'une abrasion du rebord glénoïdien antéro-inférieur (Fig. 4 et 5).
- En cas d'épisode de sub-luxation incomplète, l'arthroscanner (ou éventuellement l'IRM) recherche une lésion du bourrelet glénoïdien antéro-inférieur.
Figure 4 : luxation récidivante. 1. encoche au pôle supérieur de la tête.
2. abrasion du rebord antéro-inférieur de la cavité glénoïde.
Figure 5 : Profil glénoïdien (Bernageau). A gauche, aspect normal. A droite, érosion du bord antérieur de la cavité glénoïde.
1.2.2. Pathologie péri-articulaire (souvent appelée périarthrite scapulo-humérale)
On désigne sous ce terme des douleurs de l'épaule associées ou non à une limitation de la mobilité, sans altération radiologique de l'articulation gléno-humérale, et qui proviennent d'une altération des enveloppes de l'épaule (capsule et tendons de la coiffe des rotateurs).
Plusieurs syndromes cliniques peuvent être distingués dominant par leur fréquence la pathologie de l'épaule.
L'épaule douloureuse simple correspond le plus souvent à une tendinopathie sans aucune traduction radiologique. Elle peut s'accompagner de signes indirects de tendinopathie (remaniements de la face supérieure du trochiter et de la face inférieure de l'acromion, ou de calcifications dans la coiffe des rotateurs.
Dans les formes trainantes et rebelles au traitement, l'arthroscanner ou l'IRM peuvent mettre en évidence des signes de souffrance de la coiffe des rotateurs avec fissuration de la face profonde des tendons.
L'épaule bloquée se caractérise par des douleurs et une limitation franche des mouvements passifs. Elle correspond à une capsulose rétractile. Lorsqu'elle est pratiquée l'arthrographie confirme la diminution de la capacité articulaire (4 à 5 ml) avec disparition du recessus capsulaire inférieur et du recessus sous-coracoïdien (Fig. 3 c).
L'épaule pseudo-paralytique associe des douleurs et une limitation de la mobilité active (le plus souvent l'élévation latérale). Elle traduit une rupture partielle ou étendue de la coiffe des rotateurs touchant le sus-épineux, s'étendant parfois en arrière au sous-épineux ou en avant au sous-scapulaire.
Lorsque le diagnostic clinique reste douteux, ou lorsqu'une réparation chirurgicale est envisagée, l'arthroscanner ou l'IRM confirment le diagnostic (Fig. 3 b) et précisent surtout l'étendue de la rupture dans le plan frontal et le plan sagittal.
L'épaule aiguë hyperalgique correspond à une poussée inflammatoire d'une calcification de la coiffe des rotateurs. Les clichés standards montrent une calcification souvent volumineuse, peu dense, à bords flous dont l'évolution spontanée se fait habituellement par la disparition à l'occasion de la crise aiguë (Fig. 6).
Figure 6 : a) Calcification du tendon du sus-épineux. b) Rupture d'une calcification tendineuse dans la bourse séreuse sous-acromio-deltoïdienne au cours d'une épaule douloureuse aiguë.
L'épaule sénile dégénérative est fréquente après la cinquantaine et associe sur le plan radiologique (Fig. 7):
Figure 7 : Epaule sénile. 1. Condensation de la corticale inférieure de l'acromion ; 2. Rétrécissement de l'espace sous-acromio-claviculaire, avec asension de la tête humérale ; 3. Atrophie et ostéocondensation du trochiter ; 4. Image géodique de la partie supéro-externe de la tête humérale ; 5. Ostéophytose inférieure de la tête (omarthrose secondaire).
- des remaniements de la face inférieure de l'acromion et de la face supérieure du trochiter avec irrégularités, érosions, densification et ostéophytose.
- un rétrécissement de l'espace sous-acromio-huméral plus net par l'épreuve de Leclerc prouvant l'amincissement ou la rupture du sus-épineux.
- une ostéophytose glénoïdienne ou céphalique inférieure traduisant une omarthrose secondaire débutante.
1.2.3. Pathologie non spécifique
Arthrites infectieuses
- Tuberculose : débutant souvent par une encoche à la face supérieure de la jonction tête-trochiter (Fig. 8), associée à une déminéralisation régionale. Elle évolue en l'absence de traitement vers la destruction articulaire avec pincement de l'interligne, érosions multiples et abcès dans les parties molles.
- Arthrite à germe banal : par voie hématogène ou après ponction articulaire : elle est rapidement destructrice. Son diagnostic repose sur la ponction articulaire avec étude du liquide.
Figure 8 : Arthrite tuberculeuse. Ulcération de la partie supéro-externe de la tête humérale. Image géodique sous-jacente, déminéralisation, pincement global de l'interligne scapulo-huméral.
Rhumatismes inflammatoires : (polyarthrite rhumatoïde ou rhumatismes axiaux). Le signe le plus précoce est une érosion du bord supérieur de la jonction tête-trochiter et traduit une synovite érosive. Plus tard, apparaitront les autres signes d'arthrite (déminéralisation, pincement de l'interligne, géodes sous-chondrales puis ascension de la tête humérale).
Arthropathie neurogène (syringomyélie) : résorption progressive des extrémités osseuses aboutissant à une véritable ostéolyse de l' extrémité supérieure de la tête humérale avec présence de nombreux corps étrangers intra-articulaires, dans un contexte peu douloureux.
Arthropathie métabolique (CCA) peu fréquente à l'épaule, son diagnostic est facile lorsqu'il existe un liseré calcique cartilagineux péricéphalique. Plus tard, l'arthropathie associe une ostéosclérose sous-chondrale et un pincement de l'interligne.
Arthrose : relativement rare à l'épaule (qui est une articulation non portante), elle complique tardivement un mauvais fonctionnement de l'articulation, secondaire à des phénomènes d'instabilité non traités, une perforation de la coiffe des rotateurs, ou une dysmorphie constitutionnelle ou acquise. Le tableau radiologique est celui de toute arthrose : pincement de l'interligne, ostéosclérose, géode sous-chondrale et ostéophytose prédominant au pôle inférieur de la glène et de la tête humérale (Fig. 9).
Figure 9 : Arthrose (omarthrose). 1. pincement de l'interligne scapulo-huméral ; 2. condensation osseuse sous-chondrale avec petites images géodiques ; 3. ostéophytose céphalique polaire inférieure. Noter ici l'aplatissement de la tête humérale.
2. PATHOLOGIE REGIONALE DU COUDE
2.1. Techniques et anatomie radiologique normale
2.1.1. Clichés radiologiques classiques
Cliché de face (Fig. 10 a) réalisé en extension; en cas de flessum réaliser deux indices de face : l'une perpendiculaire à l'avant-bras, l'autre perpendiculaire au bras. Le cliché de face montre une vue d'ensemble du coude et permet d'étudier les interlignes condylo-radial et trochléo-cubital.
Cliché de profil (Fig. 10 b) : pratiqué avec une flexion à 90deg. , l'avant-bras en supination. On étudie les structures osseuses et les parties molles péri-articulaires notamment le triangle graisseux physiologique antérieur.
Figure 10 : Articulation du coude. a) de face : 1. diaphyse humérale ; 2. fossette condylienne ; 3. fossette coronoïdienne et fosette olécrânienne superposées ; 4. épicondyle ; 5. condyle huméral ; 6. épitrochlée ; 7. trochlée ; 8. bec de l'olécrâne ; 9. olcécrâne ; 10. tête du radius ; 11. petite cavité sigmoïde ; 12. apophyse coronoïde ; 13. col du radius ;14. tubérosité bicipitale ; 15. diaphyse radiale ; 16. diaphyse cubitale ; 17. muscle ; 18. graisse sous-cutanée. b) de profil : 19. fossette olécrânienne ; 20. fossette coronoïdienne: 21. cloison séparant la fossette olécrânienne de la fossette coronoïdienne ; 22. graisse coronoïdienne ; 23. graisse du court supinateur.
Incidences complémentaires :
- clichés de face avec divers degrés de prono-supination nécessaires pour étudier de minimes lésions de la tête radiale.
- cliché de trois-quarts.
- profil oblique intéressant en cas de suspicion de fracture de la tête radiale
- incidence rétro-olécranienne dégageant la face postérieure de l'humérus et notamment la gouttière rétro-épitrochléenne.
Repères anatomiques :
- de face, existence d'un valgus physiologique par asymétrie des joues trochléennes.
- de profil, la palette humérale fait un angle d'environ 135deg. avec l'axe de l'humérus. L'axe du col du radius passe par le milieu du condyle quelque soit le degré de flexion du coude : il s'agit d'un repère important en traumatologie infantile. En cas de luxation de la tête radiale l'axe du radius passe au-dessus du centre du point condylien épiphysaire.
Croissance et âge osseux : l'épiphyse humérale comporte quatre points d'ossification apparaissant dans l'ordre suivant : condyle, trochlée, épicondyle et épitrochlée. La morphologie des points d'ossification de l'extrémité inférieure de l'humérus, de la tête radiale et de l'olécrane permet d'évaluer l'âge osseux entre 8 et 15 ans.
2.1.2. Autres examens
L'arthrographie et l'arthroscanner permettent d'étudier la cavité articulaire à la recherche notamment de corps étrangers intra-articulaires ou d'une irrégularité cartilagineuse.
Le scanner simple et surtout l'IRM fournissent une étude de l'ensemble de la région : cavité articulaire et parties molles péri-articulaires.
2.2. Pathologie régionale
2.2.1. Traumatismes
Sans revenir sur les divers traits de fracture de l'humérus, du cubitus et du radius, nous insisterons sur la signification particulière des épanchements intra et péri-articulaires post-traumatiques. L'hémarthrose peut être le seul témoin de fracture en cas de trait passé inaperçu. L'épanchement intra-articulaire se caractérise sur le cliché de profil (Fig. 11) par l'apparition d'un triangle graisseux postérieur situé au-dessus de la fossette olécranienne (ce triangle étant normalement invisible) et par un déplacement antérieur de la frange graisseuse antérieure de la fossette coronoïdienne. La non visibilité de la ligne graisseuse du court supinateur doit toujours faire rechercher une fracture de la tête et du col du radius.
Figure 11 : Aspect radiologique d'un épanchement intra-articulaire du coude de profil. Notez l'apparition (1 ) de tissu radio-transparent graisseuxnormalement invisible et (2 ) le bord inférieur concave correspondantà la capsule articulaire distendue refoulant la frange graisseuseantérieure.
2.2.2. Pathologie micro-traumatique ou ischémique
L'ostéochondrite disséquante du coude est relativement fréquente (le coude représente après le genou le siège le plus fréquent des ostéochondrites épiphysaires). Au début, elle se traduit par une irrégularité ou un aplatissement du condyle qui en représente le siège le plus fréquent, parfois accompagné d'un épanchement intra-articulaire (Fig. 12)
A un stade plus tardif, l'encoche condylienne s'entoure d'une zone d'ostéocondensation et s'accompagne de corps étrangers intra-articulaires.
Figure 12 : Ostéochondrite du coude (condyle).
2.2.3. Corps étrangers intra-articulaires
Le coude représente un siège de prédilection des corps étrangers intra-articulaires. Ceux-ci reconnaissent quatre causes principales : l'ostéochondrite disséquante, l'arthrose, les fractures parcellaires avec séparation d'un fragment intra-articulaire, et l'ostéochondromatose synoviale par métaplasie synoviale. Les clichés et éventuellement l'arthroscanner doivent préciser l'étiologie de ces corps étrangers (lorsqu'elle n'est pas évidente par l'interrogatoire), leur siège et leur nombre (Fig. 13).
