"A ce propos, combien de pongistes sont à ce jour « suivis » au niveau fédéral ?
Je ne saurai pas répondre à cette question. Il faut demander à la DTN. Environ une centaine, je pense."
Pour information, je viens d'avoir Bernard Bousigue (DTN Adjoint FFTT) au téléphone, qui m'a indiqué que 72 joueurs font actuellement l'objet d'un suivi "haut niveau".
Par ailleurs, différents chiffres sont publiés sur le site de la FFTT (http://www.fftt.com/technique/tech.htm, rubrique PES)...
Interview publiée sur le site du Comité Départemental de Tennis de Table du 77 le 20 Février 2012. http://cdtt77.free.fr/index.htm
Rencontre avec Christian Palierne, Président de la Fédération Française de Tennis de Table.
Bonjour Christian,
Tout d’abord merci de nous accorder cette quasi première interview depuis votre élection à la tête de la FFTT.
Première question, concernant votre première… décision : quelle a-t-elle été ?
Très bizarrement, supprimer le comité de pilotage du mondial comprenant trop de membres (une dizaine) et pas assez interactif à mon goût. Je l’ai reconstitué avec trois personnes ressources autour du directeur du Mondial, pour plus de complicité et être plus réactif.
Pouvez-vous en quelques mots retracer le parcours qui vous a conduit jusqu’à cette fonction ?
En fait c’est le domaine technique qui m’a conduit à cette présidence. Entraineur fédéral 2ème degré puis BEES 1 et 2, j’ai beaucoup entraîné pour le 92 et la ligue Ile de France, sans compter certains clubs (Bois Colombes, US Métro, entre autres). En 1980, le président de la ligue (un seine et marnais ! Jean-Claude Flé) me proposait de faire partie de son équipe pour entrer au comité directeur régional. Cela fut fait à 26 ans. Connaissant surtout le domaine de la technique, je fus en alternance, lors des différents mandats responsable du comité technique ou vice-président de la « branche technique » (cela m’importait peu) entre 1980 et 2008. En 2008, sur les suggestions d’amis, je décidais de franchir le pas et de me présenter à la présidence de la ligue Ile de France. En même temps, je me présentais au comité directeur de la fédération car il semblait logique que le président de la première de ligue de France y soit élu.
Parallèlement, je menais ma carrière de médecin du sport à l’INSEP. Cela m’a conduit à être médecin d’équipes de France (tennis de table, canoë-kayak, hockey sur gazon), de 1986 à 2008, mais surtout aviron, sport avec lequel j’ai participé à 3 Jeux Olympiques (Atlanta, Sydney, Pékin) et une douzaine de championnats du monde entre 1991 et 2008.
J’ai arrêté ma petite carrière d’entraineur en 1994 après 20 années de plaisir. J’ai aussi été médecin régional pour la ligue Ile-de-France et médecin fédéral national de 2000 à 2004.
Le hasard m’a conduit au club de Serris, en 2004, quand nous cherchions un club pour l’un de mes deux fils. Et je m’y suis fait « piéger » : j’ai entraîné un peu et bénévolement pour lancer une dynamique, puis membre du bureau, puis secrétaire en 2005 puis président en 2007. Nous nous sommes faits plaisir à constituer depuis le niveau départemental une équipe féminine d’anciennes joueuses de haut niveau (ayant évolué en équipe de France) qui à la quarantaine n’avait rien perdu de leur combattivité et sens du jeu. Aujourd’hui cette équipe est en Pro B et permet à des jeunes cadettes de s’affirmer et de progresser (Laura Pfefer, Marion Chomis).
L’image peu reluisante donnée ces derniers mois par la FFTT a-t-elle conduit votre ministre de tutelle à de suite vouloir vous rencontrer ?
Il est vrai qu’il y a eu quelques soucis avec la démission du président élu en 2008, puis l’intérim par le vice-président délégué qui avait annoncé dès le début qu’il ne se présentait pas, qui est revenu sur sa décision pour aboutir à mon élection à l’assemblée générale de décembre. Le fait d’être médecin à l’institut National du Sport sous contrat avec le ministère et d’avoir fréquenté de grosses compétitions pendant 20 ans, m’ a permis d’établir des contact très personnels avec un certain nombre de personnes (ministre, conseillers, direction des sports, chefs de bureau du ministère, président du CNOSF, présidents de fédérations, entraineurs nationaux et DTN de divers sports).