Figure 13 : Ostéochondromatose du coude.
2.2.4. Arthropathies
Les arthrites, qu'elles soient inflammatoires ou infectieuses, se manifestent par des signes radiologiques comparables : pincement de l'interligne souvent difficile à voir, surtout épanchement intra-articulaire et déminéralisation sous-chondrale, associés à des encoches périchondrales et à des géodes sous-chondrales.
Les arthropathies métaboliques (goutte ou chondrocalcinose) sont rares au coude.
L'arthrose est le plus souvent secondaire à un traumatisme ou surtout à des micro-traumatismes répétés (professionnels ou sportifs). Les corps étrangers intra-articulaires secondaires y sont fréquents et parfois révélateurs.
L'arthropathie nerveuse (syringomyélie) réalise un coude indolent caractérisé radiologiquement par d'importants phénomènes de destruction osseuse associés à des corps étrangers exubérants.
2.2.5. Pathologie péri-articulaire
Elle est fréquente :
- Epicondylalgie (encore appelée épicondylite ou tennis elbow). La douleur siège en regard de l'insertion des tendons épicondyliens. Les clichés sont le plus souvent normaux, mais peuvent parfois montrer une petite réaction périostée ostéophytique ou de minimes calcifications tendineuses.
- La bursite olécranienne (hygroma) est d'origine traumatique, goutteuse, ou infectieuse. Son diagnostic est clinique. Les clichés standards recherchent essentiellement une atteinte osseuse en regard.
3. PATHOLOGIE REGIONALE DU POIGNET ET DE LA MAIN
3.1. Techniques et anatomie radiologique normale
3.1.1. Clichés radiographiques classiques
Poignet et main de face (Fig. 14).
Poignet de profil : superposition des divers os du carpe (Fig. 15) rendant cette incidence difficile à interpréter sauf pour le ler rayon de la main (scaphoïde, trapèze, ler méta et pouce).
Main de trois-quarts : déroulant sous une incidence différente les articulations métacarpo-phalangiennes et interphalangiennes.
Autres incidences étudiant de façon élective une région donnée : incidence du scaphoide, incidence de l'articulation trapézo-métacarpienne, incidence de la berge cubitale du carpe, doigts de profil.
Développement du poignet et de la main : le poignet et la main comportent 29 points épiphysaires dont la chronologie d'apparition, le développement puis la fusion permettent de déterminer l'âge osseux par comparaison à des atlas de référence (méthode de Greulich et Pyle).
Figure 14 : Articultion du poignet de face.
Figure 15 : Poignet de profil. a) vue globale. b) analyse des trois colonnes composant le poignet de profil : E. Colonne externe : 1. scaphoïde ; 2. trapèze ; 3. trapézoïde ; I. premier métacarpien; II. deuxième métacarpien. M. Colonne médiane : 4. semi-lunaire; 5. grand os ; III. 3ème métacarpien. I. Colonne interne : 6. pyramidal ; 7. pisiforme ; 8. os crochu. IV. 4ème métacarpien.
3.1.2. Scanner, IRM, arthrographie et arthroscanner
Les indications sont rares et restent du domaine du spécialiste.
3.2. Pathologie régionale
3.2.1. Traumatismes
Fracture de l'extrémité inférieure du radius dont la plus classique est la fracture de Pouteau-Colles.
Fracture des os du carpe dont la plus fréquente est celle du scaphoïde (Fig. 16) : incidence élective déroulant le scaphoïde (Schreck 1 et 2). En cas de doute, faire un scanner.
Figure 16 : Scaphoïde dégagé dans l'incidence dite de Schreck
Luxation rétro-lunaire du carpe
Lésions des ligaments du poignet (ligament triangulaire, ligament scapho-lunaire et luno-pyramidal) : arthrograhie du poignet.
3.2.2. Pathologie osseuse
3.2.2.1. Ostéopathies endocriniennes
Hyperparathyroïdie : (Fig. 17) Les signes radiologiques traduisent l'hyper-résorption osseuse. Certains ne sont pas spécifiques : augmentation de la transparence osseuse, élagissement de la cavité médullaire, amincissement des corticales et raréfaction des travées du spongieux. D'autres sont plus évocateurs de l'affection : encoches sous-périostées, de petite taille prédominant souvent sur les deuxièmes phalanges ; résorption de la houppe des phalanges unguéales, encoche sur les faces internes des corticales.
Les aspects véritablement lacunaires, pseudo-tumoraux; soufflant l'os sont plus rares.
Acromégalie : (Fig. 18) Les signes radiologiques témoignent de l'hypersécrétion d'hormones somatotropes. Les plus caractéristiques intéressent les phalanges :
Figure 17 : Hyperparathyroïdie primitive, phalange des doigts
Figure 18 : Acromégalie.
- hypertrophie ostéophytique des houppes des phalanges unguéales et ostéophytes à orientation distale de la base des troisièmes phalanges (aspect en ancre de marine).
- élargissement des bases et des têtes phalangiennes
- hypertrophie des apophyses et crêtes des insertions musculaires et ligamentaires.
- élargissement des espaces articulaire
- épaississement des parties molles
- augmentation de la superficie des sésamoïdes de l'articulation métacarpo-phalangienne du pouce (index sésamoïdien).
3.2.2.2. Ostéopathies métaboliques
Rachitisme. C'est au poignet que les signes de carence en vitamine D sont les plus précoces, associés à un retard de maturation.
Au début, la bordure métaphysaire, floue, prend un aspect irrégulier et frangé, s'élargit légèrement et peut devenir concave.
A la période d'état, les altérations métaphysaires sont caractéristiques : élargissement de l'espace séparant la métaphyse de l'épiphyse, élargissement de la bordure métaphysaire déformée en cupule et dentelée. La ligne métaphysaire peut se prolonger latéralement par un bec incliné vers l'épiphyse.
Epiphyse et points d'ossification carpiens ont des contours flous. leur trame est raréfiée. Il existe un retard d'apparition des points d'ossification.
3.2.2.3. Ostéopathies sanguines
Thalassémie : chez le petit enfant, elle est responsable sur les phalanges et les métacarpiens de signes tout à fait caractéristiques : dilatation osseuse par défaut de tubulation, amincissement des corticales, trabéculation grossière réalisant un aspect grillagé.
Sarcoïdose : les os tubulaires de la main et du pied sont le siège de prédilection de l'ostéite de Perthes-Jungling : aspect grillagé de l'os, géodes plus ou moins volumineuses bien limitées souvent multiples parfois associées à une soufflure de l'os
3.2.2.4. Ostéonécroses aseptiques
L'ostéonécrose du semi-lunaire atteint surtout le sujet jeune de sexe masculin. Elle se traduit par une densification, puis par une fragmentation et un aplatissement de l'os. L'existence éventuelle de micro-traumatismes et la brièveté du cubitus souvent retrouvée, constitueraient des facteurs favorisants.
3.2.2.5. Tumeurs osseuses
Le chondrome (fig 19) représente de loin la tumeur bénigne le plus fréquemment rencontrée à la main. Il siège avec prédilection aux phalanges et réalise une zone radio transparente soufflant les corticales, à plage homogène ou parsemée de petites calcifications ponctiformes. Dans la chondromatose, les lésions sont multiples.
Figure 19 : Chondromes.
3.2.3. Pathologie des parties molles
Le diagnostic des processus expansifs développés aux dépens des parties molles de la paume de la main bénéficie actuellement de l'apport du scanner et surtout de l'IRM.
- la tumeur glomique de la phalange distale mesure 2 ou 3 mm et est très rare. Son diagnostic peut être évoqué cliniquement devant une douleur intense augmentée par la pression et les changements de température. Elle peut donner une encoche sur la phalange unguéale (Fig. 20).
- le panari, très fréquent, succède à une inoculation directe. Il peut se compliquer d'un phlegmon des gaines ou d'une infection des espaces celluleux. L'atteinte osseuse par contiguité (panari osseux) sera recherchée sur les clichés localisés.
Figure 20 : Tumeur glomique : encoche latérale sur la phalange unguéale.
3.2.4. Pathologie articulaire
3.2.4.1. Les rhumatismes inflammatoires
La Polyarthrite rhumatoïde. Dans près de la moitié des cas, l'affection débute à la main. L'atteinte est en règle bilatérale et plus ou moins symétrique. Les premières articulations touchées sont le poignet, les articulations métacarpo-phalangiennes et les inter-phalangiennes proximales de l'index et du médius. L'atteinte des inter-phalangiennes distales est beaucoup plus rare et tardive.
Les signes radiologiques sont ceux des arthrites et prennent leur valeur diagnostique par leur groupement, leur siège et l'existence d'une atteinte pluri-articulaire (Fig. 21):
- Gonflement des parties molles réalisant un fuseau péri-articulaire des inter-phalangiennes proximales, ou effaçant les lignes graisseuses en regard des styloïdes radiale et cubitale.
- Déminéralisation régionale siègeant aux épiphyses des articulations atteintes pour réaliser un aspect de déminéralisation en bande.
- Minimes érosions avec perte de substance corticale à la limite floues, encoches mesurant 1 à 2 mm de diamètre à rechercher sur les styloïdes notamment cubitales, sur le bord radial des têtes métacarpiennes et sur les épiphyses phalangiennes (cliché de face et de trois-quarts).
- Pincement articulaire : précoce, interprété par comparaison avec les autres interlignes articulaires notamment controlatéraux ; après un certain temps d'évolution, les lésions s'aggravent et le diagnostic devient évident.
Figure 21 : Polyarthrite rhumatoïde.
Les autres rhumatismes inflammatoires sont plus rares (rhumatisme psoriasique (Fig. 22), syndrome de Reiter ou spondylarthropathie).
Figure 22 : Rhumatisme psoriasique d'un doigt.
A noter l'atteinte interphalangienne distale.
3.2.4.2. Les arthropathies métaboliques
La goutte chronique. Les tophus radiotranparents se localisent sur la région méta-carpo-phalangienne. L'arthropathie uratique associe un pincement articulaire et une ostéophytose marginale. Les géodes épiphysaires à l'emporte pièce témoignent du développement intra-osseux des tophus (Fig. 23).
La chondrocalcinose articulaire entraine un dépôt calcique dans le ligament triangulaire (Fig. 24). Une arthropathie dégénérative atteignant de façon isolée l'articulation scaphoïdo-trapéziennne est évocatrice de l'affection.
Figure 23 : Goutte. Sur la main, géodes multiples et tuméfaction des parties molles (tophus radiotransparents).
Figure 24 : Chondrocalcinose articulaire.
3.2.2.3. L'arthrose
L'arthrose des doigts siège le plus souvent aux inter-phalangiennes distales. Fréquente chez la femme, son ostéophytose est à l'origine des modosités d'Heberden. Le pincement articulaire est volontiers symétrique (Fig. 25).
L'arthrose inter-phalangienne proximale réalise des nodosités de Bouchard.
L'arthrose trapézo-métacarpienne ou rhizarthrose du pouce est souvent bilatérale et invalidante. Elle évolue vers une subluxation trapézo-métacarpienne.