Je ne suis donc pas un inconnu pour eux et beaucoup m’ont apporté préalablement leur expérience. Je dois rencontrer le ministre bientôt par ailleurs.
Il y a eu, ou plutôt il y aurait eu, des « libertés » prises avec les finances de la Fédération. Comment être certain que cela ne se reproduira pas ?
Le processus de contrôle des dépenses semblait, avant cet épisode, tout à fait sérieux et adapté. Malheureusement, c’est le facteur humain qui n’aurait pas été à la hauteur dans le cas présent. Il y aurait eu confusion entre des dépenses personnelles et celles liées à l’activité de la présidence (un dépôt de plainte auprès du procureur de la République a été déposée pour abus de biens sociaux, escroquerie, faux et usage de faux). Un audit financier voté en comité directeur fédéral est en cours afin de vérifier nos procédures.
Le bilan financier de la FFTT à fin 2011 sera-t-il rendu public ?
Oui, bien sûr. A l’AG de décembre, le bilan financier de la saison écoulée a été toujours présenté. Il était enfin bénéficiaire sur la saison 10-11, à hauteur d’environ 200000 euros. Chaque licencié peut le demander.
Quel est à ce jour le nombre de licenciés (licences promotionnelles et traditionnelles) ? Et à combien est estimé le nombre de pratiquants non licenciés ?
A la fin de la saison 10-11, environ 191700 licenciés (dont environ 120000 traditionnels). Le nombre de pratiquants occasionnels est estimé à 5 millions, je crois.
Au-delà de ce qui existe déjà, quelles seront les mesures prises ou les pistes suivies pour amener les pratiquants non licenciés à venir s’inscrire dans un club ?
Ce n’est pas si simple. Il faudrait que dans le contexte d’individualisation de la société actuelle, la pratique dans un club, milieu associatif apporte réellement un plus. Nous allons essayer avec le futur « Passping » et d’autres opérations similaires d’inciter des enfants à rejoindre des clubs volontaires sur ces opérations. A ces clubs de pouvoir offrir ce que recherchent ces jeunes. Mais il est vrai que cela nécessite une capacité d’accueil des clubs (ouverture de salle, bénévoles, qualité de l’accueil, disponibilité, etc..).
Et puis, bien sûr, il y a l’accueil de tous ceux et celles qui ne veulent pas pratiquer de la compétition, seulement s’amuser. Il faut leur réserver de la place et éventuellement les animer. Malheureusement, nous sommes trop tournés vers la compétition et notre formation d’entraineurs est vraiment dirigée sur cet aspect et est peu adaptée à l’animation. A nous avec le CQP (Contrat de Qualification Professionnelle), diplôme à venir, de proposer une qualification adaptée.
Quel regard portez-vous sur le tennis de table au niveau international ?
Une professionnalisation certaine a conduit les meilleurs joueurs et joueuses à un niveau de maitrise du jeu incroyable. Les points sont réellement marqués et les fautes sont rares. Côté féminin, il n’y a pas de miracle, nous assistons à une domination écrasante des pays asiatiques et notamment la Chine. Côté masculin, il en est aussi ainsi, même si quelques européens arrivent à s’intercaler.
La domination asiatique actuelle semble être partie pour durer. Que manque t-il au reste du monde pour venir les titiller un peu ?
Du travail, des heures et encore des heures, et la volonté pour rejoindre un système social et économique chinois où le sport est un formidable ascenseur social. En Europe, le TT reste un sport mineur, pour lequel un véritable modèle économique reste à inventer.
Les excellents résultats récents de nos jeunes tricolores laissent augurer de très belles choses pour l’avenir. Le résultat d’une politique de formation réussie ?
Oui, bien sûr. L’investissement humain et financier de la fédération au travers de la direction technique nationale est énorme. Cela est une véritable priorité. Mais il faut rester prudent, car l’accès au haut niveau reste une aventure humaine avec ses incertitudes et que la route est longue quand on n’a que 15 ans.
A ce propos, combien de pongistes sont à ce jour « suivis » au niveau fédéral ?
Je ne saurai pas répondre à cette question. Il faut demander à la DTN. Environ une centaine, je pense.
Adrien Mattenet a été le premier sportif français qualifié (en individuel) pour les prochains Jeux Olympiques à Londres, une superbe occasion de pouvoir communiquer autour du ping. La FFTT saura t-elle saisir cette opportunité ?
Ma réponse ne vous satisfera pas : je l’espère ! Et votre question va m’amener à voir ce qui est actuellement prévu. Mais il est vrai que nous sommes accaparés par l’organisation et la promotion du Mondial 2013.
Simon Gauzy vient de remporter son deuxième Pro Tour d’affilée en moins de 21 ans. Est-il le favori pour accompagner Adrien à Londres ?
Il est indéniable qu’il a gagné brillamment la course à la participation au tournoi de qualification européen du Luxembourg mi-avril. Il a de sérieuses chances aujourd’hui d’être parmi les 11 garçons à se qualifier. Ce serait réellement extraordinaire, si jeune.
La diffusion des rencontres de Pro A sur le site de la FFTT semble être un réel succès, tout comme la diffusion des Pro Tour ou autres grandes compétitions sur les sites de l’ITTV ou LaolaTV1. La médiatisation du tennis de table passera t-elle exclusivement par Internet dans les années à venir ?
Effectivement. Les chaines publiques ne sont pas du tout intéressées par le tennis de table, en raison de leur course à l’audimat. Une récente discussion avec l’un des journalistes sportifs de France2 m’en a définitivement convaincu. Attendons donc la future chaine TNT dédiée aux sports du CNOSF, et utilisons internet pour les passionnés.
Quelles peuvent être les solutions pour rendre notre sport plus attractif pour les télévisions ?
Il faudrait un véritable engouement populaire qui incite de très gros partenaires financiers à s’associer au tennis de table, à l’image du football, du tour de France, du rugby. Je crains que cela n’arrive jamais. Il n’y a aucune visibilité, c’est un cercle vicieux.
Avec la Coupe du Monde à Coubertin en Novembre dernier, le Top 12 européen à Villeurbanne il y a quelques semaines, et les Championnats du Monde à Bercy l’an prochain, notre pays aura donc organisé 3 superbes rendez-vous en très peu de temps. A quand un Pro Tour sur notre territoire ?
Il y aura aussi Euro-Asie en Vendée en octobre 2012, et vraisemblablement les championnats du monde juniors en 2015. Il est important qu’il y ait différentes équipes capables d’organiser des compétitions internationales sur le territoire. Viendra le moment d’un Pro-tour, j’en suis certain.
Le capitaine de la délégation française aux derniers jeux paralympiques à Pékin était un pongiste, Emeric Martin (avec pour rappel une très belle médaille de bronze par équipe)… La France est 1ère nation européenne et 2ème nation au niveau mondial, mais il est déploré un manque de visibilité auprès des instances, partenaires, dirigeants, et pratiquants, ainsi qu’un manque de relations avec la fédération valide. Saurez-vous répondre aux attentes du tennis de table handisport ?
La ligue de l’Ile de France est, sous mon impulsion dès 2009, partenaire du jeune Thomas Bouvais pour l’aider dans son aventure sportive du chemin de la qualification aux Jeux Paralympiques de Londres. C’est une réussite puisque Thomas est maintenant qualifié pour les jeux Paralympiques 2012 en classe 9. La création d’une section sport adapté à Serris montre l’intérêt pour nos fédérations associées quelles qu’elles soient. Nous devons nous rapprocher de toutes ces fédérations pratiquant et développant le tennis de table.