Habitué Posté le 30-01-2005 à 20:28 Bonjour
Je souffre d'une discopathie dégénérative, depuis 1 an ,diagnostic par scanner etI.R.M
et je souffre de plus en plus.
traitement cortisonne, anti-inflamatoire, etc.... aujourd'hui
on m'a arreté les anti-inflamatoires, pour me donner des antalgiques.A vrai dire aucun médicaments ne me soulage réellement.on me propose une infiltration avec 4 à 8 jours d'hospitalisation mais pas sans risque, et je ne sais quoi faire.
j'ai le moral à la baisse, cela me joue sur les nerfs de toujours souffrir. Si vous souffrez de la meme chose, ou quelqu'un de vos proches, pouvons nous en parler .
Je suis actuellement au chomage , mes fins de droits vont se terminer dans 3 mois, et je ne sais vraiment pas quelle activité je pourrai faire avec ces douleurs atroces. j'ai besoin de soutien.
Merci
Britt6
gaga16 Posté le 31-01-2005 à 13:50 bonjour moi aussi j'ai eu un problem L5s1
en 99 j'ai ete operer mais au bout de 6 mois la douleur est revenue on me donne du topalgic 150 mais a part m'abrutir c'est toujour plus ou moin douloureux.
j'ai passer une radiculographie il on vue que j'etait ateint a l'etage superieur mais aucun nouveau traitement on ma dit infiltration si sa va pas operation.
en 5 MOis je me suis arreter 4 Fois
c'est stessant ca prend le moral enfin on y peut rien.
britt6
Profil : Habitué Posté le 31-01-2005 à 15:12 Bonjour
Tout d'abord merci de me répondre.Je vois que vous souffrez aussi,mais pour etre opéré aviez vous une hernie dicale? Moi je n'en ai pas, pourle moment, j'ai disco en L4/L5 évolué en L5/S1 avec saillie omnidirectionnelle.+ arthropatie inflammatoire en L5.S1,inter articulaire postérieure étagée.Nodule en D11, enfin la totale, mais l'examen que vous avez subi, es-ce une infiltration avec hospitalisation et es ce que cela soulage.Je crois que notre douleur est difficile et personne ne peut savoir à quel point on souffre,car on lutte, pour etre comme tout le monde.Moi en ce moment je prends Uteplex ampoule,comprimé Idarac 200,lindilane,tout cela 3fois p/jour.les médecins vont ont ils laissés espoir de moins souffir ou guérir? Je vous souhaite beaucoup de courage, je comprends votre douleur.
Britt
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vivi137
Prothèse discale, nouvelle vie
Profil : Fidèle Posté le 31-01-2005 à 15:25 Bonjour Britt,
Les infiltrations peuvent apporter du bien être, je dis bien peuvent, car tout est aléatoire ! Mais pour une si longue opération, je suis un peu étonnée, mais pourquoi pas ! les injections se font par intervalles, c'est peut-être la raison de l'hospitalisation. Intervalles de 2 ou 3 jours. Il faut du repos après, c'est le moyen d'en tirer le maximum de bénéfice. Dans ma longue vie de souffrante, j'ai eu des épisodes d'infiltrations, ça m'a fait du bien, mais malheureusement sur une courte durée ! mais les cas sont différents !
Tu parles de nodul. Y a t-ul compression d'un nerf quelconque ? J'ai connu discopathie sèvère avec succession de hernies, pour finir à ce que le disque fragmenté et dangereux pour le nerf sciatique, soit retiré. J'ai à la place un disque artificiel, qui a donné place à une nouvelle vie !!
Les étapes sont longues britt, pour trouver une issue. Ne désespère pas, entoure toi de médecins compétents. Si j'étais toi je ne refuserai pas ces infiltrations, même si elles ne t'aporteraient rien, au moins ce ne sera pas pire !
Bon courage pour la suite, et bon moral !
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vivi
vivi137
Prothèse discale, nouvelle vie
Profil : Fidèle Posté le 31-01-2005 à 15:26 Je parlais d'une si longue hospitalisation, non opération,
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vivi
gaga16 Posté le 31-01-2005 à 15:25 moi j'ai fais des infiltration sans hospitalisation mais ca rien donner
le problem c'est que la ce n'est plus une hernie mais dicopathie degeneratrice enfin quelque chose comme ca et j'ai mal en altenance droite/gauche que le medecin me dit que c'est que du coter droit donc a gauche je sais pas!
britt6
Profil : Habitué Posté le 31-01-2005 à 17:23 vivi137 a écrit :
Bonjour Britt,
Les infiltrations peuvent apporter du bien être, je dis bien peuvent, car tout est aléatoire ! Mais pour une si longue opération, je suis un peu étonnée, mais pourquoi pas ! les injections se font par intervalles, c'est peut-être la raison de l'hospitalisation. Intervalles de 2 ou 3 jours. Il faut du repos après, c'est le moyen d'en tirer le maximum de bénéfice. Dans ma longue vie de souffrante, j'ai eu des épisodes d'infiltrations, ça m'a fait du bien, mais malheureusement sur une courte durée ! mais les cas sont différents !
Tu parles de nodul. Y a t-ul compression d'un nerf quelconque ? J'ai connu discopathie sèvère avec succession de hernies, pour finir à ce que le disque fragmenté et dangereux pour le nerf sciatique, soit retiré. J'ai à la place un disque artificiel, qui a donné place à une nouvelle vie !!
Les étapes sont longues britt, pour trouver une issue. Ne désespère pas, entoure toi de médecins compétents. Si j'étais toi je ne refuserai pas ces infiltrations, même si elles ne t'aporteraient rien, au moins ce ne sera pas pire !
Bon courage pour la suite, et bon moral !
Bonjour
Merci à vous de me répondre. Je vois que vous avez du en voir des vertes et des pas mures, comme on dit, votre nouveau disque vous change la vie, et j'en suis très heureuse. auriez vous à me conseiller un très bon médecin, car vous avez été dans de bonne mains, car moi je ne sais plus que faire, car l'infiltration comme je vous l'ai dit, demande 4 jours d'hospitalisation, mais ce n'est pas sans risque, mal fait = invalidité.car apparemment les disques usés sont assez nombreux.
Je ne demande qu'à retrouver la vitalité que j'avais il y a 1 an, mais les médecins différents que je vois me disent : pas d'opération en vue , il faut endurer votre mal au maximum. c'est facile de le dire!!!!!!!!!!
Pour le nodule apparemment ce serait un angiome sans gravité.
Bref, je pete un cable de souffrir, et j'espère trouver une solution?????
Merci Vivi
Britt
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britt6
Profil : Habitué Posté le 31-01-2005 à 17:31 gaga16 a écrit :
moi j'ai fais des infiltration sans hospitalisation mais ca rien donner
le problem c'est que la ce n'est plus une hernie mais dicopathie degeneratrice enfin quelque chose comme ca et j'ai mal en altenance droite/gauche que le medecin me dit que c'est que du coter droit donc a gauche je sais pas!
Oui, c'est bien cela le nom = discopathie dégénrative, et cela fait bien souffrir.
Vous dites que l'infiltration n'a rien fait,et vous l'avez faite sans etre hospitalisé, c'est que tout les gens qui ont subi me disent, alors que mon médecin dit que mon cas nécessite une hospitalisation de 4 voir 8 jours si la première est raté. je suis inquiète et comme je le disais à Vivi, je pète un cable.
Vous, avez vous vu un grand spécialiste?
Allez, je vai etre positive, gardons le moral,
Britt
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gaga16 Posté le 31-01-2005 à 17:37 rebonjour
j'ai vue un rhumatologue qui ma dit repos quand ya douleur infiltration et si ca va pas operation.
mais je vais prendre rendez vous au centre antidouleur de beaujon avec un neurologue on verra!
vivi137
Prothèse discale, nouvelle vie
Profil : Fidèle Posté le 01-02-2005 à 08:19 britt6 a écrit :
Oui, c'est bien cela le nom = discopathie dégénrative, et cela fait bien souffrir.
Vous dites que l'infiltration n'a rien fait,et vous l'avez faite sans etre hospitalisé, c'est que tout les gens qui ont subi me disent, alors que mon médecin dit que mon cas nécessite une hospitalisation de 4 voir 8 jours si la première est raté. je suis inquiète et comme je le disais à Vivi, je pète un cable.
Vous, avez vous vu un grand spécialiste?
Allez, je vai etre positive, gardons le moral,
Britt
Bonjour Britt,
Pour ma part si ton médecon préconise une hospitalisation, c'est qu'il souhaite certainement te faire une série d'infiltrations, avec derrière un repos total. Pour celà, rien de telle qu'une hospitalisation. Nous savons tous bien, que à notre domicile nous sommes incorrigibles et que nous trouverons toujours un moyen pour faire quelques choses. Demandes plus d'explications à ce sujet à ton médecin ! Tu trouveras une réponse en soit !
Beaucoup disent, ouais les infiltrations ça fait rien ! mais nous ne répondont pas tous à la même térapeuthie. Donc, attention, ne passe pas à côté de quelque chose, qui pourrait te soulager !
Quand à moi, j'ai toujours été suivi par un orthopédiste. Curieux, non ?! J'ai eu une très mauvaise expérience avec un rhumato, qui restait figé sur idée, et j'ai failli passer à côté de quelque chose, je dirai plus une décision, qui à été pour moi une révélation.
Mon histoire, peu différente de la tienne, mais peut-être moins importante : Un discopathie en L4L5 très importante, générant hernies, et compression du nerf sciatique. Fragmentation du disque après opération de hernie, devenant très dangereux pour mon système nerveux. Je dois dire que les derniers temps, j'étaos sous morphine, avec complète insensibilisation de la jambe gauche.
Donc, retrait du disque et remplacement par prothèse. Et ce parcours, je l'ai fait, avec un chirurgien orthopédiste de la région parisienne.
Voilà mon histoire !
Questionne ton médecin, c'est important.
Bonne journée Britt !
---------------
vivi
britt6
Profil : Habitué Posté le 02-02-2005 à 10:46 vivi137 a écrit :
Bonjour Britt,
Pour ma part si ton médecon préconise une hospitalisation, c'est qu'il souhaite certainement te faire une série d'infiltrations, avec derrière un repos total. Pour celà, rien de telle qu'une hospitalisation. Nous savons tous bien, que à notre domicile nous sommes incorrigibles et que nous trouverons toujours un moyen pour faire quelques choses. Demandes plus d'explications à ce sujet à ton médecin ! Tu trouveras une réponse en soit !
Beaucoup disent, ouais les infiltrations ça fait rien ! mais nous ne répondont pas tous à la même térapeuthie. Donc, attention, ne passe pas à côté de quelque chose, qui pourrait te soulager !
Quand à moi, j'ai toujours été suivi par un orthopédiste. Curieux, non ?! J'ai eu une très mauvaise expérience avec un rhumato, qui restait figé sur idée, et j'ai failli passer à côté de quelque chose, je dirai plus une décision, qui à été pour moi une révélation.
Mon histoire, peu différente de la tienne, mais peut-être moins importante : Un discopathie en L4L5 très importante, générant hernies, et compression du nerf sciatique. Fragmentation du disque après opération de hernie, devenant très dangereux pour mon système nerveux. Je dois dire que les derniers temps, j'étaos sous morphine, avec complète insensibilisation de la jambe gauche.
Donc, retrait du disque et remplacement par prothèse. Et ce parcours, je l'ai fait, avec un chirurgien orthopédiste de la région parisienne.
Voilà mon histoire !
Questionne ton médecin, c'est important.
Bonne journée Britt !
Bonjour Vivi
Je vous remercie infiniment de vos conseils, car c'est vrai qu'en souffrant nuit et jour on est agacé, et pourtant je suis toujours debout, je vaque à mes occupations, et personne ne peut penser combien je souffre.
Votre chirurgien orthopédique serait il à la clinique Ste Marie de Pontoise, car on m'a laissé entendre qu'il y en avait un très bien. Par contre mon médecin lui m'a parlé de l'hopital de Pontoise, Professeur Perthuiset, pour les infiltrations, connaissez-vous?
Pour le moment je n'ai pas pris la décision d'etre hospitalisée, mon médecin traitant me dit qu'il faut que je sois préte, et de plus, je pense qu'il serait mieux que j'ai d'autres avis médicales, par exemple un orthopédiste.
Bonne journée
Britt
---------------
britt6
Profil : Habitué Posté le 02-02-2005 à 11:06 gaga16 a écrit :
rebonjour
j'ai vue un rhumatologue qui ma dit repos quand ya douleur infiltration et si ca va pas operation.
mais je vais prendre rendez vous au centre antidouleur de beaujon avec un neurologue on verra!
Bonjour Gaga
Je suis très étonnée que votre médecin parle d'opération pour discopathie dégénérative, car le mien tant qu'il n'y a pas d'hernie, me dit qu'il faut endurer le mal, faire des infiltrations, et ne pas opérer, car c'est très délicat. Mais comme je le disais à Vivi, je suis très inquiète pour les infiltrations car on m'a dit que si c'était loupé on pouvait finir en siège roulant. Et cela m'a été dit par un médecin, donc, que faire, qui écouter? je ne savais pas que nous étions aussi nombreux à souffir de cette M....
Au fait pourquoi un centre anti douleur en neurologie, car ce sont nos disques qui sont morts?
Tenez moi au courant de vos démarches , me dire si c'est bien ou pas?
Bonne journée
Britt
---------------
vivi137
Prothèse discale, nouvelle vie
Profil : Fidèle Posté le 02-02-2005 à 13:39 Britt,
Ne dramatisons pas pour les infiltration ! Comment un médecin, devant la souffrance peut-il dire que l'infiltration est aussi risquée ! bien sûre, rien n'est anodin dès qu'il sagit de la colonne, mais les pratiquants sont des spécialistes, et vraiment les cas de paralysies dûes à une infiltration, j'en ai rarement entendu parler !! si l'infiltration est diffuse, c'est comme une péridurale !! tous les jours des femmes se font piquer le dos pour accoucher !! si l'infiltration doit être plus profonde, à ce moment, un spécialiste se servira d'une image, pour bien se diriger, il faut être confiante sur les pratiques, autrement on ne peut plus faire grand chose !
Par contre, n'hésites pas à consulter un chirurgien orthopédiste, spécialisé du rachis, ceux sont aussi des gens très compétents !!
Je suis tout à fait révoltée lorsque des médecins disent qu'il faut endurer. Personne, ne peut supporter la douleur. Nous avons tous un seuil de tolérance. La douleur fatigue, amène à la dépression, à la désociabilisation..tant qu'il y a des remèdes possible, il faut les tenter. J'ai accepter une opération, qui aux yeux d'un rhumatologue était une erreur monumentale, que j'étais inconsciente d'accepter ce qu'un confrère me proposer. Ce rhumato me bourrer de tous les médics qu'il etait possible d'avaler, et pourtant sans trop de résultat, autrement on fini à la morphine, comme moi les derniers temps !
Et depuis que j'ai cette pose de prothèse, j'ai retrouvé une vie complètement normale. Même, contrairment à ce que me dit mon chirurgien, sa dure 5 ans, et bien c'est ça de gagné ! je travaille, j'ai une vie de famille complètement normale ! tant qu'il est possible, il ne faut pas laisser les gens dans la souffrances ! evidemment une opération ne se prends pas à la légère, mais quand c'est indispensable à la survit morale et physique, et bien on hésite pas !
Tel est mon avis !
Alors Britt, pour te faciliter les choses, tu dois faire par rapport à ta propre conscience, pas simple hein ??! Les choix, voilà le dilemne.
Allez bon courage, et ne te laisse pas trop avoir avec le côté dramatique de certaines blouses blanches ! Consultes 2, maximun 3 spécialistes, et fais le bon choix !!
A très bientôt !
Ah au faite, ne focalise surtout pas sur le fait que les gens te croient malade ou pas, car autrement tu vas pêter un plomb. La maladie qui ne se voit pas, ne se comprends pas !
---------------
vivi
bibim
L'entraide c'est notre force
Profil : Fidèle Posté le 02-02-2005 à 16:35 Britt,
c'est tout à fait vrai ce que dit Vivi, le risque zéro n'existe pas en médecine et je ne comprend pas bien la réaction de ce médecin, alors moi je peux dire aussi qu'en restant comme ça tu peux être paralysé !
C'est une technique qui marche, moi-même j'en ai eu 3 qui n'ont malheureusement pas servit à grand chose mais quand j'y allais il y avait un monsieur qui en avait fait 2 et là plus de douleurs!
Alors si ça peut te soulager ou éviter une intervention pourquoi pas!
L'opération n'est pas anodine comme on pourrait le faire croire.
C'est certain qu'il faut que se soit fait par quelqu'un qui est habitué!
Bon courage
--Message édité par bibim le 03-02-2005 à 15:45--
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@ +++, bibim
britt6
Profil : Habitué Posté le 03-02-2005 à 11:56 vivi137 a écrit :
Britt,
Ne dramatisons pas pour les infiltration ! Comment un médecin, devant la souffrance peut-il dire que l'infiltration est aussi risquée ! bien sûre, rien n'est anodin dès qu'il sagit de la colonne, mais les pratiquants sont des spécialistes, et vraiment les cas de paralysies dûes à une infiltration, j'en ai rarement entendu parler !! si l'infiltration est diffuse, c'est comme une péridurale !! tous les jours des femmes se font piquer le dos pour accoucher !! si l'infiltration doit être plus profonde, à ce moment, un spécialiste se servira d'une image, pour bien se diriger, il faut être confiante sur les pratiques, autrement on ne peut plus faire grand chose !
Par contre, n'hésites pas à consulter un chirurgien orthopédiste, spécialisé du rachis, ceux sont aussi des gens très compétents !!
Je suis tout à fait révoltée lorsque des médecins disent qu'il faut endurer. Personne, ne peut supporter la douleur. Nous avons tous un seuil de tolérance. La douleur fatigue, amène à la dépression, à la désociabilisation..tant qu'il y a des remèdes possible, il faut les tenter. J'ai accepter une opération, qui aux yeux d'un rhumatologue était une erreur monumentale, que j'étais inconsciente d'accepter ce qu'un confrère me proposer. Ce rhumato me bourrer de tous les médics qu'il etait possible d'avaler, et pourtant sans trop de résultat, autrement on fini à la morphine, comme moi les derniers temps !
Et depuis que j'ai cette pose de prothèse, j'ai retrouvé une vie complètement normale. Même, contrairment à ce que me dit mon chirurgien, sa dure 5 ans, et bien c'est ça de gagné ! je travaille, j'ai une vie de famille complètement normale ! tant qu'il est possible, il ne faut pas laisser les gens dans la souffrances ! evidemment une opération ne se prends pas à la légère, mais quand c'est indispensable à la survit morale et physique, et bien on hésite pas !
Tel est mon avis !
Alors Britt, pour te faciliter les choses, tu dois faire par rapport à ta propre conscience, pas simple hein ??! Les choix, voilà le dilemne.
Allez bon courage, et ne te laisse pas trop avoir avec le côté dramatique de certaines blouses blanches ! Consultes 2, maximun 3 spécialistes, et fais le bon choix !!
A très bientôt !
Ah au faite, ne focalise surtout pas sur le fait que les gens te croient malade ou pas, car autrement tu vas pêter un plomb. La maladie qui ne se voit pas, ne se comprends pas !
Bonjour Vivi
Je viens de lire ton message, et cela est vrai, je ne sais plus en j'en suis, la décision est difficile à prendre. Mais ton message me remonte le moral, si bien qu'aujourd'hui je vais prendre rendez vous avec un orthopédiste, je dois voir mon médecin la semaine prochaine, mais je ne prendrai aucune décision avant d'avoir vu cet orthopédiste.2 avis voir 3 valent mieux qu'une décision prise rapidement. Et de plus je focalise sur la peur d'être infiltrée et que ce soit mal fait, il faut que je fasse confiance, mais un passé dans ma famille me donne des hésitations.
En tout cas, merci de me remonter le moral, et de me bouster, je te tiendrai au courant de mes démarches auprès du spécialiste, je pense que j'irai à la Clinique Ste Marie, à ce qui parait il y en a un bon.
A bientot, et encore merci
Britt
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britt6
Profil : Habitué Posté le 03-02-2005 à 12:07 bibim a écrit :
Britt,
c'est tout à fait vrai ce que dit Vivi, le risque zéro n'existe pas en médecine et je ne comprend pas bien la réaction de ce médecin, alors moi je peux dire aussi qu'en restant comme ça tu peux être paralysé !
X'est une technique qui marche, moi-même j'en ai eu 3 qui n'ont malheureusement pas servit à grand chose mais quand j'y allais il y avait un monsieur qui en avait fait 2 et là plus de douleurs!
Alors si ça peut te soulager ou éviter une intervention pourquoi pas!
L'opération n'est pas anodine comme on pourrait le faire croire.
C'est certain qu'il faut que se soit fait par quelqu'un qui est habitué!
Bon courage
Bonjour Bibim
Je vois que tu es d'accord avec Vivi, je sais que le risque zéro n'existe pas, mais tu sais je suis une peureuse, hopital me fait baliser, et surtout je vois toujours en noir au lieu de positiver. D'autant plus je me dis etre jeune encore !!! pour avoir des souscis pareils. J'aspire à retrouver une vie normale, retravailler, aider mon mari à jardiner, avoir meilleur caractère, car la souffrance comme dit Vivi ça joue sur le moral.
Au moins sur ce site je peux parler facilement, avec des gens comme vous qui ressentez les memes douleurs, car il y a bien des gens qui doivent penser que je fais du cinéma, moi qui était un bout en train, et qui malgré tout se plaind mais est toujours debout.
Enfin, je vais voir un orthopédiste , je vais prendre un rendez vous aujourd'hui, mon médecin que je vois la semaine prochaine, et puis peut être aussi un autre spécialiste.
En tout cas merci à toi aussi de me remonter le moral, et à bientot
Britt
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britt6
Profil : Habitué Posté le 03-02-2005 à 12:08 bibim a écrit :
Britt,
c'est tout à fait vrai ce que dit Vivi, le risque zéro n'existe pas en médecine et je ne comprend pas bien la réaction de ce médecin, alors moi je peux dire aussi qu'en restant comme ça tu peux être paralysé !
X'est une technique qui marche, moi-même j'en ai eu 3 qui n'ont malheureusement pas servit à grand chose mais quand j'y allais il y avait un monsieur qui en avait fait 2 et là plus de douleurs!
Alors si ça peut te soulager ou éviter une intervention pourquoi pas!
L'opération n'est pas anodine comme on pourrait le faire croire.
C'est certain qu'il faut que se soit fait par quelqu'un qui est habitué!