Pour ce qui concerne « la base », le grand débat actuel (en Ile-de-France) concerne le passage à 4 joueurs pour toutes les équipes. Cette décision partage réellement les principaux intéressés et la communication n’a pas été un modèle du genre pour tenter d’en donner les raisons. Pouvez-vous nous expliquer ce qui a amené la mise en place de cette nouvelle réforme ?
C’est bien le comité directeur de la fédération qui a voté le passage du championnat national à 4 joueurs afin de l’harmoniser avec la Pro (en messieurs surtout) ainsi que l’extension aux régions pour 2014 et est recommandé pour les départements. La Ligue Ile de France était en train de refondre sa pyramide régionale. Elle en a alors profité pour remodeler ses poules. Il y a eu un manque cruel d’explications, je le reconnais aisément.
En effet dans un premier temps, lors de la refonte seule du championnat régional les départements franciliens (6 sur 8)
n’ont pas voulu la création d’une Régionale 3. Les premiers règlements ont été constitués selon cette décision. Mais une fois acquise la décision du passage de l’échelon national à 4 ainsi que celui de l’Ile de France dans la foulée, les départements se sont alors aperçus qu’ils ne pouvaient pas absorber ce surplus d’équipes et ont demandé la création d’une R3. D’où, de nouvelles décisions de la sportive régionale en décembre pour modifier les maintiens et descentes sur la saison. Cela fait un peu cafouillage, il est vrai ; mais le processus a été démocratique selon l’expression des départements, avec la volonté de ne pas léser les clubs.
Cependant, nous n’avons pas su expliquer et communiquer par rapport à cela.
A propos de réforme, notre sport est sans aucun doute au nombre des plus réformés depuis quelques années. Entre la durée des parties, des rencontres, le diamètre des balles, la fin du celluloïd, à quand la fin des réformes ?
Cela montre que nous sommes un sport qui se cherche et souhaite être regardable à la télé. Il existe une volonté de raccourcir les temps morts, la durée des rencontres, et de prolonger le temps de jeu. Les rencontres sont trop longues pour les néophytes et ne passionnent que les spécialistes.
La question est : « jusqu’au faut-il aller dans nos modifications pour intéresser les médias ?? ». Je ne sais pas. !
Vous êtes toujours le Président de l’ATT Serris, dont l’équipe fanion, en Pro B féminine, est l’une des seules à évoluer sans joueuse d’origine asiatique. Un hasard ou une volonté ?
Je ne serai plus président de l’ATT Serris la saison prochaine afin d’éviter d’éventuels conflits d’intérêts avec l’échelon fédéral. Il en est de même pour la présidence de la Ligue, de laquelle je démissionne en mars après avoir signé les actes de vente du siège actuel et d’achat du prochain.
S’il n’y a pas de joueuses d’origine asiatique à Serris, ce n’est pas par xénophobie, mais nous tenons à nous démarquer de la facilité. En effet, ces joueuses ramènent souvent 2 victoires par rencontre, il ne reste plus qu’à assurer pour un nul, ou une victoire. Nous préférons donc proposer une place à de très jeunes françaises (Marion Chomis, Laura Pfefer), encadrées par des anciennes mêmes étrangères (Anne Boileau, Silvia Erdelji).
Il m’avait été proposé, il y a 2 ans une jeune chinoise de 16 ans. Je pensais qu’elle venait pour des études, mais non c’était pour jouer de façon professionnelle. Je n’ai pas donné suite. Nous restons donc dans l’optique de la création de cette équipe : anciennes joueuses d’équipe de France qui ont passé le flambeau à de plus jeunes (Nathalie Cahoreau, Laurie Phaï Pang) puis depuis deux ans à des cadettes de nos équipes nationales. La boucle est bouclée.
Encore une fois merci pour cet entretien, et bonne chance à vous pour la suite !
Entretien réalisé par Patrick Février, webmaster du site.
Il y a dans le bas de la page deux liens vers de très nombreuses photos prises durant ce superbe week-end, et d'autres photos sont visibles sur la page facebook du Comité Départemental...
Merci à tous les pongistes qui nous ont fait part de leur satisfaction concernant l'organisation, et merci également à tous ceux qui par leurs remarques constructives nous feront être encore meilleurs l'année prochaine