Bon courage
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bibim
L'entraide c'est notre force
Profil : Fidèle Posté le 03-02-2005 à 15:53 britt6 a écrit :
Bonjour Bibim
Je vois que tu es d'accord avec Vivi, je sais que le risque zéro n'existe pas, mais tu sais je suis une peureuse, hopital me fait baliser, et surtout je vois toujours en noir au lieu de positiver. D'autant plus je me dis etre jeune encore !!! pour avoir des souscis pareils. J'aspire à retrouver une vie normale, retravailler, aider mon mari à jardiner, avoir meilleur caractère, car la souffrance comme dit Vivi ça joue sur le moral.
Au moins sur ce site je peux parler facilement, avec des gens comme vous qui ressentez les memes douleurs, car il y a bien des gens qui doivent penser que je fais du cinéma, moi qui était un bout en train, et qui malgré tout se plaind mais est toujours debout.
Enfin, je vais voir un orthopédiste , je vais prendre un rendez vous aujourd'hui, mon médecin que je vois la semaine prochaine, et puis peut être aussi un autre spécialiste.
En tout cas merci à toi aussi de me remonter le moral, et à bientot
Britt
Bonjour Britt,
Oui, effectivement c'est l'avantage de ce forum c'est que l'on se comprend mieux entre personne viviant +/- la même situation!
L'incompréhension de la douleur beaucoup l'on vécu ou le vive encore!
Moi-même travaillant dans le milieu médical, je ne suis pas toujours comprise alors faut pas demander ailleurs!
De plus dans la société actuelle du travail, bien souvent pour reprendre ton boulot tu dois être à 100% de tes capacités, sinon on ne veut pas de toi !
Prends des avis et tu verras ce qu'on te dit!
Bonne journée!
--Message édité par bibim le 03-02-2005 à 15:56--
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@ +++, bibim
britt6
Profil : Habitué Posté le 03-02-2005 à 16:28 Bibim
Dans le milieu médical tu dois entendre parler de plein de chose, mais j'espère que tu as les bonnes réponses à tes questions. Voilà, comme disait Vivi il faut plusieurs avis, donc j'ai pris rendez vous avec un chirurgien orthopédiste samedi matin, j'espère qu'il m'éclairera sur la suite à donner à mes douleurs.
En tous cas c'est bien sympa de me répondre, mais toi depuis combien de temps souffre tu de la discopathie? peut etre cela s'arrangera lorsque l'on vieillira, c'est à espérer!!!!!
à +++++
Britt
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vivi137
Prothèse discale, nouvelle vie
Profil : Fidèle Posté le 04-02-2005 à 08:18 Bonjour Britt,
N'oublies donc pas de nous donner de tes nouvelles.
Et toi qui est jeune, ne pense pas tout de suite à comment tu sera dans 30 ans. Avances petit à petit, au jour le jour. C'est le meilleur moyen d'affronter positivement les blessures physiques !
Surtout Britt, soignes ton moral, préserves le, il sera ton soutien pour toutes les décisions que tu prendras dans ta vie !!
Et surtout inonde de question ton orthopédiste samedi ! Ne te laisses pas impressionner par une blouse blanche, allez courage et à bientôt !
Et toutes mes amitiés à Bibim !!
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vivi
britt6
Profil : Habitué Posté le 04-02-2005 à 10:24 vivi137 a écrit :
Bonjour Britt,
N'oublies donc pas de nous donner de tes nouvelles.
Et toi qui est jeune, ne pense pas tout de suite à comment tu sera dans 30 ans. Avances petit à petit, au jour le jour. C'est le meilleur moyen d'affronter positivement les blessures physiques !
Surtout Britt, soignes ton moral, préserves le, il sera ton soutien pour toutes les décisions que tu prendras dans ta vie !!
Et surtout inonde de question ton orthopédiste samedi ! Ne te laisses pas impressionner par une blouse blanche, allez courage et à bientôt !
Et toutes mes amitiés à Bibim !!
Bonjour Vivi
C'est vraiment très gentil de ta part de me soutenir car comme tu l'as bien comprise, je n'ai pas le moral,je ne positive pas assez, j'ai meme parfois des idées noires, mais depuis 3 ans ma vie a changée,(J'ai perdu ma soeur le soir du 24 décembre) et depuis dépression, zona, et maintement discopathie, je suis assez fragile.Pourtant il y 3 semaines je faisais un spectacle sur Pontoise, car j'ai montée une troupe, chant et danse, que je vais quitter, car les chorégraphies sont très difficiles à assumer pour moi. Tu vois malgré mon mauvais moral, que je ne montre à personne, je fais des activités et je lutte.
En effet samedi je vois l'orthopédiste,et je n'hésiterai pas à lui poser pleins de questions.
Encore merci de ta sympathie, et amitiés à toi Vivi et à Bibim.
A plus
Britt
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mpv
mpv
Profil : Fidèle Posté le 04-02-2005 à 10:56 Bonjour brit6, La réponse que je donne là, n'a rien à voir avec la discopathie. Tu dis que tu es au chomage, pourqqoi ne demandes-tu pas un emploi "travailleur handicapé" auprès de la COTOREP de ton département et peut être aurais-tu droit à une carte d'invalidité de la même COTOREP, rien à voir avec "invalidité sécu". Je travaille en tant que fonctionnaire et dans mon administration, il y a 3 travailleurs handicapés dont 1 avec problèmes de dos, et je peux te dire que je me suis déjà demandé si réellement elle avait quelque chose, vu qu'elle porte facilement (micro-ondes par ex. lors d'un apéritif amélioré). Cela ne coûte rien d'essayer et si c'est refuser, contester la décision et tu finis par avoir ce que tu veux ! Demandes le dossier et fais-le remplir par ton médecin ou un spécialiste, mais il faut, impérativement, que ce soit écrit "invalidité à 80 %) car avec moins, tu n'as pas la carte. A l'ANPE, as-tu parlé de ton problème avec les conseillers, sinon fais-le ! A +
britt6
Profil : Habitué Posté le 04-02-2005 à 14:35 mpv a écrit :
Bonjour brit6, La réponse que je donne là, n'a rien à voir avec la discopathie. Tu dis que tu es au chomage, pourqqoi ne demandes-tu pas un emploi "travailleur handicapé" auprès de la COTOREP de ton département et peut être aurais-tu droit à une carte d'invalidité de la même COTOREP, rien à voir avec "invalidité sécu". Je travaille en tant que fonctionnaire et dans mon administration, il y a 3 travailleurs handicapés dont 1 avec problèmes de dos, et je peux te dire que je me suis déjà demandé si réellement elle avait quelque chose, vu qu'elle porte facilement (micro-ondes par ex. lors d'un apéritif amélioré). Cela ne coûte rien d'essayer et si c'est refuser, contester la décision et tu finis par avoir ce que tu veux ! Demandes le dossier et fais-le remplir par ton médecin ou un spécialiste, mais il faut, impérativement, que ce soit écrit "invalidité à 80 %) car avec moins, tu n'as pas la carte. A l'ANPE, as-tu parlé de ton problème avec les conseillers, sinon fais-le ! A +
Merci MPV de tes conseils.
J'avais demandé à mon médecin si je pouvais passer en invalidité mais il m'avait dit tant que tu n'as pas d'opération cela ne marche pas. Je pense qu'il parlait de la sécu, alors je vais me mettre en contact avec la Cotorep lorsque j'aura ce papier d'invalidité à 80%. De toutes façons, j'en saurai plus lorsque j'aurai vu le chirurgien orthopédiste samedi.
Merci beaucoup de tes conseils.
A plus
Britt
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mpv
mpv
Profil : Fidèle Posté le 04-02-2005 à 15:24 Bonjour Britt, pour ce que je te disais, pour la COTOREP, il y a 2 bureaux, un qui s'occupe de la carte d'invalidité et un autre de la mise en "travailleur handicapé", toutes les entreprises et les administrations sont obligées d'employer des handicapés. Donc c'est deux démarches différentes qu'il faut que tu fasses, je crois que ça s'appelle : 1ère section et 2ème section. Pour plus de renseignements, va sur GOOGLE et tape "handicapés COTOREP" et tu auras facilement des renseignements, n'hésite pas à envoyer des émails à des associations, elles répondent.
A +. Mon mari va aussi demain chez un spécialiste pour sa discopathie, tu me tiens au courant :
britt6
Profil : Habitué Posté le 04-02-2005 à 16:57 mpv a écrit :
Bonjour Britt, pour ce que je te disais, pour la COTOREP, il y a 2 bureaux, un qui s'occupe de la carte d'invalidité et un autre de la mise en "travailleur handicapé", toutes les entreprises et les administrations sont obligées d'employer des handicapés. Donc c'est deux démarches différentes qu'il faut que tu fasses, je crois que ça s'appelle : 1ère section et 2ème section. Pour plus de renseignements, va sur GOOGLE et tape "handicapés COTOREP" et tu auras facilement des renseignements, n'hésite pas à envoyer des émails à des associations, elles répondent.
A +. Mon mari va aussi demain chez un spécialiste pour sa discopathie, tu me tiens au courant :
ok MPV je te tiens au courant de ce que m'a dit le spécialiste, et j'espère que pour ton mari vous aurez aussi de bonnes nouvelles et un mieux pour l'avenir.
Dès la semaine prochaine je me renseigne de la Cotorep.
A +
Et encore merci
Britt
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bibim
L'entraide c'est notre force
Profil : Fidèle Posté le 04-02-2005 à 18:34 Bonjour à toi Vivi et merci aussi de ton soutien, c'est vrai que tu es déjà une plus ancienne sur le forum et tout comme moi tu as connu des moments difficiles !
Maintenant tu vas bien et j'espère que ça continuera!
Un petit à Mpv.
Coucou Britt,
Pour ce qui est de l'invalidité et travail là je ne peux pas beaucoup t'aider pour la bonne raison que je suis Belge !
Pour répondre à tes questions, du fait que je suis para-médicale et travaillant en milieu hospitalier, j'ai entendu de tout, fait toi opérer, ne te fait pas opérer, c'est de la déprime, plus envie de travailler, ah non pas d'arthrodèse, ... alors tu vois la panoplie est large!
De plus à la limite on en connaît de trop sur les risques et complications et les médecins n'aiment pas forcément de nous soigner parce-qu'on discute beaucoup et on ne se laisse pas toujours faire!!!
En ce qui me concerne ça fait bon 3 ans que j'ai des problèmes de colonne cervicale mais surtout j'ai eu une hernie discale cervicale avec atteinte d'une racine nerveuse, j'ai été opérée il y a +/- 18 mois, l'intervention était nécessaire vu que mon hernie se calcifiait et comprinait le nerf.
Donc j'ai eu une sorte d'arthrodèse C6-C7, et le reste on n'a pas toucher (pincement discal et rétrécissement des trous de conjugaisons à d'autres étages.
Je garde des séquelles (douleurs neuropathiques) de cette compression sous forme d'une névralgie cervico-brachiale (ncb) mais moins importante qu'avant l'intervention.
J'ai pu reprendre un travail adapté à mi-temsp médical depuis +/- 1 an .
Je suis aussi passée par un phase (comme beaucoup d'entre nous) de découragement où je ne savais plus ce que je devais faire, où l'on se demande ce que l'on va devenir, quel avenir et puis petit à petit on change, on évolue.
Alors pour ta consult de demain bombarde de questions ton médecin!
Bonne soirée à vous tous
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@ +++, bibim
britt6
Profil : Habitué Posté le 07-02-2005 à 10:01 bibim a écrit :
Bonjour à toi Vivi et merci aussi de ton soutien, c'est vrai que tu es déjà une plus ancienne sur le forum et tout comme moi tu as connu des moments difficiles !
Maintenant tu vas bien et j'espère que ça continuera!
Un petit à Mpv.
Coucou Britt,
Pour ce qui est de l'invalidité et travail là je ne peux pas beaucoup t'aider pour la bonne raison que je suis Belge !
Pour répondre à tes questions, du fait que je suis para-médicale et travaillant en milieu hospitalier, j'ai entendu de tout, fait toi opérer, ne te fait pas opérer, c'est de la déprime, plus envie de travailler, ah non pas d'arthrodèse, ... alors tu vois la panoplie est large!
De plus à la limite on en connaît de trop sur les risques et complications et les médecins n'aiment pas forcément de nous soigner parce-qu'on discute beaucoup et on ne se laisse pas toujours faire!!!
En ce qui me concerne ça fait bon 3 ans que j'ai des problèmes de colonne cervicale mais surtout j'ai eu une hernie discale cervicale avec atteinte d'une racine nerveuse, j'ai été opérée il y a +/- 18 mois, l'intervention était nécessaire vu que mon hernie se calcifiait et comprinait le nerf.
Donc j'ai eu une sorte d'arthrodèse C6-C7, et le reste on n'a pas toucher (pincement discal et rétrécissement des trous de conjugaisons à d'autres étages.
Je garde des séquelles (douleurs neuropathiques) de cette compression sous forme d'une névralgie cervico-brachiale (ncb) mais moins importante qu'avant l'intervention.
J'ai pu reprendre un travail adapté à mi-temsp médical depuis +/- 1 an .
Je suis aussi passée par un phase (comme beaucoup d'entre nous) de découragement où je ne savais plus ce que je devais faire, où l'on se demande ce que l'on va devenir, quel avenir et puis petit à petit on change, on évolue.
Alors pour ta consult de demain bombarde de questions ton médecin!
Bonne soirée à vous tous
Bonjour Bibim
J'espère que tu vas bien, je suis allée chez le chirurgien orthopédiste, qui m'a reçu avec 1 heure de retard, et m'a consultée (environ 10 minutes) pour me dire : "oui vous souffrez d'une discopathie dégénérative, et alors? ce n'est pas opérable, il faut forcer avec votre dos, ne pas vous écouter, travailler, faire de la gym, forcer, forcer, meme si vous avez mal. Pas d'opération en vue, pas d'infiltration cela ne sert à rien, simplement vous vieillissez mal du dos." J'étais surpise, j'ai voulu lui poser des questions il me disait cela fait mal mais prenez des calmants,faite du kiné, en fait tout l'inverse de ce que m'ont dit les précédents médecins. 45 euros pour 10 minutes, et l'impression d'etre prise pour une andouille, c'est fort!!!!!!
Mon souhait c'est de retravailler, de redevenir Britt que j'étais avant, et pour cela je ne me laisse pas aller, mais je ne peux plus faire ce que je veux depuis 1 an.Donc je vais me renseigner pour voir un autre spécialiste du dos sur Paris.(il m'a dit que quand le disque serait complétement usé, je souffrirai peut-etre moins! Bref j'en suis toujours au meme point.
Heureusement que maintenant je peux correspondre avec toi, avec Vivi et MPV, car on se comprends,ce n'est pas toujours le cas autour de moi.
J'espère que le mari de MPV a consulté un meilleur spécialiste que moi.
Je te dis à plus et merci encore et à bientot
Britt
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mpv
mpv
Profil : Fidèle Posté le 07-02-2005 à 13:51 Bonjour tout le monde et surtout BRITT, nous sommes allés chez le chirurgien orthopédique-traumatolo
gue samedi matin, nous n'avons pas trop attendu, mais la visite n'a durée pas plus de 10 minutes aussi, mais par contre le tarif est différent : 65 €. Mon mari a aussi en plus une hernie, mais pour le toubib, tant qu'on n'a pas mal aux jambes, il ne faut pas opérer, il faut attendre. Il lui a donné 9 séances de kiné pour renforcer la paroi abdominale. Bien entendu, on attendra la visite chez le médecin traitant pour le kiné, je me méfie. Je ne peux pas dire que ce médecin ne m'a pas inspiré confiance, mais je suis de nature méfiante ! Maintenant, on attend vendredi 11 pour la visite au neurochirurgien et on va voir ce qu'il va dire et après on en parlera avec notre médecin traitant pour la décision à prendre. Pour l'instant, avec ses cachets, mon mari a moins de lancées fulgurantes dans le dos et il fait attention de ne pas porter lourd. Notre fils se charge des courses (eau et lait) c'est toujours ça de moins à porter.
Je vous donnerai la suite des visites en fin de semaine. Britt tu habites quel département ? A +
britt6
Profil : Habitué Posté le 07-02-2005 à 14:14 mpv a écrit :
Bonjour tout le monde et surtout BRITT, nous sommes allés chez le chirurgien orthopédique-traumatolo
gue samedi matin, nous n'avons pas trop attendu, mais la visite n'a durée pas plus de 10 minutes aussi, mais par contre le tarif est différent : 65 €. Mon mari a aussi en plus une hernie, mais pour le toubib, tant qu'on n'a pas mal aux jambes, il ne faut pas opérer, il faut attendre. Il lui a donné 9 séances de kiné pour renforcer la paroi abdominale. Bien entendu, on attendra la visite chez le médecin traitant pour le kiné, je me méfie. Je ne peux pas dire que ce médecin ne m'a pas inspiré confiance, mais je suis de nature méfiante ! Maintenant, on attend vendredi 11 pour la visite au neurochirurgien et on va voir ce qu'il va dire et après on en parlera avec notre médecin traitant pour la décision à prendre. Pour l'instant, avec ses cachets, mon mari a moins de lancées fulgurantes dans le dos et il fait attention de ne pas porter lourd. Notre fils se charge des courses (eau et lait) c'est toujours ça de moins à porter.
Je vous donnerai la suite des visites en fin de semaine. Britt tu habites quel département ? A +
Coucou MPV
Je suis contente que la visite de ton Mari chez le spécialiste ce soit bien passée. En plus de la discopathie il souffre d'une hernie, c'est pas de chance, mais déjà s'il n'a pas mal dans la jambe c'est bon signe. Il faut reconnaitre qu'avec tout ce que l'on entend, on est sur nos gardes. Je ne sais pas quel age a ton mari, mais moi j'ai 50 ans et le spécialiste m'a dit samedi qu'on ne faisait plus d'hernie discale à mon age,lorque l'on vieillit on ne peut en avoir. J'ai trouvé cela vraiment bizarre! Moi, je demeure dans le 27 dans l'Eure.
Je suis contente d'avoir eu de tes nouvelles et je te dis à + je vais aller faire un peu de marche, promener mon petit chiot Boxer, il faut soleil aujourd'hui.
Bonne journée
Britt
bibim
L'entraide c'est notre force
Profil : Fidèle Posté le 07-02-2005 à 16:01 Bonjour Mpv,
J'ai vu le resultat de la consultation, c'est vrai que tant qu'il n'y a pas de paralysie vaut mieux attendre mais faut voir ce que dira le neurochirurgien et en discuter.
Pour Britt,
Concernant l'âge de l'apparition de la hernie, il n'y a pas d'âge, c'est peut-être moins fréquent!
En lisant ta consultation expédié j'ai connu cela aussi, 5 min pour me dire bonjour et au revoir!!!
Même si c'est vrai qu'il n'y a pas grand chose à faire il y a la façon de le dire, on voit bien que ce n'est pas lui qui a mal!
Ce qui se passe c'est qu'une fois le disque complètement usé, les vertèbres peuvent se souder et donc diminuer les douleurs puisqu'il n'y a plus de monvements!
Tu as raison de demander un 2e avis!
Bonne promenade, à bientôt!
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@ +++, bibim
mpv
mpv
Profil : Fidèle Posté le 07-02-2005 à 17:45 Bonjour, Mon mari a 54 ans, mais il a toujours eu plus ou moins mal au dos. Mais c'est la 1ère fois que cela dure plus de 3 mois. En ce qui concerne l'âge, il n'y a pas d'âge pour la fin des hernies discales, je connais une dame qui 75 ans et qui parle de se faire opérer, donc tu vois ! Nous habitons le 57 (Moselle) et c'est à NANCY que nous sommes allés. A +. Je vous tiens au courant. Amiclalement
britt6
Profil : Habitué Posté le 08-02-2005 à 10:54 bibim a écrit :
Bonjour Mpv,
J'ai vu le resultat de la consultation, c'est vrai que tant qu'il n'y a pas de paralysie vaut mieux attendre mais faut voir ce que dira le neurochirurgien et en discuter.
Pour Britt,
Concernant l'âge de l'apparition de la hernie, il n'y a pas d'âge, c'est peut-être moins fréquent!
En lisant ta consultation expédié j'ai connu cela aussi, 5 min pour me dire bonjour et au revoir!!!
Même si c'est vrai qu'il n'y a pas grand chose à faire il y a la façon de le dire, on voit bien que ce n'est pas lui qui a mal!
Ce qui se passe c'est qu'une fois le disque complètement usé, les vertèbres peuvent se souder et donc diminuer les douleurs puisqu'il n'y a plus de monvements!
Tu as raison de demander un 2e avis!
Bonne promenade, à bientôt!
Bonjour Bibim
La promenade fut agréable sous le soleil avec ma petite chienne qui a 4 mois.
C'est bizarre mais la marche n'accélère pas mes douleurs, et cela me permets de faire de l'exercice, sauf que je ne ferai plus 10 kms comme avant.
Oui je pense prendre un autre avis car de toute facon je ne peux faire ce que l'orthopédiste a dit : forcer sur le dos malgré la douleur, sport à gogo, et d'autant plus que j'ai appris hier qu'un ami de ma voisine qui a 65 ans déclenche une hernie discale, comme dit MPV il n'y a pas d'age, je suis encore stupéfaite des dires de ce spécialiste?
Bref! passons à autre chose, et le fait parler avec des gens comme toi, comme Bibi, comme MPV, qui comprennent ce qu'est la souffrance, on se sent plus à l'aise que les gens qui ne savent pas ce que c'est et qui croient que l'on se plaint pour se plaindre. Car oui, malgré mon courage d'etre toujours sur pied il y a des fois ou je dis, j'ai mal, mais ça s'arrete là.
je te dis à + , aujourd'hui je vais faire une recherche d'emploi.
Amicalement
Britt
britt6
Profil : Habitué Posté le 08-02-2005 à 11:03 mpv a écrit :
Bonjour, Mon mari a 54 ans, mais il a toujours eu plus ou moins mal au dos. Mais c'est la 1ère fois que cela dure plus de 3 mois. En ce qui concerne l'âge, il n'y a pas d'âge pour la fin des hernies discales, je connais une dame qui 75 ans et qui parle de se faire opérer, donc tu vois ! Nous habitons le 57 (Moselle) et c'est à NANCY que nous sommes allés. A +. Je vous tiens au courant. Amiclalement
Bonjour MPV
Tu as raison pas d'age pour avoir une hernie discale, c'est ce que je disai à Bibim, donc j'ignore pourquoi ce spécialiste m'a parlé comme cela, surtout que j'y allai avec confiance, je suis déçue. Bref!
J'espère que les séances de kiné vont appaiser les douleurs de ton mari.
Moi pour le moment j'ai décidé d'arreter tout médicament, car mon estomac en a marre, et je prendrai du doliprane 1000 si je ne tiens plus. Je vais voir pour un spécialiste sur Paris, et j'ai oubliée de le dire à Bibim, j'ai pris rendez vous avec une ostéophate, à voir! le 18.02
Je te dis à + et excellente journée
Amicalement
Britt
philippe39 1 Posté le 08-02-2005 à 13:24 Bonjour a toutes et tous, et a toi vivi, merci pour tes conseils.
Je souffre du dos depuis a peut prés 5 ans, et en plus une siatique a la jambe droite. Des calmants pour la douleur rien n'y faisait, j'ais donc pris mon courage a deux mains et je suis allez sur dijon, voire un chirurgiens orthopédique vertebrale; qui lui m'as dit on faire un irm avant de faire koi que je sois, ceci ce passais en décembre 2003, fin decembre les radios ont ete expédier a dijon, et le résultat est une pathologie rachidienne a type lomboradiculalgie sur discopathie dégènérative L5 S1, l'opération s'est bien passé (le 20 février 2004) correction chirurgicale d'une perte de lordose lombo-sacrée de l'etage L5 S1 par arthodése et ostéosynthése implant CAGE OSTA-PEK NEWIS avec prise de géffe iliatique gauche. En juin je suis allez voir le médecin du travail qui m'a conseiller de faire valoir ma maladie en maldie professionnelle, chose faite aprés un appel , parce que la secu ne reconnaissais pas ma maladie en type proffessionnel, donc je suis pasé chez un expére qui lui la reconnus (décembre 2004), mais entre temps, et aprés plusieurs visites chez mon chir, qui me disait peu petit a peu petit que je me retrouverais handicappé (plus de mouvemant lateraux, pas le droit de me pencher en avant, plus le droit aux bains, velo ect....) Donc nous avons monter un dossier a la cotorep, qui ma classé en quatégorie B (mobilité réduite), mais temps que je suis en arrêt je n'est pas de pourcentage , mais depuis peut, je suis alez dans un centre anti douleur, arret de mon traiment en cour (morphine, et autre anti douleur) par un traitemnt de cortisonne et de naproxéne sodique pour traiter ma siatique qui est revenus depuis deux mois (la même jambe), et toujur aussi mal, barre de douleur dans le bas du dos, jambe qui s'engourdi la nuit en plus des douleurs dans le talon, de retour de nouveau au centre anti douleur nouveau traitemant, toujours le naproxéne mais avec du topalgic+efferalgan (jusqu'a 6 par jour)et misio théraphie, suite a différent petit probleme qui arrive jours aprés jour, j'ais passe chez un neurologue pour faire un electromiogramme qui dévoile ma siatique droite, mais ceal n'expliquais toujours pas les cuisses engourdies et insensibles sur les cotés, donc un emg plus possées, mais la il ne trouve rien, je souffre toujours, même aprés une oppération, et je vais me retrouver au chomage avec un reconvertion professionel.C'est un peu mon histoir depuis 1 an et demi de maladie
philippe39 1 Posté le 08-02-2005 à 13:27 Et j'oubliais que mon domicile va devoir etre équiper d'evier electrique, lavabos douche et wc adapté a mon état de santé.
vivi137
Prothèse discale, nouvelle vie
Profil : Fidèle Posté le 09-02-2005 à 09:59 Bonjour Philippe,
Je vois que la vie n'est pas facile Philippe !
J'ose espèrer que les solutions opératoires n'ont pas détériorées ton état de santé !
Je crois que c'est la pire des choses, c'est d'attendre après une solution, et que celle ci s'avère désastreuse !
J'ai longtemps réfléchie avant la pose de ma prothèse, car l'arthrodèse ne m'inspirait pas beaucoup, je n'espère qu'une seule chose, c'est de ne pas regretter ce choix !
Pour le moment, tout va bien, et ma vie est redevenue "normale".
Je te souhaite Philippe du courage, de la persévérenve, et ne te laisses surtout pas miner par l'aspect dévastateur d'une depression, l'état physique étant bien atteint déjà !
Mes meilleures salutations !
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vivi
britt6
Profil : Habitué Posté le 10-02-2005 à 18:28 philippe391 a écrit :
Bonjour a toutes et tous, et a toi vivi, merci pour tes conseils.
Je souffre du dos depuis a peut prés 5 ans, et en plus une siatique a la jambe droite. Des calmants pour la douleur rien n'y faisait, j'ais donc pris mon courage a deux mains et je suis allez sur dijon, voire un chirurgiens orthopédique vertebrale; qui lui m'as dit on faire un irm avant de faire koi que je sois, ceci ce passais en décembre 2003, fin decembre les radios ont ete expédier a dijon, et le résultat est une pathologie rachidienne a type lomboradiculalgie sur discopathie dégènérative L5 S1, l'opération s'est bien passé (le 20 février 2004) correction chirurgicale d'une perte de lordose lombo-sacrée de l'etage L5 S1 par arthodése et ostéosynthése implant CAGE OSTA-PEK NEWIS avec prise de géffe iliatique gauche. En juin je suis allez voir le médecin du travail qui m'a conseiller de faire valoir ma maladie en maldie professionnelle, chose faite aprés un appel , parce que la secu ne reconnaissais pas ma maladie en type proffessionnel, donc je suis pasé chez un expére qui lui la reconnus (décembre 2004), mais entre temps, et aprés plusieurs visites chez mon chir, qui me disait peu petit a peu petit que je me retrouverais handicappé (plus de mouvemant lateraux, pas le droit de me pencher en avant, plus le droit aux bains, velo ect....) Donc nous avons monter un dossier a la cotorep, qui ma classé en quatégorie B (mobilité réduite), mais temps que je suis en arrêt je n'est pas de pourcentage , mais depuis peut, je suis alez dans un centre anti douleur, arret de mon traiment en cour (morphine, et autre anti douleur) par un traitemnt de cortisonne et de naproxéne sodique pour traiter ma siatique qui est revenus depuis deux mois (la même jambe), et toujur aussi mal, barre de douleur dans le bas du dos, jambe qui s'engourdi la nuit en plus des douleurs dans le talon, de retour de nouveau au centre anti douleur nouveau traitemant, toujours le naproxéne mais avec du topalgic+efferalgan (jusqu'a 6 par jour)et misio théraphie, suite a différent petit probleme qui arrive jours aprés jour, j'ais passe chez un neurologue pour faire un electromiogramme qui dévoile ma siatique droite, mais ceal n'expliquais toujours pas les cuisses engourdies et insensibles sur les cotés, donc un emg plus possées, mais la il ne trouve rien, je souffre toujours, même aprés une oppération, et je vais me retrouver au chomage avec un reconvertion professionel.C'est un peu mon histoir depuis 1 an et demi de maladie
Bonjour
Je viens de lire ton message qui relate bien toutes les douleurs que nous pouvons nous tous et toutes avoir avec cette foutue discopathie, mais après ton opération et tes soins et médic, comme dit Vivi il faut absolument garder le moral (facile à dire) c'est ce que je pense aussi, mais depuis que je suis sur ce site, avec Vivi, MPV, et Bibim j'ai des conseils, et surtout elles me remontent le moral. Alors il faut que tu luttes, que tu voye d'autres avis de spécialistes
Moi je n'ai toujours pas trouvé la solution pour guérir, mais d'après ce que je vois, nos cas à nous toutes et tous sont variables mais avec une souffrance qui nous agit sur le système nerveux.
Je te souhaite un bon moral et sur ce site il y a des gens formidables!
Je voulai dire un bonjour à Vivi, MPV, Bibim, et je ne sais pas si vous avez des problèmes mais je n'arrivai plus à me connecter sur le site doctissimo, mais je pense bientot changer de fournisseur internet.
Bonne soirée
Britt
bibim
L'entraide c'est notre force
Profil : Fidèle Posté le 10-02-2005 à 20:34 Philippe l'insensibilité et l'engourdissement vont peut-être disparaître à la longue, c'est qu'il y a eu probablement une compression d'un nerf mais pas suffisante pour monter une atteinte!
Cela revient mais faut le temps!
Moi-même je n'ai pas encore retrouvé une sensibilité normale à 2 de mes doigts pourtant ça fait plus d' 1an1/2 que j'ai été opérée, ça revient mais lentement!
Faut essayer de trouver le traitement qui te convient pour essayer de te soulager!
Je sais que c'est pas facile mais faut pas perdre espoir!
Britt,
merci à toi pour les compliments!
C'est vrai qu'il n'existe pas de traitement miracle sinon ce forum n'existerait pas et des phases de ral-le-bol tout le monde passe par là, même-moi ça m'arrive encore de temps en temps, mais je me reprend vite, je ne me laisse pas aller!
Cela peut arriver de temps en temps d'avoir difficile à se connecter sur doctissimo mais ça ne dure jamais très longtemps!
Pour ce qui est de forcer sur ton dos je ne trouve pas cela comme une bonne solution même si c'est vrai que parfois faut aller un peu au délà de ce que l'on peut faire mais en restant vigilant!
Celui qui t'a dit ça, n'a certainement jamais eu de mal de dos!
J'en profite pour faire un bonjour à Vivi et Mpv
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@ +++, bibim
britt6
Profil : Habitué Posté le 16-02-2005 à 12:05 bibim a écrit :
Philippe l'insensibilité et l'engourdissement vont peut-être disparaître à la longue, c'est qu'il y a eu probablement une compression d'un nerf mais pas suffisante pour monter une atteinte!
Cela revient mais faut le temps!
Moi-même je n'ai pas encore retrouvé une sensibilité normale à 2 de mes doigts pourtant ça fait plus d' 1an1/2 que j'ai été opérée, ça revient mais lentement!
Faut essayer de trouver le traitement qui te convient pour essayer de te soulager!
Je sais que c'est pas facile mais faut pas perdre espoir!
Britt,
merci à toi pour les compliments!
C'est vrai qu'il n'existe pas de traitement miracle sinon ce forum n'existerait pas et des phases de ral-le-bol tout le monde passe par là, même-moi ça m'arrive encore de temps en temps, mais je me reprend vite, je ne me laisse pas aller!
Cela peut arriver de temps en temps d'avoir difficile à se connecter sur doctissimo mais ça ne dure jamais très longtemps!
Pour ce qui est de forcer sur ton dos je ne trouve pas cela comme une bonne solution même si c'est vrai que parfois faut aller un peu au délà de ce que l'on peut faire mais en restant vigilant!
Celui qui t'a dit ça, n'a certainement jamais eu de mal de dos!
J'en profite pour faire un bonjour à Vivi et Mpv
Bonjour Bibim
Me revoilà, pas trop en forme , gastro importante, mais pas grave par rapport à ce que je souffre de cette discopathie.
En effet l'orthopédiste que j'ai vu m'a vraiment surpris par ces propos. Vendredi matin, si je suis en forme pour conduire, je vais voir une ostéopathe que j'ai eu en ligne, qui ne fait que des massages légers, sur les conseils d'une personne qui y ait allée, et qui a été très contente.Je vais emmener mon scanner, mon I.R.M et si elle peut me soulager légérement la douleur pendant quelques jours c'est toujours ça.
J'espère que tu vas bien, et le moral aussi, il en faut du moral, pas vrai?
Aujourdh'ui j'ai le bas du dos et toute la jambe gauche qui me brulent meme au cervicales, je ne suis pas dans mes meilleurs jours, des jours on a plus mal que d'autres! c'est vraiment dur dur!!!!
Je te souhaites une excellente journée et je vais un coucou à Vivi et MPV.
Amicalement
Britt
rhapsodie Posté le 21-02-2005 à 10:28 vivi137 a écrit :
Bonjour Britt,
Pour ma part si ton médecon préconise une hospitalisation, c'est qu'il souhaite certainement te faire une série d'infiltrations, avec derrière un repos total. Pour celà, rien de telle qu'une hospitalisation. Nous savons tous bien, que à notre domicile nous sommes incorrigibles et que nous trouverons toujours un moyen pour faire quelques choses. Demandes plus d'explications à ce sujet à ton médecin ! Tu trouveras une réponse en soit !
Beaucoup disent, ouais les infiltrations ça fait rien ! mais nous ne répondont pas tous à la même térapeuthie. Donc, attention, ne passe pas à côté de quelque chose, qui pourrait te soulager !
Quand à moi, j'ai toujours été suivi par un orthopédiste. Curieux, non ?! J'ai eu une très mauvaise expérience avec un rhumato, qui restait figé sur idée, et j'ai failli passer à côté de quelque chose, je dirai plus une décision, qui à été pour moi une révélation.
Mon histoire, peu différente de la tienne, mais peut-être moins importante : Un discopathie en L4L5 très importante, générant hernies, et compression du nerf sciatique. Fragmentation du disque après opération de hernie, devenant très dangereux pour mon système nerveux. Je dois dire que les derniers temps, j'étaos sous morphine, avec complète insensibilisation de la jambe gauche.
Donc, retrait du disque et remplacement par prothèse. Et ce parcours, je l'ai fait, avec un chirurgien orthopédiste de la région parisienne.
Voilà mon histoire !
Questionne ton médecin, c'est important.
Bonne journée Britt !
[i][g]Bonjour Vivi,
J'aimerais vous poser une question
J'ai un ami qui souffre d'une double hernie discale L4-L5 et L5-S1, avec arthrose dégénérative et discopathie, il en est a souffrir le martyr et n'arrive même plus a se lever le matin, après plusieurs mois de traitements il ne voit aucune amélioration au contrire, j'aimerais savoir comment se passe l'opération et quelles sont les suites, les précautions et les douleurs
Merci d'avance de me répondre car je suis très inquiète pour lui
Bonne journée
vivi137
Prothèse discale, nouvelle vie
Profil : Fidèle Posté le 21-02-2005 à 11:32 Bonjour Rhapsodie,
De qu'elle opération parles tu : retrait de hernies ?? Si c'est le cas, un retrait de hernie peut soulager le patient si compression. Mais je vois qu'il souffre aussi de discopathie.
Dans un premier temps, j'ai fait retirer 2 hernies en L4L5 qui m'ont effectivement soulagées dans un premier temps. Malheurement j'ai déclenché une fibrose, qui a pris le relais de l'hernie, donc re-compression. De toute façon, mon disque étant très abîmé, soigner le symptôme ne servait à rien. Il a donc fallut, que je fasse retirer mon disque, car si je ne l'avais pas fait : et d'une j'aurai enclencher d'autres hernies, et secondo mon disque se fragmentait, puisque déshydraté, et danger pour mon nerf sciatique.
Je pense que ton ami, dans un premier temps, devrait faire le point, et voir si le retrait de ces hernies, ne lui permettrai pas de soulager sa compression nerveuse. Certains malades, vivent très bien après le retrait d'une hernie. Mais je suis septique, car la discopathie entraîne des douleurs sans hernie, a voir donc avec un spécialiste ! Je ne sais pas trop quoi te dire ??
Quel est l'avis justement de son médecin ??
Pour mon cas j'ai réglé mes soucis, en éradiquant complètement la cause de mes douleurs. Retrait du disque et pose de prothèse. J'ajoute que je ne souffre pas d'arthrose, ouf, mais bon avec le temps !!
Bon courage à ton ami, et merci de me donner des nouvelles pour un complément d'information.
A très bientôt !
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vivi
jokera-
Invité Posté le 01-03-2005 à 20:30 britt6 a écrit :
Bonjour
Je souffre d'une discopathie dégénérative, depuis 1 an ,diagnostic par scanner etI.R.M
et je souffre de plus en plus.
traitement cortisonne, anti-inflamatoire, etc.... aujourd'hui
on m'a arreté les anti-inflamatoires, pour me donner des antalgiques.A vrai dire aucun médicaments ne me soulage réellement.on me propose une infiltration avec 4 à 8 jours d'hospitalisation mais pas sans risque, et je ne sais quoi faire.
j'ai le moral à la baisse, cela me joue sur les nerfs de toujours souffrir. Si vous souffrez de la meme chose, ou quelqu'un de vos proches, pouvons nous en parler .
Je suis actuellement au chomage , mes fins de droits vont se terminer dans 3 mois, et je ne sais vraiment pas quelle activité je pourrai faire avec ces douleurs atroces. j'ai besoin de soutien.
Merci
Britt6
Massimo4
Y a t'il une vie avant la mort Posté le 02-03-2005 à 13:11 britt6 a écrit :
Bonjour Bibim
J'espère que tu vas bien, je suis allée chez le chirurgien orthopédiste, qui m'a reçu avec 1 heure de retard, et m'a consultée (environ 10 minutes) pour me dire : "oui vous souffrez d'une discopathie dégénérative, et alors? ce n'est pas opérable, il faut forcer avec votre dos, ne pas vous écouter, travailler, faire de la gym, forcer, forcer, meme si vous avez mal. Pas d'opération en vue, pas d'infiltration cela ne sert à rien, simplement vous vieillissez mal du dos." J'étais surpise, j'ai voulu lui poser des questions il me disait cela fait mal mais prenez des calmants,faite du kiné, en fait tout l'inverse de ce que m'ont dit les précédents médecins. 45 euros pour 10 minutes, et l'impression d'etre prise pour une andouille, c'est fort!!!!!!
Mon souhait c'est de retravailler, de redevenir Britt que j'étais avant, et pour cela je ne me laisse pas aller, mais je ne peux plus faire ce que je veux depuis 1 an.Donc je vais me renseigner pour voir un autre spécialiste du dos sur Paris.(il m'a dit que quand le disque serait complétement usé, je souffrirai peut-etre moins! Bref j'en suis toujours au meme point.
Heureusement que maintenant je peux correspondre avec toi, avec Vivi et MPV, car on se comprends,ce n'est pas toujours le cas autour de moi.
J'espère que le mari de MPV a consulté un meilleur spécialiste que moi.
Je te dis à plus et merci encore et à bientot
Britt
Salut Britt,
certaines discopathies dégénératives sont opérables, par différentes techniques.
Je vous recommande de consulter le site www.alphalink.com.fr de l'alpha clinique de Munich qui donne quelques informations à ce sujet.
Problème : cette clinique est en Allemagne et pratique des tarifs assez élevés, mais il est peut être possible de trouver en France des équipes utilisant les mêmes méthodes.
Autre problème : il est souvent difficile de relier les douleurs aux lésions surtout quand ces lésions sont multiples.(d'ailleurs il y a des gens qui souffrent beaucoup sans avoir aucune lésion)
Massimo4
Y a t'il une vie avant la mort Posté le 02-03-2005 à 13:15 Massimo4 a écrit :
Salut Britt,
certaines discopathies dégénératives sont opérables, par différentes techniques.
Je vous recommande de consulter le site www.alphalink.com.fr de l'alpha clinique de Munich qui donne quelques informations à ce sujet.
Problème : cette clinique est en Allemagne et pratique des tarifs assez élevés, mais il est peut être possible de trouver en France des équipes utilisant les mêmes méthodes.
Autre problème : il est souvent difficile de relier les douleurs aux lésions surtout quand ces lésions sont multiples.(d'ailleurs il y a des gens qui souffrent beaucoup sans avoir aucune lésion)
j'ai fait une erreur sur le nom du site, c'est www.alphaklinik.com.fr
britt6
Profil : Habitué Posté le 14-03-2005 à 14:32 massimo4 a écrit :
J'ai noté le site que tu m'as donné pour la discopathie. d'après mon généraliste il me dit qu'il ne faut pas opéré.Moi je souffre d'une discopathie protrusive L4.L5.discopathie évoluée L5.S1 avec saillie omnidirectionnelle.Arth
ropathie inflamatoire prédominant en L5.S1.Nodule de D11.
Voilà exactement les conclusions de mon I.R.M
Depuis 1 mois je n'ai pas le moral, car j'ai de plus en plus mal et dans 15 jours je revois mon généraliste qui doit me faire un courrier pour m'hospitaliser durant 4 jours pour infiltration.
J'ai vu d'autres généralistes, aucun ne dit la meme chose, et je n'arrive pas à trouver un bon rhumathologue. alors je pense que je vais suivre les conseils de mon médecin de famille.
Et toi souffre tu aussi de cette discopathie affreuse!!!!!!
Merci de m'avoir adressé un message et je te dis à plus
Je voudrai faire un gros coucou à Bibim, Vivi, et MPV, car depuis longtemps je ne suis pas venu sur le site, moral bien bas
Amicalement à vous toutes et tous
Britt
Massimo4
Y a t'il une vie avant la mort Posté le 14-03-2005 à 15:24 britt6 a écrit :
Bonjour Massimo
J'ai noté le site que tu m'as donné pour la discopathie. d'après mon généraliste il me dit qu'il ne faut pas opéré.Moi je souffre d'une discopathie protrusive L4.L5.discopathie évoluée L5.S1 avec saillie omnidirectionnelle.Arth
ropathie inflamatoire prédominant en L5.S1.Nodule de D11.
Voilà exactement les conclusions de mon I.R.M
Depuis 1 mois je n'ai pas le moral, car j'ai de plus en plus mal et dans 15 jours je revois mon généraliste qui doit me faire un courrier pour m'hospitaliser durant 4 jours pour infiltration.
J'ai vu d'autres généralistes, aucun ne dit la meme chose, et je n'arrive pas à trouver un bon rhumathologue. alors je pense que je vais suivre les conseils de mon médecin de famille.
Et toi souffre tu aussi de cette discopathie affreuse!!!!!!
Merci de m'avoir adressé un message et je te dis à plus
Je voudrai faire un gros coucou à Bibim, Vivi, et MPV, car depuis longtemps je ne suis pas venu sur le site, moral bien bas
Amicalement à vous toutes et tous
Britt
Bonjour, Britt,
j'ai de l'arthrose et une discopathie pluriétagée au niveau des vertèbres thoraciques avec différents débords et protrusions discales déclarées "non conflictuelles" après IRM, avec des douleurs qui irradient vers le sternum (Par contre, les régions cervicale et lombaire vont bien).
Ca a commencé assez brutalement il y a environ un an peu après une chute carabinée en roller et avant cela je n'avais JAMAIS eu mal au dos.
Comme au niveau du thorax, les opérations sont très difficiles, je pense qu'il n'y a pour moi aucune solution de ce genre.
Ayant vu de nombreux rhumathologes et orthopédistes (et kine et acuponcteur et ostéopathes et medecin du sport),j'ai à ma disposition un tas d'avis contradictoires sur la cause des douleurs et les solutions pour y remédier (trop de raideur vs trop de laxité, trop musclé vs pas assez musclé,c'est norm